‹ Compléments de BuffonChapitre 432 sur 667 · LE HUPPE-COL · texte numérisé non relu

LE HUPPE-COL

Ornismya ornala. Less., Synop.

La nature a prodigué ses dons à l’oiseau-mouche huppe-col : en renfermant le soufle de la vie dans un aussi petit corps, elle a voulu que l'être qu’elle créoit débile témoignât de sa puissance en charmant les yeux par les gracieuses proportions de sa petite taille et par les riches parures qui forment ses atours.

Mais le mâle seul semble avoir été l’objet de ses faveurs ; la femelle est déshéritée du luxe que son brillant époux étale avec tant de complaisance. Il semble, chez les femelles des oiseaux, que le sentiment de la maternité, qui domine leurs facultés avec tant d'énergie, doit les dédommager des frivoles présents de leurs maris volages et moins attachés aux devoirs de la paternité.

Le huppe-col se trouve aux environs de Cayenne, dans la Guyane, et aussi au Brésil : pour mieux dire il paroît être répandu dans toute la partie chaude des côtes atlantiques de l'Amérique. Le prince Maximilien de Wied le mentionne sur les bords du Guajintibo, dans les prairies découvertes sèches, cou= vertes de buissons, de Llantana et d’asclepias, de Curaçao. « Là, dit ce voyageur, une multitude de colibris voltigeoient alentour, en suçant comme les abeilles les fleurs de ces végétaux. Les espèces les plus communes étoient le saphir à gorge bleue et à bec d’un rouge de corail, et le charmant huppe-col avec son aigrette d’un rouge de rouille. »

Le huppe-col mâle, lorsqu'il est revêtu de son plu: mage parfait d’adulte, est donc remarquable, ainsi que l'indique son nom, par la huppe élégante couleur de rouille très vive qui surmonte la tête, et les plumes en toulles, d’une rare élégance , qui forment sur les côtés du cou deux faisceaux divergents. Les plumes de la huppe qui couvre la tête sont bordées en avant ou sur le front par de petites écailles d’un vert d’'émeraude ; puis les premières sont courtes, et les suivantes augmentent successivement en prenant une forme étroite et aigrettée : leur couleur est uñ rouge de saturne assez brillant.

Sur le devant de la gorge et du cou se dessine un plastron brillant de l’émeraude la plus pure, et qui se trouve séparé de l’a: domen par une ceinture rougeâtre. Sur les côtés du cou, sur le rebord même de ce plastron, naissent douze à quatorze plumes d’inégale longueur ; les premières courtes, et les suivantes très longues, en allant jusqu’à huit ou dix lignes, toutes se dirigeant en dehors : elles sont étroites, d’un roux vif, et terminées par une paillette verte, brillante et glacée d’or.

L’occiput et le dessus du corps sont d’un brun vert doré, passant au bronzé, teinte qui se change en brun d’acier sur le croupion et sur les couvertures supé-+ rieures de la queue, et qui est séparée du vert doré du corps par une ceinture d’un gris blanc.

Les petites couvertures des ailes sont d’un vert doré ; la poitrine et le ventre sont d’un vert tirant sur le noir, à reflets métalliques ; le bas-ventre est brun grisâtre, parfois blanchâtre.

Les ailes sont petites, étroites, et s'étendent jusqu'aux deux tiers de la queue ; les rémiges sont d’un brun pourpré.

La queue est arrondie, peu longue, à rectrices

DES OISEAUX

moyennes, vertes, tandis que les huit autres sont d’un roux vif.

Le bec est mince, grêle, d’un rouge de saturne que relève le noir qui teint l'extrémité des deux mandibules ; les tarses sont jaunâtres. La taille du huppecol est d'environ deux pouces et quelques lignes.

Les jeunes huppe-cols se distinguent des adultes, parce qu’ils n’ont point la huppe occipitale aussi prononcée, ni les plumes jugulaires très développées. La bande blanche du croupion n’en a point encore établi la séparation des teintes entre les plumes du dos et les couvertures de la queue.

La femelle (pl. 41, fig. 2) est beaucoup moins belle que le mâle : elle n’a ni huppe ni ornement des côtés du cou; seulement les plames de la tête sont un peu plus lâches que chez les espèces non huppées, mais du reste elles sont d’un vert doré ne différant en rien de celui du dos, du croupion et des flancs. La gorge, les joues, le devant du cou, et la poitrine, jusqu’au milieu du ventre, sont teintés d’un roux fort vif qui se dégrade à mesure qu’il s’avance sur le ventre. La bandelette qui traverse le corps en dessus, à la naissance de la queue, tire sur le roux, et manque chez la jeune femelle; le ventre est roussâtre, tacheté de brunâtre ou de vert ; les rectrices sont marquées de vert à leur milieu et rousses aux deux extrémités. Elle ne présente toutefois aucune différence dans la taille,

LE HAUSSE -COL BLANC, Ornismya strumaria. LEss., Synop.

L'oiseau-mouche dont nous traçons l’histoire est un des espèces les plus graciceuses du genre, et qui offre la plus parfaite analogie avec le huppe-col, dont elle à la taille et les parures accessoires.

Découvert dans les forêts du Brésil par M. Delalande, cet oiseau, naguère inconnu, se fait remar. quer par la huppe assez touffue qui orne le sommet de la tête qu’elle recouvre. Sa couleur est une teinte de rouille fort vive, séparée du bec sur le front par de petites plumes évailleuses d’un vert d’émeraude.

Les joues et la gorge sont d’un vert d’émeraude clair, tandis que le devant et les côtés du cou sont enveloppés d’une sorte de cravate ou hausse-col, composé de petites plumes qui s’allongent et s’imbriquent, en se dirigeant en arrière, et formant deux fraises épaisses sur les jugulaires. Ces plumes ne sont point minces et étroites comme chez le huppe-col, mais elles sont au contraire larges, arrondies, d’un blanc de neige, excepté à leur extrémité, qui est délicieusement lisérée de vert doré métallique, puis frangées de roux vif. Cette collerette se gonfle ou se dilate lorsque l'oiseau est dans l’état de repos, et

au contraire elle se resserre le long du corps lorsqu’il vole.

La tête, le manteau, les petites couvertures des ailes, la gorge et le haut de la poitrine sont d’un riche vert doré, qui passe au brun ou au vert foncé plus terne sur la poitrine, le ventre et les flancs. Une petite touffe de plumes grises ou blanchâtres occupe le milieu du thorax. Les couvertures alaires ont un reflet vert doré que relève sur chaque plume une légère bordure couleur de rouille. Le croupion est blanchâtre.

Les rémiges s'étendent jusqu'aux deux tiers de la queue; elles sont teintées de brun pourpré. La queue est arrondie , assez régulièrement disposée en éventail. Les rectrices sont acuminées à leur sommet d’un roux vif, lisérées d’or sur leurs bordures et à reflets verts métalliques au centre : elles sont brunes en dessous et bordées de jaune ocracé.

Le bec est grêle, mince, jaune, terminé de noir; les pieds sont bruns. Le hausse-col blanc a au plus deux pouces et quelques lignes de longueur totale.

Le jeune âge de cette espèce (pl. 45, fig. 2) n’a point de huppe et point de collerette. La poitrine et le ventre sont tachetés de noir et de brunâtre sale; la queue est brune, terminée de roussâtre ; le croupion est traversé par une raie blanchâtre; le bec et les rémiges sont bruns.

La femelle du hausse-col blanc (pl. 45, fig. 1) a les plus grands rapports avec celle du huppe-col. Elle lui ressemble en ce qu’elle n’a aucune trace de la parure du mâle, et que son plumage est d’une extrême simplicité. Sa taille est analogue à celle de son époux. Son bec et ses tarses sont noirâtres ; un roux vif occupe le front et la gorge; un vert mal doré et terne s'étend sur l’occiput et les parties supérieures. La poitrine et le ventre sont d’un brunâtre enfumé, tacheté de noir et de roux. Les flancs sont d’un gris mélangé de verdâtre. Les couvertures inférieures de la queue affectent une couleur cannelle. Toutes les rectrices externes sont d’un vert doré peu foncé et terminées de roux.

C’est dans l’intérieur du Brésil que vit le haussecol blanc, et la découverte en est due à un collecteur plein d’ardeur et de zèle, à M. Delalande, qui lui donne pour patrie les forêts qui bordent la rivière Paraïba, au nord de Rio-Janeiro. Les deux jeunes individus qui ornent aujourd’hui les galeries du Muséum y ont été déposés par MM. Quoy et Gaimard ; ils les avoient recueillis au pied des montagnes des Orgues, sur les bords des torrents où la végétation est moins pressée.

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