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LES DIODONS

Ont le bec court, épais, convexe, à mandibule supérieure à peine plus longue que l'inférieure, à

() Falco gracilis, Temm. pl. 91 (mâle adulte). ) Diodon, Less., Ornith,; harpagus, Vig., Zool, Journ. I, 338 ; bidens, Spix, Av. Bras,

bords très festonnés et munis de deux dents graduées, saillantes, la première obtuse, tandis que la dernière offre deux échancrures. Les narines sont ovales, peu apparentes, transversalement placées dans la cire, qui est garnie de poils courts. Les tarses sont médiocres, grêles, garnis de scutelles. Les troisième et quatrième rémiges sont les plus longues, et les ailes, courtes ou subobtuses, dépassent à peine le croupion. La queue est longue et arrondie à son extrémité. Les deux espèces de ce genre habitent l'Amérique méridionale ; ce sont :

4° Le p10poN (!), qui vit au Brésil; lorsqu'il est adulte, il a la tête, le dos et les ailes d’un noir ardoisé, la nuque, les joues et les côtés du cou d’un cendré foncé, et toutes les parties inférieures d’un cendré clair. La gorge et les couvertures inférieures de la queue blanches ; les petites couvertures du dessous des ailes, ainsi que les plumes des cuisses, d’un roux pur et vif. La queue et les ailes sont rayées en dessus de bandes noires et cendrées , et en dessous de bandes blanchâtres et brunâtres. Les rémiges ont aussi des bandelettes brunes, mais peu distinctes. L’iris est jaune, le bec corné , et les pieds sont orangés. Sa taille varie de dix pouces et demi à onze pouces et quelques lignes. Le jeune mâle a toutes les parties supérieures du plumage brun foncé , zoné de brunâtre clair à l’extrémité des plumes. Les joues sont marquées de rayures longitudinales colorées en brun et en roux clair. Le dessous du corps est parsemé de flammèches noirâtres sur un fond blanchàtre. Enfin les cuisses sont roux vif.

La femelle diffère peu du mâle, même par la taille ; cependant les teintes de la tête et des ailes sont plus claires, le blanc jaunâtre de la gorge est sans taches, et le cendré roussâtre des flancs est peu prononcé.

2° Le BIDENTÉ (2?) est un rapace qui se trouve à la Guyane aussi bien qu'au Brésil. M. Temminck le distingue du précédent , bien qu’il semble n’en être qu’une variété en plumage différent, tant ses formes sont semblables. Quoi qu’il en soit, cet ornithologiste le décrit en ces termes :

« Le plumage du bidenté varie selon les différentes périodes de l'âge des individus; la livrée des vieux et celle des jeunes offrent des disparates très marquées dans les teintes qui colorent ce plumage. Le vieux mâle a la tête, les joues, le côté et la partie postérieure du cou d’une teinte bleue de plomb; le dos, les ailes et la queue couleur d’ardoise ; la gorge et les couvertures du dessus de la queue d’un blanc pur, et le reste des parties inférieures d’un roux de

(") Falco diodon, Temm., pl. 198 (mäle adulte): dicdon brasiliensis, Less , Ornith.

(2) Falco bidentatus, Batham. Syn. esp. 98: Temm. pl. 38 (adulte), et 228 (jeune de l’année) : bidens rufiventer. Spix, pl. 6; et bidens albiventer, Spix, pl, 7 (jeune mâle).

HISTOIRE NATURELLE

rouille, marquées de bandes blanches assez irrégulièrement disposées. Quoique tout le plumage supérieur paroisse d’une seule teinte ardoisée, on remarque, en soulevant les plumes du dos, que leur base est blanche, et que quelques taches blanches, cachées sous les autres plumes, sont distribuées sur les deux côtés des barbes ; toutes les plumes des ailes sont aussi blanches à leur base; les pennes secondaires et les rémiges ont des bandes transversales d’un cendré clair sur les barbes intérieures, mais les barbes extérieures sont unicolores; ces bandes sont plus marquées à la face interne des ailes, où elles sont peintes de blanchâtre et de cendré foncé. Sur la face supérieure des pennes de la queue, qui sont à peu près noires, se trouvent trois bandes cendrées très étroites ; elles sont blanchâtres et plus larges en dessous. » Le prince de Neuwied dit que la cire est d'un jaune verdâtre, le tour des yeux d’un gris bleuàtre, l'iris rouge, et les pieds d’un jaune orangé; il a de longueur treize à quatorze pouces.

La femelle adulte a de petites taches plombées sur le blanc de la gorge; les parties inférieures sont d’une teinte plus généralement rousse ; de petites bandes blanchâtres et plombées sont disposées sur le ventre et sur les cuisses ; le roux est toujours plus ou moins pur ou mélangé, selon l’âge des individus.

Les parties supérieures, dans les jeunes femelles de l’année, sont d’un brun foncé, et la queue est noirâtre; toutes les parties inférieures sont blanches; le cou et la poitrine ont de larges mèches noirâtres aux premières mues ; les teintes cendrées et roussâtres se montrent à la poitrine et aux cuisses ; elles se répandent progressivement sur les autres parties inférieures.

Le prince de Neuwied fait mention de deux variétés qu’il déerit dans la partie ornithologique de son voyage au Brésil : l’une est une jeune femelle en mue, l’autre est un jeune mâle, probablement de l’année.

La jeune femelle a les parties supérieures d’un brun foncé, marqué sur les scapulaires de taches blanches ; toutes les parties inférieures sont blanches ; le fond blanc de la poitrine est peint de longues lignes longitudinales, qui sont dilatées vers le bout des plumes; on reconnoît quelques plumes clairsemées, moitié roussâtres et moitié blanchâtres ; la gorge est blanchâtre , et la partie supérieure du eou porte des taches d’un cendré bleuâtre.

Le jeune mâle a les parties supérieures d’un brun noirâtre, marqué de fines bandes blanchâtres qui bordent les plumes; les pennes des ailes et de la queue terminées de blanchâtre ; toutes les parties inférieures sont blanches, et quelques petites stries longitudinales sont disposées sur la gorge et sur le devant du cou. Ce plumage est plus ou moins bigarré de roux, suivant l’âge des individus.

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DES OISEAUX. 129

LES: LOPHOTES C).

Ont le bec assez court, mais très crochu, entouré à la base d’une cire plus ample en dessus, et rétrécie en dessous. Les narines sont linéaires, percées obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Les yeux ne sont point entourés d’une peau nue. La mandibule supérieure , beaucoup plus longue que l’inférieure, est très crochue, triangulaire, ayant une arête très marquée sur sa voûte, et présentant sur ses bords deux petites dents triangulaires, aiguës, et dont les pointes sont dirigées en avant. Les tarses sont fort courts, à moitié emplumés, puis nus, et seulement réticulés. La queue est longue et carrée, Les ailes sont longues, subobtuses, à première penne très courte, à deuxième plus longue, mais les troisième, quatrième et cinquième presque égales , et les plus grandes. Les ailes atteignent l'extrémité de la queue.

La seule espèce de ce genre a été découverte sur les côtes de Coromandel, par Leschenault de Latour ; elle s'éloigne beaucoup des faucons, parmi lesquels l’avoient classée MM. Cuvier et Temminck, et dont nous l’avors distraite ; à ce sujet M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire dit dans son Mémoire : « Le falco lo- » photes est tellement distinct, que M. Lesson, » quoique n’ayant pas non plus connoissance de la » conformation particulière des ailes de cet oiseau, » et omettant par conséquent ce caractère (?) qui » l’isole beaucoup des faucons , l’a érigé récemment » en un sous-genre. »

LE LOPHOTE INDIEN ().

À le bec ct les tarses plombés, la tête et le cou bleu noir ; plusieurs longues plumes roides partent

() Lophotes, Less., Ornith., 96; Isid. Geoff., Consid. sur les car. empl. en ornithologie, Nouv. Ann. du Mus.

(2) m'est arrivé à ce sujet ce qui est arrivé à Vieillot, à Levaillant, à Dumont et à tant d’autres, c'est que je n'ai pu jamais faire ouvrir les portes vitrées des loges plus qu'obseures, où les gens du Muséum cachent mystérieusement les objets d'histoire naturelle: et aprés avoir enrichi le Muséum de collections qui ont été volées, il m’a fallu souvent me borner à tracer une descriplion à travers les vitraux. Et comment ne pas commettre des erreurs ensuite ? Ces galeries m'’eussent été généreusement ouvertes si j'avois élé Prussien ou Hollandois, mais un François pouvoit devenir un coneurrent pour MM. les fils ou gendres des professeurs du Jardin du Roi!!!

@) Lophotes indicus, Less., Ornilh. 96 : faucon huppart, falco lophotes, Cuv., Temm., pl. 10,

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