LES ÉTOURNEAUX OU SANSONNETS
Sont de l'Ancien Monde, et l'Europe méridionale en a offert une espèce très distincte du sansonnet (enl. 75); c'est l’étourneau unicolore (?) découvert dans l'ile de Sardaigne, où il paroit être sédentaire, et ne jamais se mêler avec f’espèce vulgaire. Les jeunes et les vieux ont la même livrée, d’un noir luisant uniforme , à reflets pourprés. Le bec est noirâtre à sa base et jaune à son sommet. Les pieds sont brun jaunâtre. Cet oiseau, long de huit pouces, niche aans les crevasses de rochers, et sa femelle a un plumage terne,
LES STURNIES.
Sturnia. LESs. LE
Sont des oiseaux intermédiaires aux étourneaux et aux pastors, et qui, par conséquent, ont des caractères communs aux deux genres. Leur bec est droit, de la longueur de la tête, déprimé en dessus, à narines nues et arrondies, à bords des mandibules sinueux. Les ailes sontaiguës et presque aussi longues que la queue, qui estarrondie au bout. Leurs tarses sont médiocres, et assez minces. Le plumage de ces oiseaux est doux, le duvet est de nature soyeuse. Les espèces sont répandues dans le nord de l’Inde et du Japon.
L'espèce type est la sturnie élégante (3), dont Daubenton a donné une fort mauvaise figure (enl. 617), sous le nom de kink de la Chine.
Cet oiseau a six pouces et quelques lignes de longueur totale. Ses formes sont gracieuses et frêles, et la coloration de son plumage nuancée des teintes les plus douces et les plus suaves. Le bec, long de huit lignes, est aminci, légèrement déprimé à la base, à fosses nasales ouvertes arrondies, percées au milieu de la membrane tectrice des fosses nasales. Une arête assez vive sépare les narines et s’arrondit sur la mandibule supérieure. Celle - ci ou l’inférieure sont de couleur plombée. Les tarses sont jaunes, robustes, fortement scutellés.
La nature des plumes est douce et soyeuse ; celles de la tête sont minces et eflilées; un roux blond doré
(1) Sturnus,L.
() St. unicolor, de la Marmora; Temm., pl. 3. () Pastor chinensis, Temm.; oriolus sinensis et
sturnus sericeus, Lath. ; pastor elegans, Less., Zool, de Bélanger, pl, 6.
DES OISEAUX
teint le front et le sommet de la tête, puis la gorge et les côtés des joues. Il leur succède un gris glacé et tendre qui règne sur le cou, le dos et la poitrine. Un roux blond doré à teinte de terre de Sienne colore le croupion, le ventre, les flancs et les couvertures inférieures de la queue. Les ailes sont d’un blanc pur sur l'épaule, pais d’un roux doré blond sur le milieu, et enfin dans toute leur moitié terminale d’un noir à reflets bronzé vif. La queue enfin se compose de rectrices presque égales ; à moitié d’un noir mat à leur base, puis d’un roux blond doré très vif à leur extrémité, mais en dessus le noir s’étend sur les deux rectrices moyennes jnsqu’à leur extrémité, que termine un peu de roux blond. La sturnie élégante vit à la Cochinchine et sur la presqu’ile de Malak.
2° La STURNIE CENDRILLARD (1) a lété découverte au Japon par M. Von Siebold, où elle perche et niche sur les arbres en se nourrissant de fruits et de graines. Ses noms japonais sont wakatori et mukwari ou muckdori. M. Temminck la décrit en ces termes : « L’adulte a les plumes du sommet de la tête un peu longues et noires; le front ceint d’un bandeau blanc ; le devant du cou et la région de l’ouïe d’un blanc terne, souvent marqué de petites mèches noires. Les côtés et le bas du cou d’ur cendré noirâtre, marqué d’un cendré plus clair. La poitrine est cendrée , et le reste des parties inférieures est d’un blanchâtre cendré ; la nuque, le manteau, le dos, les ailes et la queue sont d’un gris cendré uniforme, mais le croupion est blanchâtre. Toutes les pennes de la queue ont, vers la pointe de leurs barbes, une tache blanche, qui est cachée lorsque la queue n’est pas étalée. Les rémiges sont noires, finement lisérées de blanc. Une bande blanche longitudinale couvre les ailes dans toute leur longueur. Le bec est rouge orangé, et ses pieds sont de couleur d’ocre. Sa taille est de huit pouces.
5° L’ÉTOURNEAU A REFLETS (2), figuré pl. 21 des Illustrations de Brown, appartient aux sturnies. C’est un oiseau qui vit en Chine, de la taille de notre étourneau d'Europe, à bec orangé, à tarses jaunes rougeâtres, blanc jaunâtre sur la tête, gris pâle sur le corps’, mais gris qui a un aspect soyeux et luisant. Les ailes sont noires, avec une bande blanche, et la queue est noire.
4° L’'ÉTOURNEAU DU Cap (enl. 280) ou mieux des Indes, dit Buflon, devra appartenir aux sturnies. Il en est de même du dominicain (5), que Buffon a très mal figuré sous le nom de merle des Philippines. Nous nous bornerons à dire que le jeune âge de cet
() Sturnus cineraceus , Temm., pl. 556.
() SE. sericeus , Gm. ; turdus ochrocephalus, Lath.
(3) Enl. 627, fig. 2; pastor dominicanus, Less. ; turdus dominicanus, Lath,, esp. 72.
oiseau non décrit a lebec noirâtre, les tarses plombés, le dessus de la tête et du cou gris violacé, tout le devant du cou et le thorax gris clair, le ventre et les couvertures inférieures blanc séricéeux ; le manteau et les couvertures alaires brun roux violâtre , les grandes tectrices des ailes blanches ; les couvertures supérieures de la queue blond doré ; les épaules et les ailes en dedans blancs ; les rémiges primaires et secondaires bronzées et à reflets métallisés; ces dernières oculées de blanc. La queue est petite, nn peu échancrée, noir métallisé. Les couvertures inférieures sontaussi longues que la queue. Sa taille est de six pouces ; il a tous les caractères des sturnies, à savoir, les ailes longues, atteignant presque l'extrémité de la queue , et dont les deux premières rémiges sont les plus longues; les narines nues, ouvertes, arrondies, les tarses robustes, scutellés ; la queue moyenne.
L'âge adulte a la tête et le cou gris; une calotte noir violet recouvre l’occiput. Le manteau et les couvertures alaires sont noir violet, à reflets métallisés, et les ailes sont en dehors d'un vert bleu brillant. Tout le dessous du corps est d’un gris tendre glacé. Cette jolie espèce est assez commune sur le continent de l’Inde.
LES CRATOPES ().
On n’en connoît qu’une espèce, nommée bicolore ; ils nous paroissent devoir être placés près des sturnies. Leur bec est court, mince, recourbé, assez fendu, délié à la commissure. Les ailes ne dépassent pas le croupion et sont obtuses. La queue est médiocre, étagée. Les tarses sont très robustes , et garnis en avant de fortes scutelles. Le pouce surtout est le plus robuste , et se trouve armé d’un ongle puissant. Le cratope bicolore, sur lequel nous ne possédons aucuns détails, semble avoir un plumage mollet, uniformément blond; les ailes et la queue exceptées, qui sont noirs.
LES PSAROIDES (?).
Ont leur bec entier droit, un peu grêle, fléchi au bout et pointu. La tête est recouverte d’une huppe retombante formée de plumes étroites. Leur queue est médiocre et deltoïdale. Les ailes sont aiguës, et
(‘) Cratopus, Jard., Edinb. Journ., of nat. et Geog. sc., new series, t. III, pl. 3.
(2) Psaroides, Vieill., de psaros, étourneau, et eidos, forme; acridotheres, Ranzani; Savi, Tosc., p, 198; sturnus, L.; pastor, Temm.
la première rémige est la plus longue. L'espèce type est le merle rose d'Europe (enl. 251), nommée aussi étourneau de mer. La deuxième, fort voisine de l'espèce européenne, est le psaroïde pégouan (1) oiseau qui représente le premier au Pégou, et quien offre presque tous les caractères. Muis il paroîl évidemment constituer une espèce distincte, car M. Bélanger en a rapporté plusieurs individus parfaitement semblables, et qui nous ont permis de tracer la diagnose suivante.
Long de huit pouces, le psaroïde pégouan a le bec corné, les tarses jaunes. Les plumes capistrales sont courtes et serrées, d’un noir matsur le sommet de la tête et l’occiput. Le cou, en dessus et én dessous, jusqu’à la poitrine, est d’un brun sale. Les plumes dumanteau sont brunes, frangées de blond. Le dos, les couvertures alaires , le croupion, sont d’un gris blond lustré. Tout le dessous du corps est de ce même blond tirant sur le roux. Les ailes sont brunes , avec des reflets vert bronzé sur les couvertures et sur les barbes externes des rémiges. Elles sont blanches en dedans , avec du brun au centre de chaque plume. Les couvertures inférieures de la queue sont brunes, puis cerclées sur leurs bords et à leur terminaison de blanchâtre blond. Cette disposition se fait aussi remarquer sur les tectrices supérieures. Les rectrices, qui donnent à la queue une forme un peu fourchue, sont d’un brun lustré à très foibles reflets verts. Les rémiges, les secondaires et leurs couvertures sont très finement frangées de roux sur leur bord. Les rémiges sont robustes. Les première et deuxième sont les plus allongées ; les autres diminuent graduellement. Ainsi que l'indique son nom, cet oiseau vit au Pégou.