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L'OISEAU-MOUCHE A RAQUETTES

Ornismya Platura. LEss., Synop.

D'un vert plus ou moins sombre sur tout le corps, l’oiseau-mouche à raquettes ne se distingue, ainsi que l'indique son nom, que par les deux rectrices extérieures de la queue, qui finissent, en dépassant les autres, par des tiges sans barbes, terminées tout d’un coup à leur extrémité par des palettes obovales. Une telle conformation se retrouve dans plusieurs genres d’oiseaux ; mais, parmi les ornismyes, c’est le seul exemple que l’on connoisse.

L'oiseau-mouche à raquettes est de petite taille,

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et a le corps long à peine de quinze à dix-huit lignes, tandis que la queue a jusqu’à deux pouces. L'individu qui est représenté par M. Bévalet dans la planche 40 est un peu trop gros dans ce dessin, bien que rigoureusement exact d’ailleurs dans ses autres caractères.

£ Son plumage est généralement d’un vert doré un peu sombre en dessus ; mais un plastron d’émeraude couvre le devant de la gorge et du cou, et chatoie avec beaucoup d'éclat, suivant la direction des rayons lumineux. Le ventre est d’un brun noir un peu terne, et les plumes de la région anale sont blanches ou teintées de gris, ainsi que les couvertures inférieures de la queue. Les petites couvertures des ailes sont d’un vert doré bronzé ; les rémiges sont d’un brun pourpré, et s'étendent jusqu'aux deux tiers de la queue.

Les rectrices, moins les deux externes, sont longues à peine d’un pouce, presque égales, étroites, et terminées en pointes. Leurs tiges sont fortes, solides et blanches ; les deux externes sont de moitié plus longues que les précédentes : elles sont garnies de barbes qui finissent en pointe au niveau des autres, mais la tige se prolonge l’espace de six lignes sans offrir le moindre vestige de barbules, puis, à son extrémité, se garnit tout-à-coup de ces mêmes barbules larges et régulières, qui forment par leur épanouissement une sorte de petit éventail coloré en brun verdâtre.

Le bec a tout au plus cinq lignes : il est noir et pointu sans renflement bien remarquable ; les tarses sont grêles et noirs.

Les deux sexes dans cette espèce paroissent avoir la même parure ; du moins tous les individus conservés jusqu’à ce jour dans les collections ont présenté les mêmes caractères extérieurs.

L'oiseau-mouche à raquettes n’a jusqu’à ce jour été observé qu’à la Guyane, où son espèce paroît d’ailleurs très rare. Peut-être vit-elle dans les profondeurs les moins accessibles de cette contrée, dont l'intérieur n’a point encore été exploré.

Le Muséum en possède deux individus, dont l’un a été apporté de Cayenne par le célèbre botaniste Richard , et qui ont servi de type à notre description.

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