‹ Compléments de Buffon [microforme]Chapitre 428 sur 514 · LES CÉTACÉS PISCIVORES OU CÉTACÉS ORDINAIRES · texte numérisé non relu

LES CÉTACÉS PISCIVORES OU CÉTACÉS ORDINAIRES

Les animaux qui forment cette grande division ont long temps été les seuls auxquels on ait appliqué spécialement le nom de cétacés. La presque totalité des considérations générales, par lesquelles nous avons débuté dans cet ouvrage, leur sont applicables, et il nous suflira de rappeler brièvement les caractères les plus tranchés qui les séparent des cétacés herbivores.

Les cétacés piscivores se nourrissent, ainsi que l'indique leur nom , de poissons, mais aussi de mollusques et de zoophytes ; ils recherchent les chairs animales, et ont, en un mot, un régime tout opposé à celui des lamantins, des dugongs, des stellères qui ne vivent que de matières végétales. Mais ils s'en distinguent encore par l'appareil compliqué des évents, par des mâchoires garnies de dents ou de fanons, et quelquefois privées des deux, par une peau lisse entièrement nue (!), n'ayant aucun vestige de poils, par un estomac composé de cinq ou même de sept poches distinctes, par plusieurs rates petites et globuleuses, seulement unies par un tissu vasculaire läche,

Les c'tacés, dont nous aurons à nous occuper individuellement lorsque nous parlerons de chaque famil'e, considérés dags leur ensemble, donnent une ample matière aux réflexions; et pour nous servir d'ug passage assez juste de M. Virey, quoi de plus étrange que ces masses vivantes et informes, qui ne sont ni de vrais poissons ni de véritables quadrupédes ? qui respirent l'air au milieu des eaux, qui al-

M) M de Blainville explique ainsi la nature de l'épideyme des cétacés {Anat, comp., LU 1, nm 69):«Je ne » trouve pas que le séjour, dans un milieu différent de » celui de l'air oë viventordinairementles quadrapèdes, » ait beaucoup d'influence sur l'épiderne. Cependant plesecpeces qui viveat habituellement dans Peau, et » qui n'en sortent pas, comme les cétacés, ontun épi- » derme singulier qui paroft remplacer chez eux les vé- »ritables poils. Iest en effet composé de filets coliés »lesuns aux autres, perpendiculaires à la peau, et qui » s'entevent avec la plus grande facilité: je suis fort » porté à regarder cette partie comme appartenant plu- » tôt aus poils qu'a l'égiderme proprement dit.»

lai tent leurs petits à la manière des Mammifères qui sont intermédiaires cure l'air et l'eau, sans en effet amphibies ?

La respiration et le rejet de l'eau avalée pa moyen des évents ont toujours frappé l'atten des peuples maritimes, Aussi, comme nous l'a dit, dans les langues dérivées du latin on | nommés soufleurs, et dans les celti ce qu'on peut hais di % MU din

M S QC Poisso) source. Cette fonction est, comme on l'a vu, d coup plus restreinte chez les cétacés herbivores

M. Cuvier a proposé de diviser les vrais ct en deux tribus. L'une comprend les cétacés do tête est en proportion ordinaire avec le Corps; tre, ceux qui l'ont démesurément grande, Les whals et les dauphins fort partie de la première cachalots et les baleines, ainsi que les sous-ze qui s’y rattachent, formert la seconde, Ledér pement énorme de la tête des cétacés de cette nière tribu est dû aux grandes dimensions que g nent les os de la face, dimensions qui n'infuet rien sur la capacité du crâne, ni sur l'augmen de surface des os qui la composent,

Les cétacés ordinaires constituent, pour MM fuss et Latreille, une famille naturelle qu'ils à lent souflleurs, hydraula.On peut sous-divise grande famille en plusieurs petits groupes, servant de caractères tirés des dents, Ainsi, lo les dents manquent complétement, cesera lafa des aodons ; lorsque ces petits os. au contraire en nombre et en forme très variables, nous al celle des hétérodons; les deux maxillairesgart dents acérées, régulières et nombreuses, nous senteront les dauphins; la mâchoire infri garnie seule de dents coniques, creuses à la donnera naissance à la famille des cachalot enfin, la cinquième et dernière se composer baleines, dont le palais est recouvert d’une m ibreuse de nature cornée.

LES HÉTÉRODONS.

Cette famille n'est point très naturelle, car tous les caractères extérieurs des dauphins elle diffère seulement par les dents, qui épr0 des anomalies assez constantes dans le nomb forme et la place qu'elles occupent. M. del ville proposa le nom d'hétérodon pour réunir! tacés ainsi organisés, et nous le conservons P former une famille dont nous isolons le daup Dale, qu'on sait positivement aujourd’hui 0 aucune dent, et qui comprendra les narwl anarnaks, les diodons, ct les hyperoodons 0 nodons. —

Les hétérodons peuvent être délinis:

mil

à la manière des mammiftres aires entre l'air et l'eau, sans ?

t le rejet de l'eau avalée pa s ont toujours frappé l'atten imes. Aussi, comme nous l'a igues dérivées du Jatin on | s, et dans les celtiques whall.

ndre par les mots de poisso ‘tion est, comme on l'a vu, bé Me chez les cétacés herbivores oposé de diviser les vrais cé une comprend les cétacés do rtion ordinaire avec le Corps; nt démesurément grande. Les hins fout partie de la première aleines, ainsi que les sous-g8 t, formert la seconde, Le déx de la tête des cétacés de cette aux grandes dimensions que face, dimensions qui n'inluet ité du crâne, ni sur l'augmen s qui la composent.

inaires constituent, pour MM.

, une famille naturelle qu'ils a hydraula. On peutsous-divise en plusieurs petits groupes, tres tirés des dents. Ainsi, lo ent complétement , cesera lafa sque ces petits os . au contraire forme très variables, nous al ons: les deux maxillaires gart igulières et nombreuses, nous auphins; la mâchoire inféri dents coniques, creuses à la ice à Ja famille des cachalol ième et dernière se compose e palais est recouvert d'ine re cornée.

sant jamais qu'un très petit nombre de dents, le nnvent deux placées où à la mâchoire supéweouà l'inférieure, et cette dernière ordinaireplus développée et plus volumineuse que l'au- , La plupart des cétacés, réunis ainsi par des diresartiliciels, sont très peu connus, et exigent hpart des naturalistes ou des voyageursquiexplomntleurs pays, de nouvelles recherches, et surndesobservations plus précises et plus détaillées,

LES NARWHALS. ,

lcétacés connus sous ce nom de narwhals sont uislong-temps célèbres par la ressemblanée qu'on guirouver dans la longue défense qui arme leur bavecla corne implantée sur le front de la licorne hhble. De là le nom de licorne de mer, que la mrtdes voyageurs leur ont donné. Mais l'histoire knrwhals n'est point encore complétement éclairetcest avec la plus grande difficulté qu'on en be de temps à autre les erreurs qui l'obscurcisst,et que les marins du Nord se sont plu à l’envi suns desautres à propager. Une seule espèce aulique compose aujourd’hui ce groupe ; hien que de Lacépède , dans son Histoire nüture!le , en décrit trois.

Le narwhals se distinguent aisément, sous le port zoologique , des genres qui les avoisinent, rune organisation du système dentaire qui leur propre, On ne peut en cffet les confondre, niavec duphins, niavee les anarnaks , ni avec les a0- Ketencore moins avec les hyperoodons. Cepenles formes matérielles du corps ne diflérent en de celles des cétacés de la famille des dauphins ; lk ont pour caractères communs, l'orifice des A1 situé à la partie supérieure et postérieure de Re; la nageoire dorsale presque nulle, ou réduite eSmple saillie longitudinale: les pectorales de eivalaire ; une caudale horizontale, Mais ce qui @relétise d'une manièretrès distinete, sont deux Rues défenses droites et pointues, qui, implantées l'osintermaxillaire , Se dirigent en avant dans kns de la longueur du corps. Ces deux dents. de msi singulière, sont les seules ani soient Jogécs KI os incisifs; les molaires, qui presque tou- Sulsiitent lorsque Les dents incisives et cani- Minquent, ne présentent ici aucune trace de leur ence,

S HÉTÉRODONS.

n'est point très naturelle, Gur res extérieurs des dauphins ement par les dents, qui épro ssez constantes dans le nomb ce qu'elles occupent. M. de] Dom d'hétérodon pour réunir et nous le conservons l

isés , Ile dont nous isolons le daup t positivement aujourd’hui 1 Laui comprendra les narwl roodons 0 et les hyperoodo

Lite osseuse du narwhat ressemble beaucoup le du bétuga (delphinus leucas), et M. Cuvicr, Mmprant l'une à l'autre, décrit ainsi les rap- “qui les unissent : « C’est à la tête du béluga te du narwhal ressemble le plus par l’uni-

iodons,

ns peuvent ëlre définis :

rectiligne des bords de son museau, par deux sillons profonds qui dessinent une demi-ellipse et une longue pointe sur les intermaxillaires , au-dessous des uarines, et par les pointes que forment ses ptérygoïdiens au bord postérieur de ses arrière-narines. La partie du museau, et surtout des intermaxillaires, est plus élargie que dans les dauphins. Les intermaxillaires remontent jusque tout près des os du nez. Les trous dont les maxillaires sont percés dans leur partie élargie, et qui tiennent lieu de sous-orbitaires, sont grands et nombreux. L'échancrure qui sépare cette partieéla: gie du museau est petite , et le dessus de l'orbite peu saillant, Les os du nez sont fort petits, et la narine gauche est plus petite que l'autre, »

Dans le jeune âge, les narwhals ont dans chaque älvéole le germe d'une dent, dont l'allongement successif doit former la défense acérée des adultes. Quelquefois ces deux germes se développent à la fois, et donnent naissance , ainsi qu'on le remarque sur beaucoup de crânes, à deux défenses horizontales et divergentes. Anderson , Bonnaterre, ct plusieurs autres naturalistes, en ont d’ailleurs figuré des exemples. Mais il arrive le plus souvent que l’un de ces germes recoit toute la matière secrétée de l’ivoire, et que l’autre, refoulé ou pressé, soit oblitéré et toutà-fait enveloppé dans l’alvéole, comme un noyau osseux inerte. De cette circonstance, qui se reproduit le plus ordinairement, sont découlés plusieurs des noms que les narwhals ont recus dans les livres d'histoire naturelle, noms pour la plupart erronés et susceptibles d’induire en erreur, tels que ceux de monodon, de monoréros, d'unicorne, de licorne de mer. ne faut pas croire cependant que les anciens auteurs, atérieurs à Linné, aient ignoré que les défenses des narwhals étoient au nombre de deux, et que le plus souvent il ne s’en développoit qu’une seule. Bien avant Anderson, on trouve dans une R:lation du Groenland, 1 vol. in-12, Paris, 1665, publiée par Lapeyrère, d’après les Chroniques danoises, ainsi que dans le Muséum de Wormius, dans Angrimus ct Jinas (Specimen islandicum), que les défenses de narwhal étoient de véritables dents, et que l’une d'elles restoit souvent à l’état rudimentaire, renferméedans l’intéricur de l'alvéole. Mais Anderson, dans son Histoire naturelle du Gro n'and, a donné sur ce sujet de forts bons détails, qu'il scroit en ce moment peu nécessaire de reproduire.

Si nous examinons la forme, les dimensions, et même l’utilitédes éfenses du narwhal, nous serons fort embarrassé d'expliquer dans quel but ces dents ont été ainsi conformées. Rien, dans aucun autre animal, ne nous rappelle leurs dimensions, la mauivre dont elles sont placées, et la direction

Ré de la convexité, par la direction presque ; qu'elles affectent, Une seule défense est le plus or-

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