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L'OISEAU-MOUCHE RUBIS

Ornismya rubinea. Less., Synop.

On s'étonne, en cherchant à connoître ce que les auteurs ont dit de cet oiseau assez répandu dans les collections, des erreurs sans nombre dont il a été l’objet. Décrit par Buffon sous le nom de rubis-émeraude, par Brisson sous celui d’oiseau-mouche du Brésil à gorge rouge, il a été tour à tour le grand rubis ou la queue rousse de M. Vieillot, le rubis- Vieillot de Sonnini, tandis que le jeune âge servit à établir une espèce distincte sous la dénomination d'oiseau-mouche brun gris. Le nom de rubis ou de petit rubis, donné à un oiseau-mouche de petite taille de l'Amérique du Nord, n’a pas peu contribué aussi à embrouiiler la synonymie, d'autant plus que ce rubis se trouve être, dans les écrits de la plupart des ornithologistes, le même oiseau que l’améthyste, parfaitement caractérisé par Buffon.

Le rubis mâle, représenté dans notre planche n° 44 dans son plumage parfaitement adulte . a quatre pouces et quelques lignes de longueur totale ; son bec est assez robuste, noir, brun, ainsi que les tarses ; la queue, légèrement échancrée à son milieu, n’est guère plus longue que les rémiges.

Le dessus de la tête, du cou, du dos, du croupion est d'un vert doré foncé et uniforme; un vert doré plus brillant et plus frais couvre le devant du cou vers la poitrine ; toutes les parties inférieures du corps se trouvent colorées d’un vert doré métallique foncé tirant au brun sur le bas-ventre; un plasiron occupe la gorge et le devant du cou, et forme sur ces parties une plaque étincelante de tout le feu du rubis, et glacée d’or sous certains aspects. Les tarses sont robustes et bruns; les petites couvertures des ailes sont teintées de roux, et les rémiges brunes pourprées. Les rectrices sont larges, élargies à leur sommet : comme les extérieures sont un peu plus longues que les moyennes, il en résulte que la queue affecte une légère disposition fourchue ; toutes sont d'un roux cannelle fort vif, et se trouvent lisérées de noir à leur sommet. Les couvertures inférieures de la queue sont vertes et bordées de roux.

Avant de revêtir celte parure complète, certains individus ont la plaque de feu qui couvre la gorge beaucoup plus circonscrite et moins brillante.

Le jeune mâle, dans sa troisième année, est gris sur le dos et brun sur le croupion, ces teintes étant

peu dorées. Les rémiges internes sont roussâtres, |

tandis que les plus extérieures sont brunes ; la gorge est brunâtre sous le demi-bec inférieur, puis garnie d’écailles rouges de rubis : le vert du ventre ct des flancs est en grande partie mélangé de brunâtre; la queue est rousse, terminée de plus clair en son bord.

Dans sa deuxième année le jeune rubis ressemble

HISTOIRE NATURELLE

à la femelle : il en diffère parce qu'il se mêle une teinte de feu sur la gorge, qui est rousse partout ailleurs qu’à son milieu. Le ventre, le bas- ventre, sont mélangés de roux et de vert doré ; et le dessus du corps est de cette dernière couleur. Les tarses sont bruns dans toutes les phases de la vie de l'individu.

Dans sa première année le rubis est dans l’état où M. Vieillot représente son oiseau-mouche brun gris (pl. 48 des Oiseaux dorés), c’est-à-dire que le corps est brun doré en dessus, gris de cendre foncé en dessous; les rectrices externes rousses, puis noires et terminées de blanc, et les moyennes brunes verdâtres.

La femelle que nous avons représentée dans la pl. 55 est à peu près de même taille que le mâle. Le corps en dessus, aussi bien sur la tête que sur le cou , est vert doré; la gorge, le devant du cou, la poitrine et le ventre, sont d’un roux cannelle fort vif; les plumes de la région anale sont blanches, et les tarses cendrés. Elle n’a pas les moindres vestiges du plastron du rubis mâle ; mais un large point blanc se trouve occuper le rebord postérieur de l'œil, tandis qu’un trait neigeux contourne la joue sous l’œil en partant de la commissure. Les rectrices sont rousses, bordées de noir, excepté celles du milieu qui sont brunes.

Quelques variétés ne présentent point Ja tache blanche derrière l'œil, mais du reste ne différent en rien autre chose de la description précédente.

La collection du Jardin du Roi possède plusieurs individus de l’oiseau-mouche rubis, et entre autres trois mâles adultes, deux jeunes et deux femelles. MM. Quoy et Gaimard ont rapporté du Brésil le mâle dans son plumage parfait, de sorte qu’on ne peut douter de la patrie de cet oiseau , que la plupart des ornithologistes indiquent être de Cayenne. Probablement il se trouve au Brésil et à la Guyane,

L'AMÉTIHYSTE.

Ornismya amethystina. LEss., Synop. | L’améthyste a été parfaitement décrit par Buffon, nous en avons possédé des dépouilles qui nous ont

>fert tous les caractères que ce grand peintre lui

assigne : c’est même d’après un individu bien conservé qu’à été faite la figure de la pl. 47. Mais si l’améthyste se distingue parfaitement comme espèce,

il n’étoit point aussi aisé d’en isoler l’oiseau-mou-

che de l'Amérique septentrionale, plus connu sous

le nom de petit rubis, et figuré dans ces derniers temps par Wilson. Dans presque toutes les collections on trouve sous le nom de rubis le véritable améthyste, et long-temps le rubis n’ayant point existé dans les collections, il en est résulté des er-

DES OISEAUX

reurs et'des doubles emplois fréquents ; mais dans ces derniers mois il est arrivé de cette espèce un grand nombre de dépouilles bien conservées qui ne permettent plus d'émettre l’opinion que ces deux oiseaux soient identiques, ou du moins une légère variété l’un de l’autre, car toutes les différences qu’on leur assigne consistent dans le rouge de rubis de la gorge de l’oiseau des Etats-Unis, et dans le rouge d’améthyste de l’espèce de la Guyane. Cependant la figure qu’en a publiée M. Ord, dans son Complément de l’Ornithologie de Wilson, donnoit plus de longueur au bec de rubis que n’en a réellement celui de l’améthyste.

L’améthyste est un des oiseaux-mouches les plus petits par la taille, et se distingue par la forme légèrement fourchue de sa queue, par la teinte vert brun doré de son plumage sur les parties supérieures du corps, et grise sur le ventre, par ses ailes qui sont presque aussi longues que la queue. Son bec est grêle, très mince, et plus long que la tête ; un plastron échancré de teinte améthyste et chatoyant recouvre le devant de la gorge.

Le jeune âge de cette espèce ne diffère point du mâle adulte par le brun doré des parties supérieures du corps; mais ce qui le caractérise est le plastron qui n’est point encore développé, et que remplacent des points dorés épars çà et là. La région abdominale est uniformément d’un gris très clair tirant sur le blanc, et les rémiges sont égales, brunes, œillées de blanc. C’est sans doute dans cet état le trochilus tomineo de Gmelin.

La femelle présente dans sa vestiture des particularités distinctives assez nettement tranchées d’avec celle du mâle. Ainsi la gorge est blanchâtre ; la poitrine est grise brunâtre ; les plumes des parties inférieures sont variées de brun et de roussâtre ; les flancs sont d’un roux assez vif; la région anale est blanche; les rectrices sont brunes, excepté les deux plus extérieures qui sont terminées de roux, et toutes presque égales.

L'individu mâle qui existe dans les galeries du Muséum nous paroît avoir été altéré par les fumigations sulfureuses , et l’améthyste de sa gorge est changé en jaune de topaze.

Cet oiseau-mouche habite la Guyane où ilest rare,

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