LES OISEAUX NON VOLATILES
Il est des animaux quadrupèdes organisés pour vivre dans les divers fluides qui enveloppent ou qui occupent les déclivités de notre planète. Les uns, quadrumanes et polyphages, habitent plus exclusivement les forêts, et, même dans l’état de liberté, affectent un redressement vertical de leur tronc. D’autres sont plus exclusivement propres au vol, puisque la nature les a munis dans ce but de membranes alaires ; quelques uns enfin ont reçu jusqu'aux attributs des poissons, car ils doivent séjourner exclusivement dans les eaux. Des carnassiers par essence ont vu reproduire leur type chez les amphibies ; de manière que la série des mammifères ne nous présente, au lieu d’une ligne droite descendante, qu’un cercle dont les renflements sont occupés par des types rayonnant plus ou moins entre eux.
Il en est de même des oiseaux : quelques uns tiennent de près aux mammifères, car ils ne volent point, et possèdent une sorte d'organisation mixte : d’autres peu propres à vivre sur le sol sont faconnés presque exclusivement pour la natation. Certains enfin, puissants et robustes, semblent planer sans cesse dans la couche de l’atmosphère, et n'avoir que de courts instants de repos sur Ja terre !.. Entre ces
limites extrêmes existent une foule de nuances qui viennent remplir l'intervalle.
Les oiseaux qui ne volent pas, suivant la distinction de Buffon, et que nous avons appelés oiseaux anomaux, ont le sternum aplati et sans bréchet des mammiferes, terminé de plus par un appendice xyphoïde. Leurs ailes sont réduites à de simples rudiments, et terminées par des ongles que recouvrent des plumes impropres à action de voler. Leur langue charnue est presque libre à sa pointe, et leur estomac s'éloigne de la forme du gésier chez les autres oiseaux. Ils ont un appareil simulant une vessie, qui manque chez tous ces derniers, et leurs paupières enfin semblent être bordées de cils.
Les types de cette classe sont : l’AUTRUCHE d’Afrique ( struthio, L.) dont l’histoire laisse peu à désirer dans Buffon, et les xaxpus (!)(rhea, Briss.) qui
(:) M. Gould a lu, à la Société Zoologique de Londres, la description d'un nandu de Patagonie *, rapportée par M. Darwin, et qui est bien distincte du nandou commun d'Amérique (Rhea americana), par sa taille qui est moindre d’un cinquième, par son bec plus court que la têle, et par ses tarses qui sont réticulés en devant, au
“Echo du monde savant et Hermés, 4e année (no 222) 2e division, Sc, nat., ne 65 du8 avril 1837, p.50,
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n’ont qu'une espèce, long-temps connue sous le nom d’autruche d'Amérique et de touiouiou. C’est sous cette dernière dénomination qu’elle est décrite par Buffon, bien qu’elle lui ait été appliquée par erreur, puisque ce mot appartient au jabiru de Cayenne; ses véritables noms sont churi dans les
Pampas de la Plata, et Nandu dans les relations
des anciens voyageurs. Les casoars (casuarius Briss.), sont de l'Asie. La seule espèce connue, l’émou ou casoar à casque, est figurée pl. 445 des enluminures de Buffon. C’est un grand oiseau des forêts de Moluques et de la Nouvelle Guinée, que les Hollandois apportèrent en Europe en 1597.
LES ÉMOUS.
Dromail. Virizz.
Ont été inconnus à Buffon. Ils se distinguent des casoars par la dépression assez remarquable de leur bec, légèrement caréné en dessus et arrondi à la pointe. Puis les narines sont médianes et orbiculaires ; leur tête, emplumée sur le vertex, a les joues et les côtés du cou nus. La langue, charnue et triangulaire, est frangée sur ses bords; leurs jambes, longues et robustes, ont des tarses réticulés et comme dentelés en arrière; les trois doigts antérieurs sont égaux, armés d'ongles obtus. Quant aux plumes des ailes nommées rémiges, et à celles de la queue dites rectrices, elles manquent complétement. L’émou parembang (Dromaius alter, Vieill.) ({) a le plumage brun, des plumes décomposées. Les jeunes ont une livrée marquée de quatre bandes roux vif. Cet oiseau, autrefois très commun dans les plaines de la Nouvelle-Galles du Sud, diminue à mesure que les colons étendent leurs défrichements. Sa chair est estimée et comparée à celle
lieu d’être protégés par de larges plaques transversales comme dans l’autruche commune, et qui ont des plumes au dessous du genou. Les ailes sont mieux emplumées, et les plumes sont terminées par une bande blanche, M. Darwin a aussi lu une note sur le rhea americana, et sur l'espèce que M Gould venoit de faire connoître. Il décrit leur maniére de nager, qui n’avoit été remarquée par aucun auteur, et qu’il a pu observer plusieurs fois. Ils vont lentement dans l’eau, ne laissant voir qu'une trés petite partie de leur corps et étendant leur cou en ayant. Comme chez les guachos, les mâles se chargent de l’incubation, et non seulement ils couvent les œufs, mais encore ils prennent soin des petits jusqu'à ce que ceux-ci soient en état de pourvoir euxmêmes à leur nourriture. Plusieurs femelles pondent dans le même nid, et le nombre des œufs déposés dans chacun pendant la saison est de quarante à cinquante, ou, selon d’Azzara, de soixante à soixante-dix.
{) Gal., pl. 226; Shaw, Misc., pl. 99; Péron, Voyage aux terres aust,, pl, 36.
du bœuf. Ses mœurs sont farouches, et sa prestessé à la course est telle, que les plus agiles levriers ne peuvent atteindre.