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LE STELLÈRE BORÉAL

Stellerus Lorealis, Des,

Steller et Kracheninnikow donnent au stel boréal le nom de manate, et de vache de mer, € une espèce mitoyenne, disent-ils, qui tient de la marine et du poisson. Voici la description qu'il tracent à peu près en ces termes :

Cet animal ne sort point de l’eau ; ce liquide son habitation exclusive, Sa peau est noire, épaisse, rude et inégale sur sa surface, et im suivant Steller, l’écorce rugueuse d’un vieux ché Elle est tellement fibrense ct résistante, que meilleur instrument peut à peine l’entamer. La est petite par rapport au corps; mais sa forme allongée, déclive depuis le sommet Jusqu'au muse Les moustac!ies sont blanches, recourbées et long de quatre à cinq pouces. Les narines ocrnpent | trémité du museau; leur longueur é"ale leur geur, et elles sont velues dans leur térieur. yeux sont noirs et placés au milieu de l'interv qui sépare le trou auditif externe du museau, et la même ligne que les narines : ils sont à peinea grands que ceux d'un mouton, et par conséq ils paroissent ne pas être proportionnés avec formes monstrueuses de l'animal. Ils n'ont pa sourcils ; les oreilles ne sont point visibles àl térieur, etelles ne s'ouvrent que par de petits {re bien que le cou soit tout d’une venue avec leco les vertèbres cervicales ont cependant des mo ments de flexion, surtout en bas. Le corps est rondi, plus élargi vers le nombril, et rétréci ve queue : celle-ci est grosse et épaisse. Les nageo brachiales sont situées presque sous le cou : el seulement elles servent à la natation, mais en elles permettent aux stellères de se cramponné les récifs et de s’y maintenir solidement Ia

() Manatus, Steller, act. petrop. nov. COMM; p.294: T'richecus manatus, Var; borealis, 1. 6m nati balænurus, Bodd, El. 173; Tricherus boré Shaw, Gen. zool, : le grand lamantin du Kamit u Daub., Dict. encycl. Sonnini, Nouv. dict, d'hisl, &. XI, p. 604, fre édit. ;

8 cervicales, dix-neuf dorsiles Hu ue RORTRES ae re) : Per iles. Deux os des iles, arroné pare 2 rs ais qu'accidentel Te Machés par de forts js K qui ne sont jamais qu acci ente s. Le stellère iduiène: Vértibrs . pit Ala communément vingt-cinq pieds de longueur | Pres M | en une circonférence, dans 1 endroit le plus large, # UE a dineuf pieds, et pèse, dit-on , jusqu'à six mille | * 078 EU qu'on pd œnts livres (deux cents poudes russes) (1), en- ‘nt soixante-six pieds, Le cœe , 5; et le colon, élargi et boursot sstellères vivent par bandes et se retirent dans s qui renflent la continuité de kiesoit la mer est calme , et surtout ils fréquende préférence les embouchures saumâtres des es, Les mères ont le soin, lorsqu'elles naet qu'elles sont réunies, de placer leurs petits nilieu d'elles, afin de protéger tous leurs mouments.

#eéacés, dans les heures ‘le la marée montante, pprchent tellement des rivages, qu'on peut les jnre avec des bâtons, et leur toucher le dos h main, suivant Steller, Es vivent en bandes pposées chacune des père et mère, d’un petit déjà ad, et d'un plus jeune, ce qui porte à penser ik sont monogames ; la portée des femelles dure mois, et n'est que d’un fœtus. La fécondation aau printemps, et les femelles mettent bas en mine, sstellères sont d’une grande voracité. Ils manpresque constamment , et rien alors, pendant ice, ne peut les distraire, ni les faire fuir, Ils puent de temps à autre respirer à la surface de mer en souîMant avec force. Lorsqu'ils nagent, cc ik font paisiblement et sans saccade, ils ont une kdu corps hors de l’eau. C'est alors que des aux de mer viennent, suivant les Russes, dévodepelits crustacées marins qui s'attachent sur tpiderme.

Mourrilture que ces animaux recherchent se pose de quatre espèces de fucus et d’ulva , dont ke broutent que les parties les plus délicates ; Sorsqu'ils abandonnent Le rivage où ils ont fait Fpiture, la mer rejette bientôt sur la grève une e quantité de rac'nes et de tiges qu’ils ont ktées de leur base. Une fois qu’ils sont rassa- \lsstellères se covchent sur le dos, et dorment te position; mais lorsque la mer vient à Br, ils s'éloignent alors ct gagnent Île large, de M de s'échouer, Les glaces en écrasent beaupendant l'hiver, ainsi que les tempêtes qui les ennent trop près des côtes. Dans cette saison PILUÉS maigres, ce qui tient au peu de nourriqu l se procurent avec peine pendant cette 1e rigoureuse, Prime lorsque la nature, engourdie sous les glaces, se ranime et se

ELLÈRE BORÉAL (!)

lerus borealis, Desu.

icheninnikow donnent au stel manale, et de vache de mer, ( enne, disent-ils, qui tient de la sson. Voici la description qu'il 5s en ces termes :

sort point de l'eau ; ce liquide exclusive. Sa peau est noire, inégale sur sa surface, et im écorce rugueuse d’un vieux chè nt fibrense et résistante, que ent peut à peine l’entamer. La pport au corps; mais sa forme depuis le sommet jusqu'au muse ont blanches, recourbées et long pouces. Les narines occupent | au ; leur longueur é"ale leur nt velues dans leur térieur.

4 placés au milieu de l'interv u auditif externe du museau, et ie les narines : ils sont à peine à d'un mouton, et par consil k pas être proportionnés avet uses de l'animal. Ils n'ont pa blles ne sont point visibles à e s'ouvrent que par de petits 1r0 oit tout d’une venue avec let vicales ont cependant des mo , surtout en bas. Le corps @st i vers le nombril, et rétréci ve st grosse et épaisse. Les nasto tuées presque sous le col: el servent à la natation, mais El aux stellères de se crampontié ‘y maintenir solidement. I à

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Le ; po russe est de trente-trois livres anciennes

réchauffe, que les stellères se cherchent une coma pagne et se livrent à la reproduction; ils choisissent un temps serein, une mer unie et calme, et une belle soirée pour satisfaire leurs désirs : un peu de coquetterie de la part des femelles les a encore aiguisés , et ce n'est qu'après d'aimables préludes, de vives caresses, des fuites simulées, que celles-ci se renversent pour recevoir entre leurs nageoires les mâles qui les poursuivent.

Les habitants du Kamtschatka font la chasse à ces cétacés, dont ils retirent divers produits; ils les harponnent le plus ordinairement avec des fers auxquels tiennent des cordes que des hommes postés sur le rivage tirent aussitôt lorsque l'instrument est fixé dans le corps. Mais souvent il arrive que les harpons sont arrachés par la résistance qu'opposent les stellères cramponnés sur les rochers avec leurs nageoires, et que des embarcations armées sont obligées alors de les assommer. Les vienx individus, engourdis par l’âge ou par la graisse . sont bien plus faciles à prendre que les jeunes qui sont très agiles. Tous les individus de la troupe se précipitent d'habitude vers celui d’entre eux qui a reçu de graves blessures; mais leur sollicitude vaine et infructueuse ne fait souvent qu'assurer la perte de la famille entière, sans préserver aucun d'eux des coups qui leur sont destinés : les mâles paroissent surtout porter le plus vif attachement à leurs femelles, et suivre leur corps trainé vers le rivage sans être émus du danger qui les menace : touchant exemple d'amour conjugal qu’attestent les observations des deux naturalistes russes que nous avons cités.

Les sens de la vue et de l’ouïe sont très peu developpés, et leur usage paroit être imparfait ; la voix, dit-on, ressemble au mugissement d’un bœuf.

Les Tartares tschutchis font de larges baïdares avec les peaux des stellères ; les Kamtschatdales recherchent leur chair qu’on dit être savoureuse, quoique difficile à cuire et un peu coriace : la graisse des jeunes a le goût du lard, et les muscles celui du veau : on en fait des bouillons excellents.

L'espèce de cétacé dont nous parlons est extraordinairement commune dans les mers qui baignent la presqu'ile du Kamtschatka; elle fournit à la subsistance de la plus grande partie de la population : on doit la retrouver dans toutes ces baies qui morcellent la côte nord d'Amérique, et que présentent les groupes d’iles Kuriles et Aléoutiennes qui forment des ceintures à la partie boréale du grand Océan.

Othon Fabricius, dans sa Faune, affirme avoir trouvé au Groenland un crâne de stellère. Ce fait n'a rien qui répugne à la vraisemblance ; il serviroit à prouver de nouveau qu'il existe un canal dont les eaux sont presque toujours gelées, et par lequel, sous le pôle boréal même, les océans Atlan-

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tique et Pacifique communiquent entre eux. Il est bien étonnant que les Russes qui posstdent ces contrées, et qui y expédient fréquemment des navires, dont les missions ont un vernis scientifique, ne nous aicnt pas encore tout-à-fait fixés sur l'animal dont nous avons esquissé tout ce qu'on sait de son histoire.

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