LE VAUTOUR ROYAL
Vultur ponticerianus (1).
Commun au Bengale, à Java et à Sumatra, ce vautour a été confondu par quelques auteurs avec l'oricou, dont M. Temmincek le sépare, en donnant les caractères distinctifs de chacun d’eux. Cet ornithologiste s'exprime ainsi au sujet du vautour royal.
« Les compilateurs ont fait naître des doutes sur les différences qui existent entre le grand vautour royal de Pondichéry, décrit et figuré par Sounerat, et le vautour oricou, figuré dans les oiseaux d’Afrique de M. Le Vaillant; deux espèces de rapaces très distinctes, qui diffèrent par la taille, par la forme et par le plumage. L’oricou, de la taille da pélican, est le plus puissant des oiseaux de rapine ignoble ; il surpasse en grandeur le catharte condor, tandis que le vautour royal n’est guère plus grand qu’une oie. À ces différences de taille on peut en ajouter d’autres qui ont räpport aux formes ; celle qui est la plus caractérisée se trouve dans l'espèce de membrane lâche placée aux côtés du cou, dont les deux espèces sont pourvues. Dans l’oricou la membrane entoure toute la partie postérieure du méat auditif, où elle forme une espèce de conque ; puis elle s'étend, en diminuant de largeur, sur le reste de la partie nue du cou. Dans le vautour royal Ja membrane est formée par un petit fanon qui ferme son origine à près d’un pouce de distance au - dessous du méat auditif, et s'élargit en s’arrondissant dans le milieu. Ces membranes, plus ou moins larges, plus où moins lâches ou flottantes, sont des appendices que plusieurs espèces de vautours et de cathartes ont reçus en partage; elles sont absolument de la nature des fanons dont les dindons et les pénélopes sont pourvus, et consistent en des prolongements de peau très fine, réunis par des téguments très déliés. Le vautour royal a les ailes un peu plus courtes que la queue, tandis que Poricou les a plus longues.
» L'adulte du vautour royal a toute la tête et le
(") Lath., Syn., sp. 44; Sonnerat, voy. auæ Ind., LV, pl. 104, p. 444%; Temm., pl, col. 2 : vultur pondicheranus, Forst.
HISTOIRE NATURELLE
cou nus. Ces parties sont colorées d’une teinte couleur de chair, et la peau est parsemée de quelques poils assez courts, disposés à claire-voie; le petit lambeau ou appendice membraneux, placé de chaque côté du cou, est également nu; le jabot est couvert d’un petit duvet brun; autour de cette partie règne un duvet blanc plus long ; toute la partie supérieure du bas du cou, ainsi que les côtés, sont entourés d’une fraise de plumes courtes, arrondies; le plumage est généralement coloré d’une teinte brune, noirâtre ; les rémiges sont noires; le bec est d’un noir bleuâtre, la cire jaunâtre et les pieds d’un jaune foncé : longueur deux pieds cinq pouces.
» Les jeunes ont la tête et le cou plus ou moins garnis d’un duvet court, mais les adultes ont toutes ces parties nues. Les petits paquets de duvet dont le cou des vautours et des cathartes est couvert indiquent toujours une livrée du jeune âge; un autre indice de cet état se remarque dans le plumage plus ou moins varié ; le plumage des adultes, dans toutes les espèces, est constamment coloré par grandes masses. »
Cette espèce, parfaitement décrite par M. Temminck, et sur laquelle Sonnerat ne donne aucun détail autre qu’une description de formes, a sans doute les mœurs de ses congénères.