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LES MILANS

Ne sont armés que de serres peu robustes, et leur bec, sans grande puissance, ne leur permet point de se mesurer avec des espèces plus petites, mais mieux protégées par les armes que leur a données la nature. Ce bec est done foible, incliné dès la base, à bords entiers, et garni d’une cire nue, où s'ouvrent des narines obliques et elliptiques. Leurs tarses sont courts, minces, plus robustes que ceux des elanus et scutellés ; leurs ailes sont très longues, ct leurs troisième et quatrième rémiges sont les plus longues de toutes. La queue deltoïdale est formée de douze rectrices : elle est ample, mais fourchue ou étagée. Leur corps est oblong, peint de diverses couleurs ; leur tête est arrondie, leur cou médiocre, leur langue charnue , épaisse et entière.

Par ces caractères généraux de leur organisation, les milans ont une rare puissance de vol, une énergie de mouvements, des habitudes pillardes et rapaces, empreintes de làcheté. On les voit chasser le menu gibier, l’abandonner aussitôt qu’un épervier arrive pour s'emparer de leur butin, et s’abattre sur les charognes, les poissons morts flottants à la surface de l’eau. On les rencontre en Europe, en Afrique, en Asie et dans l'Australie; mais en Amérique, ils sont remplacés par les couhichs et les nauclers. Leurs petits voient dès qu’ils sont éclos, et prennent eux-mêmes la nourriture que leur apportent leurs père et mère; toutefois ils ne quittent le nid que lorsqu'ils sont en état de voler.

1° Le MILAN ROYAL (?) est représenté pl. 422 des enluminures de Buffon. Nous n'avons rien à ajouter à son histoire,

2° Le MILAN NOIR (5) a aussi été figuré pl. 472 des enlumiaures, et l'oiseau décrit par Levaillant (4)

() Milvus, Bechst, Cuv.

(2) Falco milvus , L. Naum., pl. 31, fig. 1. Milvus ictinus, Savig., Egypte. Milvus regalis, Vieill. Encycl., III, 1202.

(5) Falco ater, L.

(4) Afriq, pl, 22, falco parasitivus, Lath,

HISTOIRE NATURELLE

sous le nom de parasite est son jeune âge. Ce milan noir ou étolien d’après Savigny (!), a recu des nomenclateurs divers autres noms (?) ; toutefois ce rapace n’a point été inconnu à Bélon, qui l’a appelé le premier milan noir, et, dans la plus haute antiquité, Aristote en parle en lui réser vant l’épithète d’étolien.

3° Le GOrINDA ()‘est un oiseau du Pukhun dons l'Inde, qui se rapproche, d’après le lieutenant-colonel Sykes, du faucon Cheele, par le manque de taches blanches sur les couvertures des ailes, et qui n’a pas non plus la maculature albine en avant de l'œil, ni la barre neigeuse sur la queue.

Le gorinda a la tête, la nuque et le dessus du corps d’un roux brunâtre, et les plumes sont sur leur rachis linéolées de brunâtre. Le dos, les ailes et la queue sont d’un brun foncé. La queue est assez fourchuüe, etses couvertures sont à teinte plus claire, et rayées finement de brunûtre. Il a de longueur totale vingt-six pouces, et la queue y entre pour onze. Les deux sexes possèdent la même coloration de plumage.

Cet oiseau lorsqu'il vole tournoie constamment dans l’air en tracant des cercles, et guettant le moment propice pour fondre sur les poulets, ou sur les débris des animaux rejetés des cuisines. Sa conconfiance est si grande et sa voracité si audacieuse que M.Sykes dit qu’on le voit parfois entrer dans les cuisines et s’y emparer de ce qu’il y trouve.

4° Le MILAN A QUEUE ÉTAGÉE ({) a été apporté de la Nouvelle-Hollande, et se trouve dans la collection du Muséum de Paris. I] diffère des autres milans par la disposition étagée des pennes de sa queue; mais par la coloration de son plumage il ressemble au milan royal. Les plumes de la tête et de la nuque sont allongés, étroites, pointues et d’un fauve très clair. La plupart ont du brun sur les bords, et des raies longitudinales et blanches sur le milieu ; celles des parties inférieures sont larges, arrondies et de mêmes couleurs. Le dessus du corps, les scapulaires, les couvertures supérieures des ailes sont variés de blanc, de roux et de brun. Les rémiges sont noires, les rectrices gris roussâtre, plus claires à leur extrémité, et marbrées en dessus d’une nuance plus foncée sur le côté intérieur. On ne sait rien des habitudes de ce milan, ni même des lieux qu’il fréquente de préférence.

() Falco ætolius, Vieill. Encycl., II, 1203.

() Falco ægyptius, forskahlii, Gmelin.

(5) Milvus gorinda, Sykes, Proceed., IT, 81.

(4) Milvus sphenurus, Vieill., gal., pl. 45. Nouv. dict. d'hist, nat., t, XX, p. 564. Encycl. I, p. 1204,

DES OISEAUX

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