‹ Compléments de BuffonChapitre 42 sur 667 · LES BUSES · texte numérisé non relu

LES BUSES

Ont le bec recourhé dès la base, les bords des mandibules légèrement flexueux, la commissure fendue jusque sous les yeux, l’espace entre l’œil et les narines couvert de poils. Les narines sont droites, irrégulièérement arrondies, nues, ouvertes. Les tarses, non emplumés, sont robustes, garnis d’une seule rangée d’écailles en avant et sur le dos des doigts, et réticulés dans le reste de leur étendue. Les ailes sont aussi longues ou plus longues que la queue, et celle-ci est arrondie à son extrémité.

Ces rapaces sont faciles à distinguer des busards, par leur tête plus large, le cou moins long, le corps plus trapu, et les jambes plus courtes et plus grosses, car ceux-ci ont des formes déliées et sveltes, et des jambes assez grêles. Leurs mœurs se rapprochent de celles des milans. L'opinion générale leur prête des habitudes voraces et lâches, et en fait le type de la stupidité : les buses sont très gloutonnes, il est vrai, toujours affamées, mais leur astuce, au contraire, et leur courage sont dignes d’être cités dans une foule de circonstances. Ces oiseaux ont une vue parfaite, une ouïe très fine, une grande patience pour guctter leur proie, une ténacité des plus opiniâtres pour s'en emparer, aussi leur caractère est-

() Buteo connivens, Vicill, Encycl. HI, 1226. Falco connivens, Lath., Ind. supp.

(2) Buteo Bechst, Cuv.

DES OISEAUX

il rebelle à l'éducation, et jamais les fauconniers n’ont pu les dresser pour la chasse. Les vraies buses établissent de préférence ieurs domiciles dans les plaines, dans les prairies riches en gibier ; elles fréquentent les lieux habités, pour prélever leurs dimes sur les oiseaux de basse-cour. On les voit chasser avec ardeur les taupes, les campagnols, les gros insectes; mais ce sont surtout les destructeurs les plus ardents des cailles, des perdrix, ete.

Le type de cette tribu est Ja BUSE COMMUNE (1) que Buffon à soigneusement décrite, et qui est figurée planche 419 de ses enluminures. On sait que ies diverses livrées qu’elle affecte suivant les âges, les saisons, les sexes, ont donné lieu aux naturalistes de créer des espèces nominales (2). Toutes les buses, dont les descriptions suivent, ont été inconnues à Buffon.

4e La BUSE TACHARDE (3), que Levaillant se procura en Afrique, vit dans l’intérieur du cap de Bonne- Espérance, sur les bords de la rivière des Lions; son bec est foible, mais ses serres sont assez grandes et arquées, et les tarses sont un peu emplumés audessous de l'articulation. La tête est d’un brun gris, relevé par quelques traits blancs dus à la base des plumes qui se montrent, car toutes sont blanches, le sommet excepté. La gorge et la poitrine sont blanchâtres et tachetées de brun. Tout le dessous du corps porte de larges taches brunes sur un fond roussâtre. Les scapulaires et les couvertures des ailes sont d’un brun foncé, mais chacune des plumes étant bordée d’une couleur plus foible, elles se détachent et se dessinent séparément sur le fond : la queue en dessus est d’un brun foncé, que coupent de larges bandes noirâtres, et en dessous d’un gris blanc ondé d’an gris brun léger, avec une foible trace des raies déjà indiquées. La base du bec est jaunâtre, mais la mandibule supérieure est noire, et l’inférieure jaune. Le nu des tarses tire au jaunâtre, ct les ongles sont brun cannelle; œil a son iris brun foncé rougeûtre. L'extrémité de la queue est coupée carrément.

2° Le rOUNOïR (4) est un de ces oiseaux de proie privilégiés que les hommes respectent, parce qu’il les débarrasse des petits animaux qui pullulent dans leurs cultures. Il vit dans tous les lieux habités, au cap de Bonne-Espérance, et a recu des colons le nom de jakal-vogel, ou d’oiseau jackal, par l’analogie de

(‘) Falco Buteo, L. Buteo vulgaris, Bechst. Proceed. #, 50.

(+) La grosse buse { Falco gallinarius, Gm.), la buse tachelée ( falco pœvius, Gm.), la buse blanche, la buse cendrée ou faucon de la baie d'Hudson de Buffon ( ou falco albidus et versicolor, Gm.), ne sont que des états différents de la buse commune.

() Falco tackardus, Daud. L. Tachard, Lev., Af.,

() Falco Jaczal, Daud, Lev., Af., pl. 16.

son cri avec celui de cette espèce de renard africain, et aussi de rotte-vanger, ou de preneur de rats. Cette buse, protégée par les services qu'elle rend aux cultivateurs, est très familière, et pour ainsi dire domestique. Elle passe le jour dans les terres labourées, où elle se tient perchée sur la motte la plus élevée ou sur quelque buisson, s’il s’en trouve sur la limite du champ ensemencé ; et c’est de la position qu’elle a prise, qu’elle guette les petits quadrupèdes qui lui servent de pâture. Aux approches de la nuit, elle retourne près des maisons, se percher sur les arbres ou sur les haies qui entourent les pares où l’on enferme les bestiaux. C'est sur les arbres ou au milieu des buissons les plus épais qu’elle fait son nid, composé de menu bois et de mousse, et doublé d’une manière douillette de filaments de laine et de p'umcs molles. La ponte n'est que de trois œufs, rarement de quatre, et le plus souvent de deux seulement; ct comme on respecte sa nichée , il en résulte que cette buse est très multipliée malgré sa foible ponte.

Indépendamment des terres de la colonie, dit Levaillant, le rounoir habite encore toute la partie de l'Afrique que ce voyageur a parcourue, car il a rencontré dans le voisinage de toutes les hordes sauvages. Cet oiseau, qui se laisse facilement approcher par l’homme, est cependant d’un naturel foible et craintif, et tellement lâche, que la pie-grièche fiscal lui donne la chasse et le met en fuite.

Le rounoir est de la taille de la buse d'Europe, mais ses formes sont plus ramassées et sa queue est moins longue. Ses ailes s'étendent presque jusqu’au bout de la queue, qui est coupée carrément. Ce nom de rounoir, imposé par Levaillant, est tiré de la disposition principale des couleurs, qui sont le roux et le noir brun. Cette dernière teinte domine sur la tête, le cou et le manteau. La gorge est variée par un mélange de blanc, se nuançant en roussâtre aux confins de la poitrine, qui est entièrement roux ferrugineux, flambé de flammèches noirâtres. Le dessous du corps est varié de noir et de blanc sale. Les rémiges sont noirâtres, avec des bandes plus claires à leur naissance, et du blanchâtre sur les barbes intérieures. Les pennes sont noirâtres au bout et comme marbrées à leurs barbes extérieures, et sont de plus rayées transversalement de blanc et de noirâtre. Les rectrices sont en dessus d’un roux foncé, avec une tache noire vers le bout de chaque plume : les deux plus externes seules ont des bandes noiràtres. En dessous elle est d'un gris roussätre. La base du bee, les pieds et les doigts sont jaune terne. Le bec et les ongles sont presque noirs. L’œil, qui est très gros, est d’un brun foncé.

Le mâle et la femelle de cette espèce sont presque toujours appariés et ne se quittent que très rarement. Le soir, avant de venir se percher pour le repos de la nuit, on les voit tournoyer ensemble à peu de

hauteur au-dessus du sol, en poussant des cris aigus et rauques, qui leur ont valu le nom d'oiseau jackal qu’ils portent chez les colons du Cap. Dans celte espèce, le mâle est moins fort dans toutes ses dimensions que la femelle. Son noir est moins lavé, et le roux de sa poitrine est plus foncé et plus mélangé de flammes noires.

5° Le noucr1 (1) est encore une buse d'Afrique à plumage peint de deux principales couleurs, ainsi que l'indique le nom que lui a donné Levaillant. Un roux ferrugineux, plus ou moins foncé, teint le corps, mais cependant il faut en excepter les rémiges primaires qui sont noires et les plumes du cou en devant, celles de la poitrine et les couvertures ioférieures de la queue qui sont d’un gris blanchâtre. La queue elle-même est entièrement rousse en dessus, mais la coloration grise du dessous est coupée par quelques bandes transversales peu apparentes. Le roux du ventre est plus clair que celui du manteau ; il est aussi flambé de quelques traits noirâtres. Le bec et les pieds sont d’un beau jaune citron. Les ongles sont noirs, et l’œil est rougeätre.

Cette buse est sédentaire comme le rounoir, bien qu’on pourroit la regarder, relativement à cette dernière espèce, comme la buse sauvage du Cap, tandis que le rounoir en seroit la buse domestique. Levaillant suppose même que le rougri, plus petit et moins fort que le rounoir, aura été contraint par celui-ci à quitter les terres cultivées de la colonie pour se reléguer dans les cantons arides et abandonnés. Quoique la ponte du rougri soit aussi de trois et quelquefois de quatre œufs, l'espèce en est cependant plus rare et moins nombreuse que celle du rounoir. Cet oiseau vit de taupes, de rats, de souris et même d'insectes. Son cri approche beaucoup de celui de la buse d'Europe. Le mâle et la femelle paroissent fort attachés l’un à l’autre, et c’est aussi dans les buissons qu’ils déposent leur nid.

4° La BUSE PALE Ou LIVIDE (?) est une espèce d’Asie qui paroiît répandue sur le continent de l’Inde et dans les îles de l'archipel de l’est, telles que Célèbes, Java et Sumatra. Elle est remarquable par les teintes päles de son plumage, par la couleur rousse de sa queue, et par le roux vif des barbes internes des rémiges. Ses dimensions sont moins fortes que celles de la buse commune. La queue est égale, et les ailes aboutissent à un pouce de son extrémité. La région ophthalmique entière est nue, et la cire est garnie de quelques poils noirs très courts. Toutes les parties supérieures du plumage offrent un mélange de teintes d’un brun pâle. La couleur plus foncée, souvent noirâtre des baguettes, forme sur la ligne

(r) Butco desertorum, Vieïll., Encycl. HE, Levaill., Af., pl. 17,t.1, p. 49. Falco desertorum, Lalh.Ind. () Falco liventer, Temm.,pl. 438 (mâle adulte }.

HISTOIRE NATURELLE

moyenne de toutes les plumes de ces parties une raie longitudinale. Le brun des parties supérieures est, sur la tête et le cou, légèrement nuancé de cendré, tandis que les ailes offrent un mélange de roussâtre. La gorge est marquée longitudinalement de blanc à mèches grises. La poitrine et le ventre sont d'un brun cendré à baguettes des plumes plus foncées. On distingue quelques petites taches blanches vers la région de l’abdomen. Cette partie et les plumes tibiales sont d’un blanc pur. Les ailes sont en dedans d’un blanc parfait. Les grandes barbes des rémiges sont d’un roux frais et rayées à de grands intervalles de traits noirs, tandis que les petites ou les externes sont grises. Les rectrices sont roussâtres, rayées de bandelettes noires, étroites et distantes. La queue est assez largement barrée de noir, vers son extrémité liserée de roux blanchâtre. Les tarses, la cire, le nu du pourtour de l’æil, sont colorés en jaune. Les mandibules sont noires à leur pointe, Le mâle a seize pouces et la femelle davantage. 1

5° La BUSE A JOUES GRISES (1) a été rapportée de Manille par M. Dussumier, et appartient par conséquent aux îles Philippines. Sa taille est de moitié moins forte que celle de la buse de France. Son bec est un peu plus foible et plus droit que celui de notre buse. Ses ailes longues aboutissent à peu de distance de l'extrémité de la queue, qui est longue et foiblement arrondie. Ses tarses sont allongés et foibles comme ceux des autours. Les joues ont du gris clair; la gorge est blanche, mais elle a dans le milieu une bandelette verticale cendrée, et ces deux particularités servent à la désignation du mâle adulte. Le manteau est d’an roux teinté de brun, et les baguettes des plumes sont brunes. Les rémiges, blanchâtres sur les barbes intérieures, sont noirâtres vers le bout, et barrées à de grandes distances de rubans noirs. La queue brun uni a quatre raies brun clair. Les yeux sont surmontés de sortes de sourcils blancs, mêlés de plumes grises. La poitrine est d’un brun uniforme. Le ventre, les cuisses et l'abdomen sont rayés transversalement de larges bandes brunes roussâtres, ct de bandes plus étroites d’un blanc pur. La base du bec et la cire sont jaunes, mais la pointe des deux mandibules est noire. Le mâle a dix-sept pouces, et les tarses deux pouces sept lignes.

Un mâle, seulement long de quinze pouces, conservoit quelques plumes de la livrée du jeune âge. Le dos étoit moucheté par de longues flammèches brunes bordées de blanc roussâtre; une marbrure rousse se dessinoit sur le fond brun de la poitrine, émaillée de taches blanches. La couleur blanche dominoit au ventre et aux cuisses, et le nombre des bandelettes brunes de la queue étoit plus grand que chez l'adulte.

Le

(1) Falco poliogenys, Term. pl. 325 (mâle adulte).

DES OISEAUX

6° La Buse BLANCHET (1) a été envoyée de Pondichéry, au Muséum de Paris, par le voyageur Leschenault de Latour. Elle est caractérisée par des plumes longues qui forment une huppe penchée sur l’occiput. Les régions auriculaires et malaires sont couvertes de plumes noires. Le dessous du corps est d’un blanc neigeux varié sur la poitrine par quelques maculatures brunes clair-semées, par des petites raies longitudinales sur les flancs, et par de foibles indices de bandes transversales sur les plumes tibiales. La tête et la nuque sont d’un blanchâtre lavé de roussâtre clair, et chaque petite plume a une zone brunâtre à son milieu. Le dos et les ailes sont d’un brun foncé marqué de grandes taches blanches, et les pennes des ailes sont terminées de blane. Des bandes alternatives au nombre de six, trois brun foncé et trois brun clair, coupent la queue en dessus, tandis qu’en dessous elles sont brunes et blanches. Les tarses sont recouverts d’écailles hexagonales cendrées (?). Le bec est noir.

7° La BUSE A QUEUE BLANCHE (3) vit dans l’Amérique méridionale, et n’a point encore été figurée. Elle a le front blanc sale, la tête et le dessous du cou variés de noirâtre et de brun, le dessus du corps brun, avec des lignes festonnées et transversales, le menton noirâtre, toutes les parties postérieures d’un beau blanc, avec quelques festons étroits et noirâtres sur les flancs et sur les couvertures inférieures des ailes, à l’exception des petites dont les festons sont roux. La queue est blanche, à peine rayée de noirâtre en dessus, et barrée en dessous, vers son sommet, d’une bande noire assez large, que côtoie une autre bande cendrée de la même dimension. Les grandes couvertures et les rémiges sont noirâtres, la cire est jaune et l'iris brun. Les ailes au repos dépassent la queue d’un pouce environ.

8° Le pusErAI (À) se rapproche par la taille du busard des marais. Les ailes ployées s'étendent jusqu’à l'extrémité de la queue, dont toutes les pennes sont d’égale longueur; le bec et les ongles sont noirs, et la base du bec paroît être bleuâtre. La tête, le cou et la poitrine sont d’un blanc roux marqué de brun, mais ce brun prend une teinte plus noire sur le sommet de la tête, et s’étend en larges coups de pinceau sur le cou en arrière et en bas. Les rémiges sont noirâtres ; les pennes secondaires, les scapulaires et les petites couvertures sont roux brun couleur de châtaigne , plus ou moins taché ou rayé de noir brun. La queuc elle-même porte des rayures noires

(r) Falco albidus, Cuy. Temm. pl. 19 (adulte.

() Cette buse devra peut-être étre rangée avec les hœæmathornis, Voy. p. 43.

() Buteo albicaudatus, Vicill., Encyel. HI, 1223.

(4) Buteo Busarellus, Vieill. Falco Busarellus, Daud, Levaill., Af,, pl. 20 , le busard roux de Cayenne, Mauduit, Encycl.

en zigzag sur un fond roux nuancé de jaunâtre, et se termine par un liseré noir. Le ventre et les jambes sont d’un roux clair, rayé transversalement de noir brun.

On ignore les habitudes du buserai qui vit à Cayenne. -

9° La BUSE MANTELÉE (!) habite le Brésil. Ses jambes sont un peu plus minces et plus longues proportionnellement que ces parties chez la buse commune d'Europe. La tête, la nuque, la gorge et toutes les parties inférieures sont d'un blanc sans taches. Le manteau , le bas du dos et les ailes sont d’un ardoisé mat nuancé de grisätre. La base et la partie interne des barbes des pennes alaires sont d’un blanc pur. La queue n’est point totalement blanche; sa naissance et le large espace qui sépare les deux bandes transversales sont de cette couleur. La bande placée vers le croupion est remarquablement élargie et ardoisée, celle qui traverse les rémiges à leur extrémité est d’un ardoisé mat. Le bec est noir et les pieds sont jaunes. Ce rap:ce a de longueur totale quinze pouces. Le jeune âge et la femelle sont inconnus.

40° La BUSE À DOS TACHETÉ (?) est de la Guyane francoise, et paroît ne pas être rare à Cayenne; on peut la distinguer dès la première vue à son plumage d’une blancheur éblouissante, et au noir profond des pennes des ailes et de la queue. On ignore les mœurs de ce rapace, que M. Temminck décrit en ces termes : « Du blanc pur est répandu sur la tête, au cou, ainsi que sur toutes les autres parties du corps. La queue est blanche à la base, puis noire, et terminée par une large bande d’un blanc pur. Toute l'aile est noire, tachée de blanc. C’est à ces taches blanches en forme de croissant, disposées à l’extrémité des couvertures et pennes alaires, que la dénomination de buse à dos tacheté a été cmpruntée. Le bec est noir, et les pieds semblent tirer au roussâtre. Sa taille est celle de la buse d'Europe.» On ne connoit ni les jeunes, ni la femelle de cet oiseau de proie.

149 La BUSE AUX AILES LONGUES (3) est {rès commune au Brésil. C’est un oiseau de proie dont la gorge, la tête, les joues, le cou et le haut du dos sont d’un noir ardoisé. Les scapulaires sont tachés de brun sur un fond roux vif. Le devant du cou, toutes les parties inférieures et les couvertures du dessous des ailes sont d’un blanc pur; ces couvertures, ainsi que les flancs, sont rayés transversalement de traits fins roux ou roussâtres, et dirigés en zigzags. La queue qui n’est pas très longue, bien qu'égale , est d’un blanc à douce nuance gris de perle

() Falco lacernulatus, Temm., pl. 457 (adulte).

() Falco pæcinolotus, Cuv. Temm., pl. 9 (adulte).

() Falco peteroctes, Temm , pl. 56 (adulte), et 139 (jeune de l'anné2).

que relève une large bande noire vers son extrémité. La partie blanche est marquée en dessus de six à sept fines raies transversales et zigzaguées, et en dessous de taches qui les remplacent. La queue est bordée de blanc. Quelques individus plus jeunes ont de petites taches brunes sur le blanc de la poitrine, et du roussâtre sur les ailes; les pennes secondaires des ailes sont rayées de bandes cendrées et blanchätres, ou brunes cendrées. Les rémiges primaires ont, elles, des bandes cendrées et noires. Les dimensions des mâles varient entre seize et dix-sept pouces, et celles des femelles entre vingt et vingt-un.

Les jeunes de l’année ont le lorum ei le front blanes, les joues et les côtés du cou jaune roussätre, marqué de petites mèches noirâtres. La tête, la gorge, le devant du cou et le dos sont noirs. Sur ces parties apparoissent quelques taches plus claires, ou bien toutes les plumes sont terminées de roussâtre. Les ailes et le dos sont d’un noir couleur d’ardoise, et toutes les plumes sont frangées de roussâtre. Sur les scapulaires se décèlent quelques indices de roux vif et pur qui colore ces parties chez les adultes. Le dessous du corps est d’un blanc sale teinté de roussâtre, et varié de taches brunes et roussâtres qui disparoissent avec l’âge et se changent en stries sur les flancs. La queue est blanche, irrégulièrement barriolée de lignes brunes pius ou moins rapprochées.

42° La Buse BRUNE (!) que M. Vicillot indique comme propre à l'Amérique septentrionale, et qu'il a figurée, planche 5 de son histoire des oiseaux de cette partie du globe, a la tête brune variée de fauve, le dessus du cou brun tacheté de noirâtre, le dos et le croupion noirâtres, le dessous du corps gris sale tacheté de brun. La queue est d’un ferrugineux pâle, et rayée transversalement de brun. Le bec est noir, l'iris bleuâtre, et les pieds sont jaunes.

45° La BUSE FAUVE (?) est une espèce peu connue, qu’on dit se trouver sur les montagnes des grandes Antilles. Elle a le dessus du corps brun jaunâtre varié de brun, des bandes brunes, peu apparentes sur la queue, le bec noir, la cire et les picds jaunes.

449 La BUSE À QUEUE FERRUGINEUSE (?) est indiquée aux Etats-Unis par M. Vieillot, et cet auteur signale surtout son existence dans la Caroline du Sud. Elle a l'iris brun jaunâtre, les plumes de la tête et de la nuque brunes à leur sommet, et blanches dans le reste de leur étendue ; celles du cou, du dos et des couvertures supérieures des ailes sont brun noirâtre dans le milieu, et brun clair sur les bords. Les rémiges, cendré foncé, sont traversées de bandes

(1) Buteo fuscus, Vicillot, Am., pl. 5. Encyel. I, 14220.

(2) B. fulvus, Vieill. IX, 1220. Falco Jamaicensis, Gm. Lath. Ind., n.49.

3) B, Americanus, Vicill, Am, sept , pl, 6. Encycl. it,

HISTOIRE NATURELTE

noires. Le dessous du corps blanc est tacheté de brun. Les flancs sont brunâtres. La queue est d’un gris fefrugineux pâle, que relèvent sept raies transversales noirâtres, et. se termine par un liseré blanc; les plumes tibiales sont variées de brun.

LES BUSONS (!.

Ont un bec long, d’abord droit, renflé sur les bords, de manière à simuler une dent. La mandibule inférieure est échancrée au bout. La face est nue: les narines sont ouvertes, petites, arrondies, et presque dorsales sur la voûte du bec, qui est d’ailleurs comprimé sur les côtés. Les ailes sont concaves, et n’atteignent que le milieu de la queue, qui est courte et coupée carrément à l’extrémité. Les tarses assez longs, emplumés jusqu’à l'articulation seulement, sont garnis d’écailles en une rangée antérieure remplacées par des réseaux sur les côtés et en arrière. Leur tête est petite; leur corps est lourd et massif.

Cette tribu ne renferme qu’une espèce dont les habitudes ne sont pas connues, et qui vit à la Guyane où l’a observée M. Leblond, et au Paraguay, puisque d'Azara la mentionne sous le nom de Gavilan de estero rozo obscuro. C’est le Busox de Levaillant (?), oiseau de la taille à peu près de la soubuse. Les pieds et les ongles sont d’un noir de corne, et le bec n’a de jaune qu’à sa pointe. La tête et le cou sont couverts de plumes, noires à leur extrémité, et blanches dans la partie qui est cachée lorsqu'elles sont naturellement couchées les unes sur les autres. Les rémiges sont noires dans leur plus grande étendue, et marbrées de blanc et de roux sur leurs barbes intérieures. Les suivantes sont d’un roux cannelle, flambé de noir, ettoutes ont leur extrémité noir brun. Le manteau, les scapulaires et les petites couvertures des ailes, sont, tant en dessus qu’en dessous, d’un noir brun plus ou moins mélangé et bordé de roux. Les rectrices sont noires, et portent chacune vers le milieu une bande blanche, et un liseré, également blanc à leur terminaison; mais à leur base, sous les couvertures supérieures, elles sont nuancées de roux. Toutes les parties inférieures du corps, aiusi que les plumes tibiales portent une

rayure noire sur un fond roussâtre. Les ailes ployées

ne vont que jusqu’au milieu de la queue.

(1) Buteogallus, Less.

(2) Falco Buson, Lalh., Shaw., Lev, Af., pl. 21. Caracara Buson, Vicill. Encye. IE, 1182.

DES OISEAUX

LES COUHIEHS (').

Sont des milans que l’on sépare du groupe primitif, parce qu’ils ont pour caractères, un bec médiocre, grêle, comprimé; des tarses très courts, réticulés, à demi vêtus de plumes au-dessous de l'articulation. Leurs ailes sont longues, et leur queue est peu échancrée ou légèrement étagée. Ce nom de couhieh appartient, chez les Egyptiens, au BLAC, type des oiseaux de cette tribu, et M. Savigny en fait un terme générique , bien qu’on en ait retiré deux espèces depuis cet auteur pour en faire une nouvelle section, celle de nauclers.

Jules-César Savigny, avec cette prodigieuse exactitude qui caractérise tous ses travaux, a défini ainsi les caractères des elanus, et nous aimons à conserver le sens précis de ses descriptions, avec d'autant plus d’empressement que l’ouvrage qui les renferme est assez rare à se procurer. Ainsi s'exprime cet auteur : « Le bec est petit, assez incliné dès Ja base, très comprimé, et gros et arrondi sur son angle dorsal. La cire très courte est à demi hispide. Les narines sont ovalaires, placées en long ou à peu près, et cachées en grande partie par les soies recourbées qui naissent entre elles et les yeux. La mandibule inférieure a le bassin relevé d’une côte arrondie et fort saillante surtout vers le bout. La langue est large à la base, puis rétrécie, simplement arrondie par dessous. Ses cornes sont hérissées de papilles en dessus, et sa pointe demi-pellucide est échancerée en cœur. La bouche se trouve fendue jusque sous les yeux. Les tarses, empennés très bas par devant, sont très courts, très épais, garnis d’écailles fines, grenues, égales et disposées en quinconce. Les doigts sont gros, dénudés de membranes, l’intermédiaire excédant de peu les latéraux. La dernière phalange du doigt interne débordant celle de l'extérieur. Les ongles sont grands ct inégaux. L'intérieur et le postérieur sont les plus forts, très courbés, très acérés à la pointe, lisses et arrondis en dessous, celui du milieu offrant néanmoins une tranche saillante formée par son bord interne. Les ailes sont très longues, acuminées. Deux rémiges se trouvent être échancrées, mais légèrement, et seulement vers la pointe. La première est un peu plus courte que la seconde, qui est la plus longue de toutes. Les suivantes, depuis la quatrième jusqu’à la dixième, sont régulièrement étagées. La queue est médiocre etéchancrée. La tête est très aplatie sur le vertex. »

Nous avons cité textuellement les caractères précisés par M. Savigny, comme un type d'exactitude

() Elanus, Savig. Syst. des oiseaux de l'Egypte et de la Syrie, p. 37. Elanoïides, Vieill.

susceptible de servir de modèle dans l'établissement des genres en ornithologie.

4° Le BLAC ou COuHIEN (1), commun sur les côtes de la Syrie, de l'Egypte, de la Barbarie, a sans doute, dit M. Savigny, été connu des anciens Grecs. C'est de tous les éperviers celui qui méritoit le mieux les surnoms d’évvrripos et de ravucirrepus, qu'ils ont donnés à certaines espèces. C’est probablement l’ierax d’Ælien (?), et certainement l’aayos d'Hesych (). Les Egyptiens de Damiette, de Menzaleh, de Fareskour, et d’à peu près tout le Delta, le nomment kouhyeh, et quelques Arabes zarraq.

Le blac n'est pas seulement répandu en Afrique, on le trouve dans les deux Amériques, dans le sud et dans l’ouest de l'Asie, dans les îles de Java, à la Nouvelle-Galles du Sud. M. Franklin l’a tué sur le continent de l’Inde, entre Benarès et Calcutta. C’est donc une de ces espèces cosmopolites qui sont répandues dans une grande étendue de pays. Levaillant, en le décrivant avec cette sagacité d’un œil habile à comparer les formes des oiseaux, est véritablement le premier auteur qui ait proposé de le séparer des milans. « Ainsi, disoit-il, d’après » un coup d'œil que j'ose dire très exercé, je me » réfuse à rapporter le blac au genre du milan, non » seulement par ses caraclères, mais encore par ses » habitudes et sa façon de vivre, qui diffèrent totale- » ment de celles de cet oiseau, avec lequel il tient » cependant par sa queue fourchue et par ses lon- » gues ailes. Je lui trouve beaucoup plus d’analogie » avec l'oiseau décrit par Brisson, sous le nom de » miian de la Caroline. Je rangerai done le blac à » côté de ce prétendu milan de la Caroline, d’au- » tant plus que leurs mœurs sont les mêmes, » d’après ce que dit Catesby, qui parle de cet oiseau » américain sous le nom d’épervier à queue d’hi- » rondelle. »

Le blac a la queue très peu fourchue , car la plus longue rectrice de chaque côté n’excède que d’un pouce celles du milieu, qui sont les plus courtes : aussi, par ce caractère, il est aisé de le distinguer du milan de la Caroline, dont les plus grandes pennes ont huit pouces de plus que les autres. Le mâle adulte est de la taille de la cresserelle femelle d'Europe. El est facile à reconnoitre par le noir qui teiut les couvertures de ses ailes, par le blanc du corps sur les parties antérieures, par le gris roussätre de

{) Elanus cœsius, Sav., Egypt., p. 38, pl. 2, fig. 2. Le Blac, Levaill., Af. pl. 36 et 37, t. I, p. 147. Falco melcnopterus, Daudin, Ornith., t. IH, p. 152. Espéce d'oiseau de proie, Sonnini, voy. en Egypte, t, I, p. 59 et suiv. Ch. Bonap. Gen., p. 30. Proceed. 1, 1415, Leach, misc,, pl. 122, t. HE. Vig.Horsf., trans. soc. linn.,t, XV, part.1 p. 185.

() De anim. an., lib. XI1, cap. 4.

(3) Anomat. élém,

son manteau, de la têté et du cou en arrière. Les rémiges sont d’une couleur cendrée plus ou moins foncée, et toutes sont terminées de blanc. Les scapulaires sont frangés de roussâtre fauve. La queue est blanche en dessous et d’un gris nué de roussâtre par dessus. Les deux rectrices du milieu , plus entièrement de cette couleur, sont, de même que les autres, terminées de blanc. L’œil est surmonté de noir, et a son iris orangé vif : du noir occupe encore l'espace compris entre les narines et l’œil. Les serres sont noires, ainsi que la mandibule supérieure, tandis que l’inférieure n’a du noir qu’à son extrémité, car la base est jaune, ainsi que les doigts et les tarses. Les yeux <ont rouge orangé. L’aile ployée s'étend plus loin que le bout de la queue. La femelle diffère du mâle par sa taille, qui est un peu plus forte. Son manteau est aussi d’une teinte plus bleuàtre. Le noir de ses ailes est moins foncé, et son blanc est un peu sali.

Le blac niche dans l’enfourchure des arbres. Son nid, assez spacieux , est très évasé. Il est garni en dedans de mousses et de plumes. La femelle pond de quatre à cinq œufs blancs. Les jeunes en naissant, sont d’abord couverts d’un duvet gris roussâtre, auquel succèdent des plumes qui, sur le manteau, la tête et le derrière du cou, prennent une forte teinte roussâtre. Toute la poitrine estalors d’un beau roux ferrugineux, et le reste du blanc est légèrement nuancé de cette même couleur.

Au cap de Bonne-Espérance, le blac est répandu sur toute la côte, et jusqu’en Cafrerie. Levaillant l'a rencontré constamment perché sur le sommet des arbres et sur les plus hauts buissons, d’où on peut l’apercevoir de très loin, par l'éclat de son plumage blanc que le soleil fait briller. Son cri est des plus perçants, et il se plaît à le répéter souvent, et plus particulièrement quand il vole. C’est ainsi qu’il décèle sa présence. Ce voyageur ajoute qu'il n’a jamais vu le blac faire mal aux petits oiseaux, quoique souvent il poursuit les pies-grièches, afin sans nul doute de les éloigner du lieu de sa chasse, qui se réduit à attraper des insectes, des sautcrelles et des mantes, dont il fait d’ailleurs une grande destruction. Il est hardi et courageux. I] poursuit les corbeaux, les milans; il oblige ces oiseaux, bien autrement robustes que lui, à déguerpir des lieux qu’il s’est choisis, et où on le voit d'habitude. Il est très farouche, et singulièrement difficile à approcher. La nature de ses aliments, et sans doute les fourmis dont il se repait, produit l’odeur de muse dans ses excréments, et ses chairs sont éminemment parfumées. Les dépouilles de ces oiseaux conservent encore dans les cabinets cette odeur musquée, malgré les préparations employées pour les préserver de la voracité des insectes destructeurs.

& Le blac que les naturels de la Nouvelle-Hollande

HISTOIRE NATURELLE

nomment najingarring, apparut en troupes considérables, au voyageur Caley. Sa nourriture principale consiste en mulots, et il émigre suivant les saisons.

2 Le COUIIEN A COLLIER (!) est une espèce encore peu étudiée, et dont on ne possède pas de figure. On le croit originaire du Brésil. Sa taille est celle d’un merle. Son front est roux, l’occiput est noir. Un demi-collier blanc, bordé de roux, se dessine sur le cou. Les jugulaires sont rousses, les ailes brunes, et sur la poitrine descend un demi-collier noir. Le ventre et les cuisses sont rousses , les couverturesinférieures blanches. La queue, simplement échancrée, est blanchâtre en dessous. Le bec est brun, et les tarses sont jaunes ; est-ce une variété d’âge de l'espèce suivante? :

5° Le pispar (?) est le milan qu'Azara a décrit sous le nom de faucon blanc (alco blanco), en ces termes : « J’ai vu jusqu’à quatorze de ces oiseaux » seuls ou par paires, près des bourgades de San- » Ignacio, de Santa-Rosa, et de Bobi, et sur les » bords de la rivière du Paraguay; un autre fut » trouvé à la frontière du Brésil, par les 32 degrés » de latitude : deux seulement ont été tués. Ils ont » les mœurs et les habitudes des faucons, mais » Jeur tête est aplatie en dessus, la bouche plus » fendue, l’œil enfoncé et plus grand, enfin l'orbite » plus saillant en dessus. Le bec se recourbe dès » son origine, et la pointe est subitement fléchie. » Le tarse arrondi, gros, couvert par devant de » plumes jusqu’à la moitié de sa longueur, et le » reste garni de petites écailles de grandeur égale ; » enfin le doigt du milieu séparé des autres doigts; » la seconde rémige la plus longue, et la queue foi- » blement fourchue, mais la penne extérieure plus » courte que la deuxième de chaque côté, ce qui » fait que cette queue est irrégulièrement élargie. »

Le dispar adulte à du noir autour des yeux, tandis que les côtés de la tête et toutes les parties inférieures sont d’un blanc très pur. Une teinte bleuâtre règne sur le corps, les ailes et les rectrices moyennes. Les couvertures internes des ailes sont brunes. Les rectrices latérales blanches, leur rachis et leur extrémité exceptés, qui sont cendré noirâtre. L’iris est orangé, le bec est noir, et la cire jaune pâle aussi bien que les tarses. Il a de longueur totale treize à quatorze pouces.

Le jeune, probablement dans sa seconde livrée, a lc front, le devant du cou, les cuisses, les flanes et les couvertures du dessous de la queue sans taches. La poitrine et le ventre sont maculés de roux,

(°) Elanus torquatus, Cuv., Less., Ornilh., p. 72.

@) Le milan à queue irréguliére, falco dispar, Temm. pl. 319 (jeune femelle) ; elanoides leucurus, Vieill. Encycl. LE, 4205.

DES OISEAUX

et striés de brun sur un fond blanc. Les couvertures du dessous des ailes sont marbrées de blanc et de noir, tandis que les couvertures supérieures sont noires au milieu, et roussätres à leurs bords. L'occiput, la nuque, le dos , les scapulaires, sont d'un brun mêlé de blanchâtre, et plus ou moins nuancé de cendré. Toutes ces plumes sont frangées delarges bordures blanchâtres et roussâtres. Les rémiges sont bleuâtres et terminées de blanc. La queue, d’un blanc cendré, a les baguettes des pennes noires. Toutes ont du cendré vers le bout, et sont terminées de blanc.

Le dispar vit au Paraguay et au Brésil.

HOTTE LES NAUCLERS (').

Ont été séparés des couhiehs par M. Vigors, qui leur donne pour attributs d’avoir un bec court, grêle, comprimé, avec des narines presque ovalaires placées dans la cire, munies de soies à leur base et obliquement percées. Les ailes sont longues, et les deuxième et troisième rémiges sont les plus longues de toutes. La queuc, allongée, est profondément fourchue. Les tarses, débiles et courts, sont réticulés, et emplumés en devant jusqu’au milieu audessous de l'articulation. Les ongles sont cylindri ques. Le corps est bien pris, quoique avec des for mes sveltes. Deux espèces, l’une de l’Ancien Monde ct l’autre du Nouveau, appartiennent à ce petit genre. Ce sont :

4° Le MILAN DE LA CAROLINE ou l’épervier à queue d'hirondelle de Catesby (1) paroît vivre également au Paraguay, car nul doute que le yétapa de l’Azara ou l’alcon cola tixera (faucon à queue en ciseau ) de cet auteur ne soit identique avec l’espèce qui nous occupe. Ce naucler à donc sa queue profondément fourchue, et cette disposition est due à ce que les rectrices latérales ont huit pouces de longueur de plus que les moyennes, qui sont graduellement et successivement étagées. La tête, le cou, la poitrine et le ventre sont d’un blanc de neige: le manteau, les ailes et la queue brillent d’un noir lustré à reflets noirs et bleus. La cire est bleue et l'iris rouge.

Cet oiseau ne fréquente la Caroline que pendant l'été; il vole à la manière des hirondelles pour attraper en l’air les insectes dont il se nourrit. 1] dévore aussi les lézards et les serpents, d’où lui est resté

4) Nauclerus, Vigors, Zool. journ., t. II. p. 386.

(:) Falco furcatus, L. Catesby, 4. Wilson, pl. 51, f. 2. Vieill. Amér., pl. 40. Nauclerus furcatus, Vig. Zool. journ., t. I1,p. 387. Elanoides furcatus et yetapa, Vieill., Encyel., HI, 1204 et 1205. Azara, t, 1, n. 38. Buffon, t.1, p.221.

dans quelques districts le nom d’épervier à serpent. Il est très répandu dans la Louisiane, aux Florides, dans la Géorgie et dans la Guyane, mais jamais il ne va dans le nord des Etats-Unis.

Le yétapa, dit d’Azara, arrive au Paraguay au printemps, en troupe de dix à vingt individus. Son vol est circulaire, en spirales, et il s'élève assez pour se tenir le plus ordinairement hors de la portée du fusil, bien qu’il s’abaisse fréquemment vers la terre. S'il voit approcher quelqu'un, son naturel farouche le fait remonter à une grande hauteur.

Il se nourrit de sauterelles, qu’il force, sans cesser à voler, à quitter la terre et les chaumes, et qu’il dévore en l’air sans en laisser d’autres débris que la portion dure et épineuse des jambes.

20 Le MILAN DE RIOCOUR (1) représente en miniature et au Sénégal où il vit, l’espèce américaine précédente. Son nom rappelle celui du comte de Riocour, premier président de la cour royale de Nancy, et possesseur d’une belle collection d'oiseaux dont le catalogue a été récemment imprimé. Sa queue est longue, fourchue à partir du milieu de sa longueur, et c’est à l’endroit où commence la direction en fourche que les ailes se joignent. La penne la plus externe dépasse de la longucur d’un pouce et demi toutes les autres. Les couleurs du plumage sont à peu près celles du blac. Un cendré bleuâtre colore toutes les parties supérieures. La teinte en est plus foncée sur les plumes du dos et sur les scapulaires, qu'aux ailes et à la queue. Le bont de toutes les pennes secondaires est blanc, les couvertures du dessous des ailes sont d’un noir parfait. Le front, le lorum, les joues, et généralement toutes les parties inférieures, sont d’un blanc très pur. Le bec estnoir et les pieds d’un jaune clair. Il a de longueur treize ou quatorze pouces.

Les jeunes ont la queue moins fourchue. Toutes les pennes alaires sont terminées de roussâtre. Quelques légères teintes roussâtres et jaunâtres apparoissent sur certaines plumes des parties inférieures ; elles s'effacent à mesure que l'oiseau vieillit.

Le milan de Riocour n’a jusqu’à ce jour été rencontré que dans l’ile de Gorée, où il paroît être de passage , car les personnes qui l’ont observé ne l’ont jamais vu dans toutes les saisons ; comme chez les hirondelles, sa vie semble se passer dans l’atmosphère. Son vol est puissant. Il s'élève sans efforts, glisse sur la couche d’air avec la plus grande aisance ; précipite ou ralentit sa course sans saccades et avec grâce. 11 passe brusquement de la rapidité d’une flèche au calme d’une position immobile, d’où il

() Elanoides Riocourii, Vicill. Encycl., t. IT, 1207. Gal., pl. 16. Falco Riocour, Temm., pl. 85 (adulte; Elanus Riocourii, Vig., £ool. journ., t. II, p. 386.

s’élance sur sa proie. Si ellé échappe à ses atteintes, il manifeste une colère par des cris semblables à ceux de notre cresserelle, cri, cri, cri, Bientôt après, plus heureux, ou moins maladroit, s’il surprend ur oiseau, il le plume et le déchire par lambeaux sur la place même, la foiblesse de ses serres ne Jui permettant pas de le porter plus loin. Ces détails ont été communiqués par M. de Riocour, qui les avoit reçus des chasseurs qui lui envoyèrent cet oiseau.

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