LES JACAMARS
Forment une petite tribu naturelle qui comprend aujourd’hui trois sous-genres. Cette tribu est reconnoissable à son long bec pointu, à ses jambes courtes, à ses formes générales identiques, revêtues d’un plumage orné de reflets métallisés.
Le premier sous-genre, celui des JACAMARS VRAIS (galbula) , est caractérisé par un bec droit, et quatre doigts aux tarses, deux en avant et deux en arrière. Les cinq espèces connues sont de l'Amérique équatoriale. Buffon en a figuré deux : le jacamar commun (enl. 258), et le jacamar à longue queue (enl. 274).
On distingue des précédents : 1° le jacamar à bec blanc (3), de la Guyane, à plumage vert doré, à bec blanc, excepté la pointe qui est brune. Sa gorge est blanche, et le dessous du corps est roux cannelle. 20 Le jacamar à queue rousse (), de l’île de la Trinité, aussi vert doré, ayant de même la gorge blanche, mais la poitrine et le ventre sont roux, et la queue, assez allongée , est vert doré et rousse. Une ceinture d’un vert luisant métallisé traverse la poitrine. 5° Le jacamar à ventre blanc5) habite le Brésil. Il a le bec long et grêle, noir et blanc. Son plumage est sur le corps vert doré, mais le gosier est blanchâtre, mélangé de roux. Le thorax et les flancs sont vert brun, et le milieu du ventre est blanc. Sa
(") Yunæx pectoralis, Vig., Proc., I, 93. Mag., zool., V, pl. 33.
) Galbula, Mœhring; alcedo, L. Les Latins désignoient par le nom de galbula le loriot, et c’est par abus que Mœhring l’a transporté à des oiseaux américains.
(3) G. albirostris, Lath. Levaill., pl. 51. Vieill,, Ois. dorés , pl. 4.
(4) G. ruficauda , Cuv. Levaill., pl. 50. G. macroura, Gal., pl. 29.
(5) G. albiventris, Levaill., pl, 46.
queue est courte, et cette espèce est la plus petite du genre.
Le deuxième sous-genre est celui des JACAMEROPS (jacamerops), qui ne diffère du précédent que par un bec fort et long, mais recourbé d’une manière notable, au lieu d’être droit. Les doigts sont aussi au nombre de quatre, deux dirigés en avant et deux en arrière. La seule espèce de ce groupe vit à la Guyane françoise : c’est le grand jacamerops (1), ou jacamarici, dont le plumage est d’un vert doré brillant, relevé par une cravate blanche qui manque dans une variété, et par le roux cannelle fort vif qui colore toutes les parties inférieures du corps.
Le dernier sous-genre est celui des JACAMARAL- CYONS (jacamaralcyon), dont le bec est droit, grêle, allongé, mais dont les tarses ne présentent que trois doigts, deux en devant et un seul en arrière. L’unique espèce connue habite la Guyane et le Brésil : c’est le jacamaralcyon (?) à plumage gris brun vert, avec le ventre et le milieu du corps blancs, la queue médiocre et arrondie.
LES GUÉPIERS 6).
Appartiennent à la division des syndactyles, dans la classe des passereaux, ainsi que les oiseaux qui constituent la famille naturelle des aleyons. Ces syndactyles ont le doigt externe presque aussi long que celui du milieu, et il lui est uni jusqu’à l’avant-dernière articulation. Le genre guêpier. ou merops est done nettement caractérisé par des formes assez tranchées, telles qu’un bec allongé, triangulaire à sa base, légèrement arqué dans sa longueur, et terminé en pointe aiguë. Leur corps est extrêmement svelte, et leurs ailes subaiguës sont fort longues ; leurs tarses, en revanche, sont très courts. Le vol des guêpiers se trouve avoir, par suite de cette conformation, la plus grande analogie avec celui des hirondelles, dont les rapproche leur genre de vie, car ils se réunissent en troupes nombreuses pour poursuivre les insectes, et surtout les abeilles, les guêpes et les frelons. Ces oiseaux ont un plumage sec, rigidule, souvent coloré vivement et par masses crues. On n’en trouve pas en Amérique.
Buffon en a connu la plupart des espèces ().
(‘) Galbula grandis, Lath. Alcedo grandis, L. Levaill.. pl. 54.
(x) G. tredactyla, Vieill. Levaill., pl. 50. Alcyon tridactyla, Spix, pl. 57, fig. 2.
() Apiaster, Brisson. Merops, L. Melittophagus et merops , Boié.
(4) Merops Adansont, Levaill , enl. 314.
M. apiaster, L., enl. 938, M. badius, et Var., L., enl. 252 et 314.
M. Bonelli, Levaill., pl. 19, enl. 257.
Les guêpiers nouveaux sont : 1° Le gris-rose(1\, qui habite la côte d’Angole, et dont le plumage, gris vineux, glacé sur le corps, est relevé par le rouge des parties inférieures, et par deux traits blancs qui partent du menton et se rendent sur les joues. La région auriculaire et les plumes tibiales sont noires, les deux rectrices moyennes dépassent les latérales. 2° Le Bullock (?) se trouve au Sénégal. I a les joues noires, la gorge rouge, le bas-ventre bleu. 5° Le Savigny () est répandu dans la Sénégambie, dans l'Egypte et jusqu’au cap de Bonne-Espérance. Il a un trait noir sur l'œil; le front bleu, la gorge jaune doré, puis marron. Le guépier rousse-gorge de Levaillant, assez commun en Egypte, n’en est qu’une variété remarquable par le blanchâtre du front et le roux vif de sa gorge. 4° Le quépier mélanure (#) est de la Nouvelle-Galles du Sud. Il a les joues noires, bordées de bleu azuré; la gorge jaune, le plastron noir, l’occiput roux, le croupion bleuâtre. le plumage vert jaunâtre. Deux brins grêles ou filiformes terminent les deux rectrices moyennes. 5° Le Leschenault (5) a été découvert à Java par le voyageur dont il porte le nom. Il a la tête et le manteau marron, la gorge jaune, bordée de noir, la queue un peu échancrée. Dans son jeune âge, le front est verdâtre, l’occiput roux, et la gorge d’un rouge pâle. 6° Le Cuvier (5) se trouve au Sénégal et sur la côte de Sierra-Leone. Il est vert sale, passant à l’aiguemarine sur la queue. Les rémiges sont rousses. Un sourcil blanc surmonte l'œil. La gorge porte une longue cravale neigeuse, largement encadrée de noir, frangé de bleu au-dessus et au-dessous. Le corps est verdâtre en dessous, mais la région anale est blanche. 7° L’azuror (7) a la gorge jaune d’or, un collier azur, le front bleu, la tête roussâtre vert, et la queue
M. cayennensis, L , enl. 454.
M. Daudini, Levaill., pl. 44, enl.257.
M erythropterus, L, enl. 318.
M. Lamarckii, Levaill., enl. 740.
M. Latreillii, Levaill., pl. 12, en]. 252, M. nubicus, L., enl, 649.
M. philippensis, L.,enl. 57.
M. rufus , Gm., enl. 739.
M. superciliosus , L., enl. 259.
M. viridis, L., enl. 740.
() Merops malimbicus, Shaw. M. bicolor, Daudin, Ann. du mus., t.1, pl. 62. Levaill., Guép., pl. 5, Vieill., Gal., pl. 186.
(2) M. Bullockii, Levaill., pl. 20.
(5) M. Savignyi, Levaill., pl. E. M. ægyptius, Savigay, pl. 4, fig 3.
(4) M. melanurus, Horsf. et Vig., Trans., XV, p. 208.
(5\ M. Leschenaultii, Levaill., pl. 48. M. urica, Horsf, Sw., Zool. illust., pl. 8.
(6) M. Cuvieri. M. Savignyi, SwW., Zool. illust., pl. 76. Levaill., pl. 9.
(7) M. azuror, Less., Ornith., p. 239.
HISTOIRE NATURELLE
fourchue. On ignore sa patrie. 8° Le gulaire (1) est une des plus rares et des plus belles espèces de guépiers. Il ne se trouve que sur la côte occidentale d'Afrique, aux environs du grand Bassa, à quatre « cents lieues du Sénégal. Il ressemble au malimbe, et comme lui il a de six à sept pouces de longueur. Sa queue est légèrement échancrée, et ses ailes dépassent à peine le croupion. Son bec, ‘ong d’un pouce , est noir, ainsi que les tarses. Le front est aigue-marine, et ce bandeau va, en s'amoindrissant, former un sourcil sur chaque œil. Un deuxième trait, aussi aigue-marine, mais mal arrêté, traverse les joues après être né au menton : ce dernier est d’un rouge de sang fort vif. Le dessous du corps est noir velouté, le croupion excepté, qui est aigue-marine. Le thorax et les flancs sont noirs, avec des gouttelettes oblongues, d’un vert d’aigue-marine : cette dernière coloration est propre au bas-ventre et aux couvertures inférieures. Les rectrices sont noir velours, les deux moyennes seules sont frangées de vert doré. 9° Le sumatranais (?) a la tête et le cou marron, la gorge azur, le plumage vert émeraude, la poitrine et la région anale bleuâtres. On le trouve à Sumatra. 10° Le javanais (3) se trouve à Java et à Sumatra. Dans la premiére de ces îles, c’est le kachangan, et le biri-biri dans la seconde. Son plumage est vert olivâtre, avec des reflets de cuivre de Rosette, avec un bandeau noir qui passe au-dessus des yeux, et va se perdre sur les ore Iles. Le croupion et la région anale sont vert aigue-marine. La gorge est jaune soufre, le cou marron, le milieu du ventre vert émeraude, et les flancs sont fauves. Sa taille est de onze pouces anglois.
EE
LES ALCEMEROPS ().
Ont été séparés des guêpiers par M Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, parce que leurs ailes sont établies sur une forme inverse de celles de ces parties chez les guêpiers. Leur bec à des particularités qu’on ne retrouve que chez les alcyons, et leurs narines sont aussi faites sur une autre forme que celle des guépiers. Les alcemerops, ou guêpiers-aleyons, sont donc un chainon intermédiaire entre ces deux genres d'oiseaux.
Voici les caractères zoologiques que le créateur de ce nouveau type a cru devoir proposer.
Le bec est long, un peu arqué, assez gros à sa
() Merops gularis, Vieill., Encyel.,t. I, p. 394.
e) M. sumatranus , sir Raffles, Cat., 13.
@ M. javanicus, Horsf., Trans., XIII, 474 et sir Raffles , 294.
(® Alcemerops , Isid. Geoff, Saint-Hil, Soc. d’hist, nat. de Paris, 3 août 1833.
base, mais finissant par s’atténuer graduellement. La mandibule supérieure présente, sur sa face dorsale, dans toute sa longueur, un enfoncement dont les bords sont parallèles, et relevés de manière à dessiner un canal longitudinal et peu profond. Les narines sont percées à la base du bec, mais cachées sous les plumes Les tarses sont très courts, emplumés à fr partie supérieure. Les doigts sont allongés, et l’interue est soudé au médian comme chez les vrais guêpiers. La queue est longue et coupée carrément. Les ailes dépassent à peine le croupion ; elles sont sub-obtuses, à première penne très courte, à deuxième plus longue, mais cette dernière beaucoup plus courte que les troisième, quatrième et cinquième , qui sont égales entre elles.
Le seul alcemerops bien connu est le guépier à fraise (1) de Temminck, magnifique oiseau de Sumatra, long de onze pouces, à plumage vert émeraude, à bec et pieds noirs. La tête est revêtue d’une calotte purpurine bleuâtre ; le bec est entouré d’un cercle bleu à son origine, et une longue fraise de plumes pendantes couvre le devant du cou jusqu’au thorax : ce fanon est d’un rouge vermillon intense. La première moitié du dessous de la queue est jaune paille.