‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 41 sur 514 · I EE · texte numérisé non relu

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436 HISTOIRE NATURELLE

des échanges ; et le fer, qui détruit avec une rare énergie la civilisation des nations européennes, sera au contraire le levier de la civilisation de peuples encore plongés dans la barbarie des coutumes primitives. Toutefois il est juste de dire que nous n’eûmes jamais le moindre sujet de regretter notre confiance envers les Nouveaux-Irlandois. Ils se conduisirent avec bonhomie dans les forêts, où bien des fois nous nous confiâmes sans armes à leur merci, lorsque, seivant de guides dans nos courses d'histoire naturelle, ils pouvoient si aisément nous dépouiller. Nous participions sans cérémonie à leurs foyers. Souvent nous choisissions des fruits de mapé ou des mollusques pour calmer notre faim, sans qu'ils en témoignassent le plus Jéger déplaisir : peut-être le soin que nous avions de les récompenser scrupuleusement nous servit-il de recommandation puissante en celte circonstance. Cependant nous n’en infèrerons pas qu'il soit prudent de s’abandonner sans réssrve à leur bonne foi; car dans plus d’une occasion nous crûmes nous apercevoir que la force d'un navire de guerre étoit ce qui leur en imposoit davantage, et le moyen le plus puissant pour réduire au silence leurs passions violentes.

La langue des naturels de la Nouvelle-Irlande est sonore, quoique bien différente de celle des îles de la Société, dont les mots ne sont composés que de voyelles, tandis qu’elle renferme beaucoup de consounes, et surtout de lettres dures, telles que le K, qui se reproduit très souvent. La lettre E, ou même l’F, sont, dans bien des cas, de simples pronoms, tels que le, la, et une sorte de rapport ou de corrélation de mots dans ceux qui servent à désigner des parties du corps dont d’autres sont dépendantes : tels, par exemple, limane pour bras, siselimane pour avant-bras, balanimane pour la main, oulimane pour les doigts, pitralimane pour les ongles, etc.

Le système de numération n’est pas étendu, et ne dépasse point le nombre 40. Ils recommencent à la seconde dizaine en employant un mot qui change Ja valeur des noms désignant les unités. Ces naturels comptent habituellement sur leurs doitgs; leurs noms de nombre sont évidemment d'origine malaise, et se prononcent ainsi qu’il suit :

4, ti, ou quelquefois tiema. 7, hiss.

2, trou. 8, oualle.

8, toul, 9, siou.

4, at, 10, suouli.

5, lime. © 41, tic saouli.

6, ouone. 12, trou saouli, etc.

Naturels de l'ile d'York.

Le 22 août 1823, à l'instant de sortir du Saint-Georges qui sépare la Nouvelle-Bretg la Nouvelle-Irlande, nous côtoyâmes Ja pi d'York, d’où nous vimes apparciller, des ha en morcellent les côtes, plusieurs pirogues par un grand nombre de naturels qui ramoie vigueur. En un clin d'œil une huitaine dec barcations accostèrent la corvette La Coquil cune d'elles étoit montée par six ou sept à entièrement nus et offrant la ressemblance complète avec les habitants de la Nouvelle seulement nous remarquâmes que la plupart turels que nous avions sous les yeux étoie taille mieux prise et plus robuste que les!

du Port-Praslin, dont ils ne différoient aua par la teinte noire de la peau ni-par leur ché laineuse recouverte de chaux et de poussière Ces Nègres nous accostèrent sans manifesterk dre hésitation, et aussitôt ils nous propos faire des échanges qui consistoient princif en cocos secs et en bananes. Nous ne le point d'armes, excepté des frondes et de gra de pierres arrondies au fond de leurs pirogus nous porte à croire qu’ils sont familiarisés navires européens qui de temps à autre app sur leurs rivages ; tous sollicitoient à la fois ches et du fer, sous quelque forme qu'il fl cédâmes d'autant plus volontiers à leurs dé nous donnèrent en échange de beaux nautik bés, de grandes volutes-couronnes d'Ethi des ovules-œufs de Léda. Ils nous échang instrument fort ingénieux fait en forme dei et dont ils se servent pour prendre au fon les sèches et les poulpes : quant aux fron colliers en dents de poissons, qu'ils nous aussi, nous n'avons rien à en dire de pi car ces objets sont absolument les mêmes usités au Port-Praslin. Les pirogues dont ik vent sont taillées sur un modèle semblable. Ï de même relativement aux ornements, soit ( traversent la cloison du nez avec un bâton très blanc, soît qu’ils se barbouillent en nombreuses cicatrices, un air farouche,t diesse prononcée dans l’ensemble de leur dé prétoient à leur physionomie un caral guerrier et plus redoutable que celui que n08 vu chez les naturels du Port-Praslin.

Naturels de l'ile de Bouca,

C'est le 9 août 1823 qu’une navigatiot nous mit en vue de la terre des Arsacides, dk par Surville, et qui occupe l'extrémité 0 de l’archipel de Salomon. L'opinion de Ba

nue ces terres appartenoient au groupe d'îles Domma /.ouisiade. L'ile de Bougainville, ainsi ée en l'honneur du navigateur françois, dont rolongeâmes la côte nord-est, est haute, mon- , et présente de larges ravines sur ses bords; rémité boréale s'abaisse insensiblement en »inte de terre basse et resserrée qui semble à l’île de Bouca, mais qui pourroit bien en parée par un étroit canal. La surface entière de Bouca est uniforme, et paroît à l’œil comme e plateau assez élevé. Son aspect est agréaune verdure active et pressée s'est étendue ;il n’y a pas jusqu'aux rochers des bords de qui ne soient revêtus de guirlandes de feuiles arbres d'un port majestueux et une ceinbeaux cocotiers couronnent le tout. La mer tavec violence sur quelques petites plages e apparoissant de loin en loin comme des u pied des murailles taillées à pic qui-supporplateau de l’île. Cette muraille étoit coupée ère à nous faire supposer que les prismes de la constituoient en grande partie, Nous dées un grand nombre d'habitants attirés sur de la mer par la vue de notre navire; ils romplétement nus; quelques individus seusembloient avoir les reins entourés d’une anche. De toutes les pirogues qui furent la mer deux seules parvinrent à aborder sseau ; elles étoient montées par six hommes s âges qui ne témoignèrent aucune inquiévue d’un équipage nombreux ; ils échaneurs provisions d’armes qui toutes étoient es avec le plus grand soin. lis possédoient eaux de flèches en roseaux et à pointes en dur, garnies à leur extrémité vulnérante de d’os ou de bois. Leurs arcs et-leurs casseent en bois rouge, soigneusement sculptés de diverses manières. Le fer étoit aussi pour archandise la plus précieuse, et ils ne rejamais une hache , qu’ils parurent nommer ns pousser de grands cris pour témoigner action.

urels de l’île de Bouca sont des Papouas de.

taille ayant au plus cinq pieds trois à quatre tdont les membres sont gréles et peu muspeau est colorée en un brun foncé uni à une âtre ; leur chevelure, longue, frisée , étoit suivant la mode des habitants de Waigiou ; du visage avoient une certaine douceur, et avoit rien d’épaté. Une corde entouroit le -à-vis le nombril ; à cela se réduisoit leur Nous remarquâmes que le système pileux abondamment fourni, et que le prépuce esurément alongé.

ant d’une de ces embarcations étoit monté homme barbquillé d’une poussière rou-

gedtre épaisse, et portant sur le front une large tache blanche arrondie. Ce petit-maitre paroissoit enorgueilli de sa parure, que relevoient deux touffes de plumes rouges passées dans les lobes des oreilles et des fleurs de même couleur fixées dans les che. veux. Un deuxième avoit toute la tête recouverte d'ocre délayée dans de l'huile. Tous portoient des cicatrices en relief rangées symétriquement sur l'épaule en forme d'éminences mamelonnées ; le poignet gauche étoit entouré d’un cercle d’écorce. Un seul avoit appliqué sur la lèvre inférieure une valve de coquille qui recouvroit le menton, ainsi que le pratiquent les habitants de la côte nord-ouest d’Amérique. Leurs peignes faits sur le même modèle que ceux des habitants de Waigiou étoient également enjolivés par des morceaux de nacre; enfin tous étoient approvisionnés de bétel dont l’usage leur a corrodé les dents et teint en rouge de sang les gencives, la langue et les lèvres.

f III, HABITANTS DE LA NOUVELLE-GUINÉE,

Dampier, Schouten et Forrest sont les seuls navigateurs qui aient donné quelques détails sur la Nouvelle-Guinée ; mais ces détails sont si incomplets, et si éloignés des connoissances actuelles qu’on nous saura quelque gré de présenter un tableau de cette vaste contrée dont nous n'avons exploré qu’un seul

point. Le 26 juillet 4824 nous atteignimes le havre

de Doréry, où nous séjournâmes jusqu’au 9 du mois suivant. Le nom de ce havre est écrit Dorry dans Forrest; mais les naturels le prononcent Doréy, et parfois et plus imparfaitement Doréry. Ce mouillage tiroit sa dénomination d’un village de Papous jadis peuplé, mais aujourd'hui complétement aban donné : il occupe l'extrémité nord-ouest d’un petit golfe dont l'entrée est protégée par deux ilots appoiés Manaspari ou Manasouari, et Mousmapi ou Masmaypi. Ce havre, dont l’ancrage est sûr et commode, gîit par 0» 51! 49!! de latitude S. , et 1519 » 44 59! de longitude orientale sur la côte E. dela grande terre des Papous et au nord du golfe du Geelwing, golfe qui par sa profondeur concourt avec une baie opposée à transformer la Nouvelle-Guinée en deux presqu’iles que réunit un isthme étroit.

Les bords du havre de Doréry sont en partie recouverts d’un limon épais où croissent d'énormes mangliers, et où coulent plusieurs rivières limpides dans lesquelles les eaux de la mer remontent assez loin ; à l’est s'offre une légère plage de sable où quelques habitants avoient autrefois bâti deux ou trois cabanes auxquelles ils donnoient le nom d’inekamorei. Les naturels appellent mamorysuary ce que les Européens connoissent sous le nom de huvre de Doréry, et Fanédike la crique sur le bord de laquelle étoit l’ancien village de Doréry. La côte, dans

cette partie de la Nouvelle-Guinée, cst formée en entier de masses de coraux que recouvre une couche épaisse de terre végétale, et qui supportent une végétation magnifique; l'épaisseur de cette lisière du sol varie, en étendue et en hauteur, par les morcellements nombreux qu'elle a éprouvés, et qui l'ont déchirée de manière à l’étendre dans la mer sous forme de promontoires, ou à la découper en dedans par mille canaux étroits formant des criques ou des havres variables en étendue. Non loin du port de Doréry le terrain de la Nouvelle-Guinée commence à s'élever, et bientôt se dessine à l’ouest la chaîne considérable des montagnes d’Arfack. Cette chaine court du nord au sud, s’abaisse insensiblement vers le golfe du Geclwing, et se termine au nord au cap de Bonne-Espérance. Le point culminant des montagnes d’Arfack paroît être à quelques lieues dans le sud-ouest du havre de Doréry, et le piton le plus élevé n'a guère que deux mille neuf cent un mètres d’après une triangulation calculée par M. Bérard.

A la forme arrondie et doucement ondulée des montagnes d’Arfack, bien que quelques revers abruptes interrompent l’uniformité de la chaîne, on doit supposer que l’ossuaire appartient au terrain primitif, et est formé de granit. On ne peut guère en douter en effet à l'abondance des cailloux de nature granitique qui encombrent les lits des torrents, et qui sont sans aucun doute charriés par les pluies qui descendent de la chaîne de ces montagnes. Sur le terrain primordial est flanqué un sol tertiaire récemment sorti du sein des eaux , et consistant principalement en débris madréporiques solidifiés par un ciment calcaire : de sorte que cette partie de la Nouvelle-Guinée, analogue sous ce rapport aux rivages de la Nouvelle-Irlande et des Moluques, prouve ce que nous avons dit dans les considérations générales sur les îles de l'Océanie.

Au fond du havre de Doréry se dessinent les embouchures de plusieurs petites rivières, dont les lits semblent le plus souvent creusés par des torrents. La mer y remonte assez avant; mais pendant notre séjour ils étoient presque à sec, et l’eau douce ne couloit plus que comme un mince filet qui s'épanche dans le sable du rivage et se perd inaperçu. Mais, lorsque dans l'hivernage ces ravines sont alimentées par les pluies, les eaux s’écoulent à pleins bords et avec impétuosité, à en juger par les troncs énormes des arbres déracinés qui sont tombés dans leur cours, aux pierres renversées et amoncelées, enfin à des obstacles ou des accidents de sol qu'elles ont surmontés.

L'ile de Manasouari occupe l'entrée de la baie, à trois milles au sud-est. Sa surface assez uniforme est revêtue de grands arbres et de plantations. Un village peuplé occupe sa partie boréale vis-à-vis Masmapi, où quelques Papous pêcheurs ont aussi établi

leurs cabanes. Les récifs qui entourent ces il

par masses désorganisées ; de sorte que leurs

submergées sont les seules qui présentent les piersen vie, mais encore dans un tel état de là qu'on doit naturellement penser que le à perpétuel des eaux douces avec les eaux:

nuit singulièrement à leur existence et les fait par exemple dans certaines années où les pluis plus abondantes que de coutume.

La végétation la plus active couvre ce po globe ; elle est ce qu'on doit en attendre sous} teur et à la Nouvelle-Guinée, c’est-à-dire 4 majestucuse et imposante. La surface du présente qu'une forêt sans fin où la plup végétaux des Moluques se retrouvent, et arbres, immenses par la circonférence &{ troncs et la hauteur de leurs tiges, ont jusqu cinquante pieds d’élévation. Dans ces p forêts ne croissent point d'herbes humils plantes y revétcnt de préférence des fon bustes et ligneuses; les lianes serpentent et lacent jusqu'aux sommets des rameaux, «t bent en unissant leur verdure à celle des arbres qui les supportent. La fécondité d'ux sans cesse humectée par d’abondantes vÿ par des pluies de six mois, vivifiée par des d'autant plus fortes que le soleil ne send jamais, est prodigieuse ; aussi le voyageuré un étonnement qui n’a rien d'analogue a qu'imprime dans l’âme la vue des m monuments des hommes, et ne peut se la mirer ces forêts vierges mélangées des teints les plus diverses, où tranchent les fleursk larges et les plus bizarres, les fruits les plé liers, et ce mélange d'arbres ou de palmien nant des parures étrangères au point que le lage disparoît sous les festons qui les voile manière la plus agreste. À des mimeuses 4 ques se joignent des aroïdes à large feuil orchidées, et surtout des épidendres para arecs à choux, des bambous, des fougères a des lataniers, des tecks, des muscadiers, & dias, ete., etc., sont les espèces les plusa dans ces forêts.

Chaque jour nous éprouvions le plus gra à nous égarer aux environs du havre de D petits sentiers tracés par les quadrupèdes M mettoient d'avancer assez loin dans l'intlé chaque pas nous étions sûrs d’y rencontrtl riété infinie d'animaux qui y vivent en f l'indolent Papou ne leur fait point une ff niâtre. Dans ces profondeurs, d'où lo peine apercevoir même le ciel, il est indis pour y pénétrer en sécurité, de se mul boussole portative, sans laquelle on plus grands risques de ne point revenir #

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Bon est parti, et d'errer à l'aventure dans les , Une plante légumineuse, hérissée d'épines, singulièrement la marche de l'explorateur ; y contribue encore sont les troncs énormes rss sur la terre par le temps, et qui, rendant enteur au sol les principes de vie qu'ils en us, sont déjà ensevelis par les rejets nomqui poussent de toutes parts, et qui doivent eur succéder.

dant notre séjour à la Nouvelle-Guinée les ars étoient accablantes , et se faisoient ressentant plus cruellement que l'air n’y apportoit rafraîchissement. Les légères brises de l’est fMoient que le matin et le soir ; mais dans le du jour un calme si parfait régnoit dans sphère que la feuille la plus mobile ne se joit même pas sur sa tige. Une seule fois, et à par exception, nous ressentimes quelques frais de l’ouest par courts intervalles ; ils bent devant eux des nuages, et firent tomber ss grains de pluie. Nous remarquâmes que > jour, au matin, les sommets des montagnes k étoient parfaitement visibles et découpassé ce moment les nuages s’amonceloient tiers supérieur, et y formoient jusqu’au soir is bandeau vaporeux. Le thermomètre à » et à midi s'éleva jusqu'à 52° » centigrades, impérature de l’eau à la même heure ne fut au-dessous de 29 à 50° ».

productions utiles pour l’homme que le égétal peut fournir spontanément à la Nouuinée sont nombreuses et variées, mais cet complétement négligées par les naturels. bis, dans des temps reculés dont nous n’aje de vagues notions, à cette époque où les s orientaux n'avoient point vu restreindre bissance dans ces mers par celle des Eurolparoît que lesChinois et les Malais avoient es relations de commerce avec les Papous.

mier rang des substances utiles on ne peut nser de citer le sagoutier. Ce palmier, qu’on abondamment aux Moluques, est le don le Écieux que la nature ait fait aux habitants olynésie. Son tronc contient une abondante Wils convertissent en pains aplatis et quaès d'une saveur agréable et d’une qualité ritive, Les cocotiers sont très rares sur les havre de Doréry; mais on y trouve en ce en échange le chou caraïbe, la canne à ès ignames, les patates douces, la courge, le riz rouge, l'arbre à pain à fruits à chàl'aubergine, et trois sortes de bananiers.

rt nous n’avions rencontré auparavant deux de ce dernier végétal : l’une dont la banane 1 colorée en beau rouge, et l’autre dont le très petit, jaune, ot d’une saveur fondante

exquise. Une des grandes cultures du pays est le tabac, et les naturels en préparent des provisions pour échanger avec les trafiquants malais ou avec les équipages des navires européens. Ils soignent encore deux autres plantes farineuses, qui sont un petit haricot nommé aberou, d'une délicutesse et d’une bonté qui nous le firent estimer comme un excellent aliment, et un pois nommé abrefure, qu'ils conservent comme objet d'approvisionnement. À ces ressources premières on doit ajouter les produits qu'ils retirent de plantes qui croissent spontanément dans les forêts, et qui sont les citronniers, les orangers , les cotonniers, les spondias dulcis, lo gingembre, les piments, etc. Le teck, divers bois de fer et d'ébène, seroient précieux pour les constructions navales et pour les arts; mais les objets qui paroissent être la base du commerce par échange des Papous avec les Chinois et les Malais de Tidor consistent en légumes, poissons desséchés, écailles de tortue, trépangs, oiseaux de paradis, résine de dammar, cire des abeilles sauvages, ambre, et surtout écorce de massohy. Ce dernier aromate, recherché par les Chinois, est produit par un arbre dont les feuilles ont la plus grande analogie avec celles du cannellier. Deux espèces de muscadiers sont aussi fort communes, et étoient chargées de noix à l’époque de notre séjour. Le fruit de l’espèce sauvage est très petit, sans odeur aromatique, et de forme allongée et pointue; l’autre au contraire est la vraie muscade ronde non modifiée par la culture, mais complétement susceptible d'acquérir le volume et le parfum de la muscade cultivée dans les possessions hollandoises des Moluques. Avec les feuilles d’un grand vaquois les habitants font les toitures de leurs cabanes, et les chapeaux à la chinoise dont ils se couvrent la tête. Les fibres de ces feuilles sont douces, moelleuses et tenaces ; de sorte qu’il seroit très facile d’en fabriquer de bonnes cordes. Ce vaquois nous paroît nouveau ; et ses tiges arborescentes, parfaitement droites et inermes, se couronnent par un immense faisceau de feuilles qui, examinées isolément, ont chacune trois pouces de largeur sur dix, quinze, et même vingt pieds de longueur.

Les navigateurs ne trouveroient point à Doréry une relâche avantageuse, puisqu'ils ne s’y procureroient que quelques cochons et une petite quantité de poissons, de chair de tortue, et de coquillages ; mais il paroît que les corocores malais et des jonques chinoises viennent fréquemment les visiter dans le but d’en retirer des peaux d'oiseaux de paradis, des trépangs, des loris vivants, de l'écaille de tortue, et surtout des esclaves. Le prix d’un jeune homme fort et robuste est de dix piastres, et celui d’une femme est d'environ cinquante brasses de toile de Guinée. Pour un couteau ou pour un mor-

ceau de fer-blanc les Papous donnoient aux gens de notre équipage une grosse carotte ficelée d'un tabac doux et presque complétement privé de l'odeur nauséeuse qui caractérise celui d'Europe. Quelques habitants nous dirent que leur pays produisoit en quantité de la poudre d’or et des perles, dont ils ne nous présentèrent jamais d'ailleurs aucun fragment.

Dans une relâche d'aussi courte durée que le fut celle que nous exécutâmes sur les côtes de la Nouvelle-Guinée, nous n’eûmes point le loisir d'étudier l'influence du climat sur la santé de l’homme : cependant, si l'on peut juger par analogie des affections qui vinrent fondre sur les gens de notre équipage, nous sommes autorisé à le croire malsain, Le havre de Doréry d'ailleurs, par le peu d’air qui y circule, par les vases fétides couvertes de mangliers qui l’enceignent, doit être ravagé par les dyssenteries et le choléra-morbus. C'est en effet là que nous puisâmes les germes de ces maladies qui menaçoient de devenir inquiétantes. Les habitants offroient presque tous de nombreuses plaies ou de vieux ulcères, résultats de leur nudité, de leurs combats fréquemment renouvelés, et des longues macérations qu'ils éprouvent en séjournant longtemps dans l’eau pour ramasser leur nourriture sur les récifs à demi submergés. Presque tous les naturels présentèrent des coups de flèche parfaitement bien gucris; l’un d'eux avoit même eu la jambe coupée, et il étoit encore fort agile, bien qu'il ne se servit de rien de ce qui auroit pu ressembler à une jambe de bois. Cette lèpre dégoûtante, dont nous avons déjà plusieurs fois signalé les ravages, couvre le corps de la plupart des Papous: on la nomme babara à Doréry, et hanné à Rony.

Si le règne végétal de la Nouvelle-Guinée est imposant par le luxe et la pompe qui le distinguent, le règne animal est encore plus étonnant peut-être par l'éclat dont la nature a voulu décorer la plus grande partie des êtres qui le composent. Un voile mystérieux avoit jasqu’à ce jour dérobé cette magique contrée aux regards des naturalistes ; aussi les plus célèbres d’entre eux avoient-ils témoigné le plus vif regret de ce que des expéditions scientifiques n’avoient jamais été dirigées de ce côté. Nous n’aurons fait disparoître qu’une bien foible partie de l'obscurité qui cachoit la Nouvelle-Guinée ; et, plus heureuse que nous sans doute, quelques mois de séjour permettront à l'expédition de l’Astrolabe, commandée par M. d'Urville, de nous donner sur cette riche contrée des aperçus neufs et importants, Les relations des anciens voyageurs (1) se bornent à l'envisager sous le rapport hydrographique; et,

{) La première découverte de la Nouvelle-Guinée, ou

HISTOIRE NATURELLE

bien que le voyage de Sonnerat paroisse ani

la Nouvelle-Guinée pour but, on sait aujo qu'il nes'agit dans sa description que des Mo orientales. Forrest séjourna au havre de Dor, janvier 4775, et ne s'écarta point des déuik simple itinéraire, Dampier seul, en 1642 quelques descriptions d'animaux qui por cachet de son exactitude ordinaire, Quant à fetta, compagnon de Magellan en 4525, il re qu'en passant des oiseaux de paradis quie viennent , et décrit les pieds dont plus tard, rendre leur histoire plus merveilleuse, on qu'ils fussent privés. Valentyn, en compilant est relatif à Amboine et aux iles environna manqua point de recueillir toutes les notion put se procurer sur la Nouvelle-Guinée, et toire des oiseaux de paradis annonce qu'il « disposition de nombreux documents.

Nous ne nous occuperons point ici des n fères, parce que nous aurons occasion de re ce sujet lorsque nous parlerons de tous ceux bitent les îles de l'Océanie et de la Polynésie, sera pas de même des oiseaux : la variété in leurs formes et de leurs couleurs, la rareté ques espèces, la haute estime dont jouissen sieurs d’entre elles, exigent que nous dével le résultat de nos aperçus. Les seuls oiseaux. que nous tuâmes étoient un autour d'une ep# velle que nous nommâmes falco longiu l'aigle de Pondichéry à corps marron et à tk che. Les passereaux, là comme partout à s'offroient en innombrables légions ; et pars nous eûmes occasion de faire plus d’une dé intéressante, soit dans les espèces, soit genres. Ainsi il nous suflira de citer les ca les choucaris, l’astrapie éclatante, les mouche les brèves, le corbi-calao, les engoulevents, mangas, les guépiers, cinq ou six martins-pk plusieurs corbeaux et calaos. Le calao à}

terre des Papous, est attribuée à Antoinean François Serrano en 1511. , Nicolas Struick donne une description delat tentrionale, en 1753, en se servant de noms pui La seconde découverte et celle d'Alvaro dei en 1527, qui lui donna le nom de Nouvelle.Gu Antonio Urdanetta vit cette terre en 1528, Orthez de Rotha, envoyé par Rui-Lopez de Tidor, en 1543,s’en attribua la découverte.

Schoutten et Lemaire y arrivérent en 1616, Abel Tasman vit la Nouvelle-Guinée en 1644 Dampier visitoit la côte ouest en 1642; Guillaume Funnel en 1705.

Roggewin parcourut-ces mers en 1722, Carteret en 1766; Bougainville en 1766 ; Cook (détroit de Torrés) en 1770.

{:) C'est ainsi que Forrest orthographie le havre que nous écrivons Doréry.

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aroisse avi sait aujou ue des Mol re de Dor, des détails en 1041, qui ports e. Quant à 4525, il ne radis qui en plus tard, ileuse, on | compilant environnan s les notion suinée, et once qu’il ed nts.

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d'Alvaro de

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i-Lopez de couverte, nt en 1616.

née en 164 n 14642;

ograpbie le

à queue blancho, dont le cou est fauve chez les, est l'ouando des Papous; il se nourrit de des et de graines aromatiques, de manière que ir en contracte une saveur délicieuse : son vol sment lourd et pesant que , placé à une foible re dans les bois, on croit entendre le souflle

eur d’un ouragan. Ce bruit paroîit être occapar l'air qui s'engouffre dans l’action du vol

d de deux cavités placées à la base du demi-

rieur, Les oiseaux de paradis nous étoient par les Papous en assez grand nombre pour jre penser que ces êtres, brillant des plus rirures, y étoient singulièrement multipliés.

ucode se présenta deux fois dans nos chasses, jeux fois nous observäines le mâle ct lu feecouplés : le plumage du mâle est d’une rare ence ; celui de la femelle, au contraire, est lat. Les Papous lui donnent le nom de sara; tient de préférence sur les arbres de teck, recherche les fruits pour sa nourriture, biseaux de paradis petits émeraudes volent ce et par ondulations ; les plumes des flancs ent négligemment pour former un panache x et aérien qui brille dans l'air comme une lante, On ne peut guère avoir une idéeexacte volatiles par les peaux desséchées que prées Papouas, car l’émeraude en vie est de la un geai de France. Les naturels sont dans de de les chasser pour en obtenir les parures ong-temps portées en aigrette par les rajahs

Hans des iles de l’est et par les Chinois. Cet

st le mambéfore des naturels : ses habitudes

L'tenir de celles des gallinacés, car les fenous parurent en bien plus grand nombre mâles. IL vit des fruits du teck et d’une sorte etson cri ne peut être bien rendu que par pes wovike woike woike woiko fortement ar- Près des oiseaux de paradis vient encore se beau cassican Kéraudren que nous avons r type de notre genre phonygama ; et nous nes aussi plusieurs espèces de martins-péouvelles, entre autres le genre symé et le hasseur Gaudichaud, L'ordre des grimpeurs se de coucals, de cacatoës , d'aras microde perroquets loris, et de perruches de touet de toutes couleurs. C'est dans ces forêts t les mégapodes, plusieurs belles espèces ns, entre autres le goura, que les naturels manbrouke, le pigeon de Nicombar, lerelles pampusan et bleu-verdin , etc.

nous rencontrâmes le casoar ou émeu des s, dont les Papous emploient les plumes rleurs lances. Les rivages étoient fréquenlusieurs échassiers, tels que des hérons, des

des pluviers dorés, et par un seul palmienre Sterne.

Le havre de Doréry est très poissonneux : on y trouve la plupart des individus des mers des Moluques, et notamment les requins aux ailerons noirs, le diacope macolore , et autres. Les crocodiles bicarénés, les serpents, des tupinambis, pullulent dans les bois. Les papillons les plus ornés, les colévptères les plus rares, apparoissent à chaque pas. On y trouve les coquilles terrestres et fluvitales les plus estimées, etentre autres les auricules de Midas, des scarabes , des mélanies. Ces mers échaufftes nourrissent aussi la plupart des testacés qui font les délices des amateurs de collections ; et il nous suflira de citer au hasard les casques , les cônes, les harpes, les huîtres marteaux, etc,

Par cet aperçu rapide on doit concevoir do quel intérêt pour les sciences naturelles seroit une exploration rigoureuse de la Nouvelle-Guinée, Cette contrée, ainsi que Bornéo , est destinée à enrichir nos species des formes qui font encore lacune dans la série des êtres, telle que nous la connoissons, Nous ne doutons point que ce ne soit la Nouvelle-Guinée dont ait voulu parler Quiros dans son famrux mémoire au roi d'Espagne. lorsqu'il lui peignit comme un nouvel Eldorado lariche et vaste ile qu'il nomma la Tierra australia del Spiritu Sa:to, féconde en beaux arbres , en animaux de toutes sortes, et très productive en or.

Les Papouas des environs du havre de Doréry reconnoissent plusieurs races distinctes parmi les homes établis dans la Nouvelle-Guinée, Ainsi ils appellent Endamènes les habitants de l’intérieur, connus en Europe sous le nom d’Al/ourous, et se distinguenteux-mêmes en 4r/faekisou montagnards, eten Paporas ou riverains. Ces derniers conservent la mode de porter leur chevelure longue et ébouriffée , tandis que les Arfackis l'ont disposée en méches flexueuses comme les habitants du Port Praslin, qu'ils imitent encore en portant un morceau d'os ou de bois passé dans la cloison du nez. Enlin quelques Malais se sont aussi glissés dans les villages des côtes, et se reconnoissent aisément parce qu’ils se coupent les cheveux et qu'ils professent grossièrement les rites de la religion musulmane. Chaque tribu au reste vit dans un grand état d'isolement avec les familles voisines, et leurs relations sont presque toujours hostiles. Un ordre de choses si contraire au développement des facultés morales a dû naître par les craintes perpétuelles que les pirateries des Malais ont inspirées le long de toutes ces côtes; car on sait que les Guébéens sont depuis longtemps dans l’habitude de fréquenter le système des îles de l’est qui avoisinent la Nouvelle-Guinée, pour enlever des esclaves ou acheter les prisonniers que les tribus se font entre elles. Nulle différence dans les formes extérieures de l’organisation, dans les habitudes ou même le langage, ne distingue les

Papouas des côtes; et cependant l’inimitié la plus violente les divise et leur a inspiré une antipathie telle que, lorsque deux de ces tribus se montroient à bord ensemble, l’une d'elles s’empressoit de partir aussitôt. Nous en eûmes de nombreuses preuves lorsque les pirogues de Rony vinrent nous visiter. Ce village n’estdistant de Doréry que de quatre journées de navigation des embarcations du pays, et se trouve situé au fond du golfe du Geelwink ; et déjà les naturels ont des proportions plus robustes, un air plus féroce que les Papous de Doréry. Comme les Alfourous, qu’ils désignent sous le nom d'Endamènes, ils ont adopté l'usage d’un long bâtonnet qui traverse la cloison du nez, et qui imprime à leur physionomie le caractère le plus étrange et le plus repoussant.

Le langage ne peut guère servir à caractériser les peuples issus du rameau nègre pol ynésien ou papoua. Une barbarie profonde les a isolés, et chacun d'eux a adopté de nouveaux moyens de s'entendre et de s'exprimer. Peut-être aussi les différences que nous remarquons dans la manière avec laquelle ils orthographient les mots tiennent-clles à l’imperfection avec laquelle nous saisissons, pour les traduiredans notre idiome, les sons gutturaux qui les composent. Les Malais sont donc les premiers qui aient travaillé à civiliser les Papouas en se mélangeant avec eux : mais les notions qu’ils leur ont portées n'ont point été de nature à obtenir un grand résultat, etquelques idées sur les moyens de travailler le fer, et de vagues pratiques de mahométisme, sont les seuls fruits de leurs communications. Comme les habitants de Waigiou, les Papous de Doréry sont donc en grande partie un mélange de Malais et de Papouas, vrais métis analogues à ceux qu'ont parfaitement décrits MM. Quoy et Gaimard, qui reconnoissent l'autorité des radjahs, et se livrent au trafic, surtout à celui des esclaves. Leur taille est généralement petite, grêle même, bien qu'on puisse citer quelques beaux hommes robustes en apparence, et dont les formes sont largement développées. L’intensité de la couleur noire de la peau varie beaucoup, et disparoît souvent par la lèpre qui lui donne une apparence de blancheur. La chevelure est très noire, laineuse, très fournie, et est d'ordinaire à Doréry disposée en orbe ébouriflé qui prête un énorme volume à la tête, ou bien, comme à Rony, tombe par mèches en tire-bouchons rouges à leur extrémité ; ce qui estsans doute dà à l'ocre dont ils les couvrent. Quelques Papous nouent leurs clieveux sur le sommet de Ja tête en une grosse touffe, tandis que d'autres les partagent en deux flocons sur les parties latérales des joues. Le nez est épaté, mais beaucoup moins cependant que chez les Nègres africains : quant aux

narines, elles sont longues et dirigées dans le sens transversal. La bouche est largement ouverte et

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proéminente par l'avancement des deux ares

taires ; mais le menton est petit et arrondi. la

mettes se trouvent être saillantes, le fronth développé, et les arcades sourcilières ga

poils épais et serrés. La barbe est peu ford

vanche, et on la coupe habituellement, quoi tains individus la conservent sur le rebor lèvre supérieure, à l'exemple de quelque orientaux. Ceux qui ne font point usage du des dents blanches et saines, tandis qu'ek gâtées de bonne heure et corrodées par cetimg quemâchent la plupart des naturels. Lorsque n'a point fait ses ravages sur l’épiderme de; individus, leur peau est lisse, huileuse, e séquent douce au toucher. Les vieillards w munément débiles, flétris, et couverts de ci leur démarchecirconspecte, leurs mouveme et automatiques, leur regard impassible a offrent un caractère de gravité qui détruite prime abord leur extérieur a de repousan Les femmes chez les Papous sont disgra la nature, et beaucoup plus laides que leuri Leur système musculaire flétri, Jours n pendantes , leurs traits hommasses, ne con point à les rendre agréables à la vue. La filles, même celles qui atteignoient à pa nubile, n'avoient rien de cette douceur, suavité de candeur qui partout est le cache époque virginale ; mais elles nous en mont moins la modestie, en se dérobant avec ment à nos regards; car leurs époux, leu professent la jalousie musulmane à un Comment se fait-il que le Créateur ait & animaux de ces climats d'aussi riches p qu’il n'ait accordé à l’homme, son imagei qu’une enveloppe aussi repoussante ?

Toutes les relations écrites sur les Papon peints comme des hommes féroces , inhoy perfidement astucieux, et auxquels il esti de s’abandonner, Des voyageurs modert ment dans ce sens, et citent des actes d'un gerie hideuse , exercés par les habitantsé occidentales et méridionales. Les habit vre de Doréry et des environs , et en gén de la partie nord jusqu’au cap de Bu rance, nous parurent être d’une grande( peu dangereux , plus disposés à fuir lesË qu’à chercher à leur nuire (!) : nous po mer d'ailleurs qu'ils ne nous ont jamik moindre sujet de plainte, bien que dans

{‘) Cependant des letires de l'expédition vetle l'Astrolabe , sous le cormmaudementi mont d'Urville, nous ont appris, en 18% Papous de Doréry décochérent des flèches” de l'équipage, et blessérent dangereusemtil officicr,

histoire na ns leurs vil nt à leur me aux individ pns vécu, lc d'eux seroit lire que, plu oure nature que nul mé Épendance € ’état d’hosi end leur car.

ous ne visi h montée par femmes , er ent la fuite tavec eux | ieux. Dix fo onnoient l'es pl, auxquels Nos bons tr les séduire € vinmes de v plaisance l’ix it nous faire des femmes.

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histoire naturelle nous nous trouvassions ns leurs villages au milieu des bois et comnt à leur merci. Si tous les Papouas ressemux individus mélangés au milieu desquels

bns vécu, l'opinion qu’on s'est généralement

d'eux seroit bien chimérique ; mais il est

lire que, plus aguerris et plus confiants dans

oure naturelle, ceux du sud de la Nouvelleque nul mélange n’a altérés, ont conservé épendance et leurs mœurs agrestes et in- ’état d’hostilité perpétuel dans lequel ils end leur caractère défiant et soupçonneux.

ous ne visitions un village avec une em-

à montée par un certain nombre d'hommes,

femmes , enfants, vieillards et guerriers, ent la fuite dans leurs grandes pirogues, t'avec eux leurs meubles et leurs cffets les ieux. Dix fois le jour, à la moindre alerte, onnoient l'exemple de ces déménagements bu, auxquels d'ailleurs ils paroissent très Nos bons traitements, nos présents, parles séduire et à calmer leurs inquiétudes ; vinmes de vrais amis; on nous montroit plaisance l’intérieur des maisons , tout ce pit nous faire plaisir en un mot, excepté le des femmes. Mais la persévérance, unie à adresse et escortée de l’à-propos des prépus fit souvent triompher, en dépit de Made ses lois, de l’interdit dans lequel géles recluses : par leur portrait on doit quelle triste opinion les Papous avoient de t.

nilles établies sur le pourtour du havre de e tarissoient point sur les éloges qu'elles uoient avec complaisance (oranys di Doréi e). Les hommes de Doréry sont excellents; evanche ct par compensation, ils nous dit le mal possible des Arfackis, et nous ht les Alfourous-Endamènes comme des très méchants, se cachant dans les brousur lancer des flèches empoisonnées, et a tête à leurs ennemis. Ce récit ne doit is au pied de la lettre, quoiqu'il renferme quelque vérité, Une embarcation bien on expédia de la corvette pour lever le côte, trouva partout les Arfackis timides, et fuyant en grande hâte à son approche, les signes d'amitié que les marins leur at fussent parvenus à les disposer à avoir hunications amicales. Mais cette grande ent sans aucun doute des descentes frée font les corocores malais sur ces côtes lever des prisonniers, qui sont vendus foluques. Les Endamènes, dispersés par ombreuses dans des villages palissadés et des pieux élevés , sont redoutables aux

Papouus du nord, qui n’ont point osé s’avancer dans le sud , et contre lesquels ils font des cxpéditions fréquentes. Ces Endamènes se peignent le corps avec des poussières rouges ct blanches, et traversent la cloison du nez par un bâtonnet.

La population dela côte orientale de la Nouvelle- Guinée doit être peu considérable. Celle du havre de Doréry n'excède pas deux cents à deux cent cinquante individus, répartis en trois villages, formés de soixante cabanes au plus. Cette petite population dépend du sultan d'Emberbakène, et est régie par un capitan qui vint nous rendre visite, C'étoit un petit homme grêle, sans influence sur les autres habitants , et qui pourroit bien avoir joué le rôle de capitan afin de mendier des présents pour son véritable chef, qui, suivant l’extrême prudence de ces peuples, auroit bien pu ne pas se montrer de peur qu’on ne cherchât à l'enlever , ainsi que l'ont fait fréquemment les Hollandois. La protection que les habitants retirent du sultan qui les régit s'obtient par les tributs qu’on lui paie en oiseaux de paradis et en productions du pays : ils doivent le soutenir dans les guerres qu'il entreprend, et réclamer son secours lorsqu'ils sont attaqués. Le chef qui gouvernoit en 4824 se nommoit Fraisinoukou, et prenoit le titre de korano. Son pouvoir est délégué à desofficiers subalternes divisés en plusieurs classes.

Plus on s’avance dans le snd de la Nouvelle-Guinée, plus les villages se multiplient ; car on en compte seize seulement à partir de Rony : on les nomme Sihamisse, Ouai, K'ajol, Mounarbouke, Mana, Angar, Losouari, Ouamessaire, Ouarapène, Ouaréapi, Kaboo, Ramike, Lasiéi, Ouassiore, Kaïbi,et Dotiré.

Les demeures des Papous riverains et maritimes sont bâties sur l’cau, dans les rivières, ou sur les plages abritécs des vagues de la haute mer. Est-ce afin de se défendre avec plus de succès que les Papous ont choisi ce genre de coastruction si universelle ment répandu chez toutes les tribus qui appartiennent à ce rameau? sont-ils plus à proximité de fuir dans leurs nacelles lorsque l'attaque a lieu du côtéde la terre, ou peuvent-ils se défendre plus efficacement lorsque l'expédition ennemie leur est annoncée de loinet vient fondre sureux par eau? enfin l'influence délétère du climat , et les grandes pluies hiémales qui les inondent seroient-elles pour quelque chose dans cette détermination ? Tout porte à croire que les premiers motifs sont les seuls qui leur aient fait adopter ce genre de construction.

Toutes lee : 1banes rangées sur le bord de la mer, à plus de quarante pas du rivage, ont quelque chose de pittoresque ; mais leur construction est négligée et leur apparence misérable. Obligés de décamper très souvent, les Papous ne portent presque aucun soia à ces demeures que l'ennemi pifle ou détruit, et:

qu'ils rebâtissent sans beaucoup d'efforts. Elles ont toutes la même distribution intérieure, et sont destinées à loger une nombreuse famille : chacune d’elles se compose de deux files d'appartements que traverse un large corridor, aboutissant du côté de la mer à une plate-forme, et du côté du rivage à une sorte de pont en bois. Plus d’une centaine de branches d’arbre, fichées dans le sable et hautes de quinze à vingt pieds, supportent la maison et les madriers transverses sur lesquels est jeté négligemment ce qui tient lieu de plancher; mais quel plancher! qu'on se figure des branches arrondies prises au hasard, posées sur d'autres branches horizontales, et si peu solides que nous ne pouvions aller dans ces chétives demeures sans trébucher vingt fois, au risque de nous rompre le cou ou de tomber dans l’eau. Telle est la manière dont sont faconnés la plate-forme et le carrelage des appartements. Le pont estencore plus mal établi, puisqu'il se compose de deux ou trois bûches couchées sur chaque traverse, et qu’on enlève la nuit, de manière que les propriétaires puissent être entièrement isolés et dormir en paix. Leur habitude de marcher sur ces bûchettes tremblantes sous nos pas contrastoit singulièrement avec notre maladresse. Quelques Papous ont toutefois pris la peine de placer des plancüettes ou des morceaux de bois fendus dans le corridor central. Les appartements qui le bordent sont divisés en une foule de petites cellules d'une-insigne malpropreté, consacrées aux divers services de la famille. La plus grande sert de cuisine , et n’est remarquable que par un plateau qui supporte un foyerau milieu; lafumée s'échappe par les cloisons comme elle peut : quelques poteriesgrossières ornent cette boucanière. Lesautres appartements sont destinés aux femmes. Celui du chef de famille est généralement le plus orné. Une natte en vaquois étendue sur le plancher sert de lit pour le sommeil, et de sofa pour le jour. Quatre autres nattes de même tissu , grossièrement cousues, mais vivement peintes en rouge et en noir, servent de tenture, et recouvrent les côtés de ce grotesque boudoir. Derrière cette chambre de luxe est le gîte des dieux de la famille, consistant en idoles sculptées recouvertes de guenilles sales et puantes.

Les cloisons des maisons sont faites en lattes de bambous, et leur toiture en feuilles de pandanus. Chaque village a dans son voisinage plusieurs trous dans lesquels les habitants vont puiser de l’eau douce, qu'ilsconservent dans de gros tubes de bambou. Ces maisons , exposées sur l’eau, sont fraîches dans leur intérieur, et doivent être saines. Il est fâcheux que par l’insouciance de leurs propriétaires elles soient si malpropres et construites avec si peu de soin.

Le village de Doréry n’avoit point d'habitants pendant notre séjour; peut-être notre voisinage Jes en

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avoit-ilchassés. Quelques naturels nous dirent n'étoit destiné qu’à recevoir les Papous étransa nord lorsqu'ils viennent commercer avec lesn chinois, malais, ou européens, qui mouilk temps à autre sur cette partie de lacôte. Now effectivement tous les naturels qui venoient & s’y installer pour y faire leur commerce ave puis retourner paisiblement dans leurs distris villageseroit alors une hôtellerie destinée auy occupant.

Masinamy a une population assez nomb une trentaine de cabanes également sur la md rivage de l’ile Mamasouary est garni de cw tandis que son plateau offre des plantations recouvert d'arbres magnifiques. On y observe] fusion l’amaranthine (gomphræia globos) belle poinciade. Plusieurs espèces de piment j nent spontanément. Le petit village de Ma est plus particulièrement occupé par des pé En traversant cette île on trouve diverses tions de taro { arum esculentum ). Les col et les ricins y sont communs, et on y voitq uns des tombeaux élevés par les naturels,

Tels sont les principaux villages établisà Quelques autres demeures éparses ont été l nées à la suite de guerres toutes récentes, fackis ou montagnards ont une manière de encore plus extraordinaire peut-être que cell: tée par la population riveraine. Dans une er que nous fimes dans l’intérieur, nous nousre dans deux maisons d’Arfackis, situées dansk tagne à deux milles de Doréry. En débarq les bouquets de cocotiers de ce village ont “is à-vis la dernière cabane, un joli senti tracé qui conduit, à travers mille détours, a de beaux arbres, au pied d’une haute colline porique recouverted’une couche épaisse d'u éminemment végétatif. Divers grands arbr4 les troncs gisent sur lesol, servent de ponts pour franchir des crevasses du terrain, Auf la petite chaîne sont de nombreuses plant bananiers, depatates douces et d’ignames. 4 bes les envahissent, car les naturels se don de soin pour les détruire, Le chemin s'él brusquement ; les plantations se mulliplk traverse alors un carré palissadé, et sur l' montagne est placée la demeure du Papa gnard. Cette cabane n’est abordable que point, et quoique la nature l'ait fortifiée, | ou la défiance des habitants a fait recourir! source de la placer sur un grand nombret hauts de vingtà vingt-cinq pieds. Ces cabanti nes sont donc inabordables, à moins de pour y monter une tige de bambou ent retire en haut chaque soir. De cette mani bitants dorment en paix, ct peuvent se déftt

re s'ils sont attaqués, sans redouter d’être sur- 'improviste. Ces maisons aériennes sont beauus petites que celles bâties sur l'eau, mais stribution est la même. On y entre .par une tite porte; le plancher n’en est pas plus s0mieux fait. Une sorte de balcon a été pratiqué & opposé à l'entrée, et il donne sur le versant le la montagne, qui a dans cet endroit plus cinquante pieds de profondeur à pic. Comme sse trembloit sous nos pieds, nous avouerons n'étoit pas sans crainte de passer à travers le r que nous marchions dans les divers appar- Ms de cette aire humaine. Lorsque nous arrià la maison, les habitants en sortirent prément, s’armèrent de leurs flèches, et firent e vouloir défendre le passage en menaçant , Quelques présents et le mot bati leur innt des démonstrations plus amicales. Ils nous talors avec une sorte d’empressement,.et rirent des patates rôties sous la cendre. L’un pusaccompagna dans la montagne, prèsd’une d’une eau très fraiche qui coule abondamment e ravine. Notre guide poussa un grand cri, répondirent d’autres Papous. C'étoit sans ne sorte de mot d'ordre, car nous nous vimes entourés de naturels. À quelques pas sur hteur étoit aussi leur cabane perchée comme ière sur de nombreux poteaux. À un signal e propriétaire, nous vimes les femmes se vec empressement, mais en mettre davanore à nous considérer à travers les fentes sons. Le bas des piliers qui supportoient la stoit fermé comme un parc jusqu’à hauteur e, et servoit à retenir quelques cochons domesticité, et dont l'espèce sauvage existe bois.

aturels mettent le feu aux arbres lorsqu'ils déblayer quelques portions de terrain. Ils anent la combustion qui doit consumer les ui sont tombés sur le sol ; ils y plantent enpatates, des-haricots, du maïs, et surtout ce de millet qu’ils aiment beaucoup, et y des bananiers, des papayers, des courges, es arbres à pain. Nous suivimes quelque sentier qui serpente sur le plateau de cette line, malgré les instances que les habitants pour s’y opposer. Nous avons su depuis que conduisoit à un village établi sur la côte e Doréry. Nous rétrogradämes à la grande on de nos guides, qui se montroient d’une à adresse pour découvrir des insectes ou u plus épais des broussailles le gibier que tions.

pous mélangés et hybrides, dont l'aspect érable et prévient si peu en leur faveur, se

at d'hommes libres et d'esclaves. Ceux-ci, h

enlevés par trahison ou par surprise aux tribus voisines, servent dans les maisons, sont occupés à préparer la nourriture de leurs maîtres, se livrent à la pêche et à tous les travaux les plus rudes. À chaque instant ils peuvent changer de propriétaire , et cet état leur semble tout’naturel : mais ils sont généralement traités avec douceur, c’est-à-dire que leur esclavage n’est point rendu plus pénible par de mauvais traitements. Peu de temps avant notre arrivée les habitants de la côte nord-est avoient dirigé une expédition contre la population d’une petite île située dans le détroit de Dampier, en ayoïent massatré les guerriers, et réduit en esclavage quelques individus des deux sexes. Un de ces insulaires, que nous avons eu occasion de voir, portoit sur sa physionomie-les traces les plus apparentes d’un chagrin violent et concentré.

«Les habitants de Masinamy ont souvent de vive

alertes. Lors de notre séjour quelques pirogues élnignées, mais amies, vinrent de la grande terre, en doublant la pointe sud, pour commercer avec nous, Les Papous de Doréry les prirent pour des pirogues d'Alfourous ou d'Endamène ; parce qu’elles avoient des voiles blanches : ils poussèrent de grands-ctis, s'assemblèrent en tumulte, en s’armant d'arcs et de flèches; et pendant ce temps les femmes et les enfants s’embarquoient dans les pirogues avec les vivres et leurs effets les plus précieux. Au bout de quelque ‘temps leurs craintes se dissipèrent. Cette scène remarquable se renouvela plusieurs fois ; car ceux qui se trouvoient à bord de notre navire s’enfuyoient au plus vite en exprimant par leurs signes qu'il ne s’agissoit rien moins que d'être mis à mort s'ils étoient pris par les Alfourous. Du reste les Papous de Doréryÿ nous montroient avec orgueil et comme un trophée, une douzaine de crânes des hommes de l’intérieur qu’ils avoient tués dans une attaquede ce genre. Ces crânes, bien conservés, étoient suspendus à la partie extérieure des maisons. L’occasion étoit trop belle pour être négligée : aussi la veille de notre départ nous enlevâmes pendant la nuit ces crânes, dont nous avons donné précédemment la description anatomique.

La plupart des Papous portent les traces indélébiles des attaques, des embüches, qu'ils se tendent réciproquement de tribu à tribu. Il en est peu qui n’aient des cicatrices de blessures par les traits qu'ils lancent avec une merveilleuse adresse. Quelques uns en ont le corps couvert, Aussi un Papou est tellement habitué à se défendre à chaque instant de sa vie, qu'il ne fait pas un pas sans avoir avec lui une provision considérable de flèches renfermées dans

. un carquois de bambou, et au moins deux arcs ten-

dus. Le pêcheur, qui seul dans sa frêle pirogue darde

le poisson, n’oublie jamais ce moyen de protection.

Toutes les embarcations qui venoient commercer le

long de la corvette en avoient des provisions considérables, dont clles ne vendoient que le superflu, Il est étonnant que quelques Papous n'aient pas cherché à se procurer des armes à feu et des munitions, bien plus efficaces que le genre d’armes dont ils se servent : mais on voit au contraire qu’elles leur font peur, et il en est peu qui osent tirer un fusil. Il n’est pas probable au reste que cette habitude de se faire süivre par un attirail de guerre ne soit qu’un inutile simulacre; il faut nécessairement que la crainte et le besoin de s'en servir leur en fassent une loi.

Les Papous sont entièrement nus; ils couvrent seulement les parties naturelles par une étroite feuille de bananier. Le maro des femmes est un peu plus large, et se compose d’un morceau de toile bleue de Surate, sur laquelle elles ajoutent une ceinture rouge de même étoffe. Quelques mahométans entourent leur tête avec des mouchoirs qu'ils obtiennent en échange de leurs marchandises, et qu’ils disposent en forme de turban. Ceux qui portent des chemises et des caleçons sont des trafiquants habitués à naviguer dans les Moluqves ou sur les côtes, et qui s'intitulent du nom de capitans. Les Papous ne se servent guère, pour s’abriter de la pluie, que de pattes de vaquois et de chapeaux faits à la chinoise avec ces mêmes feuilles. Quelques uns de ces chapeaux sont arlistement travaillés et ornés de couleurs très vives formant des dessins réguliers embellis par des morceaux de talc, Les Papous du reste font peu de cas des étoffes, à moins qu'elles ne soient légères et surchargées de peintures dans le goût chinois. Ils préfèrent à tont dés piastres, et même une seule à plusieurs brasses de toile. Les Malais leur ont sans doute donné ce désir effréné qu’ils manifestent pour l'argent, car ils estiment presque à son égal le fer-blanc, qui lui ressemble, Ces deux métaux servent à leur parure; ils en font des anneaux, dont ils s’entourent les bras et les avant-bras. Certains naturels portent au poignet des bracelets d'argent massif, dont la valeurest de plusieurs piastres : ils sont arrondis, cannelés, chargés de quelques dessins, et ne forment que les deux tiers d’un cercle, afin de pouvoir être placés et ôtés à volonté. Les Papous recherchent en général les objets qui peuvent servir de décoration ; ils portent, comme les naturels de la Nouvelle-Irlande, des bracelets en ivoire (!), qu’ils nomment san/ar : comme eux encore ceux des districts plus sud se percent la cloison du nez, et y placent un petit bâtonnet. Le meuble d’ur.e indispensable nécessité pour tous est un long p:igne en bambou ou en bois qui s’enfonce dans la chevelure, et qu’on enjolive avec des des-

(‘) Ces bracelets sont absolument identiques , par la forme, à ceux qu'on trouve passés dans les bras des momies égyptiennes,

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sins, des morceaux de nacre, ou de longues dt

qui flottent sur la tête. Quelques habitants

l'extrémité de ce peigne terminée par une à Papou très bien exécutée en petit, et rec aussi d’une chevelure hérissée, Ils portente nément suspendus au cou des morceaux de} veloppés de guenilles, qu’ils regardeni com crés : ils les nomment aa, et croient ferme

lorsqu'ils ont marmotté quelques paroles « simulacre qui approche du signe de la croix

tholiques, que ces idoles (car ils leur donnents

la physionomie humaine) jouissent de la p de les garantir des blessures de leurs ennemi les guérir promptement. Ces amulettes nà être l’objet d’une sorte de vœu lorsqu'ils se dans quelque position périlleuse , et ils ne donnent jamais par la suite,

Les Papous emploient aussi le tatouage,

nomment panaya; il ne se compose que

légers, peu apparents sur leur peau noire.( généralement quelques lignes sur le frontd poitrine. Les femmes sont beaucoup plus que les hommes, et se couvrent le visage, et les épaules de marques légères et déli sage de mâcher le bétel est peu répandu, familier qu'aux descendants des Malais, M est généralement suivi par tous les Papousid tement, et ce qui est propre à la race nèm nique, c’est la mode de faire naître des cicati relief sur la poitrine et sur les bras. Les pe çons et les filles qui n’ont pas atteint l’âgede vont dans un parfait état de nudité,

Ces naturels ne savent préparer aucun celles qu’ils ont leur viennent des trafiqu diens. Ils achètent leurs meros aux 4r/4 leurs toiles aux Malais et aux Chinois. L# manufacture ne consiste qu’en nattes de fi pandanus, qu’ils découpent quelquefois ar caup d’adresse (!). D'ailleurs, indolents et p sans industrie perfectionnée, les Papous viré une profonde apathie, et n’ont conservé qu cédés nécessaires et dévolus aux femmes p# quer de la poterie. Ces pots de terre gout faits que ceux des potiers d'Europe, et on à leur confection une argile grise très du est pétrie avec soin et débarrassée de toute i A l’aide d’un caillou arrondi l’intérieur est puis l'extérieur, qu’on recouvre de quelqu dessins, Ces vases sont ensuite exposés au ils durcissent suffisamment, et Jeur cuissoué quefois obtenue à l’aide d’un feu clair del taillées exprès. Cette poterie se nomme 0!

(") Ce qui est remarquable est la vivacité du qu'ils emploient pour les tendre, Le rouge # ont de l'éclat ; le noir est fourni par un pl rondi et aggloméré de leurs forêts,

Papous ont un e façonner en i ux ou dans leu es est même o!

lun goût singul , comme ceux ( à bois dur trava meubles d’un u:

etattirent l'atte pi a présidé à ke. Ils consister s aliments, en :

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Papous ont un goût particulier pour tailler le e façonner en idoles, qu’ils placent sur leurs ux ou dans leurs maisons. Le devant de leurs ss est mème ordinairement chargé de sculplun goût singulier et grotesque. Leurs oreil- , comme ceux des Papous de l'ile d'Ouarido, à bois dur travaillé avec soin.

meubles d’un usage journalier sont peu nometattirent l'attention plutôt par l'enfance de ji a présidé à leur confection que par ieur ke. Ils consistent en poteries en terre pour s aliments, en vases de bois pour les servir, bous dont les cloisons noueuses sont perfour contenir une grande quantité d’eau, en qui servent de verres pour boire, en pai en sacs en paille coloriés et tressés pour les vivres secs, surtout les légumes. Des bizarres et grossières occupent les endroits ts de la cabane, et servent sans doute à des intéressantes, soit pour quelques cérémoigieuses, soit pour des danses et pour des ornement qui nous a le plus frappé est une urchargée de rosaces et de fleurs artificielles ses couleurs imitant des fleurs de lis, et

pr, aux couronnes des cérémonies religieuses

à de Dieu chez les catholiques romains. La prme, la même disposition, le même goût, dé à leur confection ; et si l'on joint à cela able signe de croix que les naturels pratirec les amulcttes qu'ils suspendent au cou, issance d’un Dieu bon et celle d’un mauvais n grand respect pour les morts et pour leurs x, on sera tenté de reconnoitre dans ces s quelques unes des pratiques des Abyssins ssent le christianisme, Quant aux vrais Paparoissent être idolâtres dans toute l’accepmot, quoique pendant notre séjour nous pu pénétrer aucune de leurs pensées sur la pu sur quelques unes de leurs coutumes aux marquantes de la vie,

L instrument de musique que nous ayons lamtam, sorte de tambour très répandu peuples de race nègre. Sa forme est anatamtam des habitants de la Nouvelle-

Cest un cylindre creux d'une seule pièce,

sant à une extrémité et chargé de quelques

olivements. Une peau de lézard cst tendue is large ouverture, tandis que celle npposée ivée, Îls frappent sur cette peau vibrante bain, et s’accompagnent de la voix. Mais, » caractère de ce peuple est mélancolique,

relllers, sur lesquels sont souvent sculptées 8rossières de sphynx, sont trouvés tous les les têtes des momies d'Égypte. Cette analo- Plus remarquables,

sérieux, livré à la défiance, un seul naturel voulut bien.nous donner un léger échantillon de son talent, qui n'avoit rien de bien séducteur. Rarement les Papous ont le sourire sur les lèvres, ou se livrent à la joie : leur physionomie conserve toujours quelque chose de la crainte et de la barbarie qui resserrent leur âme et la flétrissent,

Les femmes sont chargées des plus rudes travaux, Plusieurs fois, lorsque nous visitâmes le village, nous les avons vues occupées à fabriquer des vases, porter des fardeaux, aller chercher de l’eau, faire la cuisine. Elles accompagnent leurs maris à la pêche; elles nagent dans les pirogues. Quelques unes vinrent le long de la corvette ; mais leurs époux, lors qu'ils y étoient montés, les renvoyoient, et forçoient ces malheureuses à pagayer pendant une demi-journée à deux encâblures du navire, afin d'éviter tout contact avec nos matelots.

Les femmes ne sont considérées que comme des créatures d’un ordre inférieur ; et lorsqu'elles meurent, elles sont enterrées simplement aux pieds de leurs époux, n'ayant sur leur sépulture qu’une petite idole et quelques poteries ébréchées, tandis que le tombeau des hommes est fait:avec beaucoup plus de soin, et se compose d’une charpente recouverte d’un toit de vaquois, bordée de rampes en bois tra vaillées à jour. Plusieurs idoles recouvrent le sol, qui est gratté avec soin; et divers morceaux d’étoffe, flottant au bout d'un bâton, servent d’étendards, Nous ne vimes toutefois cette dernière décoration que sur un seul sépulcre de la petite île de Masmapy.

La polygamie est autorisée dans les mœurs des Fapous, et quelques uns ont puisé avec les Malais des idées très grossières de mahométisme. Leur religion paroîtroit un mélange de fétichisme et d’idoldtrie, accompagné de rites superstitieux et aveugles unis à des idées assez nettes sur la résurrection des âmes, sur une vie éternelle et heureuse. Le grand respect qu’ils portent aux mânes de leurs parents et de leurs amis, le soin qu’ils ont de leur sépulture, ne peuvent découler que de la consolante penséo d’une vie future. Los idoles qu’ils conservent avec soin et dans leurs maisons, sont l’objet de leurs invocations et de leurs prières, et peut-être en ont-ils qui représentent le génie du mal et le Dieu éminemment bon et bienfaisant. IL nous seroit difficile de pouvoir pénétrer dans quel but ils ont élevé l’idole que nous avons apportée, et qu'on voit aujourd’hui au Muséum : cette idole étoit conservée avec soin dans une petite loge secrète d’une grande cabane, et représente un homme assis haut de deux pieds. La tête est un plateau de bois sur lequel on a posé un crâne humain entier et bien conservé, ayant pour remplacer les yeux des morceaux de nacre taillés en rond et des couches de mastic pour simuler les chairs de la face, Cette pièce singulière doit rappeler

DE Rare Del

De ém es

quelques idées mystiques dont rien ne peutnousdéceler le sens. Cette sculpture étoit entourée:d’idoles plus petites, et:toutes étoient revêlues de morceaux de:linge enfumés, Il reste à savoir si c'est le-crâne d’un aïeulou d’un père que la famille vénéroit, et dontelle chérit la mémoire, ou si c’est un holocauste offert à Moloch dans la possession du crâne d’un ennemi mis à mort. Les Papous, en effet, croientils priver leurs.adversaires d’une vie-heureuse lorsqu’ils-exposent leurs têtes sur.les percles de leurs maisons? ou n’en font-ils qu'un ‘trophée qui doit menacer d’un sort pareil quiconque tenterait de les attaquer? Quelques unes de ces hideuseg coutumes se retrouvent dans les grandes iles de la Sonde et des Moluques.

L'abondance des vivres rend la vie des Papous de Doréry aisée et facile. Leur aliment principal est le sagou, qu’ils cuisent sous forme de pains aplatis et carrés, ou bien encore dans des feuilles. C'est aussi de cette dernière manière qu'ils préparent le poisson, dont la chair acquiert par ce procédé-une grande délicatesse. Ils sont encore dans l'usage de boucaner et sécher les chairs des animaux, celles des squales et des holothuries. Ils ont la même méthode que les habitants de Waigiou, de ne cuire les aliments principaux que par la chaleur qui se dégage d'un foyer au-dessus duquel ils les placent. Ils soumettent à l'ébullition les pois, les haricots, qu'ils cultivent pour leurs provisions de réserve, ainsi que le maïs et le millet. Ils font rôtir sous les cendres d'excellentes patates, les ignames ct les taros. Les Papous allument du feu avec beaucoup de prestesse par le frottement d'un morceau de bois sur un:bambou. Ils ont de longues torches de résine de dammar pour s’éclairer ; et lorsqu'ils naviguent dans leurs pirogues, ils ont toujours un tison bien épris destiné à allumer leurs cigarettes roulées dans une feuille de vaquois, dont ils font une grande consommation, car ils fument presque constamment. Ccs peuples font trois repas ; ils dorment après celui du milieu du jour. Chaque repas est très long, et se termine par des sortes d’ablutions, ces naturels ayant soin de se laver la bouche et les mains. Ils ne boivent que de l’eau pure. Plusieurs de ceux qui.ont cu des relations avec les Européens demandoient des liqueurs alcooliques, dont ils avaloient de grands verres d’un seul trait; mais la plus grande partie ne vouloit point en goûter, et redoutoit surtout l'ivresse qui en est la suite.

C'est le seul peuple auquel nous vimes manger, non pas la chair des cocos, mais bien le brou qui enveloppe la noix. Lorsque les cocos sont jeunes, ce brou a en effet le goût de la tige d’un chou d'Europe.

De cette vie active et naturelle les Papous, comme tous les hommes stationnaires dans leur civilisation, ont acquis une très grande adresse, des sens très

HISTOIRE NATURELLE

perfectionnés, un instinct animal très étendo,

dis que la civilisation a fait perdre ces avan

Y'homme social en lui faisant acquérir un plug développement de l’entendement et du génie.l

vue «est perçante; et leur main, suivant lem ment de l’œil, lance des javelines à trois pi qui, décrivant une légère parabole, frappentk son à une certaine distance, Des Papous now très souvent juger de leur adresse autour du

en se livrant à ce genre de pêche. Ils se

aussi de diverses sortes de filets et de nasses: ils emploient pour les poulpes le même ga strument en cloche et avec des branches épi que nous avons vu très commun dans les ma naturels de la Nouvelle-Bretagne. Ils nage et long-temps, et plongent pour chercher i quilles, Ils ont l’habitude de rester ainsi sou et y demeurent plus que ne le pourroit faire geur européen. Nous avons vu un Papou s'e

à plus de-soixante pieds et détacher les age pêcheurs pris dans les coraux.

Leurs armes sont les flèches et des javel bois très dur, dont l’extrémité est armée d'u bou aiguisé et taillé en fer de lance, au-desx quel pend un gros flocon de plumes de casoët l'arme sur laquelle les Papous:comptent le ph la flèche, qu’ils portent toujours avec eux quets qui en contiennent des milliers. Les sont les ordinaires, n’ont qu’une pointe del guë; les autres ont aussi des morceaux de qui sont très soigneusement barbelés et af dont la blessure est dangereuse. Les plus g sont garnies de lames en os ou de pointes d'u sement taillées et aiguisées. Leurs tiges sont de divers dessins exécutés par le moyen duk enveloppent-les extrémités pointues avec une rouge. Quoiqu'il faille beaucoup de temps pot quer ces flèches , ils-les vendent pour peu des et paroissent avoir des hommes occupés it

travail. Leurs arcs sont en bambou, etlatt

rotang. Quelques arcs plus soignés sont en M et souple, et cerclés de distance en distant Papous ont un coup d'œil juste, et leurs flèck peut le but à une grande distance, ou, lon petit, elles en passent très près. Quelques an minces et des flèches faites avec des rachis de de latanier sont employés à la chasse des oise cieux. Ils vont alors les attendre la nuit surls qu'ils fréquentent, et ils les tirent de très pt Les Papous des bords de la mer aimettl gation ; ils s’y livrent d'autant plus volonie peuvent se procurer par elle un accroist vivres, et qu’elle assure en même temps le pendance contre les attaques des habitant térieur. Leurs pirogues longent les côtes qu une mer ordinairement ealme et paisible, €

bint en point trafi andeur de leurs F tites, destinées à nt aux voyages loit leurs avec un appr res, en eau ct en à légère plate-for 8, sur lesquels so:

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et des javel t armée d'u ce, au-désu nes de caso pmptent le jh s avec eux Iliers. Leso > pointe det rceaux de M arbelés et aif . Les plus g pointes d'a rs tiges sonl e moyen duf ues avec un de temps pol pour peu de s occupés à( hbou, et lat és sont en e en distant et leurs flèche e, ou, Lors Quelques es rachis de asse des oist la nuit sur le nt de très pt er aiment lus volontid n accroissef e temps le es habitants les côtes qu paisible,

jint en point trafiquer avec les tribus amies. andeur de leurs pirogues varie. Il en est.de tites, destinées à un seul homme. Celles qui taux voyages lointains peuvent recevoir dix eurs avec un approvisionnement considérable res, en eau ct en objets de commerce. Ces pià légère plate-forme au centre ont deux bas, sur lesquels sont des traverses où reposent ts avec leurs voiles et leurs agrès. Un seul d'arbre creusé sert à leur construction, et ils t de très grandes avec les arbres gigantesques uplent les forêts. Une de celles qui vinrent le u bord avoit plus de soixante pieds de lonet nous admirâmes la taille du géant végétal le étoit extraite. Chaque village possède quelorocores plus grands, recouverts d’un toit de pet formés par des bordages assemblés et ene résine, Les voiles sont le résultat de lisières uois grossièrement assemblées. Les pagaies rent point de celles de Waigiou. Les Papous nent, lorsqu'ils sont en voyage, leur proviau douce dans des bambous, et relâchent au endroit venu de la côte pour faire leur repas éparer.

pût des Papous de Doréry les porte vivement merce; ils savent adroitement tirer parti du on manifeste de l'objet qu’ils possèdent.

tience est à toute épreuve ; leur tenacité pour un prix qu’ils convoitent ne cède devant aunsidération. Leur indécision est rebutante, ent ils n’ont aucune idée de la valeur de ce »ssèdent ; pour un oiseau de paradis comme panier de pois ils demanderont indifféremne piastre, nent l'argent avec une sorte de fureur, et le second rang au fer-blanc coupé par la- Du aux rasoirs. Les grands couteaux dont ils nt, qu'ils estiment beaucoup, viennent des es, surtout de Ternate, et sont des sortes eues qu'ils emploient utilement dans leurs lions et même comme moyen de défense, vent avec plaisir du linge et des toiles de ges ou bleues à larges carreaux, de petits des vases en verre, des mouchoirs rouges ; ne font aucua cas de nos haches, des our, des scies, etc., dont ils ne savent point

gue des Papous riverains, dont il ect quescet article, est depuis long-temps corromintroduction de mots malais ; car plusieurs parlent très bien cette langue qui s’est répans toute la Polynésie, et qui est indispen-

ir naviguer et voyager au milieu des îles de ie du monde.

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