LES BUSARDS
Sont des accipitres que caractérisent les formes grêles et élancées, une collerette de plumes auriculaires entourant le cou, et qui leur donne un certain rapport de physionomie avec les chouettes. Leur bec est médiocre, mince, comprimé sur les côtés, à rebord de la mandibule supérieure légèrement renflé, mais sans dents. L'espace comprisentre l’œil et les narines est recouvert de poils rigides, implantés sur la cire. Les narines sont oblongues, arrondies, percées dans le sens longitudinal. Les tarses, fort allongés, sont garnis de seutelles en avant, vêtus jusqu’à l’articalation, et leurs doigts sont armés d’ongles médiocres, La queue est élargie et arrondie.
Les busards sont répandus sur tout le globe. Ils vivent d'insectes, d'oiseaux, de petits quadrupèdes et de poissons. Ils nichent sur les arbres , et la ponte de quelques espèces est de quatre œufs. Les petits voient dès leur naissance, prennent eux-mêmes leur nourriture, sont nourris dans le nid qu’ils ne quittent que lorsqu'ils sont en état de voler.
Buffon a décrit : 4° le busard des marais (?),.représenté pl. 424 des Enluminures. 2 Le harpaye(3), que la plupart des naturalistes réunissent au précédent (Enl. 460), et qu’ils regardent comme le mâle adulte, bien que M. Vieillot partage l’opinion de Buffon, qui fait de ce harpaye une race distincte. 3° Et la soubuse, ou olseau saint-martin (‘), Enl. 459, 445 et 480. Toutes les autres espèces lui ont été à peu près inconnues, et sont étrangères, la suivante exceptée.
4° Le BUSARD DE MONTAGU (5) a été décrit pour la première fois par l’ornithologiste anglois dont il porte le nom, et distingué de la soubuse avec laquelle on l’avoit confondu jusqu'alors. Ce rapace niche dans les marais de la Picardie. Sa ponte est de deux à six œufs d’un blanc bleuâtre. Il y arrive au mois d'avril, et en part probablement en octobre, car M. Baillon ne l’a pas vu pendant l'hiver. Tous les individus que ce naturaliste a eus en sa possession avoient l’estomac rempli de poissons, et surtout d’anguilles, coupées par tronçons de deux pouces de longueur. Il y a aussi trouvé des débris de grenouilles. M. Vieillot ajoute : La nourriture
(1) Circus, Bechst., Cuv.
(2) Falco æruginosus, Aldrov., L. Proceed., IX, 50.
() Falco rufus, Vieill. Proc. 1, 115,
(:) Falco pygargus, L. (fem. jeune ): circus gallinarus, Vieill., falco cyaneus, Tem.
(5) Circus Montagui, Vieill., Encyc., t. INT, p. 1211 ; falco cinaraceus, Mont. Ornit. Dict., et Vieill, Gal., pl. 13. Proceed. IV, 50. Faune franc., pl, 10.
de ce busard étant différente de celle de la soubuse, 5e peut-on en inférer que si le premier ne fréquente que les marais, la seconde vit plus exelusivement dans les campagnes et les terrains secs ? M. emminck aflirme de son côté qu’il est très commun dans les marais et dans les dunes en Hollande.
Chez le mâle, la tête, le- cou, la gorge, la poitrine , les scapulaires, les pennes intermédiaires et secondaires des ailes, leurs couvertures supérieures, une grande partie de celles de dessus la queue, et la face supérieure de ces mêmes rectrices sont d’un gris blanchätre. Cette couleur est plus sombre sur le manteau, plus claire sur les pennes du milieu de l'aile, la gorge, le devant du cou, la poitrine et les deux rectrices intermédiaires. Les quatre rectrices externes ont à l’intérieur quatre ou cinq grandes taches noirâtres, sur un fond gris. Ce gris est remplacé sur les autres par du blanc. Enfin, ces taches noirâtres deviennent rousses sur les deux plus extérieures de chaque côté. Le ventre, le bas-ventre, ont des marques d’un gris bleuâtre sur un fond blanc. Les jambes et les couvertures inférieures de la queue sont tachetées de roux sur un même fond. On remarque sur les ailes une bande transversale, composée de plusieurs taches noirâtres, situées sur le milieu de leurs rectrices moyennes. Toutes les pennes primaires sont noires sur les deux faces , et leurs couvertures inférieures sont blanches et marquées de brun. La cire est verdâtre, Piris d’un jaune brillant, et la queue parfaitement cunéiforme. La première rémige est plus longue que la sixième, mais la troisième est la plus longue de toutes.
La femelle, qui a été tuée par M. Baillon en même temps que le mâle lorsqu’ils donnoientà leurs petits des tronçons d’anguilles, a toutes les parties supérieures et les ailes d’un roux un peu sombre, avec du blanc sur la nuque, deux taches de cette même couleur près des yeux, l’une au-dessus de l’angle externe, l’autre au-dessous, et séparé par un trait brun qui s’avance sur les joues. Les couvertures supérieures de la queue sont blanches; les plumes de la gorge, du cou en devant, et de toutes les parties postérieures, sont rousses et tachetées dans le sens longitudinal de brun sur leur milieu; mais ces taches sont plus étroites que chez laïfemelle du busard soubuse, particulièrement sur le devant du cou et sur la poitrine. Les grandes pennes des ailes sont d’un cendré sombre, avec des bandes transversales et noirâtres à leur extrémité. Toutes les rémiges sont blanches en dessous, barrées et terminées comme en dessus.
Les jeunes de l’année diffèrent beaucoup des vieilles femelles. Le sommet de la tête et toutes
les parties supérieures sont d’un brun foncé; mais
comme chaque plume est bordée et terminée de roux clair, la teinte brune en est affoiblie. On remarque sur l'occiput un grand espace d’un roux jauoâtre, marqué de taches brunes. La région des yeux et des oreilles est d’un brun foncé. Au milieu de cet espace règne une grande maculature neigeuse. Les rectrices sont rayées, à égale distance, par trois bandes brunes et trois bandes rousses, puis lisérées à leur sommet de roux clair. Toutes les parties inférieures, depuis la gorge jusqu'aux couvertures inférieures de la queue, n’ont qu’une nuance rousse uniforme. L'iris est brun.
Nousavons rapporté avec des détails minutieux les descriptions données par les auteurs modernes, concernant ce busard, qui est très répandu dans Pest et le midi de l’Europe, notamment en Hongrie, en Polégne, en Silésie, en Autriche, en Dalmatie, et dans les provinces illyriennes. Déjà il est moins commun en Italie, en Suisse, et plus rare en Angleterre. C’est un grand destructeur de reptiles, qui ne dédaigne pas les petits oiseaux. Il niche dans les bois voisins des marais et des lacs couverts de jones. La femelle pond quatre ou cinq œufs d’un blanc pur.
* 2° Le BUSARD HARPAYE, vardélé indienne (1).
La harpaye d'Europe est un de ces oiseaux qu’on rencontre dans tout l’ancien monde, aussi bien en Asie, en Afrique qu’en Europe. La variété qui vit aux Indes est cependant remarquable par quelques particularités de taille et de plumage dont il est bon de se rendre compte, et qui peuvent un jour servir à dresser une échelle des dégradations climatériques, constituant ce qu’on nomme une variété d'espèce.
Les busards sont nettement définis dans l’état actuel de la science. Il est vrai que M. Savigny, dans son beau travail systématique sur les oiseaux accipitres, a le premier mis en usage une série de caractères de différente valeur, mais tous précisés avec sagacité (Égypte, Syst. des oiseaux, 1810, p. 59). C’est ainsi que les busards lui rappeloient les hypotriorchai des Grecs, et qu’il les placoit dans sa tribu : circi, cœnei.
La harpaye paroît être Le véritable hiérax ou mangeur de grenouilles d’Oppian, et le deryah des Arabes. Cet oiseau , bien distinct du busard des marais, dont on l’a long-temps regardé comme l’âge adulte, est donc le type des circus, qu'on reconnoitra aisément à l’organisation générale suivante : le bec est un peu allongé, incliné presque dès son origine, convexe, très recourbé en pointe crochue, comprimé sur les côtés, et à mandibule supérieure, un peu dilaté au milieu. La cire est déprimée, peu
() Circus rufus, varielas indica, Less, Zool. de Bélanger, Ornith, p. 228.
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marqué, et avance d’un tiers sur la longueur totale du bec. Les narines sont très amples, nues, ouvertes, percées dans le sens longitudinal du bec, et forment un ovale irrégulier, dont le bord supérieur est droit, et l’inférieur en demi-sphère. La mandibule inférieure est courte, retroussée, canaliculée, à bords lisses et coupants. Le bord de la supérieure n’est pas régulièrement lisse, mais bien un peu en ressaut au milieu. L'espace qui sépare l’œil des narines de chaque côté est abondamment recouvert de poils ou de soies fines. La commissure est fendue jusque sous les yeux. Les tarses sont longs, grêles, aréolés sur toute leur surface, excepté en devant, où apparoit une rangée de squamelles minces, qui règnent aussi sur les doigts. La plante des picds est rugueuse, charnue, et les squamelles onguéales sont au nombre de trois sur le pouce, et de quatre sur tous les autres doigts. La médiane est plus allongée que l’interne et l’externe, et leurs ongles sont aigus, pointus, peu recourbés, convexes en-dessus, et en sillon léger en dessous. Celui du doigt externe est le plus petit. Les ailes sont presque aussi longues que la queue. Elles sont épaisses, à rémiges longues, la première la plus courte, la deuxième égale à la cinquième, les troisième et quatrième égales et les plus longues. Ces cinq premières rémiges sont échancrées à leurs barbes internes, aux deux tiers supérieurs de leur longueur. Les rémiges secondaires sont épaisses, larges, médiocres. La queue est allongée, composée de douze rectrices roides, arrondies, un peu inégales; les moyennes ont leurs barbes égales ; les latérales ont leurs barbes externes très courtes.
Les oreilles des busards sont recouvertes de petites plumes allongées, serrées, retraçant en partie la collerette des strix , avec lesquels cette particularité les assimile. De plus, la nature de leurs plumes est douce et mollette. Leur tête est un peu déprimée, mais leur face est élargie. Il est de fait que, par leur forme svelte, élancée, leur queue allongée, ils ont beaucoup d’analogie avec les surnies ou chouettes éperviers.
La variété indienne de la harpaye, dont nous sommes redevables à M. Bélanger, est longue de vingt-deux pouces. Son bec et ses ongles sont noirâtres, la cire est bleuâtre, et les tarses d’un jaune pur. Les plumes du front et de la tête sont lancéolées, étroites, d’un roux assez vif, et doré sur l’occiput, mais chaque plume est flammée au centre de brun noir foncé. Le dessus du cou est roux blond, avec de longues flammes brunes, et le dos et le croupion sont d’un brun fauve, qui pässe au marron sur le croupion. Les grandes couvertures alaires sont brunes, frangées de marron, et les petites couvertures des épaules sont d’un roux cannelle fort vif, avec flammèches brunes, Les couvertures moyennes
des ailes sont brun chocolat, que relève le gris glacé et cendré des petites rémiges, car les primaires sont blanches à leur naissance , et brunes à leur terminaison.
La gorge est roussâlre, le devant du cou est fauve, avec larges flammettes brun marron. Les plumes du thorax et des flancs sont d’un blanc jaune ferrugineux, avec larges flammettes marron. Les plumes tibiales sont longues, touffues, d’un marron fort vif, ainsi que le ventre et les couvertures inférieures de la queue. Cette dernière, légèrement deltoïdale, est en dessous d’un blanc mat, mais le dessus de chaque rectrice est d’un gris blond, à teinte douce.
Cet oiseau vit au Bengale.
5° Le rcHouG (!) est un busard assez répandu au Bengale, et sur quelques autres points du continent de l'Inde, de même que dans l’île de Ceylan, où l’a rencontré Reinhold Forster, qui le cite sous son nom vulgaire chingalais de Kalu-Kurulgoya. Alest commun aux alentours de Calcutta, et Levaillant croit l'avoir vu voler au-dessus de sa tête dans les districts intérieurs du cap de Bonne-Espérance.
Le Tcuou6 a le bec entièrement noir et fort luisant, particulièrement à sa base, d’où partent des poils roides de la même couleur, qui tous se dirigent en avant, et se recourbent en haut après avoir recouvert les narines. On remarque aussi des poils sur le pourtour de la mandibule inférieure. La tête, le cou et le menton sont brun très foncé, ou tirant au noir. Les scapulaires et les couverturesdes ailes sont brun noirâtre, et les parties avoisinantes sont blanc gris, et mélangées de blanc et de brun. Sur le derrière de la tête se dessine un espace que des teintes noires, blanches et brunes émaillent en s’associant. Les rémiges sont noir mat, et les secondaires d’un gris de perle de nuance fort agréable. Le dessous du corps et la région du croupion sont d’un blanc de neige. La queue, parfaitement égale, est gris blanc, lavé de roussâtre, mais les deux pennes du milieu portent chacune à leur extrémité un croissant brun. Les tarses sont jaunes.
La femelle est gris blanc, flammée de noir.
4° Le TEESA (?), nouvellement décrit par le major Franklin, habite les rives du Gange, entre Calcutta et Bénarès. Sa longueur totale est de dix-sept pouces et demi anglois. IL à la tête et le corps roux brunàtre , avec la tige des plumes fauve. Le bas du dos et les rectrices d’une teinte ferrugineuse. Les ailes sont rayées par sept bandelettes fauves et peu arrêtées. Les tectrices alaires et l'abdomen sont teintées de
(r) Falco mclanoleucus, Gm.; Lath. esp. 55 ; faucon à collier des Indes, Sonnerat, Ein. t. If, p. 482: le tchoug, Levaill., Af. pl. 32, t.1,p. 87: Procecd. t. I,p. 115: black and white indian falcon, Pennant.
() Circus teesa, Franckl., Proc. 1,115 : suggun falcon, Lath.?
blanc. Les plumes tibiales et le croupion se trouvent être colorées en roux, lavé de blanchâtre. Le front À la gorge et un trait mince sur la nuque, sont d’un Blanc tranchant sur le fond de ces parties. Le bec et les pieds sont jaunes, mais le premier est noir à sa pointe. On ne sait rien des mœurs de cette espèce.
5° Le BUSARD AXILLAIRE (!), dont on ne connoît pas de figure, a été décrit par Latham, qui lui donne pour patrie la Nouvelle-Hollande. Cet oiseau a le corps bleuâtre en dessus, blanc sur les parties inféricures, avec les sourcils, les aisselles et le bee noirs, mais les tarses jaunes. Ce qui le caractérise, c’est un faisceau de longues plumes noires qui recouvre les parties inférieures de l'aile. É
6° Le pusarp PALE (?), dit M. le lieutenant colonel Sykes, a été généralement regardé par les voyageurs comme une simple variété de l’oiseau saint-martin d'Europe (*), mais il en diffère dans ses deux plumages de mâle et de femelle ; et dans la livrée du premier on ne remarque point les taches blanches qui devroient exister sur l’occiput, ni les bandelettes noires qui sillonnent la poitrine de l'oiseau d'Europe. ,
Les grandes couvertures de la queue et les plumes du dos sont blanches et barrées de brun cendré, et les quatre rectrices, les plus externes, n’ont point de bordure blanche. Enfin, au lieu de sept bandes, la queue r’en a que quatre en dessus. Ce busard a donc le plumage d’un gris pâle sur le corps, plus foncé sur les ailes et le dos. Il-est blanc en dessous, de même que le croupion, mais ce dernier est linéolé de gris et de blanc. Les troisième, quatrième et cinquième rémiges sont fauves. Les yeux sont d’un jaune verdâtre. Le mâle a dix-huit pouces de longueur, et la femelle en a dix-neuf et demi. Celleci a le plamage de Ja femelle du busard saint-martin d'Europe, mais les teintes sont plus claires, et la queue, au lieu de six barres brunâtres, n’en a que quatre.
Cet oiseau se nourrit principalement de lézards, et ne paroit pas percher sur les arbres, Il se tient presque uniquement dans les plaines rases et pierreuses, là, en effet, où se plaisent les petits reptiles. M. Sykes n’a jamais vu le mâle et la femelle aller ensemble.
7° Le BUSARD DE SYKESs (‘rest encore une espèce indienne qu’on rencontre dans le Pukhun, et que M. Sykes donne comme nouvelle, en l’appelant variée. Mais comme une espèce de ce genre a déjà été décrite sous cette même désignation par M. Vieil-
() Cireus axillaris; Vieïll., Encycl. II, 1219, falco axillaris, Lath.
(2) Circus pailidus, Sykes, Proceed. II, 80.
() Falco cyaneus, Auct.
(4) Circus Sykesii. Circus variegatus, Sykes, Procced. II, 81,
lot (1), nous lui avons provisoirement appliqué le nom de ce voyageur. Ce busard est remarquable ; les deux sexes semblent offrir une plus grande conformité de coloration que les autres oiseaux de cette tribu. Le mâle a le dessus de la tête, la nuque et la poitrine roux, mais le milieu de chaque plume est largement brunâtre. Le dos, les scapulaires ct les
émiges les plus externes sont d’un brun intense ; tandis que les couvertures de l’épaule, les rémiges les plus internes, de même que les rectrices, sont grises. Le ventre et les plumes tibiales sont rousses. Les tectrices supérieures de la queue sont variées de roux, de blanc et de brun, et les inférieures sont gris foncé. Ce rapace a dix-neuf pouces et demi de longueur, et la queue seule a neuf pouces trois lignes.
8° Le RUSARD A SOURCILS BLANCS(?), auquel M.Vieillot donne pour patrie les grandes Indes, n’a point encore été figuré. Trois couleurs sont répandues sur son plumage : du noir sur la tête, la gorge, le dessus du corps et des ailes; puis des petits traits de cette couleur se dessinent sur le fond bleu du menton. Ce bleu, mais éclatant, colore toutes les parties postérieures, et Res sourcils, le rebord du front, le dessous des ailes et de la queue. Les tiges des pennes et des grandes couvertures sont noir luisant, et quatre bandes noires traversent le blanc de la queue. Au-dessous le rebord des rémiges est cendré. La femelle ou le jeune âge a toutes les parties supérieures brunes. L’occiput est tacheté de blanc; la collerette est noire et blanche, et les plumes des parties inférieures ont leurs tiges brunes sur un fond blanc. Deux sourcils blancs caractérisent ce busard.
9° Le Maure (3) semble être le busard que M. Vicillot n’a fait qu’indiquer dans le Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle (#), en se bornant à cette phrase : corps noir, queue d’un gris bleuâtre: patrie inconnue. Nous suivrons donc la description qu’en donne l’auteur des planches coloriées. C’est au cap de Bonne- Espérance que vit cet oiseau que Levaillant à décrit d’une manière exacte (°). Il est en entier d’un brun couleur de suie, mais la teinte générale s’affoiblit vers l'extrémité de chaque plume, et prend un ton blanchâtre, ou semble être bigarrée de blane, lorsque les mêmes plumes viennent à perdre la symétrie de leur arrangement. Les rémiges et les pennes secondaires ont aussi cette coloration blanche à leur base, le reste est brun noirâtre, les barbes les plus extérieures exceptées qui sont d’un cendré Jégèrement bleuûtre. Les rectrices sont marquées par qua-
() Encycl t. IT, 1216.
U) Circus leucophrys, Vicillot, Encyel. II, 1215.
6) Falco maurus, Temm. pl. 461, circus ater, Vicill., Encycl. Il, 1215?
(:) Tom. LV, p. 459.
6) Levaill, Afriq. t.F, p. 65, à la suile de la descript. du Grenouillard,
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tre bandes brunes relevées d'un pareil nombre de bandes cendrées : celles-ci au revers affectent une disposition très claire. Un reflet grisâtre apparoît sur les joues. Le bec est noir et les pieds sont jaunes. La livrée des deux sexes paroît être identique. Le mâle a dix-sept à dix-huit pouces, et la femelle dixneuf et quelques lignes.
Les jeunes diffèrent des adultes d’une manière notable. Les parties inférieures ressemblent par les teintes et la distribution des taches à ces mêmes parties dans la femeile du busard saint-martin d’'Europe; sur la poitrine et le devant du cou, c’est un mélange de fauve et de brun avec de longues mèches brun foncé. Le ventre et l'abdomen sont d’un blanc sale marqué de grandes taches irrégulières et de quelques flammèches noirâtres. Les cuisses et les couvertures du dessous de la queue sont isabelle. Tout le dessus du corps est noirâtre, varié de taches et de bordures roussätres. La base des rémiges en blanc pur; il en est de même des rectrices, mais celles-ci portent des bandes noires et grises alternantes.
480 L’AcoLI(1) a été découvert par Levaillant, au cap de Bonne-Espérance, et son histoire laisse peu à désirer dans l'ouvrage sur les oiseaux d'Afrique de cet habile ornithologiste : aussi la suivrons-nous dans tous ses détails.
L’acoli, dit Levaillant, est un oiseau de proie qui peut tenir sa place à côté de l'oiseau saint-martin, avec lequel il a infiniment de rapports : même taille, mêmes proportions, et les couleurs à peu près identiques, feroient prendre cet oiseau pour n’être qu’une variété de l'oiseau saint-martin ; mais une particularité que les sépare l’un de l’autre, c’est que lacoli a la base du bec d’un beau rouge, particulièrement dans le temps des amours, et qu’il a le ventre rayé.
L’acoli, comme le busard saint-martin , a le corps allongé et svelte, les jambes et les tarses longs, ainsi que la queue : caractères qui conviennent également aux éperviers, mais ceux-ci n’ont pas les ailes aussi longues. La couleur principale de cet oiseau est un beau gris bleu pâle, répandu sur la tête, le cou et le manteau. Les plumes tibiales descendent fort bas, bien que les tarses svient nus; le dessous du corps est blanchâtre, mais finement rayé.
L’acoli a le cri aigre : aux environs du Cap, il fréquente les terres labourées, dans les lieux sauvages; il recherche les terrains sablonneux. C’est habituellement sur un taupinière, une motte de terre ou un nid de fourmis blanches, qu’il se perche pour guetter les souris, les mulots et les taupes, ainsi que tous les petits oiseaux dont il fait sa proie. Cet accipitre vole très bien et avec une grande vitesse, mais son vol est toujours bas. Il est peu farouche et
(*) Circus acoli, Vieïillot: falco alcoli, Daudin: Levaifl, Afriq., pl, 31,1, p. 85.
DES OJSEAUX.
se Jaisse facilement approcher. 11 suit le chasseur, et vient de lui-même tourner autour de l’homme qu'il voit dans la plaine, afin de se jeter sur les alouettes qu’il fait lever sur son passage, ce qui facilite singulièrement les moyens de le tirer. Satisfait de sa chasse, l’acoli va se percher sur les buissons pour se reposer.
On voit communément le mâle-et la femelle ensemble. Ils construisent leur nid dans les buissons. La ponte est de quatre œufs ovalaires et d’un blanc sale; les colons de Swart-Land nomment l’acoli witlte-walk où faucon blanc, d’autres l’appellent leeuwerk-vanger ou attrapeur d'alouettes. Il à le bec bleuûtre et la cire d’un rouge éclatant. Ses yeux sont orangés de même que les tarses. La femelle, d’un tiers plus grosse que le mâle, a le rouge de sa cire plus terne.
11° Le GRENOUILLARD (!) que Levaillant a observé dans l’intérieur du cap de Bonne-Espérance, a les proportions et les formes du busard des marais de l’Europe. Tout le dessus du corps est d’un brun de terre d’ombre lavé en dessus, car la partie cachée des plumes est blanche. La gorge et les joues sont couvertes de plumes foibles et à barbes désunies, blanchâtres , et portent une bande longitudinale brune. Le dessous du corps est d’un brun clair, légèrement varié de blanc sur la poitrine et le basventre. Sur les jambes la couleur blanchâtre borde toutes les plumes, qui sont d’un roux ferrugineux, ainsi que les couvertures inférieures de la queue. Les ailes sont brunes en dessous et rayées de bandes transversales blanches et brun clair. La queue est coupée carrément au bout, et rayée de brun foncé. Le haut du cou et le poignet de l’aile sont parsemés de petites maculatures blanches. Les pieds sont jaunâtres, la base du bec d’un bleu pâle, la pointe noire, Piris gris brun. Les ailes dans le repos atteignent les deux tiers de la longueur de la queue.
Les colons du Cap et les Hottentots qui voient journellement ce rapace planer sur les marais, et se percher sur les buissons ou sur les arbres qui les avoisinent, d’où il fond sur les grenouilles qu’il apercoit et qu’il dévore dans l'épaisseur des roseaux, lui ont donné le nom de kikvors-vanger ou attrapeur de grenouilles. Mais le grenouillard ne se borne pas à faire la chasse aux batraciens , il poursuit aussi les oiseaux d’eau, surtout les jeunes.
C’est, dit Levaillant, en planant avec grâce et adresse au-dessus des marais que son œil, toujours attentif, guette sa proie, sur laquelle il fond avec impétuosité. S'il sort des roseaux aussitôt qu’il s’y est abattu, c’est l’indice le plus certain-qu’il a manqué sa victime, autrement il la dévoreroit sur place.
(‘) Falco ranivorus. Daud., Lath., Levaill. Af, pl. 23 : circus ranivorus, Vieill., Encyc. I, 1214.
Il sait également pêcher avec adresse. Cet oiseau fait son nid dans les marais, au milieu des joncs et des roseaux et avec des parcelles de ces plantes. La femelle pond de trois à quatre œufs blancs.
Le rapace qui nous occupe est généralement répandu dans toute l’Afrique, depuis le cap des Aiguilles jusque chez les Cafres; mais il n’est nulle part plus commun que sur les bords du Duyven- Hock, du Gaurits, du Brak, et dans les marais d’Auteniquoi.
La femelle est plus grosse que le mâle d’un tiers. Elle n’en diffère que par quelques teintes plus foibles du plumage.
42° Le 3avanoIs (1) est un busard fort peu connu, si même il appartient au genre busard. Ce que l’on en sait se borne à dire qu’il a la cire noire, puis jaune dans son milieu; la tête, le cou et la poitrine couleur marron, le dos brun et les pieds jaunes. On dit qu’il habite les côtes de Java.
15° Le RUSAND BARIOLE (?), mâle et adulte, a le cou, le dessus de la tête et du dos gris cendré; les plumes des couvertures des ailes sont de la même couleur et bordées de blanc; l’extrémité des grandes pennes est noirâtre, avec une petite bordure blanche dans le reste de son étendue. Tout le devant du corps offre des bandes transversales légèrement ondées, alternativement blanches et d’un roux vif. La couleur de ces raies est moins tranchée à la poitrine qu’au ventre; sur les plumes qui recouvrent le haut des tarses et les couvertures inférieures de la queue. Les grandes pennes caudales, blanches en dessous avec quelques taches brunes sur le bord, sont cendrées en dessus et terminées par une large raie irrégulière, brunâtre, bordée de blanc. Une tache fauve mêlée de brun, qui se voit sur le cou, semble indiquer que cet oiseau n’avoit pas encore entièrement perdu la livrée du jeune âge. Cette assertion paroit encore fortifiée par la bande et les taches brunes de la queue. La cire, l'iris et les pieds sont jaunes, les ongles sont noirs. Le bec est médiocre, pointu, très poilu et blanchâtre à sa base, noir à sa pointe dans les deux mandibules ; l’arête de la supérieure est assez saillante. Sa longueur est de quinze pouces ; celle de la queue de six; celle du bec d’un pouce, et son envergure est de deux pieds.
Ce busard vit aux îles Malouines. Plus petit que le falco-cyaneus, il diffère du cinereus, avec lequel il a des rapports, par la longueur relative des pennes alaires. Dans ce dernier, les ailes s’étendent jusqu’à l’extrémité de la queue, et la troisième rémige excède en longueur toutes les autres; tandis que dans
(*) Circus Javanicus, Vieill, Encyc., I, 14215 : falco Javanicus, Gm.: Wurmb. mag.
() Falco histrionicus, Quoy et Gaim., Ur. pl, 13 et 14, pag. 93.
le nôtre les ailes ne vont qu’à deux pouces du bout de la queue, et que les troisième et quatrième rémiges sont de longueur égale.
Le jeune a la couleur du plumage de l'individu figuré par MM. Quoy et Gaimard; ce qui fait supposer que c’est un jeune de la même espèce que le précédent, dont il a la taille; comme lui aussi il provient des îles Malouines , et parmi les oiseaux de proie qui nous disputoient les oies que nous tuions, s’il n’étoit pas le plus audacieux , il se montroit du moins le plus confiant, car on pouvoit l’approcher presque au toucher. Son vêtement n'offre pas la même élégance que celui du précédent. Toutes les parties supérieures sont d’un brunâtre varié de roux. Les plumes de la tête, du dos, les scapuiaires et les rémiges secondaires, de couleur brune, ont une bordure blanche qui disparoît insensiblement sur les pennes primaires. Un collier de plumes blanchâtres entoure le cou, une ligne de la même couleur se fait remarquer derrière et un peu au-dessus de l'œil. Le devant du cou, la poitrine et le ventre sont d’un roussâtre varié de traits longitudinaux un peu plus foncés en couleur et placés dans la direction du tuyau de la plume. Le croupion est d’un blanc pur. La queue, blanchâtre au-dessous, a une large raie transversale brune auprès de l’extrémité, et, à un pouce de distance, une seconde raie moins foncée qui n’occupe que la moitié de sa largeur. En dessus les deux pennes moyennes sont rayées transversalement de brun et de cendré très foncé; les latérales offrent aussi des bandes transversales alternativement noirâtres et roux clair. Le bec est noir avec une légère raie blanche à la base de chaque mandibule ; la supérieure est plus pointue, plus allongée et moins brusquement courbée que dans l'individu précédent. Les ailes pliées s'étendent jusqu’à deux pouces et demi de la queue, et leur envergure est un peu moins grande que dans l’autre individu. Les plus grands rapports de cet oiscau sont avec le busard montaigu de New-York.
4% Le RuTILANT (!), ou la buse des savanes noyées, rousse, de d’Azara, est un oiseau de transition; il joint aux formes générales des busards des particularités qui l'en éloignent. C’est ainsi qu’on ne lui retrouve pas la collerette de plumes auriculaires. Toutefois, c’est plutôt un busard qu’une buse, tant pour les formes que par les mœurs.
Ce rapace vit dans les lieux humides nommés savanes noyées du Brésil. de la Guyane ct du Paraguay. Il se nourrit de reptiles, d’anguilles, de limacons, et même de gros insectes qu'il saisit au vol. Azara le dit très multiplié, bien que la femelle ne ponde que deux œufs d’un rouge tanné, tacheté de rouge de sang. Souvent de nombreux individus se réunis-
*) Falco rutilans, Lichst. Temm. pl. 25( adulte),
HISTOIRE NATURELLE
sent en troupes pour chasser de compagnie aux couleuvres dans les terrains brûlés.
Les vieux des deux sexes ont le plumage d’un roux doré très vif. Ce roux est varié sur la tête de petites stries longitudinales. Sur le dos se trouvent de grandes taches brun cendré. Le cou, la poitrine et le ventre ont un grand nombre de bandes noires, très étroites, disposées transversalement. Les cuisses et la partie interne des ailes sont rousses. Les rémiges et les pennes secondaires ont du roux rayé de noir sur les trois quarts de leur longueur. Le reste vers la pointe est noir. La queue est noirâtre et coupée vers le milieu par une bande blanche ou cendrée unique. Les rectrices sont terminées de blanc ou de gris clair. La cire, la base du bec et les pieds sont jaunes. La longueur varie de dix-huit à vingt pouces suivant les sexes.
Les adultes dont le plumage n’a pas encore atteint sa perfection, ont du cendré brun sur le corps, et les rectrices terminées et marbrées de roux.
Les jeunes de l’année ont la tête, le cou et les parties inférieures d’un blanc légèrement roussâtre, marqué de taches de flammèches brunes. Le dessus du corps est cendré brun encadré de roussâtre.
45° Le BUSARD DES MARAIS (1) habite le Brésil. Le mâle en plumage parfait a la gorge, la face, les sourcils, la poitrine et les parties inférieures d’un blanc pur, sans taches chez les vieux, mais strié de noir chez jies individus plus jeunes. Le devant du cou dans le bas, le sinciput et les parties supérieures du corps sont d’un noir vif. Les grandes couvertures, les rémiges et les rectrices sont marquées de bandes d’un cendré bleuâtre et de lignes noires plus étroites. On compte quatre de ces bandes à la queue qui sont nettes ou tachetées de roux suivant l’âge: la cire et les tarses sont jaunes. Le mâle mesure dix-huit pouces trois ou quatre lignes, et la femelle environ vingt pouces. Cette dernière a beaucoup plus de noir sous le corps, et même elle a cet endroit parfois complétement noir, avec un liséré blanc sur le rebord des plumes. Les plumes tibiales sont aussi parfois roussâtres ; les couvertures de la queue ont de nombreuses taches rousses, et Jes bandes noires des rectrices sont plus lavées de roussâtre que chez les mâles.
Les jeunes ont presque toutes les parties inférieures roussâtre clair, avec quelques taches brunes et noires, tandis que des maculatures jaunâtres, noires et rousses sont éparses sur la tête et sur le cou, Le manteau est noir, avec le bord des plumes roussâtre. Les bandes de la queue affectent une teinte plus franchement rousse, et les bandes noires et cendrées des ailes sont peu discernables. Enfin quand
(:) Falco palustris, Wied. Temm, pl, 22 (vieux mâle): prince de Neuwied, il. t. 1, p. 110.
no 13.
DES OISEAUX
les individus sont encore plus jeunes, il y a plus de blanc sur les bordures des plumes.
16° Le BUSARD CENDRÉ (!) vit au Paraguay, où on le nomme, suivant d’Azara, Gavilan del campo ciniciento. I est surtout répandu sur les bords de la Plata. Les deux sexes portent la même livrée. L’iris est jaune, le corps cendré en dessus et mélangé de brun, la nuque marquée d’un collier blanc. Les parties inférieures sont rayées en travers de blanc et de roux. Les quatre premières rémiges sont noires, les autres cendrées, bordées de blanc et rayées de noir sur le bout. Le croupion est blanc, et les rectrices sont cendrées et blanches à leur naissance, Le bec est bleuâtre et les pieds sont orangé.
470 Le BUSARD DES CHAMPS (2?) est nommé Gavalan del campo bardo sur les rives de la Plata au Paraguay. Il est remarquable par un collier noirâtre, bordé de brun clair, et le sommet de la tête coloré en brun foncé. Les plumes de la gorge et du cou sont brunes et bordées de roux. Le croupion est blanc, et le bec bleuâtre à sa pointe noire. La cire est jaune verdûtre ; l'iris jaune vif et les tarses orangé. $
48° Le BUSARD À GORGE BLANCHE (3) est décrit dans l'ouvrage de d’Azara sur les oiseaux du Paraguay sous le nom de Gavilan de estero chorreado. Les plumes de la tête et du milieu du corps sont noirâtres dans leur milieu et bordées de blanc. Les sourcils sont blanchâtres, la gorge neigeuse , le devaut du cou noirâtre, mais strié en long de lignes albines. Le ventre est varié de brun et de blanc. Le bec est bleu foncé, l’œil roux clair, et les tarses sont jaunes.
49° Le BUSARD LONGIPENNE (!}, que d'Azara nomme Gavilan del campo ali largo, est aussi un rapace du Paraguay, qui a le front, les sourcils et le menton blanes, le dessus de la tête et du corps couleur de plomb et noirâtre, les parties inférieures blanches, et la poitrine tachetée de noir. Les quatre rectrices latérales sont roussâtres avec cinq bandes transversales noires. Le bec, de couleur bleuâtre, est noir à sa pointe; l’œil est roux.
20° Le BUSARD A TÊTE BLANCHE (5) ou le Gavilan de estero cabeza blanca, a une queue moins longue que les autres espèces de ce genre; ses doigts sont complétement séparés, ses narines sont percées en
(1) Circus cinereus, Vieill., Encyel. t, II, p. 1213. Azara, pax, t, 1, no 32.
{@, Circus campestris, Vieill. #bid. ; Azara, t. I Do 33.
(3) Circus albicollis, Vieïil. ibid. ; Azara, pax, t. I, no 12.
(k) Circus macropterus, Vicill. tbid.; Azara, pax, no 31.
6) Circus leucocephaius, Vicill. tbid,; Azara, pax,
virgule à l'extrémité de la cire. La tête et la gorge sont blanches. L’occiput, le corps et les couvertures des ailes ont une teinte rousse uniforme. Les grandes rémiges sont noires, mais les secondaires sont rousses et rayées de noir. Le bec et la cire sont bleuûtres et les tarses blanc bleuâtre.
21° Le gusarD TroriTaA (!) ou le Gavilan de estero acanelado de d'Azara, l'oiseau que les naturels du Paraguay nomment foguialopita ou buse rouge et les créoles espagnols gavilan acanelado. Le mâle et la femelle se ressemblent, et ils ont les plumes de Ja tête d’un brun bleuâtre dans leur milieu, et d’un roux rayé de bleuâtre sur les bords. Les sourcils sont blancs; le dessus du corps et les grandes couvertures des ailes sont noirâtres, tandis que les petites couvertures sont rayées de brun sur un fond roux. Toutes les parties inférieures sont rayées de brun et de roux. La queue est marquée de bandelettes d’un blanc sale, et se termine par un liséré blanc. L’œil est roux clair et la cire jaune luisant. Cet oiseau ne dépasse pas le vingt-neuvième degré de latitude australe. La femelle pond deux œufs d’un rouge tanné et tachés de rouge de sang.
220 Le BuSARD VARIÉ (?) est une espèce de l’Amérique septentrionale qui n’est point indiquée par les divers faunistes des Etats - Unis. Latham et Vieillot (2) sont les seuls auteurs qui la mentionnent, et ce dernier s'exprime ainsi : « Chez le mâle, la tête, le cou et les scapulaires sont blanchâtres avec des marques irrégulières d’un brun rougeûtre sur le milieu des plumes. Le dos est brun. Les couvertures supérieures des ailes ont des taches blanches. Leurs pennes sontnoirâtres. La queue porte quelques bandes transversales, presque effacées, sur un fond brun foncé. Les parties inférieures sont blanches avec des taches brunes plus grandes et plus espacées sur la poitrine et sur le ventre. La femelle diffère du mâle en ce qu’elle est d’un quart plus grande, et en ce que sa queue a des bandes plus apparentes et des points blancs. .
25° Le BusARD miÉMAL () qui vit aux Etats-Unis, et qui est très commun en Pensylvanie surtout dang l'hiver, n’a point le collier des autres espèces autour du bec, et les ailes fermées ne vont que jusqu'au milieu de la queue. L'adulte est brun flammé de ferrugineux, La tête, le cou, les couvertures de la queue et le dessous du corps sont blanc tacheté de brunätre.
{) Circus rufulus, Nicill, loc. cit.; Azara, pax, no 11.
(2) Cireus variegatus, Vieill. loc. cit.; falco variegatus, Lath. Ind. 48.
G) C’est aussi le falco variegatus et le falco albidus, de Gmelin,
(4) Falco hyemalis, Gm. Wils. am. orn. pl. 35, fig. 1 (mâle adulte), et falco lineatus, Wils., pl. 53, fig. 3 (Temm.), le Busard d'hiver, Vieill., Encyc., pl, 7:
La queue est alternativement barrée de brun obscur et de brun plus clair. Les jeunes sont brun et ferrugineux, le dessous roussâtre, varié de noir et de blanc. Les ailes et la queue sont noires, les premières avec des taches ; les secondes avec cinq bandes, et lisérées de blanc.
Nous supposons que les busards à croupion blanc (!) et roux (?) ne sont que des variétés de sexe ou d’âge du busard hiémal, mais cependant il y a des différences notables entre les deux espèces admises sous ce dernier nom et par Wilson et par Vieillot. Nous ne connoissons pas le busard des marais (3) figuré par Edwards, pl. 291.
LES BONDRÉES ().
Ont été séparées des buses, sous le nom de pernis ou pernés, que les Grecs et surtout Aristote donnoient à un oiseau de proie inconnu, par M. Cuvier dans le règne animal. Les caractères de cette tribu sont, en effet, très faciles à saisir et ne prêtent point à l’équivoque. A un bec courbé dès la base, crochu et lisse sur ses bords, dont la commissure ne va pas jusqu’à l’œil, les bondrées offrent encore la particularité d’avoir les narines percées en fente étroite et oblique vers le milieu de la mandibule supérieure. Mais leur principal caractère se tire de ce que les plumes qui recouvrent l'intervalle de la commissure et des narines jusqu’à l'œil sont petites, serrées, comme imbriquées ; celles de la joue participent plus ou moins à cette disposition. Les tarses sont courts, gros, robustes et charnus. Ils sont nus dans leur moitié inférieure , épatés à leur articulation, granuleux et charnus sur la plante, à aréoles hexagonales petites sur les tarses auxquelles succèdent, sur les doigts, des rangées d’écailles régulières, élevées, qui en occupent toute la longueur, excepté près de la racine des ongles, où existent cinq vraies écailles sur le pouce, quatre sur le doigt interne et trois sur les médian et externe. Les ongles sont robustes, convexes. comprimés sur les côtés, canaliculés en dessous et très acérés à leur pointe.
Les ailes s'étendent jusqu’au milieu de la queue; les rémiges primaires sont étroites ; mais il n’en est pas de même des secondaires qui sont amples, larges, courtes et arrondies. La première rémige est la plus courte, la deuxième est moins longue que la troisième; celle-ci, la quatrième et la cinquième sont les plus longues; leur tige est robuste; les barbes
() Circus eurogistus, Vieill., Encyc., pl, 8. () Circus Hudsonius, Vieill., pl. 9.
(3) Falco uliginosus, Edw.
() Pernis, Guv., falco, L, etanct.
HISTOIRE NATURELLE
externes sont courtes, tandis que les barbes internes sont beaucoup plus longues. Les unes et les autres sont toutefois plus longues , et comme arrondies à la partie supérieure du rachis. La queue est allongée, composée de douze rectrices roides, élargies, arrondies à leur extrémité.
Le type de ce genre est la bondrée commune (!) représentée par Buffon dans le n°420 de ses Enluminures. Les autres espèces sont nouvelles.
4° La BONDRÉE HUPPÉE (?) habite le continent indien et a été observée aux environs de Pondichéry par Leschenault de Latour, où elle est connue des habitants sous le nom de Pereon-taléparandou. Elle est remarquable par quatre à six plumes brunes, larges et couchées qui forment une huppe sur l’occiput. Le plumage est brun roux, avec des flammèches plus foncées en couleur. Les plumes tibiales sont brunes rayées de blanc, et les couvertures inférieures de la queue, aussi brunâtres, sont zonées de noir, ou de gris clair ou de blanc. Une large bande transversale d’un beau gris cendré, marquée de zigzags plus foncés et encadrée de noir, se dessine sur les pennes secondaires de l'aile, car les rémiges primaires sont rayées de cendré et de brun. La queue est noire avec une large bande blanchâtre plus ou moins marbrée de brun, et est lisérée à son sommet de blanchâtre. Le corps en dessous est d’un brun terne. Le bec et la cire sont bruns, les tarses jaunes. La tête et le cou sont garnis de plumes écailleuses d’un gris poudré.
Les jeunes ou les femelles sont reconnoissables à leur tête grise, pruineuse, sans huppe; leur plumage est roux brun, flammé de brun, et passe sur le bas-ventre au roux fuligineux.
Il paroîtroit que cette bondrée se trouveroit également dans les îles de Java et de Sumatra.
Do La BONDRÉE TACHETÉE (5) a été rapportée du Bengale par M. Bélanger, et à son sujet on ne peut s'empêcher d’avouer que les oiseaux de proie sont un des écueils de l’ornithologie descriptive, tant les espèces varient suivant les âges , les sexes, et même suivant les contrées où elles sont disséminées. Nos connoissances sont loin d’être complètes sous ce rapport, et les naturalistes futurs auront à supprimer plus d’une espéce nominale que, dans l’état actuel de la science, on est, faute demoyens de comparaison, forcé d'établir. Les accipitres toutefois ont jusqu’à ce jour, par les difficultés dont leur étude est hérissée , repoussé la plupart des descripteurs, et leur histoire d’ailleurs pour être complète a besoin d’être illustrée par de bonnes figures.
(:) Falce apivorus, Gm.
(2) Pernis cristata, Cuv.,règ. an, t.I, p. 335, pl. 3, fig. 4: Buteo cristatus, Vieill. Encyel. HN, 1125, falco ptilorhynchus, Temm. pl. ## (adulte).
() Pernis maculosa, Less., zool. de Bélanger, p. 223.
DES OISEAUX
" La bondrée que nous décrivons semble appartenir au jeune âge du falco apivorus d'Europe; mais sa taille , sa patrie, et surtout certaines colorations du plumage ne permettent point de s'arrêter à cette idée.
Ses distinctions spécifiques sont les suivantes : le bec est noir, les tarses et la cire d’un jaune assez vif. Un épais duvet blanc recouvre le corps et forme la base du plumage qui est sec et rigide. Les plumes de la tête sont petites, serrées et lancéolées : toutes sont blanches dans les deux tiers de leur étendue, mais elles sont roux vif à leur extrémité et marquées par une tache noire ovalaire oblongue qui en occupe le milieu. Toutes les parties supérieures du corps sont d’un brun fauve foncé, tirant sur le brun foncé au milieu de chaque plume. Toutefois, les couvertures supérieures de la queue sont blanches et largement rayées en travers de brun roussâtre. Le dessus de la tête et du cou paroit donc émaillé de blanc assez pur, de roux et de taches noires et vives. Les plumes écailleuses des joues sont serrées, squameleuses, petites et d’un roux brun uniforme à leur sommet, tandis que leur base est blanchâtre. Tout le dessous du corps est blanc, légèrement roussâtre au centre de chaque plume où règne une longue flammèche ovalaire oblongue d’un roux brunâtre. Ces flammèches s’effacent sur le ventre pour se nuancer en roussätre par taches régulières et simulant des bandes, surtout sur les longues couvertures des jambes et sur celles de la queue. Les couvertures des ailes sont blanches à la base et d’un côté, et d’un brun roux frangé de blanc sur un bord et à l'extrémité. Il en résulte çà et là par le dérangement des plumes des taches blanchâtres. Les rémiges moyennes sont brunes ondées de brun, plus foncées et terminées de blanc. Cette même disposition de couleur se fait remarquer à la base des grandes rémiges, tandis que leur extrémité est d’un brun franc et décidé. |
Les rectrices sont d’un roux brun moiré de noir par zones à leur extrémité, où règne surtout un large ruban noir que relève une bordure roux fauve, tandis que leur base est parsemée de taches blanches. En dessous chacune d’elles semble grise avec les mêmes taches brunâtres répétées. Les tiges sont brunes, lustrées en dessous. Le dedans des ailes affecte la même disposition dans ses couleurs, car la partie interne des rémiges est blancheavec destaches de rouille et des ondes brunes.
L'individu que nous décrivons est-il du jeune âge? ou une femelle? Cette dernière opinion nous paroît probable, mais nous ne possédons aucun fait qui puisse nous mettre à même de résoudre cette double question.
Le bec des bondrées est peu robuste. Celui de notre espèce est caréné, crochu, mais à côtés dilatés,
IL
surtout à leur partie moyenne ; la mandibule inférieure est assez large, assez convexe. Il est aisé de se rendre compte du peu de besoin de dents qu’éprouvent les oiseaux et surtout les accipitres par la forme de leur bec. Le bord coupant d’un rostre n’est en effet que la modification la plus simple du système dentaire des animaux carnassiers, Les bords coupants de la pointe recourbée sont des incisives et des incisives puissantes, où se décèle une énergie peu commune dans des dents ou usures qui remplacent les canines, tandis que les molaires ou les vraies mâchelières sont remplacées par un rebord plus épais de la portion reculée des mandibules, en même temps que celte partie a reçu, pour faire loffice que nous indiquons, non seulement un doublement, mais encore un point d’appui dans la portion vraiment solide des maxillaires.
La bondrée tachetée a deux pieds deux pouces de longueur totale ; ses ailes en ont quatorze, sa queue dix, et son bec, de la commissure à la pointe, dix lignes. Elle vit dans le Bengale, comme ses congénères, d'insectes, d’abeilles et de petits oiseaux.
Les naturalistes n’ont admis jusqu’à présent que deux espèces bien déterminées dans le genre pernis. L'une la bondrée d'Europe, et l’autre la bondrée huppée. Seroit-ce à cette dernière espèce et dans une livrée très incomplète, qu’appartiendroit notre bondrée tachetée? On ne peut se dissimuler que trop de dissemblances existent pour que nous puissions adopter ce rapprochement.
Nous n’indiquerons qu’avec doute et succinctement les trois espèces de bondrées que nous avons admises dans notre traité d’ornithologie, et qui pourroient bien être des états différents d’espèces dont l’âge adulte ne seroit pas connu. Ce sont :
49 La BONDRÉE A COLLIER NOIR (!) dont le plumage est gris blanc roussâtre, plus clair sur la tête, où chaque plume se trouve rayée de noir. Le manteau est brun, mais chaque plume est cerelée de blanchâtre. La gorge, de cette dernière teinte, est enveloppée d’un cercle irrégulier de noir ; plusieurs plumes droites, noires, sont implantées dans l’occiput. La poitrine est jaunâtre, le ventre roux clair maillé de brun, la queue blanche largement rayée de deux bandes noires. Le bec est brun et les tarses sont jaunes.
2° La BONDRÉE A COLLIER ROUX (?) de la taille de la bondrée huppée, a le bec noir, les tarses gris, les plumes écailleuses de la face gris perlé pruineux, la tête et les côtés du cou d’un roux vif, nuancé de noirâtre, la gorge blanche avec un large collier roux au devant du cou. Les parties inférieures sont blanches avec un trait brun et délicat sur
(:) Pernis torquata, Less. orn., p, 76, (2) Pernis ruficollis, ibid.
{a tige de chaque plume. Les tarses sont assez Vétus. La queue est blanche, traversée par trois raies noires; la huppe est petite et à peine marquée sur l’occiput.
5° La BONDRÉE A GOSIER BLANC (!) a le bec noir, les tarses jaune serin, un large sourcil blanchâtre audessus de l'œil, l’occiput brun roux varié de blanc, les plumes écailleuses du devant de l'œil brunes, le cou en arrière et sur les côtés, flammé de brun. Le manteau, les ailes brun , mais chaque plume cerclée de brun clair. La gorge est blanche, sans taches. Les parties inférieures blanches sont flammées de brun vif, La tête n’a point de huppe. La queue est longue, un peu étagée, rayée de zones flexucuses d'un fauve clair.
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LES BUSAIGLES().
© Sont des rapaces qui tiennent autant des aigles que des buses. Ce groupe devra même être très probablement réuni à celui des SPIZASTURES, que nous avons mentionné p. 419. Les busaigles diffèrent des aigles, parce que leur bec est recourbé dès la base, où s'ouvrent des narines obliques : elles s’éloignent des spizaëtes, parce que leurs ailes sont aussi ou plus longues que la queue ; elles diffèrent des buses parce que leurs tarses sont vêtus jusqu'aux doigts. Le type de cette tribu est la buse pattue (®), répandue dans presque toute l’Europe et dans le nord de l'Amérique, et qui a été décrite sous divers noms. Son plumage est varié de blanc et de brun par flammèches égales ; le ventre et les flancs sont généralement bruns, marqués de roux; les cuisses brunâtres flammées de brun, les doigts jaunâtres, les couvertures inférieures blanches : un trait noir forme une sorte de sourcil au-dessus de l'œil. La queue est terminée de blanchâtre.
Peut-être devroit-on ajouter à cette tribu la buse à culotte noire, figurée par M. Temminck, dans la pl. 79, et que Vieillot a représentée à la pl. 44 de sa galerie du Muséum, et que nous avons décrite, p. 419, sous le nom de spizasture à calotte noire. Mis une espèce distincte de ce genre est :
La busaigle noire, ou buse de Saint-Jean-de- Pennant (‘) qui se montre dans le nord des États-
() Pernis albogularis, ibid.
(2) Butactes Less. Ornith.
6) Falco lagopus, Gm. Levaill., Af. pl. 48. Butco lagopus, Vieill. Encyel. IX, 4225. Wils., am,, Ornith., t. IV, pl. 33, f. 1. Falco lagopus, Brit. zool. Falco communis, var. leucocephalus , Frisch, 75. Falco Santi- Joannis, Penn., arcet. zool., pl. 9.
(4) Falco Sancti Joannis, Gm. Falco niger, Wils., pl. 53, fig. 1 (mâle), et pl. 55, fig. 2 (jeune). Falco Terræ- Nov, Lalh.
HISTOIRE NATURELLE
Unis, et surtout dans l'État de Pensylvanie pendant les hivers, bien qu’elle y soit rare. Elle à son plumage noir, mais les yeux cerclés de blanc; sa queue est arrondie, rayée d’étroites bandelettes blanches, et liserée de cette même couleur. Les jeunes sont variés de blanc, de brun, et de ferrugineux.
LA BUSE GORAGANG (1).
Est un espèce de busaigle peu connue, et qui vit à la Nouvelle-Hollande, où les naturels la nomment goora-agang dont on a fait goragang. Sa taille est celle de l’oiseau Saint-Martin, et son plumage est brunâtre sombre tirant au brun chocolat ; le cou en dessus et les scapulaires sont émaillés de taches ferrugineuses. Les ailes ont des lignes en zigzag , et la queue est barrée. La poitrine et le dessous du corps sont blanc jaunâtre avec des petites raies noirâtres. Les plumes qui revêtent les tarses sont cendré pâle. Du blanc marque la nuque et les épaules.