OU ÉPERVIERS A JOUES NUES
Forment une section bien distincte dans l’ordre des oiseaux de proie. Ils tiennent des aigles par la longueur des ailes; des éperviers par leurs tarses grêles; des messagers par la nature du plumage, les cils des paupières, etc. Leur bec est peu robuste, peu crochu, comprimé sur les côtés. Les narines sont triangulaires. La face et le pourtour des yeux sont nus. Les tarses sont grêles, aréolés , emplumés seulement au-dessous de l'articulation, et terminés par des doigts foibles et courts. L’externe est presque rudimentaire , et n’a qu’un fort petit ongle. La queue est arrondie; très large, et ample à son extrémité.
La seule espèce admise dans ce genre bien distinct est le GYMNOGÈNE DE Mapacascar ({), que Son-
() Herpethotheres sociabilis, Vieill. Encycl. IE, 1248. Azara, E, 84, no 16.
(2) Falco melanops, Temm.
() Gymnogenys, Less. Crnith. 64; polyboroides, Smith. Proceed.Ili, 45. k
(:) Falco madagascariensis, Daudin; autour gris à ventre rayé, Sonnerat, It. pl. 96: falco gymnogenys, Temm. pl, 307, (Atlas, pl, 6, fig. 2)
DES OISEAUX
nerat a le premier fait connoitre. C’est un oiseau qui se trouve à Madagascar, et sur la côte d'Afrique opposée à cette grande ile.
L’adulte a toute la partie ophthalmique, les joues, Ja cire et une grande partie du bec couverts d’une peau nue, que Sonnerat dit être jaune; le sommet de la tête, toutes les régions du cou, la poitrine, le manteau et les couvertures des ailes, sont d’un beau gris cendré; sur les scapulaires et sur les grandes couvertures se dessinent quelques grandes taches noires, de forme plus ou moins arrondie ; tout le dos, le croupion, le ventre, les cuisses, l'abdomen, les couvertures du dessous des ailes, sont rayés transversalement de grandes bandes blanches et de bandes noires un peu plus étroites; toutes les pennes des ailes sont grises à la base, marbrées de noir, et d’un noir plein jusque vers le bout, qui est blanc ; la queue est nuancée de la même manière à la base; le reste est d’un noir plein ; mais une large bande unique coupe toutes les pennes vers le milieu de leur longueur, et leur terminaison est aussi d’un blanc pur : les pieds sont jaunes, et la pointe du bec est noir, Sa longueur totale est de vingt-un à vingttrois pouces.
On voit des individus à base de la queue plus ou moins couverte de marbrures, et qui porte encore une ou deux bandes très étroites au-dessus de la bande très large du milieu; cette bande est aussi plus ou moins marbrée de noir.
Les jeunes ont un plumage totalement différent de celui de l’adulte ; un brun très clair etterne, plus ou moins nuancé de roux , couvre toutes les parties supérieures. La poitrine est variée de larges mèches brunes sur un fond blanchâtre'; toutes les parties riyées par bandes transversales dans l'adulte sont techées de brun clair, terne ou très mat, et variées de blanc, et ont l'extrême pointe blanche; toutes les pennes des ailes sont d'un brun clair terne coupé, à grands intervalles, de bandes d’un brun foncé ; la queue a la base blanche marbrée de brun ; le reste est rayé transversalement d’une multitude de bandes blanchâtres sur un fond d’un brun sombre, et l’extrême pointe est blanche. On conçoit que les individus, dans le passage d’une livrée à l’autre, diffèrent plus ou moins, selon qu'ils approchent de l’époque de leur dernière mue variable.
Cm | LES ÉPERVIERS().
Se confondent avec les autours par des nuances insensibles. Cependant leur bec est court, lisse sur les bords; leurs narines sont obovalaires; leurs tarses
() Nisus, Cuv.; sparvius, Vieill.; accipiter, Ray. are
sont allongés, nus, grêles, scutellés. Leurs formes sont plus minces, plus élancées. Leurs ailes dépassent le croupion , et leur queue est allongée, légèrement étagée ou rectiligne. Les espèces sont nombreuses et répandues dans toutes les contrées de la terre, où leurs habitudes de rapines les rendent le fléau des oiseaux gallinacés et passereaux, et des petits mammifères.
4° L’ÉPERVIER COMMUN (1) a été figuré dans les enluminures de Buffon sous les n°° 412 et 467. C’est un oiseau de toute l’Europe, à l’histoire duquel nous n'avons rien à ajouter.
Les espèces suivantes ont été inconnues à Buffon.
20 L’ÉPERVIER DuSSUMIER (2), rapporté de l'Inde par le zélé voyageur Dussumier, est modelé sur l’épervier d'Europe, et se trouve aussi bien que celuici dans l’Inde continentale, avec des caractères assez précis pour qu’il soit regardé comme formant une espèce distincte.
L’adulte a le sommet de la tête, le haut du dos et le poignet des ailes d’un brun bistre mat; un brun légèrement roussâtre forme un collier sur la nuque; la partie inférieure du dos, les ailes et la queue sont d’un gris sale. En relevant les plumes du dos on trouve leur base colorée de blanc pur, ainsi que nous ie voyons dans toutes les espèces qui ont plus ou moins de rapport avec le falco nisus. Les rémiges sont aussi rayées de la même manière, et à distance large, par des bandes noires, placées sur un fond brun cendré ; les deux pennes du milieu de la queue, cendrées dans toute leur longueur, n’ont du noir qu’à leur bout; les suivantes ont cinq ou six bandes noires bien distinctes sur les barbes intérieures, et seulement de foibles traces, ou bien aucun indice de ces bandes sur les barbes extérieures ; la penne extérieure de chaque côté a neuf ou dix petites bandes étroites, et en zigzag sur les barbes intérieures seulement; la bande noire du bout des pennes est la plus large, et toutes sont terminées de blanc; la gorge est blanchâtre, avec une strie le long de la ligne moyenne; tout le reste des parties inférieures est rayé régulièrement de bandes rousses et blanches d’égale largeur; des zigzags roux et peu nombreux couvrent les cuisses; l’abdomen et les couvertures du dessous de la queue sont d’un blanc pur; on voit une forte sinuosité ou feston très marqué aux bords de la mandibule supérieure du bec, qui est d’un noir bleuâtre ; les pieds sont jaunes. La femelle a de douze à treize, et le mâle de onze à douze pouces; ce dernier est rayé sur les parties inférieures de bandes rousses, plus pâles et plus fines;
() Falco nisus, L.; accipiter fringillarius, Ray ; nisus communis, Guv., Naum., pl. 49 et 20.
(2) Falco Dussumäieri, Temm., pl. 308 (fem. adulle et 336 (jeune femelle).
HISTOIRE NATURELLE
et sa gorge est d’un blanc pur sans raies sur la ligne » docteur Horsfeld a décrit comme propre à l’ile de
moyenne ; les couvertures du dessous des ailes sont d’un blanc pur, mais elles ont une légère teinte roussâtre chez les femelles.
Les individus tués à l’époque du passage d’une livrée à l’autre, fournissent les moyens de reconnoître le changement qui s’opère par les mues, et comment les bandes noires, bien prononcées, sur toutes les pennes de la queue dans le jeune, s’oblitèrent graduellement lorsque l'oiseau avance en âge, et disparoissent entièrement chez l’adulte sur toute la partie externe des barbes de ces pennes; on voit des individus couverts en partie de ces deux livrées.
La jeune femelle de l’année a la tête marquée de larges mèches brunes, sur un fond blanchâtre ; chaque plume est encore bordée de roussâtre ; une bande blanchâtre passe au-dessus des yeux; les côtés du cou sont striés longitudinalement ; la gorge est blanche, et marquée par une large raie qui suit la ligne moyenne; de très larges mèches brunes, à extrémités obtuses et arrondies, couvrent toutes les plumes du cou et de la poitrine; des taches de la même couleur, très grandes, et un peu trigones, sont placées vers l’extrémité des plumes des autres parties inférieures, et de petites mouchetures couvrent les cuisses; toutes ces taches sont disposées sur un fond blanc; le dos et les ailes sont bruns, et toutes les plumes encadrées de roussâtre; les ailes sont brunes cendrées, et marquées de bandes brunes plus foncées, la queue est aussi d’un brun cendré ; les pennes, à l’exception de l’extérieure de chaque côté, sont marquées de cinq ou six bandes brunes parfaites; sur l’extérieure on compte dix bandes beaucoup plus étroites et irrégulières.
5° L’érérvier pu Dukuux (1) ressemble à notre épervier commun, suivant le lieutenant-colonel Sykes, mais on l’en distingue par une bandelette rougeâtre longitudinale qui règne sur la poitrine, et par une seconde bandelette noire sur le ventre; ses ailes sont plus courtes, et sa queue a six bandes transversales au lieu de quatre ; il y a aussi quelques autres différences dans les proportions des tarses et des doigts ; le plumage est semblable dans les deux sexes; l'iris est jaune, et le corps a quatorze pouces et demi de longueur (2).
4° L'ÉPERVIER DE SOLO, ou COUCOÏDE (3), que le
() Accipiter duxhunensis, Sykes, Proceed. It, 79.
(2) A. suprà fusco brunneo, plumarum marginibus pallidioribus , capite postico nuchaque albo variegatis ; subtus albus, pectore abdomineque notis subrotundatis majoribus, femorum tectricibus parvis, rufescentibus striatis, rectricibus fusco fasciatis, fasciis exlernarum confertioribus : tarsis Susbrevibus.
(5) Falco Soloensis, Horfs., Cat., t&, XI, p.137; falco cuculoides, Temm., pl, 140 (fem.), et 129 (mâle):
Solo, une des Moluques, mais qui paroît habiter aussi l’ile de Sumatra, et quelques autres contrées de l'Inde, est l’alap-allap-lallar des Javanais. M. Temminck en donne la description suivante :
« Cet autour, plus petit que l’épervier d'Europe, est de la taille du rochier. Les ailes atteignent les deux tiers de la queue, qui est arrondie; un bleu, couleur de plomb, forme la teinte principale des parties supérieures ; ce bleu est réparti par nuances plus claires à la nuque, aux joues et sur le sommet de la tête ; plus foncé sur les plumes du dos et des ailes; presque noirâtre aux pennes secondaires et aux rémiges. Ces pennes, ainsi que les scapulaires, sont d’un blanc pur, depuis leur base jusqu’aux trois quarts de leur longueur; mais ce blanc est caché lorsque les plumes sont couchées, et que l'oiseau est en état de repos ; on l’apercçoit quand les plumes de ces parties sont écartées. Les deux pennes du milieu de la queue sont de la couleur du dos; les latérales ont une teinte un peu plus fauve à chaque plume ; les deux du milieu, et la latérale de chaque côté exceptées, ont cinq bandes noires; la partie interne des ailes, la gorge, les cuisses et l’abdomen sont blancs ou blanchâtres ; la poitrine et le ventre sont d’un fauve roussâtre, sans aucune tache ni raies. Cire et pieds jaunes. Sa longueur est de dix pouces six lignes.
» Les jeunes de l’année diffèrent beaucoup des adultes. Toutes les parties supérieures du plumage sont d’un brun plus ou moins foncé ; le dos et les ailes sont d’un brun pur, bordé aux bout de chaque plume par du roux ; la tête, la nuque et les côtés sont variés de taches brunes sur un fond blanc, qui ne paroit pas distinctement lorsque les plumes sont écartées; toutes les pennes de la queue sont rayées de brun noirâtre sur un fond fauve; la penne latérale de chaque côté n’a point de barre sur les barbes extérieures, qui disparoissent totalement dans un âge plus avancé ; toutes les parties inférieures sont d’un blanc pur, mais chaque plume a une très grande tache brune qui couvre toute Ja pointe; ces taches, de formes variées, suivant l’âge des individus, sont disposées en bandes transversales sur les plumes des flancs. Plus les individus approchent de l’état adulte, plus ces taches deviennent petites, et moins elles sont nombreuses et distinctes. »
5° L’ÉPERVIER PYGMÉ (1) a le bec brun, les tarses gris, le plumage brun roux, flammé de brun en dessus, blanc varié de roux et de brun en dessous. Un trait noir et interrompu se dessine sur la gorge. La queue est blanche, rayée de brun. Cet oiseau habite les îles de Sumatra et de Ceylan, et même la
(:) Falco minutus, Lath,
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côte de Coromandel, car le Muséum en possède des individus que M. Leschenault de la Tour a tués dans cette dernière jocalité.
6° L’'ÉPERVIER A COLLIER ROUX (1), ou le bilbil des nègres australiens, vit à la Nouvelle-Galles du Sud ; il a les formes sveltes et la queue longue. Les adultes des deux sexes ont le sommet de la tête, les joues, le dos, les ailes et la queue d’un cendré foncé; au bas de la nuque se trouve un demi-collier assez large, de couleur de rouille plus ou moins vive, ou bien mélangé de cendré, selon l’âge des individus; la queue et les rémiges sont rayées de nombreuses bandes brunes ; ces bandes sont plus marquées dans les sujets qui n’ont point encore atteint leur entier développement, que dans les adultes en plumage parfait. Toutes les parties inférieures du mâle sont couvertes de bandes transversales très étroites, disposées sur un fond plus ou moins blanchâtre; ces bandes rousses rougeûtres sont plus distantes sur les parties abdominales, jusqu’au cou et à la poitrine, où elles sont moins régulièrement dessinées.
La femelle diffère du mèle en ce que les bandes sont foiblement marquées; le roux est disposé par
grandes masses. La gorge et le devant du cou dars !
celle-ci sont colorés d’une teinte rousse rougeâtre claire ; la poitrine est plus foncée; le ventre ondulé est foiblement rayé de roux et de blanc;et les cuisses, ainsi que l’abdomen, sont d’un blanc légèrement teint de roussâtre. Les individus, qui ne sont point encore revêtus de plumage complet à couleurs stables , ont le collier de la nuque moins nettement
dessiné; le cendré du dos et des ailes est teint de |
roussâtre , ou bien marqué de zones brunes, et quelquefois mélangé de taches brunes et roussâtres ; les bandes transversales aux ailes et à la queue sont plus distinctes ; les couvertures du dessous des ailes sont rayées de roux et de blanc, et la queue en dessous est blanchâtre et rayée de brun; la gorge est marquée de petites zones et de taches disposés sur un fond cendré; le bec et les ongles sont noirs; la cire et les pieds sont d’un jaune pur. Longueur totale , de quatorze pouces six lignes, jusqu’à quinze et seize pouces.
Les jeunes de l’année ont un grand nombre de bandes brunes à la queue et sous les pennes desailes; tout le plumage est brun, varié et taché de roux; le collier de la nuque, la gorge, sont rayés longitudinalement ; les autres parties inférieures ont des raies transversales, larges et irrégulières. Cet oiseau existe non seulement à la Nouvelle-Hollaride, mais encore à Timor et dans quelques unes des autres îles Mo-
luques.
() Falco torquatus, Guv.; Temm., pl. 43 (adulte) et 93 (jeune mâle). Falco nisus, var, australis, Leth,; nisus australis, Horfs. et Viq., Trans, XV, 182.
7° L’ÉPYRVIER LONGIBANDE (!) a été découvert à Java par M. Reinwardt. Il a la queue carrée , et ses ailes dépassent de fort peu le croupion ; les formes sont en diminutif les mêmes que celles de l’épervier d'Europe; on lui à donné le nom de longibande, parce que l'adulte est facile à distinguer à la bande longitudinale qui s’étend de la gorge jusqu’à la poitrine. Cette bande, de couleur brune, est formée d’une réunion de taches placées sur les plumes du milieu de la gorge et du devant du cou; toutes les autres plumes de ces parties sont d’un blanc pur; les régions supérieures du corps et des ailes sont d’un cendré bleuâtre foncé; on voit, en relevant les plumes du dos, de grandes taches blanches à leur centre, toute celles des ailes ont une rangée de larges taches blanches placées sur les barbes intérieures ; on n’aperçoit aucune trace de ces taches lorsque le plumage est couché; la queue est colorée du même cendré que le corps, et traversée par trois bandes noires très larges. La région du méat auditif est d’un cendré clair; le devant du cou et le milieu de la poitrine blancs, marqués sur la ligne moyenne de ces parties par la bande longitudinale; les côtés du cou, ceux de la poitrine, et une portion des flancs, sont d’un roux vif; tout le bas-ventre et les couvertures sont rayés de lfêges bandes transversales rousses et blanches ; l'abdomen et les couvertures du dessous de la queue sont d’un blanc pur; la partie interne de l'aile est rayée de blanc; mais les petites couvertures sont rousses, pointillées de brun.
On ne connoît que le mâle, dont la longueur totale est de neuf pouces six lignes.
8° L’ÉPERVIER GABAR (?) a été découvert au cap de Bonne-Espérance par Levaillant , et se retrouve sur la côte occidentale d'Afrique, au Sénégal. La taille du gabar égale celle de l’épervier; mais il est seulement moins allongé , parce que sa queue est un peu plus courte; toute la partie supérieure du corps, la tête et les joues, sont d’un gris brun plus foncé que le manteau ct que l’occiput ; les couvertures du dessus et du dessous de la queue sont blanches ; les grandes pennes des ailes sont brunes dans toutes les parties qui se voient; quand elles sont ployées en dessous, elles ont toutes des bandes transversales, et les moyennes sont terminées de blanc ; la queue, carrément coupée, est en dessus barrée de brun foncé sur un fond plus clair ; en dessous elle est de blanc et de noir lavé. La gorge, ainsi que la poitrine, sont d’un gris bleuâtre. Tout le reste du corps et les jambes très emplumées portent une fine rayure de
(@) Falco virgatus, Temm., pl. 409 (mâle adulte).
(2) Falco gabar, Daudin; Levaill. Af. pl.33; 1e gabar, Temm., pl. 440 (jeune), et le gabaroïde, pl. 122 (mâle adulte).
brun clair, sur un fond blanchâtre, Les yeux sont d’un jaune vif; la base du bec et les pieds ont une belle couleur rouge. Les griffes et le bec sont noirs.
La femelle du gabar est d’un tiers plus forte que le mâle ; elle a les pieds et la base du bec d’un rouge moins vif; dans la saison des pluies, le mâle perd aussi de son rouge. On trouve le nid du gabar en septembre ; il est posé dans l’enfourchure d’un gros mimosa, et construit en dehors de racines de petits bois flexibles, et intérieurement garni de plumes. Levaillant a vu dans ce nid trois petits aussi grands que le père et la mère, ils s’envolèrent à son approche ; mais après avoir tué les vieux, il prit les trois petits, qui avoient les pieds et la base du bec jaunes. Ils avoient la poitrine et le manteau mêlés de plumes brunes, et d’autres entièrement bleuâtres, d’autres encore tout-à-fait rousses, et deux portoient même ces trois couleurs ensemble. Tout le dessous du corps étoit rayé de fauve, sur un fond blanc sale, d’une teinte roussâtre. En visitant le nid, il trouva encore un œuf fort sale, mais en le lavant il devint blanc. Il est donc présumable que la ponte est ordinairement de quatre œufs, et qu’ils sont blancs, car Levaillant n’a pas aperçu la moindre tache sur celui qui étoit resté en second, et qui étoit aussi gros que ceux de nos éperviers européens
Levaillant n’a observé le gabar que dans l’intérieur des terres, sur les bords des rivières Sewarte-Kop et Sondag, et dans le Karow, le Camdeboo, et enfin, presque généralement dans tout le pays que ce voyageur a traversé dans les montagnes de neige, au Bocke-Veld; mais il ne l’a jamais aperçu dans les environs du Cap. Il est cependant plus probable qu'il doitavoir pénétré jusque là, puisque les oiseaux carnivores s’isolant davantage que les autres, leurs espèces doivent s'étendre en raison de cet instinct naturel qui porte chaque couple à se choisir un canton exclusif pour subvenir à ses besoins, La propagation chez les animaux de proie d’un ordre supérieur étant bien plus considérable que celle des grandes espèces, il s'ensuit naturellement encore que chacune d’elles doit occuper un terrain proportionné au plus ou moins grand nombre d'individus qui la composent.
M. Temminck n’ajoute rien aux détails fournis par Levaillant, seulement cet auteur lui donne pour patrie la Cafrerie, la Gambie et le Sénégal.
9° Le MINULLE (1), que Levaillant a découvert en Afrique, n’a été bien décrit que par ce voyageur, et en ces termes :
« Un très petit épervier d’Afrique, le moins grand sans doute des oiseaux de proie de ce genre, bien inférieur encore à notre émerillon, est celui qui mérite le nom de minulle. On reconnoît dans cette
(1) Falco minullus, Daudin; Levaill, Af,, pl, 34.
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espèce les dimensions proportionnelles de l’épervier commun d'Europe, mais sur un bien plus petit modèle; sa jambe et le tarse très longs ; l'extrémité des ailes dépassant à peine la naissance de la queue ; celle-ci carrément coupée ; la première penne de l'aile plus courte que la quatrième ; tous ces caractères conviennent également au minulle et à notre épervier, et servent à les distinguer de l’émerillon, auquel un aperçu léger et vague pourroit induire à le rapporter.
» Toutes les plumes qui recouvrent la partie supérieure du corps sont d’une couleur brune, au moins dans toute la partie qui se laisse voir, lorsqu’elles sont couchées et appliquées l’une sur l’autre, mais intérieurement elles sont tachées de blanc ; sa gorge est blanche, avec quelques petites taches brunes sur le milieu de chaque plume; la poitrine est de cette même couleur ; mais les taches qu’elle porte s’agrandissent à mesure qu’elles descendent plus bas, et sont de la forme d’une lame dont la pointe est en haut. On remarque sous le bas-ventre des taches plus ou moins rondes, sur un fond blanchâtre ; sous la queue, ces taches prennent la figure d’un cœur; les flancs et les plumes des jambes sont régnlièrement rayés de brun clair; les grandes pennes sont brunes extérieurement, et rayées de blanc sur leurs barbes intérieures ; les moyennes le sont dans le même genre, mais le blanc est plus net et les bandes plus larges ; les petites couvertures du dessous des ailes, sur un fond roux, portent de petites taches brunes ; la queue est en dessus d’un brun uniforme , et imperceptiblement bandée d’une teinte plus sombre; mais les barbes intérieures étant blanchâtres, ces bandes s’aperçoivent très bien sur le dessous de la queue, où elles tranchent davantage. Cet oiseau a la base du bec et les pieds jaunes ; l'iris d’un jaune orangé ; le bec et les serres noires.
» Malgré sa petite taille, le minulle possède toute la hardiesse et l’intrépidité des oiseaux de son genre; il attaque généralement tous les petits oiseaux, et en fait sa proie, mais comme avec moins de force il fait souvent une chère plus commune, à défaut d'oiseaux il vit d'insectes, surtout de sauterelles et de mantes; il ne souffre aucune pie-grièche dans son canton : plus fort qu’elles, il les chasse, et les oblige à se fixer loin de son domaine. C’est bien malgré lui qu’il y voit d’autres oiseaux de proie plus grands ; car il ose souvent poursuivre les milans et les buses; l'extrême rapidité de son vol, le mettant toujours à même d'éviter ces oiseaux quand ils veulent revenir sur lui. Les corbeaux sont les ennemis après lesquels il paroît le plus s’acharner, surtout quand il a des œufs à défendre contre leur voracité. Le mâle les poursuit en criant à peu près comme notre cresserelle, cri-cri-cri, pri-pri-pri. Le mâle et la femelle ne se quittent que rarement, ils font
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la chasse en commun, et construisent un nid sur les arbres ; la femelle y dépose cinq œufs, tachés de brun vers les bouts.
» C’est sur les rives verdoyantes du Gamtoos qu’a été tué le premier couple de ces petits éperviers, dont le mâle est représenté de grandeur naturelle dans la planche n° 54. La femelle est presque du double plus forte que le mâle; elle porte exactement la même livrée, à quelques teintes près, qui sont moins foncées sur son manteau, dans ses rayures et sur les taches de sa poitrine.
» J'ai tué depuis le Gamtoos, jusque chez les Cafres, sept individus de cette espèce; je les ai trouvés tous absolument pareils , et n’ai remarqué aucune différence sensible dans leurs couleurs respectives ; je n'ai jamais vu cet oiseau dans son jeune âge, et n'ai été à même d'examiner qu’un seul de leurs nids, dans lequel j'ai trouvé cinq œufs; ce nid, posé sur le sommet d’un mimosa, étoit travaillé avec des branches flexibles, entrelacées les unes dans les autres; de la mousse et des feuilles sèches en revêtissoient l’extérieur, tandis que le dedans étoit douillettement garni de laine et de plumes.
» Le trait suivant, que je ne peux m'empêcher de rapporter, prouvera ce que j'ai dit de la hardies:e de ce petit oiseau de proie, dont la grandeur du mâle est à peu près celle de notre merle commun. Un jour que j'étois occupé comme de coutume à écorcher devant ma tente les oiseaux que j'avois tués , il passa au-dessus de ma tête un de ces éperviers qui, ayant remarqué sur ma table plusieurs oiseaux, s’y abattit tout-à-coup malgré ma présence, et m'en enleva un qui étoit déjà préparé; il l’emporta dans ses serres, et fut bien étonné, après l'avoir plumé sur un arbre, à trente pas de nous, de n’y trouver, au lieu de chair, que de la mousse et du coton; cela ne l’empêcha pas, après avoir déchiré la peau en pièces, de manger le crâne tout entier, seule partie que je laisse dans mes oiseaux préparés. Comme j’examinois avec plaisir cet oiseau arracher de dépit tout ce qui ’remplissoit la peau bourrée qu’il m’avoit dérobée, je le vis revenir planer au-dessus de moi à différentes reprises; mais il ne s’abattit plus, quoique j’eusse laissé exprès quelques oiseaux à sa portée. Je suis persuadé que si à sa première entreprise il avoit eu le bonheur de tomber sur un des oiseaux non préparés, il auroit infailliblement recommencé cette chasse, si facile et si commode pour lui; mais, ayant été attrapé, il ne daigna probablement pas recommencer une seconde fois. »
40° L’ÉPERVIER MENU (!) se rapproche du précédent, bien qu’il ait au plus la taille de notre épervier de France; comme lui il habite le midi de l’A-
() Falco exilis, Temm., pl, 496 (mäle adulte),
frique, et paroït avoir échappé aux recherches de Levaillant. Le mâle adulte à douze pouces de Jongueur. Les ailes atteignent le milieu de la queue. La coloration des parties supérieures ne diffère presque point de celle de l’épervier de France, mais la gorge, l’abdomen et les couvertures sont d’un blane pur. Les joues, la poitrine, le ventre et les cuisses sont d’un beau roux, sans aucun mélange. Des rayures blanches et brunes traversent les ailes, et la queue est marquée de cinq bandes noires et de quatre ardoisées. Le mâle, dans sa livrée de transition, a des bords roux aux plumes du dessus du corps, des stries rousses longitudinales sur celles du dessous, et enfin des taches blanches arrondies sur le roux de la poitrine et du ventre. La femelle a à peu près cette dernière livrée, et quinze pouces de longueur. C'est dans la Cafrerie que vit ce rapace.
11° L'ÉPERVIER NOIR (1) est une des espèces les plus tranchées par la coloration de son plumage, qui est généralement d’un beau noir. Les plumes de la nuque et du cou sont blanches à leur base, et chaque rectrice porte en dessus trois taches neigeuseg un peu glacé de gris, et quatre en dessous d’un blanc pur. Ces taches, isolées sur les pennes, forment des bandes transversales lorsque celles-ci sont étalées. Les pennes primaires des ailes sont d’un gris blanc, avec quelques taches noires variées de cendré, Le bec est noir, l'iris jaune, la cire et les tarses orangés. Cet oiseau a neuf pouces de longueur; il vit au Sénégal.
12° L'ÉPERVIER DE PENNSYLVANIE (2?) ou vÉLOCE 3 est un oiseau de proie de petite taille, que Wilson regardoit comme rare aux Etats-Unis, mais quiyest commun, notamment dans le New-Jersey et en Pennsylvanie, au dire de M. Charles Bonaparte. Cet épervier a un vol irrégulier, mais rapide, et il chasse aux petits oiseaux et aux lézards. L’adulte a Je dos et les ailes d’un gris de plomb, et chaque plume est marquée sur la tige par une ligne noire longitudinale. Les rémiges sont brunes noirâtres, rayées de bandes transversales plus claires : une large bande passe au-dessus des yeux. La gorge et les joues sont marquées de petites stries rousses sur un fond blanchâtre, et le reste des parties inférieures, de même que les cuisses, sont tachetées de roux vif sur un fond blanchâtre. L’abdomen toutefois est d’un blanc pur. La queue est rayée de trois ou quatre bandes
()Sparvius niger, Vieill.,Gal., 22 ; Encycl., II, 1269; nisus Banxksii, Gal. de Paris : S. niger, pennis colli superioris basi albis ; cauda albo maculatä, remigibus primariis albo cinereis, nigro maculatis, Vieill. Gal. page 52,
(2) Falco Pennsylvanicus, Wils. VI, 13, pl. 46, fig. 1 (mâle adulte); falco velox, Wils., pl. 45, fig. 1 (jeune femelle ): l’autour à bec sinueux, Temm. pl. 67 (jeune de l’année). Ch, Bonap., Synop. 29.
noires et de trois raies cendrées. L'iris et les pieds sont jaune orangé, Les jeunes, dans leur première livrée, ont un plus grand nombre de bandes transversales à la queue : on en compte cinq noires dont la dernière est toujours plus large. Le dessus du dos est d’un brun foncé, mais chaque plume est bordée de roussâtre. Tout le dessous du corps est blanc pur, les cuisses exceptées, qui sont teintées de rouille.
Ce rapace se trouve aussi en Virginie et dans le Canada.
45° Le mazrini (!), de la taille d’un merle ordinaire (neuf pouces environ), est brun en dessus, et blanc sur la gorge et le ventre. Les ailes et la queue sont rayées en travers, et le cou et la poitrine sont lavés de roux clair avec des lignes horizontales ; le bec est noir et les tarses sont jaunes. Les jeunes sont roussâtres en dessous et rayés de brun. Les habitants de Saint-Domingue donnent le nom de petit malfini à cet oiseau, qu’on retrouve à Cayenne.
44° L'ÉPERVIER CHAPERONNÉ (?) a été découvert par le prince de Wied Neuwied, qui l’a rapporté du Brésil. Il se retrouve aussi à la Guyane françoise. Les deux sexes de cette espèce diffèrent par la taille d’une manière remarquable, car la femelle surpasse le mâle d’un tiers. Ce dernier n’est guère plus grand que l’épervier femelle de France. Cet épervier, adulte et mâle, a le sommet de la tête et les ailes d’un cendré ardoisé. Les joues, la nuque, le dos, les scapulaires, sont d’une teinte cendrée claire, La gorge, le devant du cou, la poitrine et le ventre sont d’un cendré blanchâtre. Toutes les plumes de ces parties semblent striées de brun à leur milieu, leur tige ayant une nuance foncée. Les couvertures du dessous de la queue sont blanches, et celles des cuisses d’un roux fort vif, La queue est rayée de quatre bandes noires et d’un pareil nombre de bandes brunes. L’iris est jaune orangé, ainsi que les tarses, Le mâle a treize pouces dix lignes.
La femelle a seize pouces trois lignes de longueur totale. Son plumage est généralement plus foncé par le mélange de toutes les teintes. Le dessous du corps est d’un cendré obscur,
15° L'ÉPERVIER À POITRINE ROUSSE (3) est un peu plus grand que l’épervier de France. Son plumage est roux cannelle sur la tête, brun roussâtre doré sur la nuque, le dos et les ailes, rayé transversalement de bandes brunes légèrement teintes de roussâtre sur un fond blanc sur toutes les parties inférieures. La femelle ne diffère pas du mâle, et les jeunes ont la gorge et le devant du cou roux blanchâtre, le men-
() Falco striatus, Vieill, Am. pl, 14; Encycl. t. IN, p. 1265.
G) Falco pileatus, Wied.; Temm, pl. 205 ( mâle adulte ).
E) Falco zanthothoraæ, Temm. pl. 92 {male adulte).
HISTOIRE NATURELLE
ton fauve, quelques plumes de la poitrine rayées de roux clair, de fauve et de blanchâtre.
Cet oiseau se rencontre à Ja Guyane et au Brésil.
LES BRACHYPTÉÈRES ().
Forment une petite tribu qui s'éloigne des éperviers ordinaires par quelques traits de physionomie, Ce sont en effet des éperviers par l’ensemble, et des oiseaux distincts lorsqu'on les examine dans plusieurs de leurs parties. Leur bec, lisse à ses bords, est fortement crochu ; leurs ailes sont courtes ou dépassent à peine le croupion ; leur queue est allongée et arrondie. Leurs tarses sont longs, grêles, emplumés au-dessous de l'articulation, garnis d’une ligne de squamelles sur l’acrotarse. Mais ce qui les caractérise et doit avoir de l'influence sur les mœurs, est la brièveté de leurs doigts, et notamment de l’interne, qui est presque rudimentaire. Enfin le pouce et son ongle n’ont rien de la force et du développement que présentent généralement ces parties chez les autres rapaces. Les doigts, au lieu d’être grêles, nerveux, comme chez les autres éperviers, sont empâtés, gros à proportion de leur longueur.
Le type de cette tribu est l’autour brachyptère de - M. Temminck, des formes duquel s’éloignent un peu les oiseaux que nous décrivons après lui, car ceux-ci semblent être en effet des éperviers par tous leurs caractères, les tarses exceptés.
4° Le BRACHYPTÈRE (2), ou l’ÉPERVIER NOIR ET BLANC de d’Azara (3), a dix-huit à vingt pouces de longueur totale, et les tarses n’ont pas moins de trois pouces trois lignes.
Le vieux mâle a le sommet de la tête, l’occiput, le dos, les scapulaires et les ailes d’un noir mat légérement nuancé de brun; sa queue noire marquée en dessus de trois bandes blanches très étroites et un peu circulaires; l’indice d’une quatrième bande se trouve en partie caché par les plumes de recouvrement en dessus ; les bandes en dessus sont plus larges et plus régulièrement dessinées ; toutes les pennes ont le bout blanc, et une petite bandelette ceint le front et passe sur les yeux; le blanc des joues est marqué de petites stries noires; toutes les parties inférieures, de même que le large collier qui entoure la nuque, sont d’un blanc pur marqué de croissant, et de fines stries noires, plus ou moins distinctes, qui paroissent être les vestiges des taches et des raies nombreuses distribuées sur le plumage
(‘) Brachypterus, Less.
(2) Falco brachypterus, Temm. pl. 141 (mâle adulte), 116 (jeune fem.).
(3; Apunt, ro 28 et 29 (fem.); falco concentricus, Illiger.
DES OISEAUX
des jeunes ; ces taches disparoissent probablement à mesure que l'oiseau avance en âge. Le bec est d’un noir bleuâtre, maïs la cire et la base de la mandibule inférieure sont jaunes, et c’est aussi probablement la couleur des pieds et des doigts.
Le jeune mâle a la nuque entourée par un collier blanc ou blanchâtre. Tout le plumage des parties inférieures rayé, à large distance, de bandes brunes placées sur un fond blanc ou blanchâtre, légèrement nuancé de roux clair; les parties supérieures du corps, les couvertures des ailes et celles de la queue, rayées , à égales distances , de larges bandes brunes ou rousses ; les plumes du sommet de la tête et les joues brunes, avec des bordures rousses : ces bigarrures disparoissent graduellement par le moyen des mues, car le vieux mâle n’en conserve aucun indice. Dans l'état parfait, toutes les parties supérieures sont noires, et les parties inférieures ainsi que le collier sont d’un blanc pur :il est facile de se faire une idée des variétés intermédiaires de ces deux livrées; chaque mue opère des modifications à la forme des bandes, qui se changent en taches ou en stries, pour disparoître totalement et faire place à des teintes disposées par grandes masses.
Les individus que M. Temminck suppose être des femelles dans des états différents de mue, ont toutes les parties inférieures couvertes de teintes roussâtres, rayées, à de grandes distances, de bandes brunes, larges d’une ligne au plus; un brun couleur chocolat couvre la tête, les joues, le dos et les ailes; les rémiges sont d’un brun moins vif, des taches rousses, plus ou moins grandes ou à peu près effacées dans l'adulte, sont disposées sur les côtés des barbes : ce sont des vestiges qui indiquent la place qu'ont occupées des raies plus larges et plus distinctes qui existent sur la livrée des jeunes de l’année ; un demicollier roux plus ou moins marqué de taches paroit être le caractère distinctif des femelles ; la queue est d’un brun noirâtre, traversée dans quelques individus de quatre et chez les autres de trois bandes irrégulières, souvent indiquées par des taches; ces bandes sont plus larges et moins irrégulières en dessous, et l’extrémité de toutes ces pennes est blanche; quelques individus ont la poitrine teinte à peu près du même roux que le collier et marquée de stries ou taches brunes.
Cet oiseau se rencontre à la Guyane, au Brésil et au Paraguay.
2° L'HÉMIDACTYLE (1) vit au Brésil, Ses ailes aboutissent à la moitié de la queue : celle-ci est arrondie et longue; le bout de l’ongle du doigt externe ne dépasse point l’origine de l’ongle du doigt interne ;
le devant des tarses est couvert de plumes sur environ un pouce de son étendue,
() Falco hemidactylus, Temm, pl. 3 (fem, adulte),
Tout le plumage est d’un gris couleur de plomb, dont la teinte est un peu plus claire sur le ventre qu’au dos et aux ailes ; les rémiges sont noires, mais une large bande blanche, disposée sur la moitié de leur longueur, les traverse toutes. La queue porte deux bandes noires très larges, une troisième plus étroite et moins distincte se trouve à la base des pennes ; deux bandes d’un roussôtre très clair, plus étroites de moitié que les bandes noires, traversent célte queue dont l'extrémité des pennes est cendrée ; les couvertures inférieures sont d’un roussâtre très clair. Longueur totale quinze pouces, longueur du tarse trois pouces. Le mâle et la femelle ne diffèrent que par la taille : on dit que les jeunes ont un plumage plus bigarré,
5° Le GRÈLE (1) est plus grand dans toutes ses dimensions que le précédent. Sa longueur totale est de dix-huit à dix-neuf pouces ; le mâle de l’autre espèce a quinze pouces et la femelle dix-sept pouces; le tarse du premier est long de trois pouces sept lignes, et la partie emplumée du devant du tarse à peu d’étendue. Cette partie occupe un bien plus grand espace dans l’autour hémidactyle, et le tarse a trois pouces ; on compte dix écailles nues chez celui-ci, et onze sur le tarse de l’autour grêle; les pennes de la queue dans l’autour à doigts courts ont seulement deux bandes noires; dans l’autre il y a deux bandes noires larges et parfaites, et une troisième, irrégulièrement dessinée, se trouve cachée sous les couvertures; les deux bandes inférieures sont un peu plus rapprochées du bout de la queue.
Telles sont les différences les plus marquées ; celles de moindre valeur se trouvent dans les teintes du plumage : le lorum, les joues et la gorge sont blanchâtres ; toutes les parties inférieures ont des bandes blanches et cendrées, disposées transversalement, et à peu près de même largeur. Les couvertures du dessus de la queue ont une teinte isabelle, marquée de foibles indices de bandes transversales. Les parties inférieures, dans l’autre espèce, sont à peu près unicolores. Les parties supérieures n'offrent aucune différence pour les couleurs, mais la teinte cendrée est un peu plus foncée dans celui-ci,
Cet oiseau, de même que celui à doigts courts, habite les contrées boisées des parties orientales du Brésil.
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