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L'OISEAU-MOUCHE HIRONDELLE

Ornismya hirundinacea. LESS., Synop.

Cet oiseau est une des plus grandes espèces du genre. La figure la plus reconnoissable qu’on en ait est celle de Brisson, qui le nommoit oiseau-mouche & queue fourchue de Cayenne; Buffon le décrivit sous le nom d’oiseau-mouche à longue queue cou-

leur d'acier bruni; enfin Gmelin et Latham le classoient parmi les colibris. Tout porte à croire que l’oiseau-mouche à tête bleue de M. Vicillot, pl. 60 de ses Oiseaux dorés, ne diffère nullement de cette espèce.

La taille de l’oiseau-mouche hirondelle est d’environ six pouces et quelquefois plus; le bec entre dans cette dimension pour dix lignes et la queue pour trois pouces. Son bec, assez robuste, est très légèrement arqué et renflé à«son extrémité ; il est d'un brun noir ainsi que les tarses, qui sont plus proportionnés avec le corps qu’on ne le remarque dans beaucoup d'espèces. Les ailes dans le repos s’étendent jusqu'aux deux tiers de la queue; elles sont longues, recourbées, à tiges robustes, et de couleur brune violâtre.

Ce qui distingue surtout cette rare et précieuse espèce est le bleu éclatant, avec quelques reflets violets, qui recouvre la tête et la partie postérieure du cou jusqu’au manteau, ainsi que les joues, les jugulaires, la gorge jusqu’à la poitrine. Sur le derrière du cou ce bleu s’irise de reflets verts; mais sur le devant il chatoie comme le cuivre carbonaté, et affecte des teintes de velours au centre de chaque plume écailleuse.

Le dos, le croupion, les plumes scapulaires, les couvertures du dessus de la queue, celles du dessous des ailes, la poitrine, le haut du ventre, brillent d’un vert doré foncé et mélangé de brun mat; les couvertures supérieures de la queue sont à reflets de fer oligiste ou de cuivre de Rosette jouissant de beaucoup d'éclat, tandis que les inférieures sont d’un bleu d'acier poli très brillant ; le bas-ventre, la région anale et deux touffes latérales cachées par les ailes sont d’un blanc pur.

La queue, si remarquable par sa forme dans cette espèce, est composée de dix rectrices jouissant de tout le brillant d’un riche bleu d’acier poli. Chacune de ces rectrices est terminée en pointe à son extrémité, qui est légèrement recourbée ; les barbes externes forment sur la tige une bordure étroite, tandis que les barbes internes sont beaucoup plus longues ; les deux rectrices moyennes sont très courtes, les suivantes augmentent successivement de longueur jusqu’à la cinquième, qui est beaucoup plus longue, de manière que la queue ainsi étagée se fourche profondément, et imite à faire illusion la queue d’une hirondelle.

Cet oiseau est parfaitement décrit par Brisson. Plusieurs individus que nous avors comparés avec la description qu’il en donne n’en diffèrent point, même dans les plus petits détails. On ignore si la femelle se distingue du mâle par quelques particularités, et quelle est la livrée du jeune âge.

Le Muséum en possède deux individus en tous points semblables, apportés du Brésil par M. De-

HISTOIRE NATURELLE

lalande, et M. Prévost nous en a communiqué un autre qui a moins de brillant dans la livrée et la queue moins développée, ce qui annonceroit qu'il n’avoit point encore pris tous ses développements.

Brisson le dit de Cayenne : on sait qu’il se trouve au Brésil, où il est rare; et, bien qu'il soit connu depuis long-temps, il est encore très peu répandu dans les collections.

La planche 60 des Oiseaux dorés représente un volatile assez différent de l’oiseau-mouche hirondelle par la longueur démesurée de la queue, et nous avons de bonnes raisons pour croire cette figure mauvaise. D'ailleurs la description s'accorde en tout pour nous autoriser à regarder cet oiseau-mouche à tête bleu comme identique avec l’espèce que nous venons de décrire.

L'OISEAU-MOUCHE LANGSDORFF.

Ornismya Langsdorffii. Less., Synop.

Bien que les noms propres russes n'aient, d’après notre langue, rien de gracieux ni d’euphonique; bien qu’il n’y ait rien de commun entre le flegme d’un Allemand et la prestesse d’un oiseau-mouche, le nom de Langsdorff, que M. Temminck a donné à celte belle espèce, rappellera aux amis des sciences naturelles les nombreux services que ce naturaliste leur a rendus, Compagnon de l’amiral de Krusen stern dans son voyage autour du monde, on lui doit une relation pleine d'observations intéressantes ; et tout le temps qu’il a rempli les fonctions de consulgénéral de l’empereur de Russie au Brésil, il a occupé ses loisirs à étudier les productions de cette riche contrée. Ses découvertes zoologiques furent nombreuses ; et cette jolie espèce d'oiseau, que le premier il fit connoitre, doit donc à plus d’un titre conserver le nom qu’elle porte aujourd’hui.

Le Langsdorff a le bec droit, grêle, renflé à la pointe ; il est noir ainsi que les tarses. La queue est fortement étagée et composée de rectrices déliées, très étroites, et finissant insensiblement en brin filiforme ; les ailes sont courtes, arrondies, et ne dépassent que de quelques lignes la naissance de la queue. Sa longueur totale est de cinq pouces, et le bec y entre pour six lignes, et la queue pour un peu moins de trois pouces.

La tête, le cou, le dos, le croupion et les petites couvertures sont d’un vert doré uniforme et forcé. Un large plastron occupe la gorge, le devant du cou et le haut de la poitrine; il est formé de plumes écailleuses, brillant de l'éclat le plus vif de l’émeraude. Sous ce plastron se dessine une écharpe qui traverse la poitrine, et dont les teintes sont de l’orangé Je plus vif; et cette ceinture se trouve ainsi isoler le vert de la gorge et du cou du brun violacé

DES OISEAUX

foncé du ventre; la région abdominale et les couvertures inférieures de la queue sont d’un blanc de neige; les rémiges sont d’un brun pourpré.

La queue se trouve composée de dix rectrices ; les quatre moyennes se trouvent être très courtes et arrondies ; les deux externes à celles-là sont pointues, plus longues de presque un pouce. Ces six rectrices moyennes $e trouvent colorées en bleu pur, sur lequel tranche une ligne d’un beau blanc qui suit la tige; les deux autres rectrices externes de chaque côté ne sont pas de la même longueur ; l’extérieure dépasse sa congénère de six à huit lignes et se recourbe légèrement en dehors à son extrémité ; elles sont grêles, minces, très effilées, et en entier du blanc le plus pur.

Un individu que nous avons vu chez M. Florent Prévost avoit ses rectrices externes brunes, au lieu d’être blanches ; l’orangé de la poitrine étoit remplacé par un riche violet. Il a été déposé alors dans la-belle galerie de S. A. R. Madame , à Rosny.

Le Langsdorff est très rare et n’existe point dans la collection du Muséum. Il vit dans les provinces intérieures du Brésil.

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