VII. DES NOUVEAUX-ZÉLANDOIS
Peu de peuples sont aussi intéressants à étudier que les Nouveaux-Zélandois : leur âme, fortement trempée, présente ce mélange de douceur et de cruauté qui forme de l’histoire d’un peuple un tableau pittoresque. Les Nouveaux-Zélandois, en effet, ne semblent avoir que peu des mœurs hospitalières qui caractérisent quelques tribus de la même race établies sur les îles de la mer du Sud. A la première vue leur caractère est sombre ct féroce ; on diroit que la haine et la vengeance sont les scules passions qui les animent : tout étranger qui aborde leur rivage cst pour eux un ennemi. Leur physionomie morale attriste donc l’observateur lorsqu'il pénètre la barbarie de leurs coutumes, leur anthropophagie, leur instinct destructeur, l’aveuglement de leurs superstitions, et leur mépris pour les choses utiles à l'agrément de la vie ; et cependant, au milieu d’habitudes si éloignées d’une civilisation même naissante, on retrouve quelques uncs de ces vertus développées avec une vigueur que cette même civilisation n’a point encore permis de cacher sous le vernis trompeur et mensonger de la politesse. Chaque Zélandois porte le plus grand attachement aux divers membres de sa famille et à tous ceux de sa tribu : au dedans il concentre son affection, au dehors il ne voit que des ennemis et rarement des alliés; et si les tribus voisines se réunissent entre elles, cette union n'est jamais cimentée que par la nécessi’£ de vivre en paix, et, comme on le dit vulgairement, dans un état de paix plâtrée.
Nous retrouvons donc dans les Nouveaux-Zélandois la même physionomie, les habitudes, les idées religieuses, la langue des habitants de Taïti, des Marquiseset de Sandwich ; mais, jetés sur une terre plus défavorisée sous le rapport des ressources, ils ont conservé beaucoup plus intactes les traditions de leurs ancêtres. Les Nouveaux-Zélandois sont généralement plus grands et plus robustes que les O-Taïtiens. L’habitude de la guerre et les marches à
travers les montagnes endurcissent leurs membres, dont les formes sont athlétiques ; leur taille est communément de cinq pieds sept à huit pouces, et rarement elle est au-dessous; la couleur de la peau ne diffère point de celle des hommes du midi de l'Europe. Leur physionomie est remarquable par son expression; elic est rarement franche et ouverte, mais d'ordinaire les traits respirent une sombre férocité. Ce qui la distingue chez ces peupies est un visage ovalaire, un front rétréci ; un œil gros, noir et plein de feu ; un nez parfois aquilin et plus souvent épaté, et une bouche grande dont les lèvres sont grosses. Les dents sont du plus bel émail, petites, et rangées avec beaucoup de régularité. Les Zélandois portent leur chevelure longue et par mèches éparses retombant sur la figure, et les chefs seuls ont le soin de la relever sur la tête en une seule touffe. La nature de leurs cheveux est d’être rudes ; leur couleur est noire, parfois rougeâtre, et cette dernière doit être attribuée sans aucun doute à l’usage que pratiquent certains individus de se saupoudrer la tête avec de la poussière d'ocre. T'oui, chef de l’hippah de Kaouera, qui nous rendoit de fréquentes visites, avoit ses cheveux flottants par longues mèches, qu’il arrangeoit de manière, dans les expéditions militaires, à ce qu’elles imprimassent à sa physionomie un air plus redoutable. L'usage qu'ont un grand nombre de naturels de conserver la barbe longue et flottante sur la poitrine rappelle quelques unes de ces têtes antiques reproduites par le pinceau de nos grands peintres. Les jeunes gens sont long-temps imberbes : tous leurs mouvements sont agiles et dispos; et, bien que les jambes soicnt parfaitement faites, l’usage qu'ont ces peuples de s’accroupir sur les talons fait naître de bonne heure des engorgements aux jarrets.
Toutes les femmes mariées qui vinrent à bord de la corvette la Coquille avoient les formes bien plus développées que les filles esclaves qui vivoient dans le navire, et que leurs maîtres y envoyoient dans l'intention d’en obtenir divers objets en échange de leurs faveurs. La taille de ces femmes étoit forte et robuste, et rarement au-dessous de cinq pieds deux à trois pouces ; celle des esclaves au contraire étoit, terme moyen, de quatre pieds trois à six pouces. Une telle disproportion est sans doute due à la prostitution à laquelle ces infortunées sont condamnées dès qu’elles sont nubiles. L'ensemble des traits qu chez la plupart des peuples distinguent les femmes par leur délicatesse est, à la Nouvelle-Zélande, diamétralement opposé aux idées que nous nous sommes formées sur la beauté. Les filles, dans leur premier printemps, ont un large visage, des traits masculins, de grosses lèvres souvent teintes en noir par le tatouage ; une grande bouche, un nez épaté, une chevelure mal peignée cet flottant en
HISTOIRE NATURELLE
désordre, une malpropreté générale, et enjk
corps imprégné d’une odeur de poisson ou def que qui soulève le cœur, Mais ce tableau si reg sant est en partie détruit par quelques prà
avantages dont la nature les a dotées; et en el dents d’une blancheur éblouissante et des yeux
pleins de feu et d'expression sont des charmal puissants, quelque part qu’on les trouve : d'äk leur effet s’accroit encore d’un avantage qui si difficile de rencontrer chez les femmes civi Les jeunes Zélandoises, dont l’heureuse igm
ne connoit point l’usage des corsets, ont les
de la poitrine qui le disputent au marbre park reté, et qui malgré leur voluine conservent temps et leur élasticité et leur rectitude. Cesc
ne sont à leurs yeux que les réservoirs où lu fants puisent la vie. Les travaux de mén:} enfantements, les jouissances nombreuses 1}
n'ont aucune influence sur les sens des hommé
coces, font bientôt disparoître l’embonpoii@
fraicheur des jeunes années, et toutes les (à âgées que nous avons eu occasion de voir éi
dégoûtantes par la flaccidité générale des chi {ti
Les femmes et les hommes n’ont point l'h de s’épiler, et ces derniers sont loin de pra circoncision.
Les vieillards ne sont pas nombreux. Les iii des guerrières de ces tribus et les combats fr qu’elles se livrent sont des obstacles en eff
que les individus puissent atteindre le termeik carrière.
La froidure du climat ne permet point ani veaux-Zélandois de faire usage des bains:
sont-ils dégoûtants de malpropreté. Les fn et surtout les filles esclaves, chargées de l'@ ration des poissons pour les faire sécher, corps recouvert d'une épaisse crasse qui el loin une odeur d'autant plus repoussante qu vent s’y mêle celle de l’huile de phoque ou à souin, dont elles s'oignent le corps, et qu'ek couvrent de poussière d’ocre : ce dernier 14 remarquable en cela qu’on ne le trouve empli chez les peuples de race nègre. La plupart landois d’ailleurs dédaignent de se couvrir k velure de poussière rouge, et tous ceux qi présentèrent cet embellissement appartenoieil villages éloignés de la baie Marion, et venok l'intérieur de l’ile.
Cette habitude de malpropreté est d'autanl enracinée chez ces peuples, qu'avec très soins il pourroient se débarrasser de la * qui les dévore, et de la crasse qui les rt Homnres et femmes sont d'excellents nageuf ce n’est que par nécessité et rarement pi qu’ils se jettent à l’eau, et ces dernières conf sans en changer, les pagnes de 2ho0rmitum (
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t les reins jusqu'à ce qu'ils soient usés; > les quittent point pour le sommeil, ni orsqu'elles sont accroupies au fond des pi- Jans l'eau, au milieu des têtes et des intestins Dns; tume des Zélandois varie très peu dans les es. Mais comme ces iles n'offrent point les récieux à écorces textiles dont se servent itiens pour confectionner leur papier ves- | gracieux et léger, ces peuples ont eu d’autres matières, et les nattes qu'ils ont avec les fibres du phormium tenux sont e beauté et par la substance dont elles sont s et par le travail. Une de ces nattes flotte ment sur les épaules et sur le corps ; on la alutu : une deuxième est roulée autour du B descend jusqu'aux genoux. Dans les hit la rigueur est extrême sur ces iles antarcajoutent sur la natte supérieure un tissu pesant formé de masses nombreuses de d’une sorte de jonc qui imitent les flocons Éunis sur les colliers des chevaux des voiurope. Ce vêtement est nommé toi; il cé chez les chefs par un manteau de peaux | cousues ensemble, et c'est le kahou
Me tissu des nattes varie par je travail; et
que, souvent lisse et sans descin, il est pmarquable par la délicatesse des o:'.2ments posent. Des brins de phormium non bat-
Ds longs sont implantés dans les pagnes des
les esclaves plus particulièrement, et ne
Ent pas peu à donner à cette partie du corps
leur démesurée.
g et la valeur des guerriers zélandois sont par un grand nombre de petits fragments travaillés d’os ou de jade, attachés sur la au bord de la natte, et dont le véritable et usage étoit de servir à gratter dans la chedétruire jes insectes qui y vivent. Du reste jomime tous les autres peuples, le goût de la et celle qu'ils préfèrent consiste à se plaplumes dans les cheveux, et surtout une plumes blanches et soyeuses dans le trou
Miles, qu'ils remplacent le plus souvent par Mccaux de toile. La tête n’est jamais recou-
aucune espèce de coiffure, et les cheveux n désordre sans que l'art vienne leur prêter
rs : cependant quelques jeunes filles, plus 8 sans doulc que leurs compagnes, vinrent ter ayant la tête courovnée d’unc guirlande se très verte et très gracieuse, bjets de parure pour less femmes consistent rs de coquillages nommés piré, auxquels ois suspendus de petits hijpocampes desséur goût pour les grains de verre bleu de européenne est très prononcé; aussi les
recherchent-elles avec empressement. Mais le bijou le plus précieux, que portent seulement les hommes, et à la possession duquel sont attachées des idées religieuses , est le fétiche de jade vert représentant une figure hideuse, qui pend sur la poitrine suspendu à quelque portion d'os humain. C'est encore par esprit de superstition qu’ils attachent à une de leurs orcilles une dent acérée du goulu de mer ou squale, qui sert aux femmes à se déchirer la figure et la poitrine pour témoigner leur vive douleur à la perte des chefs ou de leurs parents. Les insulaires attachent le plus grand prix à la conservation de ces objets lorsque, transmis par leur ancêtres, ils sont devenus taboués ou sacrés. Ils pensent qu'à leur possession est lié le bonheur de leur vie, et ils les échangent au contraire avec indifférence et pour des bagatelles lorsqu'ils proviennent de leurs ennemis, et qu'ils les en ont dépouillés en les massacrart.
Nous avons déjà eu occasion d'indiquer que les Nouvecux-Zélandois de quelques endroits de l’intérieur se recouvroient la figure et les yeux de fard grossier composé de poussière d’ocre, mélangée à de l’huile de cétacés; cependant cet usage est peu général : mais il n’en est pas de même de celui de se placer de larges mouches 2cires sur le nez, le menton , et sur les joues, ainsi que le font les jeunes garçons , et de larges mouches d’un bleu d'azur, ainsi que le pratiquent les jeunes filles; ce dernier embellissement se nomme para-eka- ouni-nouæ.
Qu'on veuille bien ne pas croire que ces détails soient futiles : ceux-ci, ajoutés à d’autres faits, sont quelquefois très nécessaires pour caractériser les habitudes des peuples; et d’ailleurs aurions-nous bonne grâce de critiquer au milieu des tribus restées stationnaires dans leur civilisation ce que le caprice des modes rend bien plus ridicule chez les nations européennes ?
Ce besoia qu'ont tous les hommés de modifier les avantag£s qu'ils ont reçus de la nature se fait aussi vivement sentir chez les Nouveaux-Zélandois. Le tatouage où muhko les occupe pendant toute leur vie, et chaque année ils se soumettent à l'opération douloureuse qu'il nécessite, Ce tatouage est d'autant plus remarquable qu’il couvre ordinairt.sent la figure; et, comme il est renonvcié très fréquem ment, ilen résulte de profonds sillons disposés par cereles réguliers, qui donnent à la physionomie l'expression la plus étrange. Les habitants des îles Murquises et les Nouveaux-Zélandois sont donc les seuls peuples qui se tatouent profondément le visage, tandis que les O-Taîtiens en ont perdu la coutume, et prodiguent au contraire cet ornement sur le corps, et que les Nouveaux-Zélandois ne le placent que sur les fesses en le disposant en cercles enroulés les uns dans les autres. Les femmes se font couvrir les reins de ‘losanges formant une large bande; mais elles
ajoutent encore à leurs traits durs ct repoussants des dessins qui ne contribuent point à les embellir, et c’est ainsi qu’elles ont les lèvres sillonnées de raies d’un noir profond, et des sortes de fers de lance profondément imprimés aux angles de la bouche et au milieu du menton. Il n’y a que les esclaves pris jeunes ou les hommes de la dernière classe qui ne soient point tatoués : tous les autres naturels ne sauroient se soustraire à cette coutume sans honte; et plus un guerrier est fameux, plus il a subi le renouvellement de cette opération, et plus il est fier d’un blason qu'il n'obtient jamais sans de vives douleurs.
L'architecture domestique, et par ce nom nous désignons l’art de bâtir les cabanes, a été assez ingéuieusement appliquée par les Zélandois au climat qu'ils habitent, et aux habitudes belliqueuses qui les animent. Leurs demeures, au lieu d’être vastes et aérées, forme qui seroit désavantageuse dans un pays que battent les tempêtes de l'hémisphère austral, sont petites et basses, et leurs villages ou hippals ne sont d’ailleurs jamais placés en plaine, parce qu'ils pourroient être saccagés par surprise; mais au contraire ils couronnent toujours des collines abruptes, des lieux escarpés et d’un difficile accès. Ces cabanes sont des gîtes où l’on ne peut pénétrer qu'en se trainant sur les genoux et sur les mains, et les familles qu’elles abritent dorment pèle-mêle sur de la paille, et dans un espace très resserré, où la respiration de plusieurs individus entretient aisément la chaleur nécessaire pour que le froid du dehors ne puisse y pénétrer. Leur intérieur ne présente aucun meuble, si l’on en excepte quelques coffrets élégamment sculptés , quelques vases en bois rouge, chargés de dessins tels qu’on peut s’en faire une idée par les figures qu’en a données Cook dans sa relation.
L'industrie la plus perfectionnée et la plus remarquable du peuple qui nous occupe est celle de la fabrication des étoffes. On retrouve dans les variétés de ces ressources chez les divers Océaniens la sage prévoyance de la nature, puisque sur les îles intertropicales, dont la température est constamment chaude, elle a fourni des écorces textiles , susceptibles de se métamorphoser en étoffes légères et moelleuses, comme à O-Taïti, aux Tonga, aux Marquises, aux Sandwich ; et qu’à la Nouvelle-Zélande, où les froids des hivers sont intenses, celle a produit le Phormium ; car c'est avec les fibres de ce dernier végétal, bien supérieur à notre plus beau lin, que les femmes, et surtout les jeunes filles enlevées à leurs familles par suite des malheurs de la guerre, tissent soigneusement leurs mali ou nattes élégantes, nommées haïou, lorsqu'elles servent de vêtements, et appelées houra, kupengu, etc., suivant les parties du corps qu’elles doivent recouvrir, Ces nattes, par
ITISTOIRE NATURELLE
l'aspect satiné des fibres du phormium, soigne ment débarrassées de la matière gommeuse qu invisque, sont ornées de dessins, et forment drapant ui habillement qui n'est point sans an avec l’ancien costume civil des Romains, Parmi les objets d'utilité qu'ils fabriquent leurs besoins journaliers, on doit mentionne paillassons grossiers dont ils se couvrent les éx dans les temps de pluie, et les sacs en jonc dun quels sont renfermées leurs provisions diverm manière dont sont préparées les fibres du phor est aussi fort remarquable par sa simplicité, que, dans les essais tentés par des savants di but louable d'utiliser une plante aussi précie Europe, ou n’est point parvenu à obtenir ces fibres avec toutes les qualités qui distinguenté qui résultent du procédé des Nouveaux-Zih Ces derniers, après avoir coupé les longues a de la plante à lin (c'est ainsi que Cook nom phormium dans la relation de ses voyages), la tent macérer quelques jours dans l’eau, et lé rent pour les briser avec un maillet en bois 1
* sur un billot ovalaire du même bois. Cette opx : préliminaire est leur haronga, et par son nu
chlorophylle ou matière verte résineuse est «fé
de dessus les fibres, incomplétement il est vri
le soin qu’on a ensuite de les racler avec forci d’une valve de coquille rendue coupante surs achève de les débarrasser des parcelles de ce tière qui s'opposent à leur souplesse. Ainsi nel de l’enduit qui les enveloppoit, les fibres du, mium ont la couleur dorée du plus beau li au moelleux et presque à la force de la soie. à Les deux iles habitées par les Nouveaux dois, sans être placées sous de hautes latitudi bissent cependant l'influence d’une temp rigoureuse par les vents furieux qui souill grande partie de l’année, et par les neiges couvrent les lieux élevés. Les naturels quils tent ont sent. de bonne heure le besoin de st des provisions d'hiver; et, comme dans ll jours ils prennent une grande quantité dep dans les baies qui morcellent leur rivage, ik chent et en fument la majeure partie po rstl lorsqu'il est impossible de mettre des pin mer, et pour se préserver de la famine lors hippahs sont assiégés par des tribus ennenk Le sol ne fournit plus spontanément con les îles équatoriales une grande variété de st alimentaires; et la base de l'existence des 24 se trouve être la racine ligneuse d’une fu couvre toutes les plaines. et qui ressemble} ment à notre pteris, Plusieurs plantes potagé leur ont communiquées les Européens soil d’hui utiles aux naturels, et croissent pré soins, tant le sol meuble leur est conveni
8 patates es mets à coquilla s, ct le) ennem Hévorent trées com devant s
cuisine es s, Ellen ns, et cor harbons, sous terre t taro l'es Ja fougère orster. C qui les fo laies ; po lassées da re à ce qu hâtre, vi celles | ée en cyl églisse, e ritif: sous fque les Is us avons vi sualité de.
ur infecte; bitude qu’il les, une gr ême maniè hfitures de pure est l’ ent les liq eux, ou m& vie, cette pe leur séjour munément ner, et kaia és par terrd arfois les gu des os hu e champ de ès à l’un d’e l'os radiu ornée de di Ets dont se 4
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ins l'eau, et lk@& aillet en bois tr bois. Cette op
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DE L'HOMME. gi
s patates douces, les pommes de terre et les
es mets accessoires dans leurs repas consisi coquillages, en langoustes, et parfois en s, et le plus souvent en chiens. Les chairs s ennemis tués sur un champ de bataille, Hévorent avec tant de plaisir, ne sont point irées comme objet de nourriture, mais bien | devant servir à des actes mystérieux de re-
cuisine est simple comme la nature de leurs s, Elle ne diffère point de celle des autres ns, et consiste à faire torréfier les substances harbons, ou bien dans des oumous ou fours sous terre à l’aide de pierres échauffées. Ils t taro l'espèce de pain qu’ils font avec la ra- Ja fougère ervi qui est l’acrostichum furea- Forster. Ces racines sont recueillies par des qui les font sécher au soleil en les exposant lies; pour être converties en pain, elles assées dans un mortier en bois, et triturées re à ce qu’elles ne forment plus qu’une pâte hâtre, visqueuse comme de la glu, et rem- Brcelles ligneuses ou d’écorces. Cette pâte Mée en cylindres analogues aux bâtons d’exéglisse, et ne contient que très peu de prinritif: sous ce rapport elle doit ressembler que les Islandois font avec l’écorce des sasavons vu les Nouveaux-Zélandois manger sualité des poissons demi-pourris, exhalant ar infecte; mais ce qui est plus remarquable bitude qu’ils ont de presser, de ficeler dans les, une grande quantité de petits poissons ême manière que les O-Taïtiens préparent hfitures de bananes.
pure est l’unique boisson de ces peuples ; ent les liqueurs fortes; et si quelques uns eux, ou même des jeunes filles, boivent de ie, cette pernicieuse habitude leur est venue leur séjour à bord des navires européens. Ils munément trois repas, et nomment k@inga ner, et Aaiahi-ahi le souper ; leurs aliments és par terre, et chacun les dépèce avec les arfois les guerriers se servent d'instruments des os humains, provenant d’un ennemi e champ de bataille; et c’est ainsi que nous ès à l’un d’eux une fourchette à quatre dents l'os radius du bras droit, sculptée avec Drnée de divers reliefs en nacre.
ts dont se servent ces peuples sont absolu-
Mulogues aux nôtres, et sont de trois sortes :
hnes , faites de feuilles de phurmium, ont nse étendue, et demeurent le plus souvent été de tous les habitants d’un village; leurs s, composés d’une tige en bois dur, et ar- Bpointus et barbelés, se trouvent être façon bis avec des morceaux de nacre. Les lignes
qui les supportent sont très bien cordécs ct d’uno force considérable.
Leurs pirogues où waka sont remarquable par les sculptures qui les décorent. Les habitants du nord, qui dans leurs communications fréquentes avec Îes Européens ont reçu un grand nombre d'instruments de fer, négligent aujourd’hui leuc construction. £a plupart de ces légères embarcations sont creusécs dans un seul tronc d'arbre, et ont communément jusqu’à quarante pieds de longucur. Nous en mesurâmes une près Kaouera, qui, formée d’un seul morceau, avoit soixante pieds de longueur et trois de profondeur sur quatre de large. Elles sont peintes en rouge et ornées de plumes d’oiscaux disposées sur les bords en festons ; l'arrière s'élève jusqu’à près de quatre pieds, et se compose de sculptures allégoriques qui surmonteut la représentation d’un homme tenant de la main droite le lingim : l'avant est occupé par une tête hideuse à yeux de nacre, et dont la langue sort démesurément de la bouche, ce qui signifie chez ces peuples le courage provocateur à la guerre et le mépris des ennemis. Ces pirogues peuvent contenir par leur longueur quarante guerriers ; elles sont presque toujours simples ou non accouplées, et les rames dont on se sert pour les faire marcher sur l’eau, ou les oé, sont terminées en pointes très acérées, de manière à ce que l’équipage, pris à l’improviste, puisse s’en servir comme d’une arme avantageuse pour se défendre des attaques. Leur marche est rapide lorsqu’elles sont poussées par les vents ou par les coups pressés des rames. Les voiles dont se servent les Nouveaux-Zélandois ne coisistent qu'en nattes de jonc grossièrement tissées et de forme triangulaire qu'on nomme oé-hia ou pagaies du vent, et qui ne peuvent point servir pour voguer au plus près.
Bien que les Nouveaux-Zélandois soient éminemment portés à la guerre, que ce soit pour eux l'occupation de toute la vie, on ne trouve print chez eux une grande variété de moyens de destructica. Leur bravoure consiste à attaquer un ennemi corps à corps, à triompher par la puissance de la force, et iis ont dédaigné ces armes légères, ces flèches à pointes barbelées, qui se lancent de derrière les buissons , ct qui décèlent toujours la perfidie unie à la foiblesse. Ainsi avec leurs patou-patous , faits en jade vert, ii: scalpent ou brisent le crâne d’un ennemi, ou le percent de leurs longues javelines. Ce patox-patou, fixé au poignet parune lanière de peau, est l'arme par excellence du guerrier zélandois. Les arikis ou prêtres ont, pour marque de leurs fonctions sacerdotales, un grand assommoir en os de baleine, couvert de reliefs. Leurs tokis sont des haches, aussi de jade, dont les manches sont travaillés avec le plus grand soin, et ornés de touffes de poils de chien d’un blanc pur, Un grand nombre
82 HISTOIRE NATURELLE
de leurs casse-têtes sont en bois rouge , poli et très dur, et quelques chefs les remplacent par des massues travaillées de la même manière. Les naturels chargés de la défense des hippuhs palissadés (et l’on sait que çes villages sont toujours placés sur la crête abrupte et roide de quelque endroit escarpé ) font plecvoir sur les assaillants des grêlesde grosses pierres ; mais ils repoussent surtout leurs efforts à l’aide de très langues javelines acérées, qui ont communément de quinze à vingt pieds et quelquefois plus.
La baie des Iles , placée dans la portion nord de la Nouvelle-Zélande, est une relâche avantageuse pour les navires qui sillonnent le Grand-Océan; aussi est-elle très fréquentée par les baleiniers anglois ou américains. Les nombreuses tribus qui vivent sur ses bords, et qui sont unies par des liens de famille, ont senti l'immense avantage qu'elles auroient de posséder de la poudre etdes fusils: c’est h le prix qu'elles ont mis aux vivres frais qu 'eiles fournissent aux vaisseaux européens qui les visi-
tent, et le nombre des mousquets qu’elles se sont | laquelle les acteurs changent rarement de pl qui se compose de gestes ou de mouvemat à | memtres exécutés avec la plus grande ni
déja procurés leur a permis de faire la guerre avec succès aux tribus voisines, et de saccager les hij;pas environnants jusqu’à une assez grande distance, De toutes les inventions européennes celle des armes à feu leur a paru la conception la plus sublime et la plus merveilleuse ; c’est la seule qui ait mérité leur ap robati ion.
Ron ne n'avons jamais compris le mot sauvage, tel qu'il est usité en Europe, pour désigner des peupless stationnaires dans leur civi: ‘isotion. Tous ces sauvages ont un culte, quelque grossier qu’il soit, reçonnoissent des autorités supérieures, ont des idées sociales depuis long-temps arrêtées, cultivent les beaux- -arts, nomment toutes les productions de leur sol, et en savent les propriétés. Or comparons ces prétendus sauvages avecles gens de nos campagnes ! Les Nouveaux-Zélandois ont donc aussi leurs beauxarts : non ceux qui consistent à élever des pyrami-
es, bâtir des palais, et faire revivre sur la toile les plus beaux traits de l’histoire, mais ceux qu ‘il leur est poss' ible de cultiver par tradition au milieu du etit nombre des ressources qu'ils possèdent. Ces fruit des loisirs , cette culture de l'esprit, ce perfectionnement moral de la civilisation , sembleroient ne pas être compatibles avec les mœurs guerrières et l'instinct destructeur de ces peuples; et cependant ils sont qu avancés dans le chant, la sup
se compose de notes iles lentes et entrecoupées; il est toujours accompagné de mouvements d'yeux et de gestes mesurés très significatifs. Mais, si leur chant n'eut point l'avantage de nous plaire, le nôtre n'oblint point leur suffrage : c'est par la
| portée sur des hommes d’une tribu étrangère.
plus froide indifférence qu'ils accucillirent nu%
mauces les plus en vogue, ct les fibres épais leurs âmes ne furent point ébrantées par quepl
uns de ces airs martiarix qui enlèvent et électri un Européen ; cependant si devant ces homme impassibles leur chant de guerre eût été end la rage et la frénésie se fussent emparées de tant il est vrai que dans l'effet produit par h& sique se méleut des souvenirs et des idécs lo La plupart dc leurs chants roulent sur des; très licencier IX; et, soit dit en passant, ce goill est très prononcé chez tous les hommes, 1 masqué parmi les peuples civilisés que par ki
| des allusions et des équivoques. Les Zélndl | comme les autres Océanieus, n’attachent x | idée de malhonnêteté à nommer les choses par
| nom; et jamais elles ne font naître, comme | nous, ces mouvements tumultueux et désordu | que le frein de la bicnséance comprime, san | cela les détruire.
Leur danse ou Ariva cest une pantomime(
Plus ordinairement, en effet, les jeunes guà se rangent les uns à côté des autres : l'un
| chante des paroles auxquelles l’ensemble des | seurs répond par des cris diversement acc | tous exécutent des mouvements rapides de k@
des yeux, desbras, des jambes, et particulière
| des doigts, que la cadence dirige avec unes | justesse et que la mesure fait varier. Chaque | a un sens allégorique, et ne s'emploie que | circonsiances qui lui conviennent, pour uneë | ration de gucrre, un sacrifice humain, desk | railles, etc. Les femmes , appelées par la nid
leur sexe à des habitudes plus douces, ont
porté dans leurs jeux les fonctions qu’elles si
tinées à remplir dans ce monde. Leur danse cu donc cn mouvements désordonnés qu’on tt décrire, et nous nous bornerons à en signdtf consacrée à Ouréou Phallrs. | Le seul instrument de musique que nou vu entre les mains des Zélandois est une flüt
| nairement en bois, et travaillée avec goût} | on emploie à sa confection des portions dt
cuisse, en commémoration de quelque victoir nous observâmes que les enfants jouoient a toupies analogues aux nôtres, en se serwil fouet pour jes faire tourner ; et sans doute qi légère remarque, unie à une plus grande faits, ne sera pas un jour sans utilité.
La langue douce et sonore des Océanietf musicale, a subi quelques altérations à Ja Noté Zélande. Les sons , remplis de mollesse ctde&
biti, ont c qui e:
but dés t sont tra à de poé Let loi célébr ou pidé ali tii proviser 'sont des ir desé des nai es diver Mérriers.
njouem:
là pror dgers, é 5 qui heu is filles «
& M Coqui mplàisé ts, les tant de yo ti ta
ro yons :
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es autres : l'un ; l’ensemb'!e des à versement acte ts rapides de li 8, et particulière irige avec unef varier. Chaque s'emploie que ent, pOur une° e humain, du à elées par la nié 3 douces, ontl ions qu'elles sul . Leur danse ti onnés qu'on 1
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sique que nou dois est une flült lée avec goût :| s portions d's4 quelque victoire tribu étrangère!
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, en se servail et sans doute qi plus grande is utilité.
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| Mi, ont acquis ici une prononciation plus
ÿ qui est dû à l'introduction de consonnes, | jut déslettres K, H, N,G et W. Les habi- |
sont transmis par là tradition oraleun grand à de poésies d’une hâute antiquité, dont ils Let l’origine et même le sens allégorique.
h célèbre d'entre ‘elles cét la fameuse odé
ou pidé , qui commence par ce vers : Papa
Muti tidi, ete. Comme les Taïtiens, ils pèu-
proviser sur toutes sortes de sujets, ‘et tèurs sont des chants dans lesquels ils conservent hir desévénements remarquables , les appades navigateurs sur Icurs bords , et les cir-
es diverses de leur histoire, ou les faits de
érriers. Leurs femmes, naturellement por-
njouement, critiquent avecironie dans léurs la proncaciation peu correcte on ridicule igers, ét transforment en épigrammes les pan heurtent leurs préjugés. C’est ainsique s filles qui vivoient avec les matelots de la la Coquille, et qui ne retiroïent pour salaire plàisance qu'une portion des vivres de ts, les accabloient de leurs sarcasimes en tant des couplèts commençant par ces Myo li taro, etc.
oyons utile, pour donner une idée de la
D d'esprit dé ces peuples, de rapporter une
de vers qui a été traduite en anglois par all, missionnaire, qui a long-temps résidé velle-Zélande, et plus capable qu'aucun de bues de nous fournir sur la croyance des
des détails positifs ét intéressants.
WAI ATA (L'ATTACHEMENT ).