LE RORQUAL DU SUP
Balænoptera australis. Less.
Si les contrées glacées que recouvrent presque constamment les neiges et les frim is du Nord sont la patrie exclusive d'animaux terrestres et marins que des températures plus chaudes incommoderoicut ; si les espaces resserrés de mer où se heurtent les montagnes de glaces détachées du pôle sont affectionnés par presque tous les grands cétacés de notre hémisphère, les parages souvent agités par les tempêtes du cup des Tourmentes ont aussi leurs espéces, et le rorqual du Nord se trouve remplacé dans la zone australe par le rorqual du Sud. Ce cétacé, dont la découverte ne date que de quelques années, vient donc ouvrir un vaste champ aux spéculations, et, conjointement avec la baleine australe, remplacant la baleine frauche du Nord, nous prouver encore combien est vraie, pour le plus grand nombre des cas, ectte grande et belle loi de Buffon, que chaque point du globe, suivant ses degrés de parallèles, a ses animaux propres: cette loi cependant est mo'ns démontrée pour les êtres destinés à vivre au ssin des eaux, et nous avons constamment remarqué que le rayon de leur habitat ne se compte plus par bassins, mais bien par degrés de latitude, de manière que la zone intertropicale renferme assez volontiers sur toute la circonférence de notre planète les mêmes animaux , et qu'ensuite, à mesure qu'on s'élève des tropiques vers l’un ou l'autre pôle, chaque p'rallèle a des productions propres dont l'irradiation dans le sens de la latitude s'arrête à des méridiens tracés par les bassins que forment les grandes masses de terre. Il n’est pas toutefois possible d'aflirmer que les grands cétacés, tels que le cachalot macrocéphale et la baleine franche, parcourent indifféremment toutes les mers, d'un pôle à l'autre; mais ce qui est positif est l'existence, dans l'hémisphère méridional, d'un rorqual et d’une vraie baleine. Peut-être s’assurera-t-on un jour que la baleine franche ne quitte point les quatre-vingt-cinq degrés navigables de latitude qui coupent l'hémisphère nord, et qu'elle ne traverse point la ligne équinoxiale ; mais jusque là on peut admettre, avec de grandes probabilités, que dans un fluide dont la température est toujours assez uniforme elle ne doit avoir pour guide que ses bcsoins physiques, ses appétits et l'aiguillon du plaisir. S'il en étoit ainsi, les baleines du Nord seroient beaucoup moins favorisées que celles du Sud. Cellesci en effet auroient eu en partage ces vastes océans que l’on eroyoit jadis bornés par un continent austral, ces océans sans limites qui, du pôle et de quelques terres de désolation éparses comme un point dans leur immensité, viennent dérouler leurs lon-
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