‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 425 sur 514 · DL D SR EP CE · texte numérisé non relu

DL D SR EP CE

pour résultat le plus ordinairement un seul petit, = à trées où on trouve .

nement deux. Dans les con } À niss 0 s

matins, les habitants en recherchent la chair, LE LAMANTIN D'AMERIQUE.

wemploient la peau à divers usages. Deux seules Trichechus manatus. Lixxé.

l'espèce la plus an- Hdrovande le nom- Hernandez, et c'est lus qu'il se trouve Rondelet, de Gesharlet, de Rai, de , de Brisson et de in ou lamantin dans on. Les Portugais, s les mers, parlent ations du lamantin 3ze muger ou poises bords de l'Oré- C'est le sekuh des ois, et le soë-koe des èce le grand lamanigure dans le t. Xi, n Histoire des qua-

gée et ovalaire, et ae à la partie postéement, et s’aplatisqueue. Celle-ci est

mme tronquée, et : longueur totale de ns point de dépres- Le museau est gros ut un demi-cercle aites en croissant ct érieure est renflée , eux touffes de soies oncé, en garnissent . plus courte et plus uche est peu fendue, i une égale distance re des lèvres. Les ‘ux fissures étroites ces des appareils de sont très voisins, et ce cloison. Tels sont aantin d'Amérique, : peau grise, légèreparoissent quelques eu plus rapprochés sous les nageoires.

hdieus, 2/1: lans l’étatordinaire, époque de la féconnctueux et agréable

Ro

anatus \mereanus

TITÉONL AT) LEEN

mbrouillé l’histoire , Des quatre espic:s

apour résultat le plus ordinairemcr.t un seul petit, nrement deux. Dans les contrées où on trouve lmantins, les habitants en recherchent la chair, emploient la peau à divers usages. Deux seules piees vivantes paroissent être susceptibles d'être yement distinguées ; l’une est d'Amérique et l’aud'Afrique.

Des débris fossiles de lamantins ont été reconnus décrits par M. G. Cuvier. Les plus intacts ont été vés dans un calcaire coquillier grossier dont se pposent les coteaux qui bordent la petite rivière Layon dans le département de Maine-et-Loire.

s débris consistoient en os du crâne, des memantérieurs et des côtes, et tous éloient convertis alaire ferrugineux rougeûtre renfermant cu le de chaux. Mais l'examen de ces fossiles à fait wvoir qu'ils devoient appartenir à une espèce de mntin totalement perdue et tout-à-fait différente telles qui existent aujourd'hui, et que rendoient tout très remarquable et sa grande taille et les mes de sa tête. D'autres ossements fossiles ont découverts à Capian, à quinze lieues environ de deux, mais ils étoient trop triturés pour être areconnoissables ; on en a observé aussi à Marly isé oient placés dans de l'argile plastique recountle terrain de craie des environs de Paris, et à le d'Aix, Nous trouvons dans ce fait, dit M. Cufa preuve que les lamantins, aujourd'hui con- “entre les tropiques, vivoient naguère dans les qui baignoient la France. Enfin, s'il faut s'en porter à une courte note publiée aux Etats-Unis He docteur Harlan, on auroit rencontré, sur la eoccidentale du Maryland, des côtes et des veres appartenant à un lamantin fossile de taille anlesque ; car le diamètre vertical de la vertèbre Sseroit de neuf pouces anglois, et le diamètre Wversal de sept.

Lelimites géographiques des lamantins vivants donc renfermées aujourd'hui dans l'intervalle % degrés, ou de 25 degrés au nord et au sud de quteur, Cependant nous trouvons dans les relade tous les anciens navigateurs, et notamment les voyages de Dampier, qu'il y est fait menue amantins existant par de plus hauts paral- Urilest ben probable que diverses espèces Lencore inconnues des naturalistes, bien que œ@nom de lamantin des voyageurs aient eu en peut-être des phoques, et souvent le dugong.

äilau lamantin des côtes du Pérou, il est presque inqu'il diffère desespèces de l'océan Atlantique:

‘on ne possède sur lui aucun renseignement Mieulier.

RE LE LAMANTIN D'AMÉRIQU E, Trichechus manatus, LixxÉ.

Le lamantin d'Amérique est l'espèce la plus anviennement connue. Clusiuset Aldrovande le nommoientmanati Indorum, d'après Hernandez, et c’est sous le nom de manati où manatus qu'il se trouve mentionné dans les ouvrages de Rondelet, de Gesner, de Laet, de Jonston, de Charlet, de Rai, de Dampier, de Sloane, de Klein, de Brisson et de lennant, et sous celui de lamentin ou lamantin dans La Condamine, Brown et Buffon. Les Portugais, dont les flottes couvroient jadis les mers, parlent daus leurs plus anciennes relations du lamantin d'Amérique sous le nom de pese muger ou poisson-femme, et les Espagnols des bords de l'Orénoque sous celui de pesce buey. C’est le sekuh des Allemands, le manatee des A nglois, et le soë-l0e des Danois. Buffon nomme cette espèce le grand lamantin des Antilles, et la déerit et la tigure dans le t. x1n,

pl. 57, et pag. 577 et 455 de son Histoire des quadrupèdes,

La forme du corps est allongée et ovalaire, et rappelle celle d'une outre, terminée à la partie postérieure, après un léger étranglement, et s’aplatissant pour donner naissance à la queue. Celle-ci est oblongue, ovalaire, large et comme tronquée, et forme à peu près le quart de la longueur totale de l'an mal, La tête est conique, sans point de dépression à son union avec le corps. Le museau est gros et charnu, et représente en haut un demi-cercle où s'ouvrent les deux narines faites en croissant ct dirigées en avant. La lèvre supérieure est renflée, et échancrée dans son milieu. Deux touffes de soies roides, d’un volume assez prononcé, en garnissent les côtés. La lèvre inférieure est plus courte et plus étroite que la supérieure, et la bouche est peu fendue. Les yeux sont petits et placés à une égale distance des narines et de la commissure des lèvres. Les oreilles ne consistent qu’en deux fissures étroites ouvertes dans la peau; les orifices des appareils de la génération et de la défécation sont très voisins, et ne sont séparés que par une mince cloison. Tels sont les principaux caractères du lamantin d'Amérique, dont le corps est recouvert d’une peau grise, légèrement chagrinée, et sur laquelle paroissent quelques poils rares, peu fournis, et un peu plus rapprochés près de l'angle de la bouche et sous les nageoires. Les mamelles, peu développées dans l’étatordinaire, se gonflent et s’irrondissent à l’époque de la fécondition, et sécrètent alors un lait onctueux et agréable au goût.

Buffon avoit singulièrement embrouillé l’histoire naturelle de ce cétacé herbivore. Des quatre espic:s

Des

tres

D rs rme het

ET

572 HISTOIRE NATURELLE

qu'il admettoit, une seule doit subsister, et c'est celle qui nous occupe. Mais son lamantin des Grindes-Indes est évidemment le dugong; son lamantin du Kamtschatka, le stellère; et son petit lamantin des Antilles ne diffère en rien de celui d'Amérique, M. G.Cuvier, par des recherches suivies et complètes, est le premier naturaliste qui ait dclairei, d'une manière satisfaisante, les deseriptions de ces animaux, qui cependant ne sont point encore aussi complétement connus qu'on devroit le désirer.

Le lamantin d'Amérique atteint une assez grande taille ; elle est souvent de plus de vingt pieds, Son poids s'élève, dit-on, jusqu'à huit milliers. La graisse qui enveloppe les chairs est très abondante , et les jeunes sont fort recherchés pour leur délicatesse. Toutefois, la nourriture que les Américains retirent des salaisons de lamantins est peu estimée des créoles, et elle ne sert guère qu'aux nègres planteurs. L'os de manati, vanté outre mesure dans des arcanes mis en vogue par la superstition la plus grossière, est l'os du rocher, flottant au milieu de l'appareil auditif, comme on le remarque chez tous les cétacés indistinctement.

Le lamantin ne vit point dans les eaux profondes: il se tient sur les grèves des iles des Antilles où l'observèrent et Dutertre et le père Labat, ou bien dans les anses abritées des côtes de l'Amérique méridionale, et notamment du Brésil ci des deux Guyanes. C'est surtout aux embouchures des grands fleuves de l'Orénoque et des Amazones, au milieu du mélange de leurs eaux douces avec les eaux salées de l'Atlantique, que ces cétacés se plaisent et qu'ils vivent en plus grand nombre. L'utilité de leur chair a engagé les colons établis dans le Nouveau-Monde à leur faire la chasse, et les lamantins ont bientôt appris à fuir des lieux qui leur deve noient funestes ; ils se sont retirés sur les cûtes les plus désertes et dans les fleuves les moins visités : partout où l’homme habite ils sont devenus rares et farouches.

M. de Blainville a considéré les lamantins comme représentant, au milieu de leur genre de vie tout aquatique, les éléphants terrestres. Il compare ces animaux, au premier coup d'œil si disparates, dans Ja disposition et la manière dont se forment les dents, et surtout dans les poils durs et cornés qui revètent les lèvres des lamantins aussi bien que celles des éléphants. D'autres analogies se découvrent aussi dans les pièces diverses du squelette.

Les mœurs du lamantin d'Amérique sont plus particulièrement celles que nous avons indiquées, en parlant des espèces en général. Les voyageurs disent que lorsque l’un d'eux est attaqué, les autres individus, au lieu de fuir, viennent à son secours, et cherchent à le protéger. On rapporte, et c'est

sans doute en parlant du stellére seul, qu'ils ment dans l'eau le ventre en haut, ce qui suppo roit que leurs évents restent au-dessus de la surf de la mer, L'accouplement se fait vers la chute jour, et la femelle, pour son accomplissement, renverse sur le dos et serre le mâle dans ses lage res. Leurs sens sont inégalement développés ; c'est ainsi qu'on s'accorde à dire que leur vue mauvaise, mais que l'ouie , en revanche, eppr avec une grande délicatesse le moindre bruit

nations qui habitent les côtes de l'Amérique

chassent avec des bateaux montés par des harg neurs habiles, et les percent le plus ordinairen

avec des lances acérées.

Nous avons peint le limantin d'Amérique tel l'a créé la nature, Nous n'avons point sureh notre palette pour l'embellir par des couleurs la vérité répudie : et cependant nous parlons être sur lequel la mauvaise foi la plus insigne d exercée, L'homme en général aime à se faire sion, et, en se trompant lui-même, il se pla tromper ceux qui l'écoutent. Car quelle autre son donner que toutes ces descriptions aflin avec une rare impudence, et dont on peut se À une idée en ouvrant le Telliamed de Dumil de ces hommes à barbes épaisses, de ces fem marines portant des mamelles, tenant leur nd risson sur leur sein, dont le corps est gracieux le haut et terminé par une hideuse queue poisson ?

LE LAMANTIN A LARGE MUSEAU, Manatus latirostris, TAnLAN,

M. le docteur américain Harlan a publié rés ment, dans le Journal de l'Académie des Sci naturelles de Philadelphie (t. HE, part. 2,p. pl. 45, fig. 4, 2 et 5), la description d'un lama qu'il regarde comme différant spéciliquement l'espèce précédente, et dont il n'a pu étudier des cränes. qu'il trouva gisants en grand nombre les rives et à l'embouchure des rivières qui amo les Florides, et qui se perdent sous les 25 de de latit:de. Ces crânes différoient d'une maniere table de ceux qui sont propres aux lamantins 4 mérique et du Sénégal, et le portèrent à créer minalement une nouvelle espèce, en attendant des observations directes vinssent en faire con les différences extérieures. Cette espèce n'aurait trente-deux dents. M. Harlan n'ayant pis L propos de dire dans sa Faune des États-Unis, nous avons sous les yeux, en quoi le crâne de lamantin latirostre différoit de ceux des deux tres espèces, nous attendrons que cette décou

rlant du stellère seul, qu'ils confirmée ‘par des observations un peu plus y pâle. Les femelles ont deux mamelles plutôt ellipe ventre en haut, ee qui supn jses, tiques que rondes, placées près de l'aisselle .

nts restent au-dessus de la surédipoutelois M. Harlan ajoute que les Indiens font Buffon et Shaw distinguoient ce Jamantin d lui suplement se fait vers la chute MR chasse à ce lamantin pendant les mois d'hiver; | d'Amérique par des caractères qui Neue oi " e, pour son accomplissement My e poursnivent avec des harpons, et que cha- | M. G. Cuvier n'a trouvé de différences que ui

os et serre le mâle dans ses nage d'eux en tue environ une dizaine par année : | forme comparative des têtes osseuses ; et il en ré sont inégalement développés : hraussi qu'il peut avoir neuf ou dix pieds anglois sulte en effet que le lamantin du Sénégal ales fo . s'accorde à dire que leur vue hngueur, et que sa taille approche de celle d'un | nasales et temporules plus larges et moins lon n. que l'ouie , en revanche, sppr f Enfin il pense que ce cétacé a été mentionné L la tête plus courte et plus étendue dans le ie délicatesse le moindre bruit, le capitaine Henderson dans la relation qu'il a | versal; les orbites plus écartées, les apo hs rs tent les côtes de l'Amérique ice en 4809 des établissements anglois à Hon- | l'os temporal moins renflécs, la partie Infériqure de s bateaux montés par des harp s, bien que nous n'y ayons rien vu qui s'ap- | la mâchoire d'en bas recourbée, tandis que dou! : Ules percent le plus ordinairen que plutôt à une espèce qu'à l'autre. M. Hen- | posé chez le lamantin d'Amérique. LS icérées, on n'a écrit en effet que cette courte note. « Le Cette espèce est la plus anciennement connue

int le lamantin d'Amérique tel mile et la femelle vont d'ordinaire ensemble; et | que pour cela nous possédions sur elle les moit rx re, Nous n'avons point surch qu'ils nagent à la surface des lagons, ils sont | renseignements positifs. Les Portugais en por jen ur l'embellir par des couleurs hppés avec des harpons ou dards, que savent | premiers connoissance, et, les premiers aus r ile + et cependant nous parlons ( ner avec la plus grande adresse les esclaves de | lui donnèrent les noms de syrène on de rhayeee | a mauvaise foi la plus insignes léablissement ou les Indiens mosquites, La chair À rine, qu'on transporta ensuite à l'espèce d'Amé me en général aime à se faire ces animaux est très estimée et ressemble | rique lors de la découverte du Nouveau Monde Ses trompant lui-même, il se pla beaucoup à celle du veau, et la queue, qui éom- | habitudes n'ont point été étudiées : tout ce ( LS lon ui l'écoutent. Car quelle autre po la partie la plus considérable du corps d'un | sait, c'est qu'elle fréquente les Pare Li dc; »* toutes ces descriptions aflir mati, assaisonnée convenablement, fournit un | grands fleuves, qui, tels que le Sénégal, le Zane,

mpudence, et dont on peut se (net qui, mangé froid , jouit de la plus grande | vont se perdre à la mer sur la côte occidentale d’Avrant le Telliamed de Dumiil hveur, et eût été estimé d'Apicius et d'Hélioga- | frique. | 2 à barbes épaisses, de ces fem le eux-mêmes. »

u des mamelles, tenant leur n sein, dont le corps est gracieux

miné par une hidcue quel LE LAMANTIN DU SÉNÉGAL. LES DUGONGS OÙ HALICORES,

Manatus senegalensis, G. Cu. On ne connoit qu'une seule espèce de dugong, Es Cet animal n'a été nettement disti i | Le ? distingué des autres VTIN À LARGE MUSEAT ee est le premier voyageur qui ait distingué | cétacés herbivores, et même des amphibies carni h iN 4 4. 5 AUPLAL: inéc: F 3 ; , L amantin du Sénégal, que la plupart des auteurs | vores, que dans ces derniers temps. Tous les anciens

Re [du depuis lui avec l'espèce des côtes d'A- | voyageurs, tous les auteurs systématiques du dixique. Ce n'est toutefois que par la comparaison | huitième siècle, ne les séparoient pas des lamantins ere, apporté de la Sénégambie par ce célèbre | dont il a en effet la plupart des caractères où du Mliste, que M. G. Cuvier s'est assuré qu'il con- | morse auquel il ne ressemble que par une anale ic otévidemment une espèce réelle et distincte, | grossière, tirée de ce que l’un ct l’autre possèdent 4 fort probable que ce lamantin est celui que | des défenses. Cependant, s'il faut s'en À orter à mionnent Dapper et Lacaille dans leur voyage; | l'opinion populaire des Malais, deux es de due Kilest certain que c’est le lercui des nègres vo- | gougs fréquenteroient leurs rivages. On soupconne F sn sk ke Sénégal, et le cojumero des | même que les os recucillis sur les côtes de la Noupie suinée. | velle-Hollande diffèrent assez notablement de ceux [ élails fournis par Adanson sont peu étendus; | du dusong des archipels des Indes orientales (!), et Crânes différoient d'une maniré borne à dire en effet que les plus grands indi- | que l'espèce découverte récemment dans la mer ÿ sont propres aux lamantins »nonl au plus que huit pieds de longueur, et | Rouge ne se rapporte point à aucune des précténégal, et le portérent à créer ienviron huit cents livres. Puis il ajoute: Leur | dentes. Cette dernière ne seroit-elle pas le lamantin non vells:capÈce; eb attendant SLoonique et de médiocre grosseur ; les yeux | femelle (the meermaid) décrit et figuré par Barbot directes vinssent en faire conne Lronds, leur iris est de couleur bleue foncée, et | dans son Voyage à la côte de Guinée? Au reste, on iérieures. Cette espèce p'aurol ja noire, Les lèvres sont charnues et épais- | ne possède de documents authentiges que sur le ts, M. Harlan n'ayant pis À4 seb estovalaire; les quatre ongles de cha- | dugong indien. | ans sa Faune des Etas-Ui} Ha d’un rouge brun luisant : leur cuir, Leguat, protestant exilé par be revecatiou ce l'édit les yeux, en quoi le crâne de + s: lignes sous le ventre, de neuf sur le dos di tre différoit de ceux . ri sur la tête, est à teinte cendrée noi- () Le trou mentonnier d'un mauillaire inférieur, obe us attendrons que cette dé sse est blanche et la chair d’un rouge | servé par MM, Quoy et Gaimard, est plus grand, |

américain Harlan a publié rés ournal de l'Académie des Sci iladelphie (+. WE. part. à, et 3), la description d'un lama mme différant spécifiquement nte, et dont il n'a pu étudier trouva gisants en grand nombre ibouchure des rivières qui arro qui se perdent sous les 25 des

ne tonnes mine atmrrnitrenett

74 HISTOIRE NATURELLE

de Nantes, et voyageur auquel nous devons quelques descriptions d'histoire naturelle médiocres, est le premier, à notre connoissance, qui ait donné dès 4720, et sous le nom de lamantin des Indes, une figure et une description du dugong (!) assez reconnoissables. Renard ensuite publia à Amsterdam , en 4754, un volume in-folio de figures de poissons dessinées par des peintres indiens, et dans ce recueil, dont la véracité fut long-temps suspectée, parut un portrait du dugong (pl. 54, fig. 180) assez mal caractérisé, imitant plutôt un squale, et que la plupart des naturalistes rejetèrent comme fautif, Cet animal ne fut regardé par les uns que comme un lamantin, et par les autres que comme un morse. Le célèbre anatomiste hollandois Camper reçut un dugong de Batavia; et, se livrant à quelques recherches dans les écrits de ses devanciers, il exhuma la figure publiée par Renard, dont il donna une copie dans ses œuvres, à laquelle il ajouta en note, que, sous le nom de dou-jung (vache marine}, on connoissoit depuis long-temps un poisson qui respiroit par les poumons, et avoit des mamelles placées devant la poitrine entre les nagcoires, et dont les lèvres éloient entourées de barbe.

Le dugong ne fut pour Linné, pour Erxleben et même pour Shaw, qu'une espèce du genre morse, à laquelle ces auteurs appliquèrent le nom spécifique de trichechus dug'ing. Buffon toutefois avoit déjà entrevu, par la comparaison d'un crâne que Daubenton avoit disséqué, que le dugong différoit beaucoup du morse; il dit: « La tête du dugong est à peu près déformée de la même manière par la profondeur des alvéoles, d'où naissent, à la mâchoire supérieure, deux dents longues d’un demi-pied : res dents sont plutôt de grandes incisives que des défenses, elles ne s'étendent pas directement hors de la gueule comme celles du morse; eles sont beaucoup plus courtes et plus minces, et d’ailleurs elles sont situées au-devant de la mâchoire, et tout près l'une de l'autre, comme des dents incisives ; au lieu que les défenses du morse laissent entre elles un intervalle considérable, et ne sont pas situées à la pointe, mais aux côtés de la mâchoire supérieure. Les dents mâchelières du dugong différent anssi, tant pour le nombre que pour la position et la forme des dents du morse; ainsi nous ne doutons pas que ce soit un animal d'espèce différente. »

Dans ces dernières années, deux naturalistes francois, MM. Diard et Duvaucel, qui séjournèrent long-temps aux Indes, envoyèrent au Muséum un squelette complet de dugong , avec le dessin de l’a-

() Voyages et aventures de François Leguat et de ses compagnons en deu isles désertes des Indes Orientales, à vol. in-12. Londres, 1720 (tome 1, page 93 et suiv.!.

nimal, et une description détaillée, M. G, Cuvid fait graver la figure du squelette dans SON ouvré sur les ossements fossiles, et M, l',. Cuvier ed tracé l’histoire d’après les deux voyageurs que nd venons de citer, dans son recueil de planches y riées, consacré aux mammifé-es, À la méme époq sir Rafles, alors gouverneur Sumatra, adres un mémoire à Londres, rédigé sur les notes MM. Diard et Duvaucel, qui s'étoient momenta ment engagés à le seconder dans ses recherches: sir Everard Home, étudiant les viseères et la d pente osseuse de dépouilles qni l'accompagnoie donnoit à ce travail un haut degré d'intérêt. Tra soc. philosophiq., deuxième partie, 1529,

Des caractères généraux rapprochent donc les gongs des lamantins, et les placent les uns ct autres dans la première famille des cétacts: 1 des caractères particuliers les éloignent généri ment. Aussi, dès 4799, M. Lacépide, proposant ( nouvelle classification des mammiféres, avoit cré genre dugon (dugong) dans son dix-neuvièmeord qu'il avoit placé pour conserver les rapports na rels, et comme lien intermédiaire entre les mo et les lamantins. MM. Duméil et Tiedemann ad tèrent ce genre, dont le nom fut changé en 181 le naturaliste prussien Hliger, et remplacé par d'halicore qui est tiré du grec, et qui signifie ri4 ou fille de la mer, nom plus pompeux et plus sat sans doute, mais dont on ne sent pas bien la n‘q sité. Les zoologis es modernes ont toutefois s tionné cette dénomination plus récente, et M. Cuvier l'écrit halicorne,

Les dugongs n'ont point de rapports de foi extérieure avec les morses, qui ont quatre meni comme les phoques, membres à demi engagés d des nageoires, il est vrai, mais qui établissent ef ces deux genres une bien grande séparation.

corps est pisciforme, mais plus rapproché déjà son organisation des vrais cétacés que celui des mantins. Les ongles qu'on remarque sur les geoires de ces derniers manquent complétement celles des dugongs, et la queue ovalaire est rem cée par une nageoire en croissant, de même fo que celle des dauphins. Leur tête nest point ( tincte du corps ; le museau est très 2r0s, mobil comme tronqué : ilest garni de poils épineux si rebord des lèvres, qui sont très grosses.

Ce qui caractérise plus particulierement les gong, c'est le nombre, la forme et la dispos! des dents. M, Fr, Cuvier à donné une d#strip exacte de ces os, dans son ouvrage intitulé, des ; des mamunifères considérées comme caracleres logiques (Paris, in-8°, 4825, p. 258). Il résull ses observations que la mâchoire supérieure à qu dents incisives et dix molaires où mächelières qu'à la mâchoire inférieure on compte parfois $

cription détaillée, M, G, Cuve incisives, et le même nombre de molaires qu'à Le squelette du dugong a cinquante-deux vertère du squelette dans son our Le d'en haut, ce qui en porte le nombre total à | bres et dix-huit paires de côtes. Deux os étroits et ; fossiles, et M. Fe, Cuvier g geoutrente-deux. Par l'examen de ces organes , plats, en forme de clavicule humaine et simulant des après les deux Voÿageurs que n importants dans là mistication et si bien accom- vestiges de bassin, occupent les côtés de la colonne dans son recueil de planches c és au genre de vie propre à chaque animal, ou vertébrale, vis-à-vis la huitième vertèbre lombaire, x mammifères, À la même épog frouve aucun point de rapprochement à faire avec et flottent librement dans les muscles de cette régouverneur ‘Sumatra, alre ke autre espèce, soit terrestre, soit aquatique, | gion. Les narines, par rapport au développement Londres , rédigé sur les note prit que le nombre des molaires varie suivant | considérable des os intermaxillaires, sont portées ivaucel, qui s'éloient moment e,etque dans les premières années de la vie il | vers le sommet de la tête. L'ethmoïde n'a qu'une onde Andes recherches Len à que deux implantées de chaque côté et à fosse peu développée, ce qui autorise à penser que 1e, étudiant les viscères et la d que masillaire ; mais à mesure que l'individu | odorat est très borné, Le maxillaire inférieur est dépouilles qui l'accompagnoit lit, le nombre s'élève jusqu'à cinq, saus jamais } déclive et recourbé pour s’accommoder à la forme silun haut degré d'intéréc (Td passer. Les incisives inférieures tombent de très ? de la mâchoire supérieure, L'humérus et les os de ., deuxième partie, 1520, me heure; ce sont des dents très petites et poin- | l’avant-bras sont plus développés que chez le lagénéraux rapprochent donc le s Il n'en est pas de même des supérieures; cha- | mantin, Le carpo n’a que quatre os placés sur deux tins, et les placent les uns ct x d'elles constitue une défense très forte, droite, | rangs, et le pouce est réduit à un métacarpien pointu remière famille des cétacis: r primée sur les côtés, divergente d'avec sa con- | et peu développé. Les doigts ont le nombre ordinaire irticuliers les éloignent génériy dre, et usée sur le eôté externe, de manière à | des phalanges, et les dernières sont comprimées ct 1799, M. Lacépède, proposant eranchante à son sommet. Uue petite dent poin- obtuses. Une peau épaisse enveloppe les membres ation des mammifères, avoit ré constamment enveloppée par les gencives, est | antérieurs, et les transforme complétement en naeng) dans son dix-neuvièmeorl ie à sa partie postérieure, et se trouve chez les | 8eoires sur lesquelles n'existe aucun vestige d'ongles. pour conserver les rapports n ns individus. Les trois premières molaires supé- | [-C Sternum,long-temps cartilagineux chez les jeunes, jen: Intermédiaire entre les mi pes sont primitivement simples et coniques, leur | ne s’ossifie complétement que chez les adultes, La MM. Duméil et Tiedemann ad@onne s'use bientôt et n’a plus qu'une forme apla- | Cavité crânienne est médiocre. L’estomac est volu- Jont le nom fut changé en 1811 la quatrième ressemble à deux des premières | Mineux, divisé en deux poches, par un étrangleissien Illiger, et remplacé par servent sondées ensemble et à sommet égale- | Ment prononcé; la cavité cardiaque est plus petite Liré du grec, et qui signifie ré tronqué. La cinquième a la forme de la troi- | que la pylorique. Près de son orifice s’insèrent deux ble poneue LINE be, et toutes ont de longues racines solidement | €rcums longs de IX pouces. La longueur du tube dont on ne sent prs bien h né dans les alvéoles, Les dents du maxillaire in- intestinal est d'environ quatorze fois la longueur EE ot à ur n'ont rien de particulier, M. Fr. Cuvier | totale de l'animal; les deux ventricules du cœur sont

mination plus récente, et M. we des différences entre le crâne du dugong en- | Unis à leur base, et séparés à leur origine; les pounn fe l'archipel de Malak par MM. Düard et Du- | MOns sont entiers; la trachée-artère est très courte, n'ont point de rapports de fof d,etcelui décrit par Daubenton, et qui prove- et n'a pere que deux Pouces; le thymus est très *$ morses, qui ont quatre mem Hdes îles Philippines. Peut-être doit-on penser développé. Le foic est divisé en larges lobes, et l’un es, membres à demi engasts( es deux têtes appartiennent à deux espéces dis- | d'eux, plus petit, cache la vésicule biliaire. Les reins est vrai, mais qui établissent es. c'est ce que les voyageurs faurs pourront | S9nt Volumineux : la vessie est susceptible d'une une bien grande séparation. k décider. | grande extension. La verge est longue, assez grosse, me, mais plus rapproché déjà MEutce que nous venons de dire du système den- | Mnfermée dans un fourreau; Le gland qui la termine des vrais cétacés que celui des du dugong, tout ce que nous ajouterons sur PEAenIe deux lèvres plissées, développées et écargles qu'on remarque sur les nisation de ses viscères , ne s'applique qu'à la | tées, embrassant un tubereule central et conique, niers manquent complétement &pèce bien connue, et qui a été observée aux | Perforé à son milieu pour l'ouverture du canal de set la queue ovalaire est rem orientales. l’urètre, Les testicules sont cachés dans l'abdomen. oire en croissant, de même fo 1.6 Cuvier compare les portions osseuses du | Telles sont les particularités anatomiques les pins phins. Leur tête n'est point * du dugong et du lamantin, et il généralise | Saillantes dont nous sommes redevable à MM. Diard e museau est très grus, mobil K son opinion : « Les connexions des os, leur | ©t Duvaucel, à sir Everard Home, et par suite à iLest garni de poils épineuxsl Finale, ete., sont à peu près les mêmes, et | M: Fr. Cuvier, qui les a résumées dans son Histoire , qui sont très grosses. Mtque pour changer une tête de lamantin en | 4% Duong, publiée en avril 1821.

ise plus particulierement les si dugong, il sufliroit de renfler et d'allon- Le dugong a été étudié avce beaucoup de soin par ymbre, la forme et la disposi #0 intermaxillatres , pour y placer des dé- MM. Quoy et Gaimard dans la Zoologie de PAstro- = Cuvier à donné une destrip vel de courbcr vers le bas la symphy<e de la | @be(t), et M. Robert Knox a fourni de bons détails ans son ouvrage intitulé, des D re inférieure, pour la conformer à l'inflexion | anatomiques (?) sur ce cétacé herbivore.

onsidérées comme caractères Sipérieure, Le museau prendroit alors la forme | L |

n-8°, 4895, p. 258). I résulte tdans le dugong , et les narines se relèveroient “e ALES p.748 Re AL ESS

ri irieure à QU ne elles le 50 tds . ; (+) Observat. to determ. the dent. of dugong, etc.,ete,

ue la mâchoire superiet nt dans cet animal : en un mot, on

Es s na par Robert Koox. Trans, of the Soc. of Edinburgh dix molaires où mâchelièrés que le lamantin n'est qu'un dugong dont les | 1831

nférieure on compte parfois sl She sont pas développées. »

TISTOIRE NATURELLE

Page 1