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LE GIBBON VARIÉ

Hylobates variegatus (1).

Buffon a figuré ce singe sous le nom de petit gibbon à la planche 237 de ses figures coloriées de quadrupèdes : il est vrai que ce portrait est trop mauvais pour qu'on ait pu à sa seule inspection distinguer spécifiquement l'animal qu'il représente ; aussi Linnæus, Screber, Erxleben, et quelques auteurs modernes se bornèrent à en faire une simple variété du gibbon lar. Cependant des planches co- Yoriées avec plus de sain que la majeure partie des exemplaires du commerce prouvent jusqu'à l'évidence la plus complète que le petit gibbon de Buffon est le même singe que M. Fr. Cuvier a décrit plus tard sous le nom de wou-wou agile, non pas parce que cet animal est très agile, mais parce qu’il l’est beaucoup plus que les autres espèces du genre; car tous les gibbons sont remarquables par la lenteur et par l’inertie de leurs mouvements, s’il faut en croire

les voyageurs. Cependant la prestesse du gibbon :

cendré, la vivacité de l'espèce qui nous occupe, témoigneroient assez que les gibbons n’ont rien de cette torpeur, qui semble au contraire uniquement propre au siamang.

Sir Rafes a indiqué le gibbon dont nous traçons l'histoire lorsqu'il parle, dans le catalogue des objets recueillis sous son patronage dans l’ile de Sumatra, de l'ungka-puti, qu’il regardoit comme très voisin du moloch. « C’est, dit-il, un animal beaucoup plus petit que le siamang, dont la taille ne dépasse pas deux pieds, et qui a le corps grêle et plus fluet. Sa couleur est d’un blanc jaunâtre sale qui tire sur le brun sous le corps et en dedans des membres, différant en cela du plus grand nombre des animaux qui sont plus foncés en couleurs sur le

() Le wou-wou, hylobates agilis , F. Guvler, 32e liv. ; Dictionn. des Scienc. natur., 1. XXXVI, p. 288: le petit gibbon, Buffon, pl. enl. 237,t. XIV, pl. 3 : simia lar, varietas, L. sp. : le petit gibbon, Encyclopédie, pl. v, fig. 4 : pithecus variegatus, Desmarest, Mammif., p. 51 : simia longimana, varietas , Screber, p. 3 : péthecus variegatus, Geoffroy, Ann. du Mus.,t. XIX, sp. 3; Leçons sténographiées, pag. 34; Desmarest, Mammif., p. 532; Griff, Régn. anim., en angl., p. 258 : le petit gibbon, Dictionn. class., !. XI, p. 284 et 285 : le petit gibbon, Forster, Miller, pl. 7,

HISTOIRE NATURELLE

corps. La face et les mains sont noires;

sont plus doux et plus laineux que ceux dus

etson cri est aussi moins fort et moins raugu,; Buffon a passé sous silence, dans son ter,

petit gibbon ; mais Daubenton, exact et serupule

a réparé cet oubli par une minutieuse dese suivant sa louable coutume. L'individu étudé ce profond anatomiste étoit une jeune femelk

la dépouille n'existe plus au Muséum. Voidkg

sumé de ce qu'on en sait. Semblable au gite par les traits généraux, celui-ci, d'un tiers grand , a de commun avec le lar la forme de a les, les fesses pelées, la face entourée de pois formant un cercle qui passe sur le front, w joues. et sous la mâchoire inférieure, Ses 4 extrémités sont également grises. Mais leg varié se trouve distingué du gibbon Jar par ke leur brune et non pas noire de la tête, du cu, haut du dos, et des parties externes des ma Le dessous du cou, la face interne de l'an et des cuisses, l:: poitrine et le ventre, ainsiqu flancs et les jambes, sont couverts d'un pen sâtre mélé dé brunätr?, Toute la région lomb d’un gris clair.

Ce petit gibbon provenoit de la presqu'ilsà lacca, et ne fut admis comme espèce qui MM. Geoffroy Saint-Hilaire et Desmarel tard M. Fr. Cuvicr, en septembre 1821 el trente-deuxième livraison des Manmiféra, faurnir sur cet animal les détails qui mai pour compléter son histoire. 11 le décrit sou de wou-wou, déjà employé par Camper et fl pour le moloch de Java, et qui paroit être nomination que les Malais donnent indistiwé à tous les gibbons de petite taille.

Les individus envoyés de Sumatra par M Duvaucel permettent d'en tracer la descriplit vante.

lé

Hauteur de l'animal lorsqu'il est debout. . À

Longueur de la téte, mesurée du bout di

museau à l'occiput. + « . + + +:

— du corps, de l'occiput aux callosités des

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—dubras + . « « + «+

— de l’avant-bras. , , .

— de la cuisse. « « «

— de la jambe. . , .

Le gibbon varié a’son pelage compo d'une seule nature, épais et laineux en @f les jambes très déjetées en dehors, les pieds courts, ceux des mains longs, 4% pouce qui est court; ce qui est l'inverse def où le pouce est long. Les yeux sont enfsf leur orbite, et ont une pupille ronde, L#® du poil varient suivant les ôges et les.sex691%

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gibbon varié est d'un naturel très timide, floigné de partager, même dans les proporde la taille, ni la force ni la hardiesse du sia- , Sir Raffles rapporte que les naturels de Suaccordent à ce singe une exquise sensibilité ; nsent qu'un gibbon de cette espèce, leur uniti, mourroit de chagrin s’il voyoit qu'un aûtre À lui fat préféré; et, pour légitimer ce profond ient de jalousie, M. Raffles assure qu’un indiqu'il conservoit vivant, tomba malade parce caessoit journellement devant lui un siamang ent élevé en captivité, et qu'il ne se remit brsqu'on eut éloigné son rival.

ne sait si l'on doit regarder comme une vae cette espèce le gibbon d’un brun peu intense, face noire est entourée d’un cercle plus clair, L'aux environs de Bancoolen.

ne bornerons point aux détails précédents > que nous avons à dire de l’animal qui nous >, nous emprunterons à M. Alfred Duvaucel servations locales qu’on trouve consignées lhistoire du wou-wou écrite par M. Frédéric

wou-wou, moins connu que le siamang, qu'il est plus rare et que son agilité le rend flicile à prendre, porte ici (à Sumatra) plunoms, dont le meilleur est celui que nous lui * Li qu'il est la plus juste expression cri, {animal a la face nue, d’un bleu noirâtre, ment teinte en brun dans la femelle ; ses yeux pprochés et d'autant plus enfoncés que son orbitaire est fort saillante, et qu’il n'a point t; son nez, moins aplati que celui du siaà de larges narines ouvertes latéralement ; {on est garni de quelques poils noirs qui ne Vpas; ses oreilles sont en partie cachées par Rs et épais favoris blanchâtres, qui s'unissent ndeau blanc large de six lignes, situé immént au-dessus des sourcils,

» La couleur Incertalne de ce singe et le manque de termes précis pour l'expression des diverses teintes permettent difficilement d'en donner une idée fixe à ceux qui n'ont pas vu l'animal : d'ailleurs celte couleur varie avec l’âge, et change selon le sexe. Le pelage des wou-wous est lisse, brillant, et d'un brun très foncé sur la tête, le ventre, la partie interne des bras et des jambes jusqu'aux genoux; ts'éclaircitinsensiblement vers les épaules, s'allonge sur le coù, puis se crispe, devient tant soit peu laineux, et enfin très court, très serré, et d’un blond presque blanc au bas des reins. La région latérale de l'anus est un mélange de brun, de blanc et de roux, qui s'étend jusqu'aux jarrets ; les mains ct les pieds en dessus sont d’un brun très foncé, pareil à celui du ventre,

» Dans la femelle, peu velue en avant, les sourcils moins prononcés se fondent dans le brun de la tête. Ses favoris sont aussi moins colorés et moins longs que ceux du mâle, mais néanmoins encorc assez grands pour rendre sa tête plus large que haute; ce qui donne à la physionomie des wou-wous un caractère étrange et particulier fort différent du caractère du siamang, quoique ces animaux aient d’ailleurs la plus grande ressemblance. Les jeunes sont d'un blanc jaunâtre uniforme.

» Ces singes!, qui vivent plus souvent isolés par

couple qu'en famille, sont les plus rares de ceux qui se trouvent ici, puisque sur cinq ou six wou-wous on voit toujours cent siamangs. Bien différent de ceux-ci par son agilité surprenante, le wou-wou échappe ainsi qu’un oiseau, et, comme lui, ne peut guère être atteint qu'au vol : à peine a-t-il aperçu le danger qu'il en est déjà loin, Grimpant rapidement au sommet des arbres, il y saisit la branche la plus flexible, se balance deux ou trois fois pour prendre son élan, et franchit ainsi plusieurs fois de suite, sans effort comme sans fatigue, des espaces de quarante pieds.

» En domesticité le wou-wou n’annonce pas une faculté aussi extraordinaire S'il est moins lourd que le siamang, si sa taille est plus élancée, ses mouvements plus faciles et plus prompts, il est aussi beaucoup moins vif que les autres singes ; et dans ses bras longs et grêles, dans ses jambes courtes et déjetées, on est loin de soupçonner des muscles aussi vigoureux et une adresse aussi merveilleuse.

» La nature ne l’a pas doué d’une grande intelligence; la sienne n'est guère moins bornée que celle du siamang. Tous deux sont dépourvus de front; ct c’est un des grands points de coïncidence entre ces deux espèces. Ce que j'ai vu me persuade néanmoins qu'il est susceptible de quelque éducation : il n’a pas l’imperturbable apathie du siamang ; on l’effraie, et on le rassure ; il fuit le danger, et

recherche Îles caresses; il est gourmand, curieux, familier, quelquefois gai.

» Quoiqu'il diffère du siamang par l'absence d'un sac guttural, son cri est cependant à peu près le même. Ainsi ce sac ne joucroit pas dans la voix le rôle qu'on lui suppose, ou il seroit remplacé dans le wou-wou par quelque organe analogue.

» Cette espèce de gibbon, outre ses couleurs, est surtout remarquable par l'extrême longueur de ses bras, qui, lorsqu'il est debout sur ses jambes de derrière, descendent jusqu'à ses talons, c'est-àdire que le bout de ses doigts touche presque à terre, »

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