‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 42 sur 514 · TABLEAU PHYSIQUE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE · texte numérisé non relu

TABLEAU PHYSIQUE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE

La plupart des géographes nomment Nouvelle- Hollande cette île immense ou plutôt ce continent qui s'étend dans l'hémisphère austral, entre’ 414° et 41510 50! delongitude est, et entre 140 et 59° 15! de latitude sud , et semble former le lien de pondération de cette portion du globe, en s’avançant dans le sud, * comme le font les extrémités méridionales de l’Afrique ct de l'Amérique. Ce continent, sorti le plus récemment des eaux , et qu’on pourroit à bien dire appeler nouveau continent, a reçu de plusieurs géographes les noms de Notasie et d'Australasie; mais ce dernier impliquant avec lui une fausse idée a été changé par les Anglois en celui d'Australie, beaucoup plus euphonique et plus convenable.

La Nouvelle-Hollande, ainsi nommée du paÿs des premiers navigateurs qui la découvrirent, ou l’Aus- : tralie, a long-temps été regardée comme un vaste continent s'étendant jusque vers le pôle , destiné à remplacer les masses de terre qui constituent la plus grande partie de l’hémisphère sud; et à former un poids que d'anciens auteurs des théories de la terre croyoient indispensable à l'équilibre du globe dans ses révolutions avec le soleil : ils la nommoient les terres australes inconnues.

La Nouvelle-Hollande comprend dans sa plus grande étendue, de l’est à l’ouest, à peu près mille lieues, et du nord au sud, du cap York au promontoire Wilson, six cent vingt-cinq lieues ; elle a plus de trois mille deux cent cinquante lieues de périmètre. Sa forme est celle d’un ovale saillant à sa partie supérieure, et profondément concave inféricurement, Sa surface est évaluée à trois cent qua- tre-vingt-cinq mille lieues.

Baignée sur la côte occidentale par l’océan Indien, à l’est par le Grand-Octan , l'Australie a pour limites au sud la terre de Diémen ou Tasmanie, et le Grand-Océan austral ; au nord elle est séparée de la Nouvelle-Guinée et des nombreux groupes des îles Moluques, d'une part, par le détroit de Torrès, de l’autre par les mers peu étendues de Timor et des Petites- Moluques. Ses bords sont morcelés en ports et en havres spacieux ; mais c'est principalement lerivegeseptentrional qui en présente le plus.

Le pourtour de cette grande ile offre un coup d'œil très varié, ayant en quelques lieux , à la distance de plusieurs milles des chaines d’iles petites et stériles ; en d’autres endroits le rivage est escarpé et inaccessible, tandis qu’au-nord surtout, et dans le

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