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LE VAUTOUR ARRIAN

Vultur arrianus (?).

La synonymie de cette espèce européenne est extraordinairement embrouillée.-lAinsi, sous le nom de vautour noir, M. Vieillot admet un grand nombre d'espèces qui sont : le chincou de Le Vaillant (le même que le vautour impérial); le vautour proprement dit de Brisson; le grand vautour de Buffon (représenté avec des pieds d’aigle); le grand vautour cendré et noir de Belon;et le vautour moine ou vautour noir couronné d'Edwards, qui est encore le vautour impérial.

M. Cuvier donne pour synonymes à son vautour brun, vullur cinereus, enl. 425, les noms de vultur monachus, Gm.; vautour d'Arabie, Edw., pl. 290; le chincou de la Chine, Vaill. ; l'arrian de La Peyrouse, le vautour noir cendré.

Au sujet de cette espèce M. Temminck dit : « Le » vulltur cinereus de Gmelin à doigts jaunes, à tarses » emplumés jusqu'aux doigts, ce vautour décrit par » Brisson, Buffon, La Peyrouse et autres, est-il » autre chose qu’une espèce défigurée, un être ima- » ginaire, un vautour affublé des pieds d’un aigle » royal ? Et cependant c’est lui que cite Daudin sous » le nom de vultur vulgaris. »

Le mâle adulte du vautour arrian a de longueur totale environ six pieds six pouces. I a la partie postérieure de la tête et la nuque dégarnies de plumes, et la couleur de la peau est bleuâtre. Un duvet fauve

{) Vautour. Vultur. L. et AUT. Bec gros et fort, droit à la base, convexe; les narines nues, obliquement percées en dessus: la tête et le cou sans plumes, recouverts d'un duvet trés court; un collier de longues plumes au bas du cou ; la premiére rémige courte, la sixième égale, et la quatrième trés longue; douze ou quatorze rec: trices ; les ongles émoussés, les ailes longues et pointues ; la cire simple et nue.

Toates les espéces de ce genre sont de l’ancien monde. L'Europe en possède deux, et les autres se trouvent en Afrique, dans l'Inde, et méme dans les iles de la Sonde.

(?) Picot de La Peyrouse, Zool. Pyren.; Temm., Man., t.1,p. #: le vautour ou grand vautour, Buff., enl, 425 (adulte): le vautour noir d'Egypte, Sav., Egypt. p.11: vultur cinereus, Gmel., sp. 6: vultur bengalensis, Gmel. et Lath.: le vautour noir, vul{ur niger, Vieill,, Dict. d'hist, nat., t. XXXV, p, 253,

recouvre le reste du cou. À la partie inférieure de celui-ci s'élève une ample touffe de longues plumes à barbes déliées. Le plumage est généralement d’un brun tirant sur le noir et passant quelquefois au fauve ; le bec est noirâtre, la cire est violâtre, l'iris d’un brun foncé, les tarses à moitié emplumés et de couleur blanchâtre : les ongles sont noirs.

La femelle a la taille un peu plus forte que le mâle, et les teintes de son plumage sont plus sombres. Les jeunes ont tout le cou garni de duvet; toutes les plumes des parties supérieures sont terminées par une couleur plus claire,

M. Vieillot admet que son vautour noir, vultur niger, ne diffère point du vautour noir des auteurs, vultur monachus, et dit que l’arrian n’est que le premier ayant encore sa livrée du jeune âge.

On regarde comme une variété de l’arrian le vautour du Bengale, vultur bengalensis, Lath., figuré pl. 4 du Synopsis. Les descriptions qu’on possède de cet oiseau lui donnent deux pieds six pouces de longueur totale ; la base du bec plombée et sa pointe noire, l’œil d’un brun foncé, la tête et le cou dénués de plumes et recouverts seulement d’un duvet brun; l’occiput, la gorge et le devant du cou sont totalement nus ; la peau de ces parties est brune et parfois garnie de rides; le bas du cou est entouré d’une espèce de fraise composée de plumes courtes ; le corps est en dessus d’un brun noir plus pâle sur les ailes, dont les rémiges sont noires; les parties inférieures du corps sont d’une teinte plus pâle, et les tiges des plumes sont blanches ou fauves; les pieds sont d’un brun foncé et les ongles noirs.

Le vautour commun, vultur vulgaris, ne diffère point de l’arrian, comme nous l’avons déjà dit. Daudin le décrivoit ainsi : taille d’un gros aigle, tête et haut du cou à duvet brun, ainsi que la gorge, qui a de plus une espèce de barbe formée de plumes eflilées et comme poilues; le plumage d’un brun noirâtre, les pennes des ailes et de la queue un peu cendrées, une envergure de près de huit pieds; les Jambes emplumées jusqu'au bas du tarse, les doigts jaunes, les ongles noirs. Ce vautour, dit Daudin, habite les hautes montagnes de l’Europe et se nourrit principalement de cadavres; on pourroit en regarder comme une variété un vautour entièrement noirâtre de l’Aragon.

Le vautour noir, vultur niger, Daudin, t. IE, p.47, est encore l’arrian, bien que Cetti, Latham, Gmelin, en aient fait une espèce distincte. Les caractères qu’on assignoit à cet oiseau étoient ceux-ci : taille d’un gros aigle, tête à duvet brun avec le haut du cou nu et blanc, ainsi que la région oculaire; plumage noir, pennes des ailes et de la queue brunes; tarse à plumes noires et à duvet laineux blanc. Les individus décrits provenoient de l'Egypte et de la Sardaigne.

80 HISTOIRE NATURELLE

Enfin il est probable que c’est encore à l’espèce qui nous occupe que doit appartenir le vultur leporarius de Gessner, dont Brisson, Gmelin et Latham ont fait leur vultur cristatus, espèce fantastique qui n’a jamais été revue, et que beaucoup d’ornithologistes pensent être un aigle pêcheur. Cet oiseau est ainsi décrit par Daudin : taille de l’orfraie, tête munie sur les tempes de plumes redressables comme celles des ducs, bec noirâtre, corps d’un roux noirâtre, à poitrine roussâtre; ailes ayant six pieds d’envergure, queue longue et droite, tarses et pieds nus et jaunes, ongles noirâtres.

Ce prétendu vautour habiteroit les forêts épaisses et sauvages de l'Allemagne, nicheroit sur les arbres les plus élevés, et pondroit un œuf d’un blanc sale. Sa nourriture consisteroit en lièvres , en jeunes renards et en poissons, et il ne relèveroit jamais sa huppe que lorsqu'il est en repos.

Le vautour que l’on nomme arrian, du nom qu’il porte dans quelques cantons des Pyrénées, se trouve aussi répandu dans les Alpes, d’où il descend au printemps pour se rendre dans les plaines, dans les hautes montagnes et les forêts de la Hongrie, du Tyrol, de la Suisse, de l'Espagne et de l'Italie. Partout ailleurs il ne paroît qu’accidentellement. Les individus trouvés en Egypte et dans PInde n’ont offertavec ceux d'Europe que de légères différences qu’on doit attribuer à l’âge.

L’arrian se présente parfois en Toscane, où on le nomme vulgairement, suivant M. Savi, avvoltojo. Il vient des montagnes du royaume de Naples, de la Sicile et de la Sardaigne.

On ne connoît point la manière dont ce vautour se propage. Tout ce qu’on sait c’est qu’il vit de quadrupèdes morts et de charognes, et que le plus petit animal en vie, d’après le dire de M. Temminck, lui inspire de la crainte. Cependant M. Cuvier assure qu'il attaque souvent des animaux vivants.

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