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LES LOUTRES

Lutra (!).

Le nombre des loutres reconnues comme espèces s’est de beaucoup accru par les travaux des naturalistes modernes, bien qu’on puisse désirer des renseignements plus complets pour les distinguer entre elles ; leur ressemblance commune fait régner une incertitude désespérante dans leur histoire. Aussi Buffon a-t-il très mal circonscrit les traits distinctifs des espèces qu’il nomme loutre, saricovienne, loutre du Canada et loutre marine; car il a entaché sesdescriptions de renseignements qui appartiennent à des êtres types qu'il n’avoit pu reconnoître, tant étoient et sont encore incomplètes les données rassemblées sur eux.

Les loutres forment donc un genre très naturel, dont les espèces ne peuvent être distinguées les unes des autres que par des nuances difficiles à saisir, à la suite d’un examen minutieux et comparatif de leurs dépouilles. Leur corps très allongé est supporté par des membres raccourcis dont les cinq doigts sont réunis par une membrane natatrice. Leur queue puissante et fort longue est aplatie horizontalement comme une rame dont elle doit faire l'office. D'épaisses moustaches, des orcilles très courtes, de grands yeux et une tête arrondie , mais déprimée, leur donnent quelque ressemblance avec les phoques. Comme ces derniers elles vivent de poisson, et habitent le bord des eaux douces ou de la mer. Leurs mâchoires sont armées de trente-six dents, et leur langue est rugueuse. Leur fourrure est l’objet d’un commerce actifet d’armements importants. Des vaisseaux expédiés d'Europe vont les recueillir à la côte N. - O. d'Amérique pour les transporter en

(:) Brisson , Cuvier.

HISTOIRE NATURELLE

Chine où elles sont très prisées par les riches a, tants, Franklin rapporte que plus de 7,5% furent importées aux États-Unis dans la seule née 1821,

La loutre d'Europe (!) est l'espèce la plus ancie, nement connue (?). Brune en dessus, elle est big. châtre sous le corps, autour des lèvres et sur ls joucs. Quelques individus sont mouchetés, quelque autres atteints d'albinisme. Diverses loutres étre gères se rapprochent singulièrement de celle.aide venue type. En diffèrent-elles réellement par u individualité propre et fondamentale? On dit k supposer, bien que des nuances ne puissent sufire résoudre cette question, car ces nuances peure être aussi le résultat de la climature, La premià de ces variétés de la loutre d'Europe est celle dite4 Caxana (3), connue seulement par une tête osseuse dont la ligne du profil est bien plus inclinée ques le crâne de la loutre d'Europe, en même temp qu'il se présente en outre quelques autres difiéres ces dans la disposition des pièces osseuses, à LOUTRE DE LA GUYANE (?) est longue de deux p et la queue a dix-huit pouces. Son pelage est bail en dessus, plus pâle en dessous, la gorge et la côtés de la face jusqu'aux orcilles sont blancs. crâne diffère aussi de la forme de ceux des deux pèces précédentes. 3° LA LOUTRE DE LA CAROLIN/ a les poils de sa fourrure longs et touflus, k soyeux recouvrant les laineux qui sont épais 4 doux. Leur couleur est un brun foncé noirdtre plus clair sur les parties inférieures du corps. Le joues, les tempes, le tour des lèvres, le mentons la gorge sont d’un gris brunâtre pâle, tandis q la partie inférieure du cou passe au brunälre. taille est de deux pieds neuf pouces, et la quere un pied cinq pouces. Le jeune âge est remarquil par la rareté des poils soyeux, et sa coloration a un brun foncé. Cette loutre habite la Carolined Sud, où elle a été observée par M. L'Hermini 4e LA LOUTRE DE LA TRINITÉ (6) a des poils courts très lisses et presque ras, composés de soeur {

() Lutra vulgaris, Erxl, ; mustela lutra,L.

(2) M. Ogilby a décrit (*), sous le nom de lutra Ru sis, en l'honneur de miss Anna Moody de Roe Millsq l'a découverte, une loutre d'Irlande que ce savant € distincte de la loutre commune. Elle vit presque et sivement le long des rivages du comté d'Antrim, di des trous ou des cavernes formées dans les cretif des coulées hasaltiques de cette partie des cles( landes, Elle se uourrit principalement de sam aussi sa tête est-elle mise à prix.

() Lutra Canadensis,F.Cuv., Dict. sc, nat, t. KR p. 242.

(4) Lutraenudris, Fr. Cuv., loc. cit.

(5) Lutra lataxima, Fr. Cuv., loc. cit.

(6) Lutra insularis, Fr. Cuv., loc. cit.

t*) L'Institut, no 101, p. 123.

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Sir Samford Raffles, dans son catalogue, (#) dit : «Ilya deux espèces de loutres à Sumatra, appelées communément anjiny ayer, ou chien des eaux, La plus grande est distinguée par le nom desimung, et la plus petite par celui de barang arang ou ambrang.

» La dernière paroît très vois'ne de la lutra Wtreola (mustela lutreola, Linx. ); elle a envion un pied et demi de long ; est d’une belle couyrbrune luisante, la gorge et la bouche blanches. Les pieds sont couverts de poils, mais les doigts ne sont pas d'égale longueur. La queue est plus courte que le corps , très poilue, épaisse à sa base et terminée en pointe. » Or cette petite espèce cst LOUTRE BARANG (5), à pelage dur et hérissé, à is soyeux très longs et recouvrant les laineux. le est d'un brun de terre sombre et grisâtre, plus sous le corps, tandis que les tempes, la gorge, dessous et le bas des côtés du cou sont d’une inte gris brunâtre qui se fond insensiblement avec brun cendré du reste du pelage. Les poils laineux nt d'un gris brun sale, et les soyeux, généraleat bruns, prennent une coloration blanchätre à i pointe sur le dessous du cou. Sa taille est de BL pouces pour le corps et huit pouces pour la MF. Cuvier parle d’un jeune individu qu’il supippartenir à cette grande espèce, remarquable #spoils brun foncé, prenant une teinte rousfe sous le corps et la queue. Le tour des yeux, les Ésde la tête, le rebord de la lèvre supérieure, les Belle dessous du cou sont d’un blanc fauve jau: le, le menton est blanc. M. Horsfield a nommé

| Lutra brasitiensis , Geoft.; mustela Brasiliensis,

M Lutra tutris, Cuv. : mustela lutris, L, (PI, 198,

\ Trans, of the Linn. Soc., t XIIT,

Lutra barang, Fr, Cuv., loc. cit.

cette grande espèce (!) LOUTRE AUX PETITS ONGLES (2), bien qu'elle paroisse avoir été déjà signalée par Hliger (3) : on la rencontre sur les bords des rivières, aussi bien à Java qu'à Sumatra; dans la première contrée elle porte le nom de overlirgsang ou de owarqul; elle a deux picds un pouce anglois de longueur; la queue mesure un pied. Sa voracité passe pour très grande.

L'Inde continentale produit une cspèce de loutre que M. Leschenault a rencontrée aux environs de Pondichéry, où elle porte le nom de nir -nayie, c'est la LOUTRE NIR NAYER (!) des naturalistes modernes. Son pelage se compose de poils assez doux et peu longs, colorés et châtain foncé, plus pâle sur les côtés, passant au blanc roussâtre en dessous, Les joues et les parties latérales du cou, le rebord des lèvres, le menton, la gorge et le dessous du cou sont d'un blanc roussâtre clair assez pur. Le bout du museau est roussâtre, et l’on remarque au-dessus comme au-dessous de l'œil une tache d’un brun fauve roussâtre clair. Les moustaches sont blanches. Les jeunes ont leur fourrure plus douce, à poils plus longs, colorés moins vivement; le menton et la gorge en entier d’un blanc puillé. Les adultes ont deux pieds quatre pouces, et la queue a un pied cinq pouces.

Molina a mentionné sous le nom araucan de CHINCHIMEN un animal que Shaw a introduit dans le geure loutre (5), bien que la description de ce moine italien soit fort incomplète. On lui donne vingt pouces de longueur, la queue non comprise, qui en a dix, et les mers qui baignent le Chili pour patrie.

Nous avons rangé dans un genre distinct (6) la LOUTRE Du Cap (7), dont on doit la connoissance à feu Delalande, un des marchands d'histoire naturelle du Muséum. L'animal type est une loutre par la forme générale du corps, la coupe des oreilles, les contours du muffle, mais ses extrémités grosses ct courtes sont à peine palmées en arrière et nullement en devant. De plus, les deuxième et troisième doigts, bien plus longs que les autres, sont soudés ensemble jusqu’à la troisième articulation, et toutes

(:) Lutra leptonyz, Zool. Research. Fusca nitore fulvo; gqulà sordide flavescente ; cauda corpore dimidio breviore; unguibus brevibus obtusis sub laminaribus.

(2) C’est la lutra barang de Temminck.

6) Lutra cinerea, Illiger; L. perspicillata, Isid. Geoff. St.-Hilaire ; Dict. classiq., t. IX.

(3) Lutra naïir, Fr. Cuv., loc. cit.

(6) Lutra felina, Shaw ; cauda corporis dimidii lon. gitudine ; dentes molares ;=* primores :, ungues falculares; palama pilosa , feroz, rugit.

(6) Aonyæ, Less , Man.

(1) Lutra inunguis, Fr. Cuv.; Aonyz Delalandi, Less, , Man, p. 157.

les extrémités des phalanges sont dépourvues d'ongles, les deuxième et troisième doigts de l'arrière exceptés Ceux-ci présentent une lame cornée demicirculaire, au milieu de laquelle s'élève un tuberoule épais et arrondi. Cette anomalie paroit constante et s'être présentée sur tous les sujets examinés par M. Delalande, aussi bon observateur que collecteur infatigable. Le pelage de cette loutre du Cap est doux, épuis, d’un brun châtain plus foncé sur la croupe, les membres et la queue, plus clair sur les flancs, et gris brunâtre sur la tète, puis blanc presque pur sur le ventre. La taille est pour le corps de deux pieds dix pouces, pour la queue d'un pied huit pouces : elle habite les étangs salés non loin de la mer, au Cap même, et se nourrit de crustacés ct de poissons. Su retraite habituelle se trouve être les joncs et les broussailles qui garnissent les bords des marécuges.

La LOUTRE DE MER (!) est le type d’une petite tribu nommée ENYbRIS par le docteur Fleming. On en distingue la loutre grèle (2) de Pennant, bien que l’une et l'autre nous paraissent appartenir à une seule espèce () décrite et figurée par Cook , et dont la description dans Buffon se trouve mèlée avec l'histoire de la saricovienne , être mixte, reposant ainsi sur ce que nous a laissé Steller de la loutre de mer, et sur ce que dit Marcgrave de la loutre du Brésil ou cariguebeya. La loutre de mer est deux lois plus grande que l'espèce commune. Sa queue n'a que le quart de la longueur totale du corps qui est fort allongé. Les pieds de derrière sont courts, son pelage noirâtre à éclat de velours, et la tête est assez habituellement blanchâtre. La mâchoire inférieure n'a que quatre incisives. Cette loutre est singulièrement estimée par la beauté de sa fourrure, sa valeur, et la recherche qu’en font les Européens qui vont sur la côte N.-0. d'Amérique en faire la traite. Ces fourrures sont vendues ensuite chez les Asiatiques du nord, tels que les Chinois et les Japonais ; car elles sont chez eux l’objet d’un goût universel en parures de luxe pour les hommes et les femmes,

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