‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 31 sur 514 · V. NATURELS DE L’ILE D'OUALAN · texte numérisé non relu

V. NATURELS DE L’ILE D'OUALAN

L'ile d'Oualan (!) est placée par cinq degrés une minutes vingt-cinq secondes de latitude cent soixante degrés trente-sept minutes qi sept secondes de longitude est, au centre à de la séric des terres peuplées par la racen pélagienne. Bien que nous n'ayons séjourné de temps à Oualan, les détails que nous n mes procurés sur les habitants auront ques trait, et prouveront qu’il n’y a entre eux et# Octaniens aucune analogie de conformation ph et d’habitudes morales.

Les habitants d'Oualan nous ont paru # mœurs douces, bienveillantes , ignorer là ses désastres, et vivre en paix des produci gétales dont leur ile abonde, Tout en eux re

(‘) Consultez, pour plus de détails, la Notit d'Oualan, par R. P. Lesson , Journal des 18 t, XXVI, pag. 129 61273, mai et juin 1825.

udes d'une nature simple et primitive dont le u nous séduit encore lorsque nous lisons les jons des voyageurs du seizième siècle. Ils semen effet ne point avoir de coutumes sanguis, et dans leurs instruments rien n'annonce aient songé à s'en faire des armes. Placés dans position isolée, sur une île haute qui suflit grant à leurs besoins, ignorant quels sont leurs proches voisins, ils coulent dans l'indolence ie qui ne connoit point de position plus heuni un sort plus doux. À la stupéfaction exdinaire que notre vuc et nos moindres gestes inspiroient lorsque nous les abordämes pour pmière fois, il est évident qu'ils n'avoient javu d'Européens dans leur ile, et que nous es les premicrs qui ayons séjourné parmi eux. nnement que le navire leur inspira lorsqu'ils sidérèrent de près, la surprise que nos vêtes, nos costumes, notre peau blanche, portoient leur âme, nuisirent beaucoup les premiers à nos recherches, et nos observatiuns ne puêtre que superficielles; mais le peu que nous vons est digne d'intérêt. Lorsque nous arridans une cabane, le premier mouvement des iétaires étoit de fuir, et ce n'est que sur quelparoles de nos guides que la tranquillité rebit. Chacun alors faisoit cercle autour de nous, touchoit, portoit la main sur chaque partie du nous accabloit d’un déluge de questions suid'un bou-1i éternel; de sorte qu'au lieu de ir observer à notre aise, à peine pouvionsous-mêmes suffire à tout ce qu'on exigeoit de Le mouillage de la corvette la Coquille étoit urs trop éloigné du village principal, où dent le roi et les chefs ; on ne pouvoit s’y rendre ès une course fatigante, tandis que près du u il n'y avoit que deux ou trois cabanes, femmes avoient fui et étoient cachées dans eur.

habitants d'Oualan diffèrent entre eux par la jomme par la bonne mine. Ils semblent former lasses distinctes : celle des chefs ou urosses, t remarquable par sa belle conservation, et u peuple, qui est beaucoup plus défavorisée.

bitants sont en général de petite taille ct de bicds au plus : un bon nombre n'avoit que pieds sept à huit pouces, tandis que les plus gés par la stature n’alloient pas au-delà de eds deux à trois pouces. Les femmes aussi néralement petites, mais très grasses et très rmées. Le type physionomique des hommes oir le front découvert et étroit. les sourcils Les yeux petits et obliques, le nez épaté, he grande, les dents très blanches et bien ées, des gencives vermeilles. Jls portent la

re, qui est très noire ct non frisée , Jonguc

et nouée £ur l'occiput; leur barbe, très fournie ct noire, est rude chez quelques uns (!). Ils ne la coupent point. Quelques uns cependant s'empressèrent de se faire raser à bord, preuve qu'ils n'y attachent aucune idéc superstitieuse. Ils ne s'épilent point, ct ne pratiquent point la circoncision. Leurs membres sont arrondis et bien faits, surtout la jambe. Leur peau est très dure; et la plante de leurs pieds, par l'habitude de marcher sur le corail, contracte l'épaisseur ct la dureté d'une forte semelle de soulicr: La teinte de leur peau est comme celle des Océaniens, de couleur peu foncée de cuivre ou bronze clair. Ils ne mâchent aucune substance, Ces neuples, non habitués au travail, sont mous et efféminés ; la fatigue les atteint de suite, et sans doute est pour eux le souverain mal.

Les femmes ct les jeunes filles ont une physionomic agréable. Elles possèdent deux grands attraits, de beaux yeux noirs pleins de feu, ct une bouche meublée de dents superbes d'une grande blancheur et rangées avec beaucoup de régularité. Mais le charme le plus puissont leur manque communément, ct sous ce rapport ciles sont loin d’être aussi favorisées que les Zélandoises. Leur gorge, très grosse, est habituellement, même chez les plus jeunes filles, flasque, et terminée par un gros mamelon noir. Il en est peu qui échappent à cette règle. La couleur de leur peau, moins exposée à l'ardeur du soleil, est aussi beaucoup plus blanche que celle des hommes. Leur taille ramassée est mal prise, surtout par la grosseur démesurée de leurs hanches, ce qui seroit du goût de plusieurs peuples. Leurs mamelles pendantes ct accolées doivent cette forme à ce qu’elles se rapprochent sans cesse les bras près du corps, tandis que leur démarche génée et cmbarrassée est due à leur habitude de rester assiscs, et de serrer les cuisses pour voilcr ce qu'un étroit maro, mal assujetti et trop peu ample, ne cache quetrès imparfaitement. Les femmes, à notre vuc, montroient une vive curiosité; elles paroissoient même très satisfaites de quelques demi-libertés qu'on prenoit avec elles; le front sévère de leurs époux les forçoit alors à prendre un ton plus réservé : quelques unes étoient remarquables par leur douceur ct l'expression gracicuse de leurs traits.

Les femmes, de même que les hommes, n'ont aucune sorte d’étoffe sur le corps, si ce n’est celle qui recouvre les parties naturelles. Les deux sexes ont l'habitude de se faire un large trou dans l'orcille droite seulement pour y placer tout ce qu'on leur donne, et parfois des objets peu faits pour y être accrochés, tels que des boutcilles. Ordinairement

() Le plus grand nombre n’a presque point de barbe : celle-ci est pen fournie, gréle, et forme une petite méche très maigre sous le menton.

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les filles y mettent des paquets de fleurs de pancratium qu'elles paroissent aflectionner, Souvent avec ect air de coquetterie que la femme civilisée, comme daus l'enfance de cette même civilisotion , possède si éminemment, des jeunes femmes détachoient de leur tête ces fleurs odorantes, et cherchoient à nous les placer dans les oreilles en accompagnant ce présent d'un sourire gracieux. Les hommes se couvrent aussi la chovelure avec lesfleurs rutilantes du kalcé, ou les spadices de l'arum,

Ces naturels ne se servent d’aucunc espèce de vétement pour se garantir des pluies fréquentes de leur climat, Lorsque le soleil les incommode, ils s'abritent seulement les épaules avec une large feuille d'urum. Les chefs paroissent tenir, par morgue, à ne point s’exposer autant aux influences de la chaleur. Ils sont un peu plus blancs que le reste des insulaires. Lis sont aussi plus beaux hommes, ct beaucoup mieux faits. Ils n'ont aucune marque distinctive autre que les dessins de Icur tatouage ; cependant ils placent des plumes dans le nœud qui retient leur chevelure ; et lorsqu'on leur donne des clous, c'est toujours dans cette partie qu'ils les enfoncent en les rangcant régulièrement en forme de diadème.

Les femmes, comme les hommes, vont habituellement tête nue. Leurs cheveux sont d'ordinaire épars sur leurs épaules, tandis que ces derniers les portent noués sur l'occiput. Celles-ci ont de plus une grosse cravate passée autour du cou, formée par un grand nombre de cordonnets, dont les bouts se dirigent du même côté et sont réunis en grosse touffe. Leur maro n'est point placé comme chez les hommes : c'est un morceau d'étoffe dont ces derniers se servent pour ceindre le corps en formant une poche pour reccvoir les organes de la génération, tandis que le beau sexe emploie un maro large de dix pouces environ, étendu circulairement autour du corps, et assez mal fixé pour qu'il soit le plus ordinairement besoin de le retenir avec les mains, ou, au moindre mouvement, de le soutenir,

L'ensemble des traits des femmes est en général assez bien. Elles se marient de bonne heure, car quelques unes éloient mères et paroissoient très jeunes:elles ont grand soin de leurs enfants, qu'elles portent sur le dos. Leurs travaux sc bornent à l'intérieur de la cabane, et jamais nous ne les rencuntrâmes occupées au-dehors ou à préparer les aliments. On ne sait si ces insulaires sont monogames; mais nous croyons avoir saisi dans le langage d’un naturel intelligent que chaque homme des classes supérieures pouvoit avoir deux femmes. Les urosses en auroicnt alors trois ou quatre. Les femmes sont considérées comme des créatures d’un ordre inférieur, quoiqu'on les traitât cependant devant nous avec une bonté ct une considération remarquables,

Elles sont très chastes, et on doit croire que vertu est enracinée dans leurs cœurs, ct ne pas sa source dans l'excessive jalousie des lu qui, dès le premier instant de notre relie montrèrent singulièrement éloignés de

le moindre commerce entre leurs épouses et ls de notre équipage. Les naturels parurent en très bien saisir le sens de quelques demande leur firent les matelots, ils en riolent beaua répétant leurs gestes expressifs : mais dès cet tous ceux qui habitulent les côtes occident l'lo, vis-à-vis notre mouillage, firent cn leurs familles dans l'intérieur, et malgré les traitements qu'on eut pour eux, les présents leur fit, ct les soins qu'on prit de ne point à ombrage à leur humeur jalouse, ceux qui soient nos amis ne voulurent jamais les ro Ce n'est que dans l'intérieur, et surtout dans lage de Lélé, que nous pûmes observer les f et lorsqu'on paroissoit trop s'en occuper, p seul coup d'œil on les faisoit retirer; et soure arriva que des jeunes gens qui nous servi guides couroient devant nous les faire cacher les cabanes dans lesquelles nous devions arrêter.

Cette habitude de soustraire leurs femme vue des étrangers, ou la crainte de les voirp par des inconnus, est d'autant plus rem:

qu'elle est grandement opposée aux mœun rales des insulaires de la mer du Sud, qui article témoignent une grande indifférence. Ce pas cependant que les naturels des Sandwid, iles de la Socicté et des Amis, des Marquises la Nouvelle-Zélande, prodiguent leurs époux sait qu'ils n'offrent communément que les csclaves ou de la classe inféricure du peuple, ils emploient les charmes pour trafiquer. | habitants d'Oualan ne paroissent posséder nombre restreint de personnes du sexe fém ne point avoir de concubines avouces, ni par quent une classe de femmes livrée au publ licats sur l'article de la chasteté conjugale, ik rent beaucoup sous ce rapport des peuples qu venons de nommer; aussi on peut assurer ( galants les plus déterminés du bord ne re absolument aucun fruit de leurs avances. One torisé à penser cependant que les chefs, doil torité est sans autres bornes que leur volon roient été disposés, pour des présents, à acct femmes de la classe inférieure de leur distré c'est ainsi que nous avons dù interpréter!

d'un urosse, qui, dans l'étonnement qt vue lui inspira, nous pria en grâce, M. de ville et moi, de coucher au village, d’y nous promettant une femme, une cabant aliments,

# ne conno ux de ces ir en appar Le,eton ne s de mahom prééminenc:

ité toute-pui leur adresse Ux, surtout P, quelques n pour désigne ent à penser en cela à s Mariannes dent de que », mais de l’e:

on ne peut se n qui nous pa population d ive; les chefs l'habitude du à une soumiss tent chaque c ils appartien ; ils dépende de leur indust L'ils sont nés, qui jouissent « 8 lois ou des « ner nulle éne bitude, sans be ures , ils viven ui ne sont ni les chefs n°h ne se nourris n'ont de plu est-il le plus p citer, et sans molifs pour q les Europée s hommes n'o:

jui est bien rm la guerre, Les chefs qui rec n'a point de à tous ses besc f,

an est régie pa r'OS\e lol ou 16 également nor 8 districts de l'i Se très peuplé e nom, dans Ja oit être choisi | qui étoit en fl Vieillard que 1

croire que rs, ctne sic des hor votre reläce és de pouses ct les parurent en es demande lent beaucr ais dès cet s occident , firent « t malgré les les présents e ne point à , Ceux qui mais les ra jurtout dans server les fi \ occuper, h irer; et sou nous servoi s faire cache ous devions

leurs femme de les voirp | plus remi

aux mœurs u Sud, qui différence. Ce des Sandwid des Marquises teurs époust ent que les ire du peuple, trafiquer. 1 nt posséder du sexe fém ouées, ni paré vrée au publ conjugale, il s peuples q beut assurer ( h bord ne rl avances. Ont es chefs, dotl à leur volonté sens, à acc0

de leur distri

interprétet !

nnement qu râce, M. de age, d'y une cabant

# ne connolissons absolument rien des rites ux de ces insulaires ; nous ne vimes point de en apparence destinées à un culte quel- Le,et on ne peut penser qu'ils aient quelques s de mahométisme, Cependant la hiérarchie prééminence des costes nettement établie, ité toute-puissante des chefs, les hommages leur adresse en les entourant d'un respect ux, surtout la conformation physique de ce », quelques mots très usités , tels que celui de pour désigner l'O. et souvent le N. O., nous ent à penser que les insulaires d'Oualan, semen cela à une partie mélangée des Chumos Mariannes, et des Tagales des Philippines, dent de quelques provinces, non de l'Inde p, mais de l'empire japonois. A leur vue, en on ne peut se dispenser de leur donner cette n qui nous paroit avéréc, population d'Oualan est douce, timide ct ive; les chefs seuls ont l'arrogance que leur l'habitude du pouvoir, Habitués dès leur enà une soumission passive, les gens du peuple tent chaque classe supérieure à celle à lails appartiennent ; ils ne possèdent rien en ; ils dépendent, eux, leurs familles, et les de leur industrie, de l'urosse dans lo district L'ils sont nés, Les classes moyennes sont les qui jouissent d'un peu de liberté. On conçoit s lois ou des coutumes si féodales tendent à ner nulle énergie à leur caractère. Serviles bitude, sans besoins nomkreux, sans relations ures, ils vivent en remplissant quelques deui ne sont ni pénibles, ni rigoureux dans un les chefs n'habitent que sous les mêmes cane se nourrissent que des mêmes substann'ont de plus aucun vêtement, Aussi le est-il le plus pacifique et le plus doux qu’on citer, et sans doute qu'il faudroit de bien motifs pour qu'il cherchât à se venger ou à les Européens qui visitent son ile. D'ails hommes n'ont pour armes que des bâtons, qui est bien rare sur le globe, ils paroissent la guerre. Leur petite population, dominée chefs qui reconnoissent une autorité sun'a point de dissensions, et l'ile peut à tous ses besoins, lors même qu'elle s’ac- [A an est régie par un seul chef, qui porte le rose toll ou tône, Un grand nombre d'autres également nommés urosses, commandent s districts de l'ile ou entourent le roi, dans ge très peuplé de Lélé, établi sur la petite nom, dans la partie est d'Oualan. L'urosse vit être choisi par les plus anciens uro:ses, qui étoit en fonction lors de notre séjour Vieillard que les ans menoient au tombeau

d'un pas insensible, Nous remarquâmes que le plus grand nombre des chefs étoit ôgé, ot à peine en vimes-nous quatre ou cinq pleins de vigueur, et encore dans la jeunesse. Le respect dont le peuple entoure le monarque est prodigieux, et la vénération et l'humilité qui se manifestent sur leur visage en prononçant son nom, qui pour eux paroîit être sacré , le soin qu'ils ont de se trainer sur les genoux lorsqu'ils rencontrent les nrosses, attestent que leur pouvoir repose sans aucun doute sur des idées religieuses. Tant de bassesse et de servilité dénotent bien uno source asiatique. L'Inde, cet antique berceau d'une civilisation depuis long-temps étouffée sous l'empire presque indestructible des opinions superstitienses, est depuis des siècles divisée en castes qui se haïssent mutuellement, ou se déversent lo mépris. La caste de Brama se croiroit fétrie par l'attouchement d'un membre de la vile caste desParias... Eh bien! à Oualan on retrouve parfaitement le tableau de cet ordro social, si peu en harmonie avec la raison, Là aussi une foible population est divisée en plusieurs castes, et celle des urosses, ou la noblesse, regarde comme indigne de ses regards la populace ou singué , faite seulement pour la servir, D'après les indices que nos observations trop restreintes, et dès lors incomplètes, nous ont mis à même d'acquérir, il paroît que les chefs ont un droit absolu sur les propriétés et peut-être sur les personnes des hommes d’une origine commune qui naissent dans leurs districts respectifs. Nous vimes une femme, qui venoit de recevoir un présent de l’un de nous, être forcée de le remettre à l'urosse à un seul geste qu'il lui fit. D'autres étoient dépouillés, sans se plaindre, du fer ou des autres articles qu'ils avoient reçus en échange de leurs maros ou des fruits qu'ils avoient cucillis, Mais cette obéissance passive est également imposée aux chefs à l'égard du roi, et tous les présents qu'ils recevoient lui étoient aussitôt remis.

Les urosses diffèrent en général du peuple par une taille bien prise, un air plus imposant, plus grave, un tatouage plus soigné et qui dénote leur rang. Leur chevelure est soigneusement pcignée et frottée d'huile; leur barbe, très blanche chez les vieillards, leur donne une physionomie vénérable. Il paroîtroit que plusieurs tribus différentes existeroient dans l'ile, et scroient désignées par des noms particuliers. D'après les renseignements que nous avons obtenus des naturels, il en résultcroit, pour désigner ces classes, les sept dénominations suivantes.

4° Uroste paroît signifier noble, chef, Ce nom seroit applicable aux gouverneurs de districts, à ceux cnfin devant lesquels le peuple doit s’humilier. Le mot tône paroît être, pris isolément, un terme qui signifie haut, puissant, promicr, et même chef de

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famille, Aussi le titre du chef principal ou roi est-il | siné, qui étoit à côté, en donnoit un autre, les ministres wrosse tône, quoique les naturels disent souvent et | quefois tout différent, au même objet qu'on une grande p simplement urusse eu le désignant. troit en le touchant. En général les chefs ont} ls professent La deuxième classe est celle des pennemés. Nos | coup plus d'instruction; leur intelligence saisi , et surtout p amis du village de Tahignié appartenoient à cette | aisément ce qu'on leur demandoit, et pour qu'i avec efforts e caste, qui correspondroit aux professions libérales | eût pas d'erreur, souvent ils répétoient en ni s. Il n’est pas du barreau et du haut commerce dans nos états | ce qui servoit à caractériser l'objet dont on n ne placent da civilisés. Ils étoient constructeurs de pirogues, et | avoir la connoissance. Leur prononciation es Pant de tout c nul doute que cet art, le premier chez eux, ne soit | leurs mots bicn articulés, tandis que le per religieux. distingué, comme exigeant du savoir et de l’habi- | une prononciation vicieuse, et qui varie à rillage de Léle leté. D'autres vicillards, habitant l’intérieur, étoient | instant. Nous eûmes occasio” “e juger des con ss demeures d aussi tônes, et sans doute que c'étoit par naissance | sances d'un pennemé, en lu craçant sur lep hi ne tient à Ou qu'ils conservoient ce titre dont ils étoient fiers. | le cours du soleil. Il sut fort bien nous exp + peut marche: Nous remarquâmes combien l'esprit de corporation | l'idée qu'il avoit de sa marche, en nous ind Ps: Ce village a d'influence sur tous les hommes, et la préférence | qu'il tournoit autour de la terre, et que lem au milieu d'u que l’on accorde à ceux qui exercent la même pro- | houat alake, le soleil se levoit; qu'à mii i tandis qu’une fession que nous. Nous dimes à un vieillard jovial, | sur sa tête, koune ineléne, et qu’au soir il se cù dans les sorte de la classe des pennemés, que nous étions pennemés | dans la mer, foune cofo, en éclairant une es agglomérati de la grande pirogue ; aussitôt il nous sauta au cou, | terre, Le jour s'appelle lenélique, et la nuit fn nt généraleme en appliquant son nez sur notre poitrine ct la flai- | nou. 11 nomma les mois une lune , alouait,( chefs sont situe rant ; ce qui sembleroit être une politesse, car nous | nous dépeignit aussi comment il pensoit qu me de ces dem l'avons vu répéter plusieurs fois ensuite, et nous | astre tournoit autour de la terre ,en sens co uction est très câmes beaucoup de peine à nous débarrasser de ses | du soleil. On ne put obtenir aucun résultat ur le pourtou bras lépreux. Il nous offrit chaque jour des fruits à | faisant des questions qu'on lui adressa , pours le long des riv pain et des cocos, tandis qu'il parloit à peine à ceux | s'ils ont quelques ‘erres dans leur voisin ntau milieu de qui prenoient le titre d’urosses, sembla nommer det : îles Huat et Nécu!, et r les cocolicrs, La troisième classe ou celle des lisignés corres- | une dans l'ouest qui !-sud-ouest d'Oualan, qui voit point encor pond à la bourgeoisie. Cette classe est estimée et | peloit nun Monsol (1, at trés vastes, paroît être formée des propriétaires de terres. Le L'ile d'Oualan, dix ce en districts, régiep lion, sur une | bas peuple enfin nommé siné ou singué est occupé | urosses, a un nombn restreint d'habitants; lure est démesu aux plus rudes travaux , c’est-à-dire fournit les do- | peut apprécier les cat :s qui tiennent la pod > sur le sol, en mestiques, les travailleurs. Cette caste est répartie | dans ces bornes étroi 3, et nous ignorons sie chez les chefs, fait la cuisine et va chercher ou ré- | quelques institution vicieuses qui ordonna colter les fruits. Elle nage les pirogues, va couper | sacrifices d'enfants à à mort des chefs, ou des lattes pour les maisons ; en un mot, elle cst ré- | cela est dû à l’insal rité du climat. Le vil servée pour la servitude. Trois divisions paroissent | Lélé, le point le plus peuplé de toute l'ik, encore exister, celle des lias wu néas, celle des | avoir une population de cinq à six cents äms metkao, et celle des memata. Mais ces deux der- | reste d’Oualan ne renferme plus que des ré nières nous paroissent douteuses, et nous serions | de trois ou quatre cabanes, ou même des m tentés de croire que ce sont des noms de profession | solitaires, principalement sur le bord des gri portes sont prati ou d’origine, peu usités d'ailleurs par les naturels | blonneuses ou dans les vallées intérieures, RSS "eusement (ra eux-mêmes, qu'on ne peut être loin de la vérité, en esi - Le devant et On voit par l'ordre qui isole chaque rang que | deux mille habitants la population totale def très remarquat cette considération dont héritent les enfants nés dans | On se demande quel est le levier qui maintial s la toiture, et telle ou telle caste ne peut provenir que d’un peuple | dre établi parmi ce petit peuple isolé ; quels ps is es orné ave anciennement civilisé. La filiation des idées de ceux | être les châtiments infligés à ceux qui ma lattes des sépar que des circonstances imprévues auront portés dans | cette obéissance aveugle qu'exigent ies cheb; ces îles se sera perdue ou se sera réduite à la plus | ment il se fait que des hommes toujours pt ns les appartem simple tradition orale, franchir les bornes de leurs devoirs soient si si à I Un fait très remarquable est la différence d’in- | devant quelques individus qui se transmell# Si à Lrois pieds d struction qui caractérise chaque caste, et même le | autorité si despotique. Les idées religieuses | sa en partie à | langage que chacune d'elles parle. On conçoit que, | elles quelque part, ct les chefs sont-ils en “ petits bam pour former un vocabulaire, ce n’est pas une petite “a mt difficulté que de prendre des mots des premiers | {:) c'est trés probablement un mot qui signift | as 203 venus. Souvent un peniemé nous donnoit le nom | chose que le nom d’une tie ; car monso, ou pull bo nt d'un objet ou d’une partie du corps, tandis que le * sou, signifie la mer, prise dars son étendue, es chef

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un autre, ( jet qu'onr chefs ontb igence saisi et pour qu'il oient en ni dont on " ciation est n4 que le per | varie à ch ger des con ant sur leu i nous expn n nous indis et que len qu'à mii il soir il se cu lairant une et la nuit fo e , alouaile,6 L pensoit qu en sens com cun résultat s ressa , pour cur voisinag t Nècu!, et d'Oualan, qu

icts, régie pe d'habitants; ncnt la popi ignorons sit ui ordonne chefs, ous at. Le vil e toute l'ik, six cents àm s que des ré ême des m bord des grè

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ot qui signilt pnsol, où plu n étendue

les ministres du culte? Cette dernière opinion une grande probabilité, d'autant plus que les ls professent un saint respect pour les tom- , et surtout pour ceux des wrosses, qu'ils bàavec efforts en leur consacrant des hommages s. Il n’est pas jusqu’à ceux de leurs proches ne placent dans des positions choisies, en les ant de tout ce qui commande un recueillereligieux.

rillage de Lélé, principal point où sont réues demeures des naturels, a été bâti sur un bi ne tient à Oualan que par un récif, sur len peut marcher ayant de l’eau jusqu'à la moitié ps. Ce village est dans une position défavoau milieu d'un limon infect couvert de mantandis qu'une eau croupie et puante stagne dans les sortes de rues qui conduisent aux es agglomérations de cabanes. Ces maisons nt généralement des tertres, et celles du roi chefs sont situées au pied d’une haute colline. me de ces demeures est fort agréable, et leur uction est très ingénieuse : elles sont répanur le pourtour de la baie, ou au milieu des ie long des rivages ; et leur coupe étrangère, nt au milieu de végétaux imposants, ombrar les cocotiers, leur donne un caractère neuf voit point encore frappé nos regards. Ces maiput très vastes, ayant jusqu'à quarante pieds tion , sur une longueur proportionnée. Leur ture est démesurément grande ; elle retombe e sur le sol, en s’arrètant sur une cloison en ute de trois pieds. Le sommet de chaque carme un arc ouvert vers le ciel ; la toiture est ec des feuilles de vaquois et s’unit par simple osition des deux côtés au sommet, et ne porte r une pièce de bois transverse. Les parois s sont faites avec des lattes d’un bois léger d’hibiscus, attachées sur des montants à d’un demi-pouce les unes des autres ; de portes sont pratiquées sur les côtés. Ces lattes gneusement travaillées et peintes de diverses s. Le devant et le derrière de la maison ont très remarquable que le haut rentre beau-

s la toiture, et semble former un abat-jour.

oit est orné avec soin, et on a laissé çà et là

8 lattes des séparations qui permettent à l’air par la partie supérieure et de circuler librens les appartements. La portion inférieure ade a une petite toiture avancée , se termisi à trois pieds du sol, ou a un lattis en bois, est en partie à jour. Le sol de la bâtisse se de petits bambous ou roseaux dont les égale longueur, liées les unes aux autres, un plancher d’une grande propreté et très

s insulaires ont beaucoup de soin de ces bâsurtout les chefs, dont les demeures, quoi-

que faites sur un même modèle, sont plus spacieuses, mieux travaillées, et ne présentent point un morceau de bois sans qu’il soit peint en rouge, en noir, en jaune, ou en blanc, et très poli. Quelques compartiments sont établis sur un côté ; ils servent de chambres à coucher, et le lit des naturels ne consiste qu’en une petite natte étalée sur le plancher en roseaux. Toutes les maisons que nous vimes n'offroient de différence sensible que dans le plus ou moins de soins apportés à leur construction, ou dans leur grandeur et dans la manière dont elles étoient tenues. Les portes sont ordinairement très basses, et il fau! ramper pour entrer dans les diverses pièces. Dans celles des chefs il y a de grandes portes à battants, qu'on ouvre aux visites de cérémonie.

Les autres travaux des naturels consistent en fortes murailles qu'ils appellent pot, lesquelles sont élevées avec beaucoup d'efforts sans doute, à en juger par la masse des pierres et par l’imperfection des moyens dont ces naturels se servent. C'est ainsi quo le village de Lélé , sur l'ile de même nom, se trouve partagé en rues et en quartiers, en même temps que le pourtour de l'ile offre en entier une enveloppe composée de ces masses de madrépores. Dans l'intérieur de l’île, des murailles hautes et formées d'énormes massifs attirèrent notre attention. Nous sûmes par la suite que c’étoit le lieu de la sépulture des urossrs, et les naturels montrèrent le plus vif empressement à repousser de cette partie ceux qui cherchèrent à y jeter un coup d'œil. Ce cimetière so trouve très élevé, puisque la terre paroît presque au niveau du mur, qui a quinze pieds de hauteur, ct quelques cocotiers et des bananiers y ont été plantés. Approfondir les idées morales de ce peuple, connoître ses opinions sur sa religion et sur une existence future, seroit d’un grand intérêt, surtout si l’on pouvoit assister à quelques unes de ses coutumes et de ses grandes cérémonies, telles que les funérailles d’un urosse. On trouve sur divers points de l’ile des petits îlots que les naturels ont enveloppés de murs quadriiatères; nous ne pûmes savoir dans quel but.

11 nous reste à parler maintenant d’un autre genre de maisons qui semblent être du domaine public, et où les naturels s’assemblent et préparent même leurs aliments en commun : ils nomment celles-ci lomme ounou, et quelquefois paé. Elles sont beaucoup plus vastes et moins propres. Il n’y a pas de réunions de trois ou quatre cabanes sans qu’il y ait une de ces maisons. On y dépose les haches de pierre pour le travail, et les longues lances pointues pour la pêche. Les régimes de bananes qui servent aux consommations journalières sont pendus à la toiture, Dans celles-ci, comme dans les autres, il n’y a que peu d’ustensiles de ménage, dont les principaux sont des auges de bois, dans lesquelles ils pré-

cipitent la fécule de la racine vénéneuse de l’arum macrorrhizson. Des écuelles de coco, une molette pour broyer le fruit à pain ou le poivre, quelques nattes grossières, le métier avec lequel les femmes fabriquent les maros, voilà à peu près tout le mobilier des insulaires d’Oualan,

La grande maison communale, où les chefs nous reçurent à Lélé, ressemble en tout à celles éparses dans les divers districts de l’ile. Le pourtour de ces grandes cabanes est entouré d’un plancher en bambous, au milieu duquel on a laissé un grand espace quadrilatère sur le sol même, pour établir les foyers qui servent à la cuisine, Ceux-ci sont peu profonds, formés avec des galets arrondis de trachyte s'échauffant aisément, et qu’on dispose de manière à ce qu’ils entourent les fruits à pain, qu'on y cuit et qu'on place dans le trou, enveloppés de feuilles de bananier, en les recouvrant d’un petit dôme de pierres préalablement échauffées. Pendant que les domestiques de la classe des singus préparent les aliments, les vieillards sont assis sur leurs nattes, ainsi que les hommes faits, et les mangent à mesure qu'ils sont cuits. Nous avons eu occasion de nous trouver plusieurs fois au milieu des naturels lorsqu'ils prenoient leurs repas, et toujours nous avons vu un grand nombre d'hommes vivant en commun, servis par des jeunes gens qui se nourrissoient des débris laissés par leurs maîtres. A chaque convive on apporte un faisceau de morceaux de canne à sucre écorcés et nettoyés, un petit panier de fruits à pain coupés par le milieu, deux ou trois bananes : voilà l'essentiel du repas. Pendant ce temps on fait griller légèrement quelques poissons , ou le plus ordinairement on les offre crus. Un domestique fait circuler alors une bouillie nommée ouaoun, faite avec la fécule d’arum unie à du fruit à pain écrasé, arrosée

de lait de coco et de jus de canne à sucre, et renfermée dans une feuille de bananier. On prend cette bouillie, assez agréable, avec deux doigts, et, après en avoir mangé un peu, elle est passée au voisin. Un autre domestique est, pendant ce temps, occupé à broyer des tiges fraîches de poivre sur des pierres de basalte enfoncées dans le sol, ayant trois ou quatre trous avec des rainures, et qui existent dans chaque maison communale. Ces tiges sont humectées avec de l'eau, et triturées avec une molette nommée to: le liquide verdâtre qu'on en retire se nomme schiaka; il est reçu dans des vases de coco, et on le passe dans un morceau d'’étoffe avant d'être donné à chaque naturel , qui avale d’un trait ce breuvage d’abord sucré, puis aromatique cet stimulant. L'eau pure sert de boisson ordinaire ; on l’apporte dans de petits vases faits avec des feuilles de bananier, végétal qui

fournit à tous les besoins de propreté. Les cocos ne servent point ordinairement; le petit nombre qu’en possèdent les indigènes paroît être réservé pour l’é-

HISTOIRE NATURELLE

poque où les autres provisions viennent à mar Il en est de mème des racines du chou cara taro. Les insulaires d'Oualan se délectent ave canne à sucre, qui est pour eux un objet de g utilité, tandis qu'ailleurs elle est négligée. Il: gent volontiers le fruit à pain sauvage, donth veur douceûtre leur plait ; ils le font torréfia légèrement , et rejettent les châtaignes, qui ai sont estimées par leur bon goût. Les poissons aplysies sont rarement grillés; ils trouvent leures ces substances lorsqu'elles sont crues, Nous ignorons l'heure de la matinée à laque déjeunent. Ils dinent vers onze heures et demi soupent le soir, au coucher du soleil. Après le du milieu du jour les hommes se renversent petite natte, et dorment à la place qu'ils oca Il paroît que les femmes et les enfants mang part etensemble ; du moins elles paraissent to réunies entre elles pour le travail, de même hommes s'assemblent entre eux. Les femme vent manger devant leurs époux, et l'on sait q vrais Océaniens interdisoient cette prérogatire famille : les occupations du sexe féminin pard bornées aux soins de la maternité et à la des étoffes pour marus. Les hommes se livre bâtisse des maisons, cultivent les fruits, sare plautent la canne à sucre, construisent des pi ou vont à la pêche. Les vieillards ne font ris boire, manger et dormir, ou donner des cons

L'hospitalité est un caractère distinctif de

tants d’Oualan : dans quelque cabane qu'on on s’empresse de vous faire asseoir et d'aller des fruits. Ils nous apportoient beaucoup de tandis qu'ils en sont très avares pour euxest probable qu’ils pratiquent pour leurs é pour une classe supérieure les mêmes devoin nous rendoient. Ils ne sont point exigeants, demandent rien en échange, et les petitsp qu’on leur faisoit les combloient de joie. Des sitions aussi bienveillantes et aussi aimable: retrouvent point chez les chefs ; et soit par à soit parce qu'ils pensent que tout leur est dl montrèrent avides, insatiables, et ne dif jamais, quelque présent qu'on leur fit, d coco en échange.

Le vol est presque inconnu à Oualan, et répréhensibles furent commis par des urot cherchoient à prendre effrontément ou ord à leurs pagayeurs d'enlever les objets à le séance. C'est ainsi que devant tout l'équif Coquille un urosse vouloit faire détacher lef nail d’une de nos embarcations. Ce sont ef chefs qui se montrèrent turbulents et dispo dépouiller un officier qui se rendit seul à Lél pusillanimes et mous, le moindre gesle * mida, Nous pensons que des alterdiees

nts dans qu , les naturels cherché à cr

ne leur ayan vrir d’autres v cité des coule:

ec lequel ils ] identiques, v celles qui ap 8. Ils ne saven c l'écorce d’'ar roit qu’on ret ‘un bananier es débarrassen invisque. Cep

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analogue à ce dent point dar ignorent l’us:

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rillant et le jar maros, Comr

* en sc servant les tracent Jes de deux mor ni de l'étofe, huit pouces <

nent à ma | chou caral lélectent av n objet de gr égligée. Il: a vage, donth font torrélie gnes, quil es poissons ç ls trouvent sont crues, tinée à laque eures et deni eil. Après le renversent ce qu'ils oc enfants mana paraissent to il, de mêmeq . Les femme 4, et l'on saitq te prérogalive e féminin par aité et à la mmes se livre es fruits, sart ruisent des pi rds ne font rit nner des cons e distincuif de cabane qu'on seoir et d'aller beaucoup de s pour euxour leurs é mêmes devoin int exigeants, et les petitsf t de joie. Des aussi aimables

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à Oualan, et par des uroff ment ou ordf es objets à l tout l'équif e détacher le 8, Ce sont el lents et dispos dit seul à Lél

bindre geste * | alterdis

des

nt élevées entre les urosses et nos gens, si i eussent continué d'aller isolément dans village,.où ces chefs se trouvoient en force. au peuple , sa bonté et sa soumission ne se amais démenties. Toujours prévenants et comnts dans quelque cabane que nous soyons , les naturels ont devancé nos désirs ; ils n'ont cherché à enlever le moindre de nos effets; us servoient de guides, et cela tout natupent.

dustrie de ces insulaires n'est remarquable r les étoffes et les pirogues. Pour les premièt leur savoir consiste à tisser leur maro, le ne leur ayant pas fait sentir la nécessité de vrir d’autres voiles. Mais on ne peut trop louer cité des couleurs dont ils teignent les tils, et ec lequel ils les assemblent. Ces étoffes , touidentiques, varient pourle dessin, et sont celles qui approchent le plus des tissus eus. Ils ne savent point faire le papier vestimenc l'écorce d'arbre à pain.

roit qu’on retire les fils des feuilles ou des ’un bananier sauvage (musa textilis), et es débarrassent par le rouissage de la gomme invisque. Cependant ils pourroient aussi se pour cet usage des écorces d’ortie blanche et us liliaceus, plantes qu'on y rencontre en ce, et qui sont utilisées en d’autres îles. Ces berrassés de leur enveloppe, sont séchés par servent pour leindre en rouge d’une grosse ougeâtre nommée mahori, qu’ils font infus l'eau au suleil, et qu’ils retirent du mols y font tremper les fils pendant quelques avant de les sécher. Ce rouge est d'abord analogue à celui de l’ocre. Lis paroît qu'ils dent point dans leurs montagnes le figuier, ignorent l’usage de son fruit, utilisé dans ipels de la Société et des Saudwich.

ne savons avec quel végétal ils composent rillant et le jaunc doré qui forment les desmaros, Comme le morinua cilrifilia est pu pour donner une belle couleur jaune avec me écorce, et qu'il est usité à Taïti et dans ques, il est probable que cetarbre leur fourre celle couleur. Il reste à savoir comment our les aviver d’une manière si parfaite. Il aire aussi qu’ils tirent quelque parti de la rite ou curcuma, qui croit spontanément

mes sont en possession de manufacturer * en se servant d’un petit métier à l’aide les tracent les dessins, tandis qu’elles n'ont de deux montants carrés pour composer ni de l'étoffe, Ces maros, nommés toll, huit pouces de largeur sur plus de cinq

pieds de longueur, bien que le tissu des femmes ait plus de développement. Ceux des hommes du pouple sont d’un tissu plus grossier, et leurs dessins se réduisent à des raies rouges légères tracées sur les bords et au milieu. La couleur en est généralement noire et sans ornement, Les pennené: et autres castes plus relevées en portent dont le fond est noir aussi, mais dont les extrémités sont enjolivées de carreaux mélangés des quatre couleurs précitées. Des franges en ornent les extrémités. Les plus beaux maros appartiennent aux premiers chefs; ct leur fond, rouge et surtout blanc, est couvert en longueur de raics légères ct noires.

La construction des piroguesse fait avec des haches en pierre ou en coquilles ; et, quoique défavorisés par l’imperfection de leurs instruments, ces insulaires donnent un fini précieux à leurs travaux. Les pirogues ont une forme caractéristique, et se distingucut par des extrémités verticales. La coque en est faite d’un seul arbre, quelquefois trèsgros, sur lequel on adapte des fargues. Les trous sont recouvertsavec un mastic blanc nommé pouasse, que nous croyons être fourni par le suc laiteux de l'arbre à pain, uni à la pulpe non mûre du fruit. Les embarcations sont creusées dans le seul tronc d’un artocurpus. Ces virogucs, quoique grandes, sont très légères : elles paroissent très étroites par la rentrée des platsbords ; elles sont peintes en rouge, et lc bois est si soigneusement poli avec du trachyte ou avec de grosses râpes faites avec une peau de diable de mer, que nos ouvriers ne sauroient rien faire de mieux. Il n'est pas jusqu’au balancier qui ne soittravaillé avee soin, et dont les extréinités ne soient relevées avec goût. Ces pirogucs marchent sans voiles et sans mâts; ce n’est qu’à l’aide des pogaies qu'on les fait naviguer : celles-ci, de forme lancéolée, sont terminées par une pointe très aiguë ; elles servent d'armes défensives plutôt qu'à la manœuvre, car les naturels ne se montrent point habiles à évoluer leurs embarcations. Ces peuplades, entièrement sédentaires, vivant sur une ile fertile, ne sont pointadonnées à la pêche, et les poissons ne sont pour elles qu’un accessoire de leur nourriture et non pas leur principale ressource : de là le peu d’habitude de la mer qu’on remarque en elles, taudis que les autres Carolins sont d'excellents marins. Les pirogues des urusses sont désignées par des sortes de chapeaux chinois appelés palpa , faits en coquilles blanches et brunes cufilées, et supportées par quatre morceaux de bois qu’ils placent sur le balancier.

Les instruments usités dans le pays sont peu nombreux. La hache, tala, tient le premier rang par son utilité comme par la manière ingénieuse qui a présidé à sa confection. Les haches sont faites sur un type unique : seulement elles värient par la gran: deur, car il en est de très grossés ; et d’autres , des-

tinées à de petits ouvrages, sont gracieuses et faites avec une vis-tigre ou une mitre-épiscopale, dont la grosse extrémité est usée pour former un bord coupant. Les naturels emploient aussi des valves de grandes tridacnes au même usage; mais ils ont recours le plus habituellement à une sortede madrépore spathisé, d’un grain très fin, imitant l'ivoire, qu'ils façonnent par un frottement prolongé avec de la poussière de basalte. Ils disposent en biseau le coupant de cet instrument, dont la forme générale ne peut mieux être comparée qu’à une dent incisive. Ces coupants sont entés sur un corps en bois, et solidement attachés à une tige arrondie qui peut tourner sur une surface concave du manche en permettant à la hache de prendre une direction verticale ou horizontale au besoin. Le manche est en bois léger d'hibiscus, et décrit une courbe. Le tout est peint en rouge et en noir. On se sert des haches les plus volumineuses en frappant à grands coups pour creuser une pirogue, et en donnant un singulier tour de bras à l'instrument qui décrit un cercle au bout du levier qui le fait agir. Le bois travaillé est ensuite poli avec beaucoup de soin par le moyen de morceaux unis de trachyte ou par une râpe faite avec la peau rude de grandes raies.

Les haches sont seulement employées à couper des arbres, à construire les pirogues, façonner la charpente des maisons, ct creuser des auges en bois qui servent à teindre ou à renfermer de l'eau.

Nous eùmes occasion de voir dans les cabanes de longues javelines eflilées, soigneusement travaillées, que nous primes pour des ares, ainsi qu’un bâton pointu à une extrémité, entaillé à l’autre, et aussi peint en rouge. La javeline sc nomme ouessa, et le bâton sague. Les naturels s'en servent pour se procurer du poisson. Leurs pêcheries sont établies sur le bord des récifs, où la haute mer vient briser. Ils établissent des espaces quadrangulaires avec des murailles hautes de trois pieds, et construites assez solidement pour que la mer ne puisse les renverser en s’élevant par-dessus. Les pierres sont disposées de manière à ce qu'il n’y ait point d’interstices entre elles, et une seule ouverture est pratiquée pour que les eaux puissent s’écouler jusqu’à un certain niveau lorsque la mer beisse. Le poisson qui a été apporté dans ce vivier y demeure, et les naturels s’y rendent lorsque la marée a abandonné le rivage : fermant alors le trou pratiqué au réservoir, vù il reste peu d'eau, ils frappent et percent le poisson avec ces longues javelines dont nous avons parlé. Au reste ces pêcheries ne sont ni nombreuses ni bien entretenues. Hs se servent aussi d’hameçons en nacre, dont nous ne vimes ehtre leurs mains qu'un bien petit nombre. Ils ne faisoient aucun cas des nôtres, ou ; s'ils les acceptaient, c'étoit pour les placer dans

les trous de leurs oreilles, Les filets qu’ils emploient

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ne sont point ingénicusement fabriqués, Ce long ovale de branches pliantes et souples qui nissent à une extrémité, et supportent une # poche dont les mailles sont assez serrées «t avec le caire du coco. Ce genre de filet sert à suivre le poisson. Pour cela une douzaine d'h se placent de manière à former un grand cerck l'eau des récifs : ils finissent par se rapprod poussant les poissons devant eux. Il arrive qu'ils se joignent, et les poissons sont contra se jeter dans leurs filets tendus. Le bâton poin roît destiné à assommer certaines espèces, à saisir, dans la fourche pratiquée à son somrw grosses murènes et les murénophis, si com sur la côte. Cependant nous ne leur en vimesi prendre, et en général leur prodigieuse muli tion annonce qu’ils les négligent.

Les cordes qui servent aux pirogues sont bien tissées : il en est qui imitent à la vue d'Europe. Ils emploient à cet usage le brou teux du coco.

Les insulaires d'Oualan possèdent peu d'ob décoration, et ils ne se servent point de cosmé ni de substances masticatoires quelconque chefs paroissent être les seuls qui emploient! pour s'oindre les cheveux. Ils portent qu fleurs, parfois des colliers faits avec une ovules qu'ils nomment ‘oulé, ou des bracelets en rouelles noires et blanches. Le plus grandi a sur la nuque un morceau d'écaille de tortu pendu à un cordonnet qui fait le tour du cou, roît qu'ils attachent quelques idées supersi à cet ornement ; car ils ne voulurent point 1 céder, bien que le prix qu’on leur en offrit le singulièrement.

Le tatouage paroït à Oualan désigner lesra nomme sisé, schsché, cette opération. Les!

portent deux longues raies en dedans et en des membres inférieurs. Ces deux bandes sonik de huit lignes, remplies de losanges à jour dd classes inférieures, noires et pleines au «à chez les urosses. Ceux-ci ont en outre des lures, et, comme les penneinés, des lignes dans leur intervalle, terminées par des croch bras sont chargés de petits dessins; mais ces remarquable et caractéristique le tatouage insulaires est un large chevron noir qui à pli du bras chez les deux sexes. Les homm placent point ailleurs que sur les membre, que les femmes ont les reins couverts de qui se termine sous le rebord même de leur

Le chant des habitants n'a rien d'agrä sont des sortes de phrases prosaïques cadend un ton lent et monotone, qui accompagnri souvent la danse. Il fant avouer que celles un caractère bien sérieux et bien flegmali

ls, en effet, donnés à la ga Quelques hom actère, qui 8 ation, Quoi q xécuter plusie se usitée dans mouvements corps, de sor!

as et des jamb maitre d'escrir s de la voix, sc seur fait sur lt tiennent dans 1 tpour former u e alors à faire avec une telle | ent être animés que le peuple n hie ; car quelq ten vain,cetf à la voir danse excelloient, à € qu'ils reçurent bitablement ces Ésurrection des t à leurs tomb e pensée conso!

l'Oualan, sont e e la force des ir m de leur puis les qui les enclo:

hées, ont quel mplicité sauvage plantations de ca estinées aux sép ns la plaine co ct parfois aux sulte un choix q ur l'effet des to re d’un naturel qui l'a nourri, & le la canne à sud es fugitives coul u milieu de bi » Que recouvren rolles purpurin t'rerouvert d’un rales sont à jou ages aujourd’hu rels d'un endro dans le même es

s'accompagnent a strument Paroît & S

ls, en effet, paroissent en général calmes et donnés à la gaieté. Les chefs surtout sont gra- Quelques hommes du peuple dérogent seuls à actère, qui semble exclusif à la masse de la ation. Quoi qu'il en soit, un wrosse voulut xécuter plusieurs fois de suite, devant nous,

riqués. C'ei uples qui ent une # serrées el filet sert à

zaine d'he c

ape cer se usitée dans le pays. Celle-ci ne se compose

À rappr mouvements lents, cadencés, des membres QU

corps, de sortes de changements de position as et des jambes, qui imitent parfois les poses maitre d'escrime. Ces balancements, accoms de la voix, se bornent à des demi-tours que seur fait sur lui-même. Ordinairement, lorstiennent dans les mains des bâtons, ils se réutpour former une longue file. Le grand mérite e alors à faire les mouvements et les mèmes avec une telle précision que tous les membres ent être animés du mème principe moteur. Il que le peuple ne sait point exécuter cette chohie; car quelques hommes du commun l’esten vain, ct plusieurs montroient un grand à la voir danser par trois ou quatre naturels excelloient, à en juger par les applaudissequ’ils reçurent (!).

bitablement ces insulaires professent le dogme urrection des âmes, et les soins qu'ils apt à leurs tombeaux semblent attester qu’ils e pensée consolatrice. Les urosses, ces demi- ’Oualan, sont enterrés dans un lieu consacré, e la force des insulaires se manifeste avec le m de leur puissance dans la confection des es qui les enclosent. Celles du peuple, moins hées, ont quelque chose de touchant dans plicité sauvage,

plantations de cannes à sucre sont principaleestinées aux sépultures ; et comme elles exisns la plaine comme sur le revers des monct parfois aux deux tiers de leur hauteur, sulte un choix qui annonce un jugement mér l'effet des tombeaux. Souvent, en effet, la re d’un naturel se trouve abritée par l'arbre qui l’a nourri, au milieu des tiges murmu- Je la canne à sucre, près d’un ruisseau dont es fugitives coulent, du sommet des montau milieu de bosquets touffus d’orangers, , Que recouvrent des liserons volubiles aux orolles purpurines. Chaque sépulcre est prot'rerouvert d'une petite cabane, dont les pafrales sont à jour. Très souvent on rencontre ages aujourd’hui habités par les morts; car rels d’un endroit se plaisent à réunir leurs dans le même espace de terre. Des treillages

. Il arrive ont contra bâton poin espèces, où à son somrk is, Si com ir en vimes} gieuse muli

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s'accompagnent avec un tambour ou tam-tam,

“sé parolt être connu de Lous les peuples s

recouvrent le sol de la cabane mortuaire ; une natte y est placée, sans doute pour que le fils puisse venir consulter les cendres de ses pères : on retrouve encore sous quelques uns de ces toits simples, mais élevés avec soin, les instruments dont se servoit le possesseur sur la terre, une hache pour l’homme ct le métier à étoffes pour la mère de famille. Chez les peuples les plus bruts, ceux de la Nouvelle-Hollande par exemple, les tombeaux sont respectés : il n'y a que l'homme civilisé qui en ait méconnu la religieuse influence!

Il nous reste à dire un mot sur la langue des habitants d'Oualan : elle nous paroit évidemment composée de plusieurs dialectes que parlent les diverses castes ; elle diffère de toutes celles que nous avions entendues jusqu'alors, et surtout de l'océanienne, La prononciation des mots nous parut très diflicile à saisir, et nous remarquâmes que la plus grande difficulté étoit de rendre, par nos signes ou lettres, les sons qui parvenoient à nos oreilles. Une autre cause qui s’opposoit à ce travail est l'espèce de soin qu'ont les naturels à ne jamais contrarier. Si par inattention on croit avoir entendu un mot, et qu'on vienne à le répéter, tous persisteront à dire comme la personne, lc nom n'ayant aucun rapport même avec ce qu’on leur demande. Cette excessive complaisance est plus nuisible qu'utile, et ces hommes sont d’une telle légèreté, ou tout ce qu'on fait autour d'eux les occupe tant, qu'ils ne répondent d’ailleurs qu'avec indifférence.

Pour former des vocabulaires, le plus difficultueux n’est point d'obtenir les noms des choses matérielles qu'on a sous les yeux. En recueillant les mots qui les concernent, on est à peu près sûr de leur exaciitude; mais il n’en est pas de même pour leur faire comprendre des idées métaphysiques attachées aux mots, tels que hier, demain, père, frère, parents, et une foule d’autres qui tiennent à des rapports plus complexes. Leur prononciation est souvent gutturale, terminée par des consonnances nasales ou palatiales difficiles à saisir avec rigueur, et qui influent beaucoup sur la valeur des mots; car il en est qui désignent plusieurs objets en changeant de son seulement, son qui est peu sensible pour nos oreilles. Les seuls mots dont on rencontre des analogues dans le langage de quelques peuples de la mer du Sud sont peu nombreux ct peu caractéristiques. On en trouveroit sans doute beaucoup plus dans les langues japonoise ou chinoise. Ainsi le mot tk, poisson, employé à Oualan, est dérivé d’ikan, Malais, d’ika, Nouvelle-Zélande; tandis qu'eia, usité à Taïti, et ié à Rotouma, en sont corrompus. Woualke, pirogue, consacré à Oualan, est analogue à waka, Nouvelle-Zélande ; à vaka, Rotouma, à vaa, Taiti, Cocotier, nou, se nomme nigu aux Sandwich et à Rotouma, et pourroit dériver du mot malais

nior, moins usité que kalapa. Pagaie, oa, est appeléc eoé à Taïti. Banane, oune, porte absolument le même nom, oune, au Port-Praslin et à la Nouvelle- Irlande. Canne à sucre se dit {a à Oualan, to à la Nouvelle-Irlande, toa à Taiti, toou aux Sandwich et à Rotouma. Le coit se dit fouine à la Nouvelle- Irlande, et foëne à Oualan. Mata, œil, également nommé mata dans la langue malaise, etc., etc.

La numération est basée sur des principes réguliers et fixes qui n'ont pu provenir que d'une nation civilisée depuis long-temps. Elle diffère beaucoup de celle des Malais, et la dénomination de plusieurs nombres se rapproche de mots employés à la Nouvelle-Irlande. Quant à la manière de compter des Sandwichiens et des Taïtiens, elle en diffère complétement par rapport aux noms, et s'en rapproche quant au mécanisme.

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