LES FAUCONS
Réduits à un certain nombre d’espèces, se trouvent ainsi former un genre caractérisé par un bec robuste, conique, recourbé vers la base, muni d’une très forte dent sur le bord de la mandibule supérieure, tandis que l’inférieure est échancerée à la pointe. Leurs narines sont arrondies, et ouvertes sur le bord de la cire. Leurs tarses sont robustes, emplumés jusqu’au tiers supérieur, et réticulés. Leur queue est longue, arrondie. La cire est à peu près nue. Les ongles sont robustes et falciformes ; les ailes ont leur deuxième rémige la plus longue, tandis que la première et la troisième sont échancrées en dedans.
Les faucons sont répandus dans toutes les parties du monde, et forment diverses petites tribus, nommées gerfaulls, faucons, hobereaux, cresserelles et émerillons. Buffon a décrit et figuré plusieurs espèces, qu’il nous suflira de citer, en rectlifiant quelques unes de ses indications. Ce sont pour l’Europe :
4° Le GERFAULT (ÿ), si célèbre dans l’ancienne fauconnerie, et pour lequel on avoit créé le genre hyerofalco, à cause que Îles festons du bec sont le plus souvent usés par les fauconniers, est distingué du vrai Janier (*) par les uns, M. Temminck, entre autres, et réuni à ce dernier par quelques autres auturs. f/opinion la plus générale les distingue spécifiquement l’un de lPautre. Le lanier rappelle le plumage du faucon. On le tire de la Hongrie, tan-
() Hicrax crythrogenys, Vig., Procced,. 1, 95.
() Falco Bechst.; Cuvier ; tinnunculus, Vieill.
() Falco candicans, el islundicus, Gm., Buff, Enl. 210, 446 et 462.
(4) Falco sacer, Naum., pl. 23; Zoo. journ., 1, 330; Proceed. Hi, 1V et V ; le vrai lanier, Buffon, Lexte; falco lanianus.
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dis que le gerfault est plus particulièrement du nord de l’Europe, de la Norwége, et de l'Islande notamment.
2° Le FAUCON ORDINAIRE (1), que représentent les enluminures , n°° 450 le vieux mâle, 421 la femelle adulte, et 470 le jeune âge. Le faucon pèlerin {?), de la planche 469, paroïit être un jeune âge du même oiseau.
5° Le HOBEREAU (5) est représenté pl. 452.
4° Le rcouIER (4), enl. 447.
5° La CRESSERELLE (5), enl. 401 et 474 (jeune),
6° La CRESSERELLE GRISE (6), enl. 401,
Parmi les espèces étrangères, décrites et figurées par Buffon , on ne peut citer que la cresserelle épervière(?), enluminure n°° 444, et 465 la femelle, sous le nom d’émerillon de Cayenne ou de Saint- Domingue, et qui se retrouve à la Caroline.
Toutes les espèces suivantes ont été inconnues à Buffon. | À
40 Le cnICQUERA ($) a été décrit pour la première fois par Levaillant, qui en avoit acheté un individu, compris dans une collection provenant de Chandernagore au Bengale, et portant pour étiquette le nom indien qu’on lui a conservé. Depuis, le major Franklin l’a rencontré sur les bords du Gange, entre Calcutta et Bénarès, et M. Gould l’a figuré dans sa Centurie des oiseaux de l'Himalaya. Enfin, le lieutenant-colonel Sykes dit qu’il est très commun dans le Dukhun, en ajoutant qu’il a l'iris couleur de sang, un même plumage pour les deux sexes; que la femelle est constamment de plus forte taille que le mâle ; et qu’enfin il a trouvé dans le gésier de deux individus une hirondelle et une chauve-souris. La patrie du chicquera n’est donc plus douteuse aujourd’hui. |
Ce rapace a deux forts crans à la mandibule supérieure, pour nous servir de l’expression de Levaillant. Ses ailes , dans le repos, ne passent pas les deux tiers de la longueur de la queue, et celle-ci est légèrement arrondie et étagée ; le dessus de la tête et le derrière du cou d’un roux ferrugineux très foncé; une foible teinte de cette même couleur se trouve aussi répandue sur le blanc de la gorge, aux
G) Falco communis, Gm.
(2) Falco stellaris et peregrinus, Gm.; Wils. Am., pl. 76, t. IX.
(3) Falco subbuteo, L.; Naum. 27.
(4) Falco lithofalco, L,
(5) Falco tinnunculus, L.; Naum. 30. Proceed. 1, 111 11, 80.
(6) Falco vespertinus, Gm.; falco rufipes, Bechst., Naum. 28; Proceed. II, 189.
(7) Falco sparverius, L.; Wils. Am. Ornith., pl. 32, fig. 1 ; et pl. 16, fig. 1 (la fem.); Ch.{Bonaparte, Syn. X, par:
(8) Falco chicquera, Daudin; Latham; Levaill, Af., pl. 30. Proceed, IH, 80 et 1, 114 et 173.
DES OISEAUX
environs du bec, sur le devant du cou, et au poignet. Tout le dessous du corps, sur un fond blanc, porte une légère rayure gris noir ; le manteau est d’un gris bleu tendre, dont la teinte forme d’ailleurs le fond de la coloration des ailes et de la queue , qui sont de plus rayées dans le sens trans versal.La queue , largement barrée de noir au sommet, se termine par un liseré blanc roussâtre ; le bee, si on en excepte sa pointe noirâtre, est du reste entièrement d’un jaune pâle. Les pieds sont jaunes.
20 Le BIARMIQUE (1) habite le midi de l'Afrique, et se trouve très répandue dans la Cafrerie, aux alentours du cap de Bonne-Espérance , et même en Barbarie, Levaillant ne paroït pas avoir eu connoissance de cet oiseau, qui est à peu près de la taille du pèlerin, c'est-à-dire que la femelle est de la taille du mâle de ce dernier. Les formes sont proportionnellementles mêmes, avec cette différence que le nu du pourtour de l’œilest plus étendu chez le biramique. L’adulte a le manteau et toutes les parties externes de l’aile d’un cendré foncé, nuancé de bleuâtre. Une rangée de taches d’un blanc roussâtre couvre les barbes intérieures des rémiges. La queue est rayée d’une multitude de bandes très étroites, d’un blanc roussâtre, et disposées sur un fond cendré ; deux bandes noires se dessinent sur la partie supérieure du cou; l’une part de la base du bec, et la scconde de la partie postérieure de l’œil, et deviennent caractéristiques de cette espèce. Le front est blanc, lesinciput noirâtre, et l’occiput roux. Tout le plumage des parties inférieures est d’un blanc nuancé d’une légère teinte roussâtre ; cette dernière couleur est plus marquée aux cuisses. Des taches plus ou moins grandes et plus ou moins nombreuses couvrent les flancs et le milieu du ventre. La peau nue dela région ophthalmiqueet la ciresemblent être jaunâtres. Le bec est bleu, excepté à sa pointe, qui est d’un noir mat, et les pieds ont une teinte jaune bleuâtre, Les dimensions du corps sont de quinze pouces.
Les jeunes ont les parties inférieures couvertes d'un plus grand nombre de taches angulaires que les individus âgés, et ces taches sont toujours plus grandes, et même souvent réunies de manière à former des masses sur les flancs et les cuisses. Ces jeunes, dans leur première livrée, ont des bandes roussâtres à la queue, et une nuance terne ou noirâtre dans la couleur cendrée bleuâtre de leur plumage. Le blanc des parties inférieures est aussi beaucoup moins pur, et puis le manteau et les ailes ont leurs plumes brunes lisérées de roussâtre. L’occiput est brun, tacheté de roux foncé, et les deux traits noire sont plus ou moins dessinés.
Lu à
() Falco biarmicus, Temm., pl, 324 ; Falco chicque -
| roides, Smith., Proceed. IL, 45,
On ne sait rien des mœurs et des habitudes de ce faucon, mais sans nul doute ce sont celles du genre, c'est-à-dire des habitudes de rapine et de carnage. 5° Le MONTAGNARD (1) a été découve:t au Cap par Levaillant , et décrit en ces termes par ce voyageur : « Si la manie de rapporter des oiseaux étrangers à ceux de nos climats fait envisager celui dont il est question comme n'étant que la cressereile d'Europe, un peu variée par l'influence d’un climat plus chaud, je dirai que c’est une faute à ajouter à toutes celles qui n’ont élé commises que par cette manñie des inductions, qui a déjà fait consacrer tant d'erreurs grossières à ceux de nos plus grands écrivains.
» Je me contenterai d'indiquer les différences que j'ai remarquées entre cet oiseau africain et notre cresserelle, différences qui me semblent assez considérables pour convaincre de méprises ceux qui seroient tentés de regarder ces deux oiseaux comme ne formant qu’une seule et même espèce.
» Le montagnard est très commun dans toute la colonie du cap de Bonne-Espérance , où les habitants lui donnent le nom de booye-valk (faucon rouge), ousteen-valk (faucon de guerre ) ; ilse trouve presque dans toute la partie de l'Afrique où j'ai voyagé; il fréquente les montagnes, particulièrement celles qui sont couvertes de rochers; il y vit toute l’année, et ne quitte guère le canton qui l’a vu paitre ; tous ces petits quadrupèdes, les lézards et les insectes qui pulluleut parmi les rochers, deviennent sa proie. C’est aussi parmi les rochers les plus escarpés qu’il pose son nid à plat, sans être abrité du haut. Ce nid , composé de brins de bois et d’herbes, est assez négligemment fait; on y trouve communément six, sept, et même jusqu’à neuf œufs entièrement du même roux foucé que son plumage.
» Cet oiseau, que j'ai nommé montagnard par rapport au lieu qu’il habite préférablement à tout autre, a le cri aigu, perçant; il fait entendre son ramage, que l’on peut rendre par cri-cri-cri-cricri-cri — cri-cri-cri, répété précipitamment, et d’une manière remarquable, toutes les fois qu’un homme ou qu’un animal quelconque approche de l'endroit où il se tient habituellement quand ils ont des œufs ou des petits; ils sont très hardis , et poursuivent avec outrance tout ce qui approche des environs du nid.
» Le montagnard est un peu plus fort de taille que notre cresserelle d'Europe; sa queue n’est point aussi étagée que la sienne, et ses ailes ne s'étendent pas plus loin que le milieu de la queue, tandis que dans la cresserelle elles passent les deux tiers antérieurs. La cresserelle mâle a la tête bleuâtre, et la
(:) Falco rupicolus, Daudin; Levaill., pl, 35; falc capensis, Shaw,
queue, de cette même couleur, est terminée de blanc et d’une large bande noire; on ne trouve point cette couleur ni sur la queue ni sur la tête du montagnard du Cap. La femelle de notre cresserelle a ces mêmes parties roussâtres, et ressemblent par là davantage à notre oiseau africain ; mais elle a la queue rayée de plusieurs petites bandes peu séparée: les unes des autres, et le bout de sa queue est d’un blanc roussâtre, et se termine en dessus comme celle du mâle, par une large barre noire. La queue du montagnard est entièrement d’un roux clair, traversée seulement de quelques larges bandes brunâtres ; elle n’est point barrée de noir, et n’est point non plus terminée de blanc ou d’un blanc roussâtre. Le reste de la couleur du montagnard se rapporte assez à celle de la cresserelle; mais en comparant les portraits de ces animaux, on y trouvera encore assez de différence pour ne pas les confondre.
» Je remarquerai, en passant, que la cresserelle se trouve également en Espagne et en Pologne; or, dans ces climats si différents elle n’a point varié; ainsi il n’est pas présumable qu’elle ait subi au Cap une telle variation, d'autant plus que la température du Cap approche de celle d'Espagne.
» Le montagnard a les ongles et le bec noirs, la base du bec et les pieds jaunes, les joues et le derrière de la tête d’un léger roussâtre, nuancé de brun ; tout le manteau est d’un roux foncé, sur lequel sont des taches noires de formes triangulaires. La queue d’un roux clair pâle, des bandes brunes, le ventre et les jambes sont d’un gris brun, avec une ligne noirâtre le long de chaque plume. La poitrine et les flancs, dont la couleur est d’un rouge moins foncé que le dos, sont parsemées de taches longitudinales. Les pennes de l’aile sont noires dans toute la partie visible quand l’aile est ployée ; en dessous elles sont rayées de blanc plus ou moins sali de roux.
» La femelle est un peu plus forte que le mâle, son roux est moins foncé, et les taches noires du manteau sont moins nombreuses.
4° Le FAUCON Hupré (1) a été découvert au cap de Bonne-Espérance par Levaillant; il se rapproche, au dire de ce voyageur, de celui qu’'Adanson a rapporté du Sénégal, et que les nègres de cette partie de l'Afrique nomment fanas. Le faucon dont il s’agit est huppé, et rappelle complétement, par les couleurs et surtout par leur distribution, le plumage du faucon d'Europe; mais il diffère du tanas décrit par Buffon par une taille beaucoup plus petite, mais aussi par la mandibule inférieure du bec, qui est garnie, comme dans le {anas , d'un crochet très apparent de chaque côté, mais qui est de plus tronquée net à son extrémité ou coupée carrément. Tout
(:) Falco frontalis, Daudin, Ornith., t. IT : falco galericulatus, Shaw; Levaill, Afriq., pl, 28, p. 80, €. I.
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porte à croire, cependant, que le tanas d’Adanson (1) et le faucon huppé de Levaillant, sont identiques et ne forment qu’une même espèce; mais comme la description de Buffon est fort peu détaillée, nous y-suppléerons en partie par celle de Levaillant, en faisant remarquer, toutefois, qu’il existe de nombreuses dissemblances entre la figure 28 de Levaillant etl’enluminure n° 478 de d’Aubenton. La huppe n’est pas dessinée dans cette dernière planche.
Levaillant s'exprime ainsi en traçant l’histoire du tanas ou faucon huppé : « Za huppe de ce petit rapace est très apparente; elle part du front et retombe jusqu’au-delà de la tête, quand l'oiseau couche les plumes qui la composent; il la relève souvent, et particulièrement quand il est animé, soit par la colère, soit par un sentiment plus doux, celui du rapprochement des sexes ; c’est alors qu’il l’ouvre et qu’il l’étale pour plaire à sa femelle, à laquelle il reste fort attaché. Le mâle a la taille d’un pigeon, et la femelle est d’un quart plus grosse, avec une huppe moins longue’; du reste ils se ressemblent beaucoup par la teinte et la distribution des couleurs, qui sont, sur tout le dessus du corps, d’un gris bleu ardoisé , tandis que la huppe est brunûâtre. La gorge, le cou et la poitrine sont d’un blanc sale ; les parties inférieures, sur ce même fond, portent des bandes transversales. La queue est également rayée en travers. Les pieds et les doigts sont jaunes ; la base du bec est bleuâtre, mais la pointe en est noire, ainsi que les ongles très effilés et très robustes. De chaque côté naît, à la commissure du bec, un trait noir qui descend sur les côtés du cou. L’œil est jaune orangé.
» Le faucon huppé fréquente les lacs, les bords de la mer et les rivières poissonneuses. Il ne chasse pas, mais il pêche, et se nourrit de tous les petits poissons et crustacés qu'il peutattraper ; il s’accommode aussi d’oursins, de moules et autres coquillages, dont il brise les tests avec son bec doué d'une grande force. Levaillant l’a vu poursuivre avec acharnement les mouettes , les hirondelles de mer, et même les albatros et les pélicans, oiseaux dont la puissance auroit dû lui en imposer, et cependant tous le fuyoient sans hésiter. Les hirondelles de mer seules témoignoient moins de frayeur que ces gros et massifs oiseaux ; mais on sait que les sternes ont un grand courage, et qu’elles ne craignent même pas d’attaquer l’homme ou de limportuner de leurs cris aigus et bruyants quand il s’approche de leur nid ou qu’il enlève leurs œufs ou leur progéniture ; c’est un spectacle que nous avons vu fréquemment aux îles Malouines. »
Quand le faucon huppé a pris ses habitudes de
(*) Représenté pl. 478 des Enluminures de Buffon.
DES OISEAUX
pêche surles rivages de la mer, il niche alors sur les rochers ; quand il fréquente les bords des riviéres, il choisit à cet effet les arbres environnants , où la femelle dépose quatre œufs entièrement blanes, lavés de roussâtre. Le mâle partage avec elle les devoirs de l’incubation, et en prend les plus grands soins, car il ne manque jamais de la nourrir du résultat de ses pêches. Toute la petite famille reste long-temps ensemble, et les jeunes ne se séparent que pour donner eux-mêmes des soins tout aussi tendres à une nouvelle génération. Les très longues ailes du faucon huppé paroîtroient devoir lui faciliter les moyens de chasser, car il a le vol très rapide; mais jamais Levaillant ne lui a vu prendre les oiseaux qu’il poursuivoit, ce qu’il auroit pu faire aisément, puisqu'il les approchoit assez près pour leur donner des coups de bec et les faire crier; mais il paroîtroit qu’il n’avoit d’autre but que de les éloigner du canton qu’il habitoit, et dont il ne s’écartoit guère lui-même. Les jeunes diffèrent des vieux par une teinte fauve répandue sur tout leur plumage, et par le blanc sale de la gorge, du cou et de la poitrine, qui est varié de roux et de gris brun, et la huppe ne paroît aussi que quelques mois après qu’ils ont pris l'essor.
5° Le FAUCON A CULOTTE NOIRE (1) est encore une espèce d'Afrique. Ses ailes, moins amples que celles de l'espèce précédente, ne vont pas au-delà des deux tiers de la queue. Le dessus de la tête, et les plumes des jambes sont d’un noir brun. Les rémiges et les rectrices ont, avec cette même teinte, une bordureblanchâtre qui dessine leur contour externe, et les détachent les unes des autres. La gorge est blanche. Le manteau , ainsi que les couvertures des ailes, sont d’un gris brun, marqué d’un trait plus foncé sur la tige de chaque plume. Toute la partie antérieure du corps est d’un léger roussâtre, sur lequel sont semées des taches brunes, formées en flammèches. Le bas-ventre et les couvertures inférieures de la queue sont de la même couleur, et tachés de brun également; mais les traits bruns ont plus de délicatesse. Le bec, qui offre ahsolument les mêmes caractères que celui du faucon huppé, est jaune à sa base, et couleur de corne dans le reste de son étendue. Les doigts, très forts, sont armés de serres noires; ils sont jaunes, de même que les taches qui se trouvent être emplumées un peu audessous du talon. L’æœil est très vif, et d’un brun noisette. La queue est un peu arrondie.
Levaillant dit avoir tué ce faucon dans le pays des grands Namaquois : lorsqu'il l’apereut il étoit posé sur un rocher, et occupé à dévorer un jeune lièvre qu’il venoit de prendre à l'instant même, car ses
() Falco tibialis, Daudin ; Shaw ; Levaill, Af., pl. 29, t. 1, p. 82,
chairs étoient encore chaudes et ses membres palpitants. Tout occupé à se repaître, il se laissa approcher et tuer sur sa proie. Au coup de fusil de Levaillant, un autre oiseau de rapine prit son vol. Il parut à ce voyageur de plus forte taille, et il le supposa être la femelle. Cette opinion lui parut d'autant plus probable, qu’à cette époque de la saison la plupart des oiseaux qu’il observa dans le canton de ses chasses étoient appariés. En vain il resta à l’affût pour tuer cette femelle, qui voloit et revenoit sur la proie qu’il avoit laissée à la même place, elle disparut sans que Levaillant ait pu confirmer ses soupcons. Un de ses guides lui assura que ce faucon étoit très commun sur les Sneeuw-Bergen, ou montagnes de neige, et qu’on le nommoit dans cette partie de l'Afrique klyne-berg-haan, ou petit coq de montagne. À ce sujet, Levaillant fait observer qu’en général les colons du Cap donnent ce dernier nom à tous les oiseaux de proie d’une certaine taille, qui ne sont pas des vautours ; réservant aux petites espèces le nom de valk, ou faucon, et aux vautours celui de aas-vogel.
6° Le CONCOLORE (1) est encore un faucon d’Afrique qui paroît répandu sur les rivages du Sénégal jusqu'aux côtes de Barbarie, et qu’on retrouve en Egypte et, à ce que l’on suppose, dans quelques unes des îles de l’Archipel. Ses ailes sont très longues, car elles atteignent presque l’extrémité de la queue, et même M. Temminck dit qu’elles la dépassent, bien que la planche ne montre pas cette disposition. La rémige la plus externe est échancrée en dedans. Le bec est muni d’une forte dent, et les tarses sont grêles et de longueur moyenne.
Tout le plumage du mâle, dans l’état adulte, est sans exception d’une seule nuance bleuâtre claire, tirant au gris cendré ; mais toutes les plumes et les pennes portent une raie noirâtre sur leur ligne moyenne. Ces stries sont dues à la coloration foncée des baguettes. Quant aux rémiges, elles sont noires , ainsi que le bec; mais la cire, le tour des yeux et les pieds sont jaunes. Ce rapace a de Jongueur totale environ treize ou quatorze pouces. La femelle, dans la même période de l’âge, a le plumage foncé, couleur de’plomb, nuancé de brunâtre; la tête et le bout de la queue à teinte plus sombre que le reste de la livrée.
7° Le FAUCON PÉLÉGRINOÏDE (?) est encore unc espèce africaine, qu’on rencontre au nord comme au midi, car M. Temminck en a recu des individus de la baie d’Algoa, et M. Ruppell l’a rencontré dans l’Abyssinie. Ce rapace, avec des formes plus grêles,
() Falco concolor, Temm., pl. 330 ( mâle adulte}; falco ardosiacus, Vieill., Encyel., t. IE, p. 1233.
() Falco pelegrinoides, Temm., pl. #79 (mâle adulte),
rappelle le faucon pèlerin d'Europe. Le front offre un mélange de roux et de blanchätre terne, qu’entoure une bande noire en forme de fer à cheval, dont les branches passeroïent au-dessus des yeux, et dont les pointes terminales seréuniroient en avant à une tache brune qui descend sur chaque joue, du rebord palpébral à l'angle de la mandibule inférieure, sur les jugulaires. L’occiput et la nuque présentent un demi-collier roux, marqué de trois taches noires, celle du milieu formant bandelette sur la nuque. Le dos et les ailes ont une teinte grise bleuàtre fort claire, marquée de grandes taches et de barres irrégulières d’un noir bleuâtre. La queue, d’un gris plus clair que le dos, est coupée transversalement, et porte vers la base des rectrices des bandes noires très étroites, dont la largeur augmente graduellement vers le bout de ces pennes, blanches à leur sommet, La gorge et les côtés du cou sont d’un blanc isabelle. La poitrine est d’un isabelle pur. Les flancs, le ventre et l'abdomen sont aussi de cette teinte; mais toutes les plumes de ces parties sont marquées de très petites stries longitudinales, et de petites taches triangulaires noires. La base du bec est jaune, mais sa pointe est bleue. La cire et les pieds sont d’un beau jaune , le cercle nu des yeux est orangé. Le mâle a un peu plus de treize pouces, et la femelle n’est pas plus grande que le mâle du faucon pélerin.
Le jeune, probablement à sa seconde mue, ressemble entièrement, par les distributions et par les couleurs du plumage, au jeune du faucon pèlerin.
8° Le FAUCON CRESSELLICOLORE (!), qui a été envoyé de l’île de France ou Maurice, rappelle assez com: plétement, ainsi que son nom l'indique, les formes, la taille et les couleurs du plumage de la cresserelle d'Europe. Les parties supérieures sont d’un roux très vif, qui relèvent sur la tête et sur la nuque des petites rayures noires. Le dos et les ailes sont occupés par de grandes taches noirâtres. Sept bandes brunes, à peu près d’égale dimension, traversent la queue. Les parties inférieures sont d’un blanc pur, bien que des mèches brunes se dessinent sur les côtés du cou, et des taches noires triangulaires sur les côtés de la poitrine, du ventre, et les cuisses. Le bec est bleuâtre; la cire et les pieds paroissent jaunâtres, et la taille de l'oiseau, la queue comprise, est de dix pouces.
90 La CRESSERELLETTE (2?) est un petit rapace qui retrace par ses formes la cresserelle vulgaire. De la
() Falco punctatus, Cuv., Gal, de Paris, Temm., pl. 45.
(2) Falco tinnunculoides, Natterer, Temm. Man. , p.31: Falco cenchris, Frisch, falco tinnunculoides, Savi: falco gracilis el tinnunculoides, Less, Ornith., pl. 93; Bory, Morée, pl. 2 et 3; Vicillot, Faune, pl. 16,1. 3.
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taille d’un merle, son bec est noir, sa cire et ses tarses sont jaunes ; la tête et le cou sont d’un gris cendré, le manteau rouge brun, le ventre, ainsi que les parties inférieures, d’un roux vineux ondé et sans taches. La queue est arrondie, blanchâtre en dessus , et rayée de brun. Les tarses sont minces ét grêles, les formes corporelles très sveltes. La femelle est jaunâtre sale, flammée de brun.
La cresserellette est propre aux contrées méridionales. Elle est sédentaire en Morée, où elle vit comme Ja cresserelle , dans les tours élevées et dans les vieux édifices. M. Savi observe qu’elle paroît seulement de temps en temps en Italie, et rarement en Toscane. Sonapparition sur les bords de l’Adriatique est aussi accidentelle. L'apparition de cet oiseau dans les îles de la Méditerranée semble avoir lieu lorsque les nuées de sauterelles sont forcées de quitter l’Afrique et de traverser la Méditerranée dans les saisons sèches, pour se répandre dans les plaines cultivées de l'Italie, La cresserellette, se nourrissant presque exclusivement de ces insectes , ne visite guère le midi de l’Europe qu'à la suite des sauterelles, et quand elles disparoissent elie s’éloigne également. M. Cantraine l’observa en abondance en Toscane, dans les mois de mai et juin 4827. M. Bory de Saint-Vincent, qui en tua plusieurs individus en Morée, où ce rapace est sédentaire, dit qu’il senourrit principalement de lézards , etautres petits reptiles, et d'insectes."
La cresserellette apparoît aussi à Naples, en Sicile, en Sardaigne , à Trieste, en Espagne, en Perse etau Bengale, d’où M. Bélanger en a rapporté des individus.
40° Le SÉvÉRusS (1), aldrovandin ou ginjeng, est de la taille du rochier d'Europe. Il en a aussi les formes; mais les couleurs du plumage diffèrent, et le pourtour de ses yeux est dénudé. Le sommet de la tête, la nuque et les joues sont d’un noir légèrement teint de couleur plombée. Le manteau, le dos, les ailes, le croupion et les deux pennes du milieu de la queue, sont d’une couleur ardoisée ou bleu noirâtre. Une raie fine et noire suit dans le sens longitudinal les baguettes de chaque plume. Les rémiges sont d’un noir profond, et marquées sur les barbes intérieures de grandes taches rousses de forme ovalaire. La queue cst parfaitement carrée. Toutes les pennes, les deux du milieu exceptées, sont noires; mais les barbes extérieures ont des barres d’un gris ardoisé, et les intérieures sont marquées de taches d’un roux vif. La gorge est
(") Falco severus ; supra fusco-nigricans, remigibus nigris; subtus castaneus, qula pallidiore ; tectrices alarum, cauda et rectrices apieibus castaneis. Longitudo 19 et demi poll. Allap-allap gingen Javanensium Morsf., Trans., t. XIE, p. 435. Faucon aldrovyandin : falco Aldrovandii, Temm., pl. 128 (adulte).
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d'un roussâtre très clair. Toutes les autres parties inférieures, et le dedans des ailes, sont d’un beau rouge bai. La nudité du pourtour palpébral, la cire et les pieds sont jaunes, et les dimensions totales sont de dix pouces six lignes. Ce faucon habite l'ile de Java.
410 Le FAUCON ORANGÉ (1) est de la taille du hobereau commun, Il a le bec et les pieds de couleur de plomb, le corps noirâtre, le dos et la naissance de Ja queue sinués de bandes blanchâtres interrompues. La poitrine est fauve, les cuisses sont ferrugineuses, et des taches arrondies et blanches sont éparses sur le cou; le ventre est noirâtre, avec des rayures plus claires ; les tarses sont longs et grêles. Latham donne à cet oiseau quinze pouces de longueur, et en reconnoit deux variétés (?). L'une plus petite de taille, n'ayant que dix pouces de longueur, a les rayures du corps moins distinctes, la gorge blanche et le cou orangé. L'autre a les tarses brunâtres. le corps noir teinté de bleuâtre en dessus, avec des rayures bleuàtres ; le bas - ventre, les cuisses rousses, rayées de blanc; la gorge et le cou roux pur, avec une tache blanche au milieu. Ce faucon habite la Guyane hollandoise, à Surinam.
12° Le FAUCON À GORGE BLANCHE (#) nous paroît être la première variété du faucon orangé de Latham. M. Temminck le distingue comme espèce, ainsi que le prouvent les détails minutieux de comparaison qu’il a accumulés dans le texte qui accompagne la figure qu’il en a donnée ; il s'exprime ainsi : « La différence très marquée dans la grandeur doit servir de premier moyen de distinction. Le faucon à gorge blanche à la taille un peu moindre que le faucon pèlerin d'Europe, tandis que l’orangé a les proportions de l'émerillon. Les tarses du premier ressemblent davantage à ceux du pèlerin, et ceux du second aux pieds du hobereau. On voit au faucon orangé adulte de très fines bandelettes transversales sur les plumes noires du ventre , mais chez le faucon à gorge blanche elles sont remplacées par des taches rousses, distribuées d’une manière plus ou moins irrégulière. L’indication des couleurs du plumage est tellement semblable pour les deux espèces , elles se ressemblent tellement, sous ce Tapport, qu’on ne peut trouver dans le plumage de l'adulte aucune autre dissemblance que celle de l’étenduc plus ou moins marquée de la couleur noire rayée de roux et de blanchâtre. Dans le faucon à gorge blanche, le noir ne s'étend pas au-delà du ventre, et la région thoracique est rousse, Chez le
() Falco aurentius, Lath , Syn. 117.
(2) Ces deux variétés, érigées en espéces, sont, la pre- miére,le faucon à gorge blanche, et la seconde le faucon à culotte rousse, l’un et l'autre décrits aprés l’'orangé.
() Falco deiroleucus, Temm., p. 348 (fem. adulte), | falco thoracicus, Iliger,
faucon orangé, le noir, plus ou moins rayé de blane ou de roux, couvre cette région, et Ja teinte rousse s'étend jusque sur le devant du cou. La femelle du premier porte en longueur totale seize pouces, et le mâle quatorze ; tandis que les plus fortes dimensions de l’orangé sont de dix à douze pouces. »
En somme, le faucon à gorge blanche nous paroît être une variété légère de l'espèce précédente; on le trouve au Brésil.
Un noir parfait forme la couleur dominante de toutes les parties supérieures du corps, des ailes et de la queue, des joues, du ventre et des flancs. Un gris bleuâtre, répandu sur l'extrémité de chaque plume de ces régions, fait dominer une nuance glacée et bleuâtre sur cette masse noire. On compte cinq ou six rangées de taches distribuées en bandes interrompues sur les pennes de la queue ; une rangée de taches roussâtres dans la femelle et blanchâtres dans le mâle, distribuées sur les barbes intérieures des rémiges. Le ventre est rayé de bendes rousses espacées, et plus ou moins interrompues; la gorge et le devant du cou sont d’un blanc pur, mais Ja poitrine est rousse et marquée de stries noires disposées sur le milieu des plumes; les cuisses, l'abdomen et les couvertures inférieures de la queue sont roux marron très vif.
15° Le FAUCON A CULOTTE ROUSSE (!) ou l'émerillon couleur de plomb de d’Azara (?), l'alconcillo plumbeo, est la seconde variété du faucon orangé de Latham. M, Temminck, par suite de comparaison, Va distingué comme espèce. C’est un oïisean qui vit au Brésil et au Paraguay, bien que d’Azara dise qu'il n'est pas commun dans cette dernière partie de l’Amérique. On rapporte qu'il suit les voyageurs à travers la campagne, voltigeant autour d’eux pour se jeter sur les petits oiseaux et les perdiix qu’ils font lever.
Un cendré couleur de plomb colore la tête, Ja nuque, le dos et les ailes. De larges croissants, d’un blanc pur, terminent toutes les rémiges secondaires. Les deux premières pennes alaires sont échancrées en dedans. Toutes affectent une teinte plomhée, et une rangée de taches blanches couvre les barbes intérieures. Une bande blanche naît au-dessus des yeux, et se trouve nuancé de roussâtre au delà du bord externe de l'orbite, et passe le long de Ja partie postérieure du cou, où les extrémités opposées sont à peu près réunies. Une large bande d’une teinte bleuâtre suit les côtés du cou, et se dirige chez les jeunes sujets vers la poitrine, en venant aboutir aux côtés du cou dans l'adulte. Une deuxième bande, également plombée, forme une
(") Falco femoralis, Temm,, pl. 348 (âge adulte), et 121 (mâle, âge moyen).
(*) Apunt., 103, esp. 39,
moustache à l'angle du bec. La poitrine est blanc roussâtre, striée de brun. Le reste du cou en devant est blanc, et les plumes noirâtres du ventre sont finement lisérées de croissants de cette dernière couleur. Six ou sept bandes blanchätres, très espacées, traversent la queue, que termine un liséré blanc. L’abdomen, les cuisses et les couvertures du dessous de la queue sont roux clair. Le mâle a treize pouces de longueur.
L'âge moyen est caractérisé par du roux vif au front, aux joues, aux cuisses, aux rebords des ailes, sur la gorge, sur les côtés du cou. Le reste du plumage est brunâtre, et les bandes de la queue sont roussâtres. Toutefois, les rémiges secondaires sont frangées de blanc.
44° Le FAUCON DES PIGEONS (1) est une espèce exclusivement propre à l'Amérique du Nord, et qui à été confondue à tort avec le faucon d’ Euroges Son plumage est brun obscur en dessus, blanc en dessous, avec des flammèches brunes. La queue est traversée par quatre bandelettes étroites et blanches. Ce rapace habite le sud des États de l'Union, et étend ses migrations au nord, jusqu’à la baie
d'Hudson. | t 45° Le FAUCON CENDRÉ (2?) aussi des Etats-Unis, mais qui paroit habiter les régions les plus septentrionales des deux continents, est un gerfault pour M. Cuvier, et un autour pour M. Charles Bonaparte. C’est un oiseau à plumage noirâtre, à pourtour des yeux blanchâtre, à queue rayée de plus pâle, à cire d’un jaune livide. Les jeunes sont d’un brun enfumé, flammé de ferrugineux. Le ventre est linéolé de brun sur un fond blanc. La queue est marquée de quatre bandes noires, et est terminée
par un liséré blanc.
LES ICTINIES (.
Sont des rapaces d'Amérique, qui vivent d’insectes, de serpents et de lézards. Leur corps est oblong, peint de cendré ou de bleu plombé. Leur tête arrondie a un bec court, droit, muni d’une cire, étroit sur son arête, comprimé sur les côtés, et dont la mandibule supérieure crochue est dilatée au rebord en une sorte de dent. L’inférieure, plus courte, droite, obtuse, est échancrée au bout.
() Falco columbarius, L., Wils., L If, p. 4073; 4. VI, pl. XV, fig. 3; tinnunculus columbarius, Vieill,, Am., pl. 41 ; Charles Bonaparte, Syn. pl. 28.
(2) Falco atricapillus, Wils., Am. Ornith., pl. 5, fig. 3 (vieux mâle}; et pl. 40, fig. 4 (jeune); falco palumbarius, L.,, Ch. Bonaparte, Syn. p. 28.
(5) Ictinia, Yieill., Encycl., t. HE, p. 1207.
HISTOIRE ATURELLE
Les narines sont obliques, lunulées. Les ailes longues, d’ailleurs, ont leur troisième rémige la plus grande.: Les tarses sont courts, grêles, les jambes sont complétement emplumées. Les doigts presque égaux sont armés d'ongles courts et peu aigus. La queue est formée de douze rectrices égales.
L'ICTINIE BLEUATRE (1).
Habite le Brésil, la Guyane, le Mexique et le midi des États- Unis, et surtout le territoire des Natchez. Elle vole à une grande hauteur, y reste long-temps stationnaire, et s’élance avec rapidité pour saisir les insectes et les oiseaux dont elle se nourrit. La tête, le dessus du cou et du corps sont d’un gris bleuâtre, qui prend une teinte sombre, très foncée sur le dos et sur le croupion; se changeant en noir sur les couvertures supérieures et sur les rectrices. Les pennes les plus externes de la queue ont chacune trois marques blanches sur leur bord interne, qui s'étendent en dessous jusqu’au bord opposé. Les ailes sont presque noires. Leur première rémige est de cette dernière couleur, tandis que les cinq suivantes ont leur tige blanchätre et leurs barbes internes d’un brun ferrugineux. Les couvertures inférieures sont d’un gris bleuâtre plus foncé que sur la tête, et cette coloration, moirs intense toutefois, est propre à toutes les parties inférieures. Les ailes vont jusqu’au milieu de la queue. Cet oiseau offre diverses variétés, soit dans la taille, soit dans l’intensité des nuances, soit par des rayures sur les couvertures inférieures. Les pieds sont orangés, l’œil rouge cerise, et la cire brune.
Les jeunes de l’année sont gris brun, et toutes les rémiges sont terminées de blanc. Les parties inférieures blanchâtres sont marquées de longues flammèches brunes. Les femelles ne diffèrent des mâles que par la taille.
L’ictinie ophiophage (?), décrit par Vieillot comme une espèce distincte, ne diffère nullement de la précédente, et ne repose que sur le jeune âge de l’ictinie plombée (3).
() {ctinia plumbea, Vieill.; falco plumbeus, Lath. pl. 123 Vieill., Am. pl. bis; milan cresserelle ; Tem. pl, 480; falco cinercus, Gm. Edw. Glan., pl. 53 (jeune).
(à Jctinia ophiophaga, Vieill., Encycl. I, 1207, milan du Mississipi, Wils., pl. 25, fig. 1
(3, Ch, Bonaparte, Syn. p. 30.
DESOISEAUX.