LES CHIENS
Canis, L.
Les nombreuses races de chiens répandues sur toute la surface de la terre, et qui comptent un grand nombre d'espèces qui se rattachent à l'homme par les liens d’une véritable amitié, se sont beau-
() Enydris stolleri, nigra, capite cano ; gulà albd; auriculis erectis pilosis.
(2) Lutra gracilis, Shaw; Flender otter, Pennant, "(3 Mustela lutris, L.
HISTOIRE NATURELLE
coup enrichies par les découvertes des voy
n principalement dans les vingt années qui vienne se
de s'écouler, …p 7 dl À
M. Seringe, professeur à Lyon, à prégntéit hp “. que Société linuéenne de cette ville un mémoire sur le pi en pointe, s résultat de l’accouplement d’un chien et d'un présentoient cal, Comme les cas reconnus d'hybridité, parmi les mme leur mèri animaux, sont rares, il nous a paru intéressanà ourts, nombreux rapporter les observations de cet auteur (1), us longs, roides
« Le chacal, aussi nommé loup doré, chien dor we chose de fa (canis aureus, L.), semble établir le passage de ir,avec les max chiens aux renards. Il habite plusieurs contrée offre les deux € chaudes du globe, Quoique cet animal ne soit qu wond étoit une de la taille du renard , s.vec lequel il a plus d'if- ointu, le pelage nité qu'avec le chien, principalement par la forced poils déjà inc sa tête , l’aspect et la position de sa queue, par ,Gasparin, mai cri, ses mœurs, etc., il n’en est pas moins à craindre à troisième enfit
par ses goûts carnassiers. Il joint à la férocité du loup l'astuce du renard, Sa voix consiste en unee pèce de hurlement mêlé de gémissement, Al est ceptible de se familiariser jusqu'à un certain degn Les rapports d'organisation et de mœurs ont penser à quelques naturalistes que le chacal étoitw chien sauvage qui, par la servitude, avoit produil ce nombre considérable de races et de variétés q nous connoissons. Ce qui sembleroit légitimer cel manière de voir, ce seroit que les chiens échappé à la servitude n’aboient plus, et que ceux que nn élevons ont celte faculté d'autant plus développée qu'ils sont plus impressionnés de domesticité,
» Un soldat, venant d'Alger, avoit apporté Lyon une jeune chacale qui n'avoit qu'un moi demi. Un serrurier du faubourg de Bresse l'achet et la laissa d’abord libre dans sa boutique, At l'âge cet animal se fit craindre, non seulement l'homme, mais encore des chiens du voisinage. Îl fuyoient, quoiqu’ils fussent bien plus forts et ph gros qu’elle. Elle mordit diverses personies; el propriétaire, ayant éprouvé plusieurs désagréme de ce genre, se vit forcé de l’enchainer.
» Cet animal, méchant même avec son mail a cependant été en partie dompté par lui, au p d’être devenu presque aussi obéissant qu'un chien: lui donne la patte ; se roule à terre, et joue tr! milièrement avec lui; cependant il resie ou enchaîné, et le serrurier est souvent contraint à servir de la menace. Les ouvriers de la boutique toujours grand soin de passer assez loin de lui, Ja crainte d'en être atteints. Cet animal, Wu inquiet, répand uve très forte odeur.
» Ce fut avec surprise que, la troisième année l'on vit un petit chien-loup blanc s'accoupler 4 cette chacale. Ils présentérent dans Jeur actif
embloit assez us foncé, d’un Jus pointu,
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Les variétés que
() Bibliothèque universelle de Genève, aoû! 189
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e Genève, août 18
DES MAMMIFERES,
nt absolument les mêmes circonstances que les biens entre eux, Soixante jours après , elle mit bas ois petits qui ressembloient assez aux très jeunes biens : leur queue, courte, se termine insensiblenten pointe, sans offrir de poils longs et écartés; présentoient un mols après leur naissance, mme leur mère, deux espèces de poils : les uns purts, nombreux, fins, mous ; les autres beaucoup us longs, roides et divergents. Leur regard a quelw chose de faux ; l'un est mâle, complétement ir, avecles maxillairessupérieurs un peu saillants; olfre les deux espèces de poils peu distinctes. Le wnd étoit une femelle; elle avoit le museau intu, le pelage roux, composé des deux espèces poils déjà indiquées. Elle avoit été donnée à , Gasparin, mais elle est morte accidentellement. siroisième enfin, que la mère allaitoit encore, embloit assez au précédent ; cependant il étoit us foncé, d'un brun noirâtre; son museau étoit Jus pointu, » Ces jeunes animaux étoient très vifs; leur cri pprochoit de celui de leur mère, plutôt que de cedu chien ; leurs pattes étoient étroites, souples et on larges comme celles des chiens; leurs ongles ntaussi paru moins forts; d’ailleurs ils badinoient k manière des jeunes chiens.
» Un seul des trois jeunes métis de chacale et e chien-loup qui existoient, reste actuellement. , Joanon-Navier, maire de Cuire, le possède.
Quoique petit, il est craint de tous les chiens du bisinage : il a des goûts très voraces. M. Joanon est vu forcé de le tenir à l’attache, car il tuoit tous W anards et poulets du voisinage; il ne les mange as à la manière des chiens, il les avale tout entiers ils ne sont pas trop gros. D'ailleurs, il est caresni pour ses maîtres, mais de manvaise garde. 11 Bois fort rarement, et gratte la terre à la manière bêtes sauvages. El est d’une grande agilité, ue le long des murs à une grande élévation. Le eond de ses frères est mort de cette manière. En let 4855, M. Joanon tenoit constamment à la baine ce jeune métis, qui avoit été mordu par un Bien que l'on supposoit être enragé. Cette gène conauelle le rendoit sombre.
A animal change fréquemment de pelage; il voit dernièrement des poils ras assez courts; ceux s euisses étoient très longs, tachetés en travers, ce leur donne un aspect ondulé. Sa queue est lonk el à poils assez étalés ; ses oreilles ressemblent 4uoup à celles du chien-loup, elles ont la conle orlement dressée, ferme et dirigée en avant, Mseau est garni de moustaches noires, formées poils assez nombreux et roides ; ses sourcils sont
ou: ses yeux dénotent la méfiance et la Ile, »
Les variétés que l'on peut regarder comme appar- |
tenant au chien domestique sont : le niNGo ( canis austra'asiæ, Desm.) à pelage fauve , à queue touffue , et qui suit, aux alentours du port Jackson, les misérables tribus de nègres de l'Australie. Le cumin DE L'HyMALAYA, ayant deux taches noirâtres aux oreilles, que les Boteaniens nomment wha, par analogie avec son cri. Le chien sauvage de Sumatra (canis Sumatrensis ) (1), roux ferrugineux ; sir Raflles le décrit en ces termes : « J'amenai au Bengale, en 4818, un de ces animaux vivant; il mourut bientôt après, et sa dépouille, conservée, fut envoyée à M. Henry Colebrooke, en Angleterre, et se trouve déposée dans le cabinet du docteur Wallich. Il est très commun dans les forêts de l'intérieur, où l'on dit qu'il se réunit en troupes pour chasser.
» Il est d'une petite taille, de couleur rouge brunâtre, plus claire en dessous, sa queue ressemblant assez à celle du renard; sa tête est allongée, son corps est mince, ses oreilles courtes et droites; il est sauvage et indomptable, et paroît ressembler beaucoup au chien d’Australasie ou dingo. »
Le quao (C. quo, Hardw.), voisin du précédent, mais qu'on ne rencontre que dans les montagnes de Ramghur sur le continent indien. LE CHIEN de la Nouvelle-Irlande (canis Novæ Hyberuiæ) (?), que les naturels nomment poull, a le pelage brun fauve ras, et les membres grèles, et les orcilles droites, Sa chair est estimée des peuplades noires dont il est le commensal, bien qu'il se nourrisse de crâbes, de mollusques et de débris de toutes sortes rejetés par les flots. Le chien de Java (3), fauve, à dos, jambes et queue noirs, est très peu connu, et semble se rapprocher da loup.
M. Sykes (4) a fait connoître trois espèces de canis du pays des Mahrates. La première, LE KOLSUN (ranês dukunensis, Syk.) est roux, à teinte plus claire sous le corps; il diffère du quao de Sumatra, d'où il se rapproche toutefois. La deuxième, LE LANDGAH (canis pallipes, Syk. ) est d’un roux blanchâtre sale, tacheté sur le dos de noir et de ferrugineux. Les pieds sont de cette dernière couleur. C’est le représentant de notre loup dans l’Inde. La troisième est LE KOKRÉE (C. kolrè, Syk.) gris roussâtre en dessus, blanc sale en dessous, et qui rappelle par son aspect le renard d'Europe, ou le corsac, dont elle a les formes extérieures.
M. Hodgson parle d’une sorte de renard intermédiare au jackal et au renard indien, qu'il nomme canis primævus (5) et que les habitants du Nepaul
(‘) Hardwiche , Wild dog of Sumatra, Trans, soc, Linn., tt. XHI, p. 235.
(a, Lesson, Zool. de la Coq ,t.1, p. 123.
() Canis javanicus, Fr. Guv, Dict.t. VII, p. 557.
(4 Proceed.,t. 1, p. 100 (1831).
(5) Fbid., 1833, TU, p. 3.
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388 HISTOIRE NATURELLE
appellent buansu. Ses creilles sont droites, son pelage roux en dessus, jaunâtre en dessous, et sa queue est très touflue. C'est un animal qui chasse pendant la nuit, et qui, pris jeune, n’est pas insensible aux caresses,