ET — LE SEMNOPITHÈQUE A CROUPION BLANC
Semnopithecus leucoprymnus (1),
La description détaillée que M. Otto a donnée de cette espèce ne permet pas d’avoir le moindre doute sur le gerire auquel elle appartient : c'est évidemment un semnopithèque et nullement une guenon proprement dite, ou cercopithèque, parmi lesquelles on l’avoit placée primitivement quoique avee doute.
Ce semnopithèque du sexe féminin est remarquable par des formes grêles et minces, une longue queue, les doigts effilés et très fendus, tandis que les pouces, soit des mains, soit des pieds, sont peu développés. À ces traits généraux se joignent un museau aplati dont l'angle facial est d’un peu plus de soixante degrés, un front bombé, des oreilles petites et nues, des yeux grands à iris brun-jaune, Les ongles qui terminent les doigts sont aplatis au pouce, et étroits et comprimés aux autres doigts. Sa taille étoit, en y comprenant la queue, de près de trois picds.
Le pelage se compose de poils fins très longs et d’un aspect satiné, courts sur la queue, manquant sur la face, la paume des mains et la plante des pieds, et formant sur le côté des joueset surle menton des touffes épaisses, longues et abondamment fournies.
Le semnopithèque à croupion blanc a la face noire, en en exceptant le tour des yeux, qui est rosé ;
{‘) Desmarest, Dictionn. des Scienc, natur. : cercopithecus ? leucoprymnus, Otto, Mém. de l'Acad. Cés. Léop. Car. des curieux de la nature, t. XIT, 1825, pl, 46 bis et 47; Férussac, Bullet. t, VIII, p. 201.
de petites moustaches gris-blanc surmontent la lèvre supérieure , et une étroite bandelette de poils noirs assez courts règne dans l'intervalle des yeux depuis le front jusqu’au nez; les sourcils se confondent pour former une ligne noire qui encadre le haut de la figure; le dessus de la tête et même tout le dessus du corps sont d'uu brun obscur ou fuligineux assez intense, tandis que les parties inférieures, telles que la gorge et le dessous du cou, sont d’un gris blanc, et que la poitrine et le ventre sont d’un noir brunâtre; mais les favoris largement étoffés des joues, les flocons de barbe qui les continuent, sont d’un blanc légèrement teint de roussâtre qui tranche sur le noir de la face. Toutefois le caractère le plus distinctif de cette espèceest d’avoirtoute la région lomboire , la queue, les fesses, et les parties externes et supérieures des cuisses, colorées en gris très clair qui se teint de roussâtre à l'extrémité de la queue ; le pourtour des organes sexuels est teint de rougeàtre. Ce singe, dont nous avons reproduit la figure qu’en a donnée M. Oito, a offert quelques particularités anatomiques curieuses à relatér. Ainsi Ja colonne vertébrale se composoit de sept vertèbres cervicales , douze dorsales , sept lombaires longues, et trois sacrées. Les caudales , extrêmement allongées, étoieut au nombre de vingt-deux dans ce qui restoit de la queue , qui avoit été mutilée, et lui donnoient un pied huit pouces de longueur lorsque le corps ne présentoit que onze pouces huit lignes. Ce que l’autopsie fit apercevoir de plus remarquable dans la cavité abdominale fut l'estomac, extraordinairement volumineux, bien différent de celui des guenons, et présentant dans sa portion gauche-une large cavité, tandis que la droite, rétrécie et enroulée sur elle-même, simuloit une portion de tube intestinal ; l'ampleur de ce viscère étoit telle, que sa grande courbure n'avoit pas moins de deux pieds un pouce ; de même que le colon deux rubans musculaires se trouvoient suivre et la grandeet la petite courbure, et le bridoient en ce sens, ou du moins leur étroitesse forçoit les parois de l'estomac à se froncer et à se boursoufler sur leur longueur. L’intérieur de la bouche n'offritaucune trace d’abajoues. M. Otto pense que tous les semnopithèques doivent avoir la même organisation viscérale. On se rappelle en effet que le kahau (simia nasica), que l'on regarde comme une espèce de ce genre, a, suivant Wurmbs, un estomac extrêmement grand et de forme irrégulière. Cependant les détails fournis par M. Duvaucel ne donnent point à penser que les semnopithèques qu’il a disséqués aient présenté de telles modifications dans leur organisation interne. Les abajoues rudimentaires qu’il a trouvées chez lusieurs des espèces qu'il a étudiées, et que sir
les mentionne également dans ses descriptions, détruisent l'opinion assez ingénieuse émise par
HISTOIRE NATURELLE
M. Ottosur les fonctions relatives de ces poctesie cales et de l'estomac. On se rappelle en effet œil naturaliste allemand pensoit que tous les sil genre semnopithèque n’avoient point d’abai et devoientavoir par conséquent l’estomaclarge développé pour servir de magasin, recevoirlel visions de réserve, et remplir ainsi en qui sorte les fonctions dévolues aux cavités 1 abajoues.
La patrie de ce singe est inconnue ; mais sans craindre de se tromper, dire qu’il proriat du continent de l'Inde ou des îles de l'Ex Muséum en possède une peau,