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HISTOIRE NATURELLE

$ V. Du squelette.

La charpente osseuse des oiseaux ne diffère pas considérablement de celle des mammifères, et les modifications qu’elle a reçues sont toutes dans les détails, et ont eu principalement pour but de l’accommoder à la locomotion dans l’air, dans l’eau ou sur le sol, et par conséquent de varier le jeu de ses leviers suivant les milieux sur lesquels ils doivent agir. Destinés à exercer la plus grande partie de leurs mouvements dans un fluide peu dense, leurs ossements devoient unir à un moindre volume et à la solidité une pesanteur relative peu considérable, pour exiger des muscles une moins grande somme d'énergie. On a même remarqué, à ce sujet, que l’air pénètre abondamment dans les poumons, le jabot, le trachée-artère des oiseaux, et Camper a dit le premier que leurs os étoient poreux ou largement lacuneux, afin de donner passage à l'air, dont la masse se trouvoit ainsi diminuer de beaucoup la pesantenr spécifique du corps du volatile, relativement à la quantité du fluide aérien qu’il doit déplacer. Vers le haut de la poitrine s'ouvre, au dire de quelques ornithologistes, un conduit destiné à donner passage à l’air par une ouverture pratiquée à la partie supérieure et épaissie de l’humérus. De plus, le squelette des oiseaux se trouve être allongé, disposé en carène, de manière que les bras semblent faire le contre-poids du corps entier, tant par leur développement que par les pennes dont leur extrémité peut être recouverte. Les oiseaux marcheurs seuls présentent des exceptions graves à cette tendance générale des formes du squelette, aussi se trouventils, par leur organisation, former une sorte de chainon naturel entre les mammifères et les oiseaux. On remarque aussi que les os ont une forme cylindrique assez constante, et que la couche externe et mince de phosphate calcaire est d’une densité peu commune. Enfin, grand nombre d’aspérités laminaires donnent aux muscles de larges points d’attache. La couleur de ces os est un blanc mat chez les oiseaux terrestres, et un blanc huileux chez les aquatiques. Mais par l'usage continué pendant un certain temps de certaines nourritures, telles que la garance, la substance même des os s’imprègne d’une matière colorante rouge qui finit par s’effacer si l’on cesse le même genre d’alimentation ; et l’on peut même, en donnant alternativement pour nourriture, à un pigeon par exemple, soit des graines ordinaires, soit de la garance ou du galium, anneler ses os de cercles blancs et rouges d’égales dimensions. On cite encore des poules dont les os conservent une couleur noire intense, et plusieurs maladies peuvent aussi produire cette sorte de mélanose du tissu osseux.

Le crâne des oiseaux (!) est généralement semi-

{) Daudin, Ornithologie, t, 1, p.68.

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globuleux. Il paroît placé très en arrière par l’allongement plus ou moins considérable des maxillaires. Les sutures qui en séparent les diverses pièces se soudent de bonne heure, et les cavités orbitaires sont remarquables par leur ampleur. L’os frontal est muni d’une épine très prolongée, presque jusqu’à la base du bec, en deux angles. Au lieu de cette tubérosité placée au-dessus de l'orbite dans les quadrupèdes, on voit un os particulier, plat, très saillant, qui s’avance au-dessous des yeux en forme d’une demi-arcade sourcilière ; cet os est formé de deux branches écartées, dont l’une s'incline sur l'arcade zygomatique, et l’autre , relevée au-dessus de l'œil , est terminée par un petit os qui lui est attaché par le moyen d’une articulation flexible. Cet os sour cilier a une forme presque rhomboïdale, aplatie. Comme cette arcade sourcilière, placée en haut de chaque orbite, paroît suppléer en quelque sorte dans les oiseaux au tubercule frontal des mammifères, c'est pour cela que les ornithologistes ont placé les joues des oiseaux entre les yeux et l’ouverture du bec. On observe de plus à quelques espèces, surtout aux perroquets, deux arcades situées intérieurement sous l'os frontal, à la place des palatins, et elles paroissent contribuer beaucoup au mouvement de la mandibule supérieure. Le crâne du casoar est surtout remarquable par cette espèce de saillie en forme de cast ue, laquelle est placée sur l’os frontal, et se prolouze de là sur la base de la mandibule supérieure; cette saillie est formée en dedans d’un tissu cellulaire osseux très léger, et sa surface est parsemée de trous et aussi de pores très nombreux, qui correspondent avec l'intérieur des cellules. À mesure que l'oiseau prend de l’accroissement, celte saillie augmente d’étendue, et paroît affaisser la partie postérieure des orbites. Le bec des toucans et des lurycères est entièrement celluleux entre les lames internes et externes qui le recouvrent d'une couche cornée, mince et lustrée.

Les os pariétaux des mammifères sont doubles et réunis par une suture très distincte, dans les oiseaux ils paroissent soudés et confondus en un seul, surtout dans les vieux; et au lieu d’avoir une forme quadrangulaire, comme dans l’homme et dans plusieurs quadrupèdes, ils ressemblent presque, par leur convexité à l'extérieur, à une demi-sphère élargie et creusée en dedans pour recevoir le cerveau.

Les bords de l’os temporal, qui fait postérieurement partie des orbites, se prolongent toujours en une crête saillante, terminée par une pointe inclinée vers l'insertion de l’arcade zygomatique.

L'os occipital des oiseaux présente moins de tubérosité que celui des mammifères, et a en quelque sorte la forme d’un anneau. A sa surface externe onn voit ordinairement que trois tubercules et un

petit rudiment de l’os nommé rocher ; au lieu de plusieurs saillies condyloïdes, on ne trouve toujours qu’un petit condyle arrondi, qui, en se posant sur la première vertèbre du cou, paroît destiné à empêécher la tête de trop s’incliner en avant. Le condyle de l'os occipital des oiseaux étant unique, sert à l’extrême mobilité de leur tête ; de sorte qu’ils peuvent la tourner en divers sens, et même regarder en arrière.

La cloison ethmoïdale, qui sépare les orbites des oiseaux , peut être comparée à un simple feuillet osseux, transparent, ayant plusieurs trous par où passent des nerfs qui communiquent, soit avec les deux yeux, soit avec l’intérieur des narines. Dans sa partie inférieure, cette cloison est adhérente avec le vomer, autre espèce de feuillet qui divise l’intérieur des narines en deux parties égales. Dans le crâne de l’homme, l'os ethmoïde est parsemé de petits trous par où passent autant de nerfs très petits, qui s'étendent dans l'intérieur des narines, et qui proviennent principalement de la première paire; et c’est à cause de cela que les anatomistes l’ont nommé os cribriforme. Cette partie du crâne dans les oiseaux n’est garnie au contraire que de deux trous. d’où s’échappent des nerfs provenant également dh la première paire, lesquels s'étendent en ligne droite vers la base du bec; ces nerfs sont plus visibles dans les gros oiseaux d’eau, surtout dans les hérons. Cet os, à cause de sa petitesse, de sa légèreté, et principalement à cause de sa forme, a induit plusieurs anatomistes anciens en erreur, qui avoient prétend qu’il n’existoit pas dans les oiseaux. La cloison ethmoïdale du casoar n’est perforée que vers la boîte du crâne et aussi vers sa partie supérieure, pour donner passage aux nerfs répandus dans les organes de la vue, de l’ouie, de l’odorat et du goût.

L'os sphénoïdal des oiseaux diffère beaucoup de celui des mammifères; il est placé près le crâne des oiseaux , entre le condyle occipital et le vomer, et dans quelques espèces il est surtout remarquable par deux apophyses qui se prolongent et s’insèrent chacune près la base de la mandibule inférieure.contre le vomer.

L’arcade zygomatique des oiseaux est placée de chaque côté de la base de la tête, et consiste en une pièce transversale posée sur chaque orbite. Cet os est mince, grêle, garni d’une petite apophyse vers l'ouverture des narines dans les oiseaux de proie. El est articulé et mobile à ses deux extrémités, de manière qu’il facilite le mouvement de la mandibule supérieure en la laissant glisser en arrière, et il sert

: en même temps à l'articulation de la mandibule in-

férieure. En examinant cet os dans la tête du casoar et aussi dans celle de quelques autres, on reconnoit qu’il est formé, comme dans les mammifères, de

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deux os articulés ; mais sa forme étant simplement droite et non arquée, il convient plutôt de le nom mer os zygomalique.

L'os carré, ainsi nommé par M. Duméril, à cause de la forme qui lui est propre, doit être regardé comme entièrement distinctif et particulier aux oiseaux. Quoique les auteurs anciens n’en aient pas fait mention, cependant cet os est très distinct, puisque c’est sous lui que la mandibule inférieure se meut, en lui présentant une excavation pour recevoir son tubercule.

Dans la cavité des narines et du bec, sous los frontal, on trouve une grande quantité de petites cellules régulières, désignées sous le nom d’os spongieux, où pénètrent les deux nerfs propres à l’odorat, qui passent à travers l’os ethmoïde.

Les os maæxillaires des oiseaux varient beaucoup suivant les espèces, et leurs formes sont les mêmes que celles du bec; ainsi les os maxillaires des courlis, des ibis, des colibris, de la huppe, sont allongés, menus, et plus ou moins recourbés en bas; ceux des oiseaux de proie, des grosbecs et des gallinacées, sont courts et robustes, et le supérieur est de plus un peu crochu ; ceux des spatules, des pélicans, sont aplatis. Il en est de même de ceux des autres espèces, suivant la forme de leur bec; puisque cette partie principale de la face des oiseaux est formée par les os maxillaires enveloppés dans une peau sèche, luisante, plus ou moins semblable à la corne. Quelques genres, surtout les perroquets, sont remarquables par l'extrême mobilité de leur mandibule supérieure, laquelle est unie à los frontal par un ligament flexible. Dans les Actes de Copenhague pour l’année 4675, on trouve une observation sur la structure singulière des organes de la voix des perroquets par Olaus Jacobæus. Suivant cet auteur, chaque mandibule est composée de deux os mobiles , et elles recoivent entre elles deux stylets oblongs; la partie extérieure de la mandibule du dessus forme la partie supérieure du bec, et la partie inférieure n’est autre chose que le tendon d’un muscle qui s’apercçoit dans la bouche. Cet ancien auteur paroït aussi soupconner, mais à tort, que l’os auquel sont attachés les muscles ptérygoïdes, est formé de cette même manière. La partie inférieure de la mandibule de dessous compose la pièce inférieure du bec; et la partie supérieure répond à celle postérieure de la mâchoire inférieure des autres animaux : les deux stylets dont nous venons de parler sont attachés par l’une de leurs extrémités à la portion postérieure de cette mandibule; le moins long se prolonge sur la partie inférieure de la mandibule supérieure, et l’autre sur la partie extérieure. La pointe de cette mandibule peut se détacher dans les jeunes oiseaux, et elle paroit remplacer l'os intermaxillaire des mammifères:

Lorsque les oiseaux avancent en âge, cet os se confond avec le maxillaire supérieur, et alors il est garni de pores nombreux.

Les os palalins des oiseaux s’articulent avec l’arcade zygomatique; ceux du casoar sont pectinés vers la partie voisine du vomer.

Outre les principaux os de la tête, il en est encore deux autres qui dépendent plus particulièrement des organes environnants : 4° l’os hyoëde, qui fait partie de la langue, et qui contribue plus ou moins à varier les inflexions de la voix et du chant ; 2° l’os pédiculé, qui remplace dans les oiseaux l’étrier et qui fait partie de l’organe de l’ouie.

Tréviranus fait remarquer que Galvani et Scarpa sont les seuls auteurs qui aient fourni, jusqu’à présent, quelques détails sur la structure de l’oreille interne, détails que la plupart des anatomistes n’ont guère fait que copier. La description que Galvani et Scarpa ont donnée de l’appareil auditif avoit paru depuis long-temps imparfaite à Tréviranus. puisque cet appareil étoit décrit comme très simple, tandis que la finesse du sens de l’ouïe chez les oiseaux , et le penchant d’un grand nombre de ces derniers pour la mélodie, indiquoit au contraire un organe auditif très compliqué. En prenant pour type l'oreille interne du falco lagopus des auteurs ou buse commune, on observe les particularités suivantes : le limaçon a chez tous les oiseaux la forme d’un cône obtus légèrement courbé et arrondi au sommet ; à sa base, qui avoisine le vestibule, on trouve la face inférieure de la fenêtre ronde et la fenêtre ovale, et à la face supérieure l’ouverture par laquelle pénètrent les deux branches du nerf acoustique. En enlevant avec précaution la lame osseuse extérieure du colimaçon, on découvre dans le sommet un réservoir rond et cartilagineux , duquel partent deux lames également cartilagineuses et fort étroites qui se portent vers le vestibule, en se courbant comme le limaçon, et recevant à leur surface concave les expansions du nerf du limaçcon, tandis que leur surface convexe est recouverte dans toute sa longueur par un toit membraneux, formé par une double série de lames sur lesquelles se répandent la plupart des branches du nerf du limacon.

Le réservoir cartilagineux a à peu près la forme d’une cornue dont le cou seroit cassé; son ouverture est tournée vers le côté concave du limacon : c'est par cette ouverture que pénètre dans la cavité une branche du nerf du limaçon, qui s’y subdivise comme Scarpa l’a déjà indiqué.

Les bords des deux prolongements cartilagineux de ce réservoir sont repliés et se rapprochent du côté du vestibule ; l'extrémité de l’un passant sur celle de l’autre, forme une courbure légèrement spirale, qui se perd enfin un peu plus loin, de manière que

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les deux extrémités de ces prolongements forment une gouttière entre elles. L’une des lames cartilagineuses est un peu plus épaisse que l’autre, et dans leur intervalle est une ouverture étroite et allongée, par laquelle passe la pius forte branche du nerf du limacon : ces lames s’étendent tout le long de l'axe du limacçon , et partagent l'intérieur de ce dernier en deux chambres, dont l’une postérieure et l’autre antérieure ; c’est au côté de la chambre postérieure que se trouve la fenêtre ovale, et au même côté de l’antérieure la fenêtre ronde.

Aux deux côtés de l'ouverture allongée dont nous venons de parler se trouvent, sur le cartilage du limaçon, les lames auditives membraneuses déjà mentionnées ; ces lames sont placées transversalement à la direction de sa fente, et s'élèvent verticalement en se pressant les unes contre les autres. Chez certaines espèces d'oiseaux, ces lames onttrois bords, un convexe et deux étroits ; le bord convexe avoisine la face interne d’un toit membraneux en forme de voûte, qui occupe toute la chambre postérieure du limaçon , et se lie tout autour aux bords extérieurs des prolongements certilagineux. L’un des bords de ces lames tient à la face convexe de l’un des pro- Jongements, et l’autre est libre. Il existe ainsi deux séries de ces lames, dont les bordslibres s’avoisinent dans l’axe du limaçon, en laissant entreelles un petit espace auquel conduit l’ouvertureallongée quiexiste entre les deux prolongements cartilagineux.

Tréviranus n’a pu dire si les deux lames de chaque paire sont réunies par leurs bords dans tous les oiseaux, maiselles le sont évidemment dans le loxia curvirostra.

Le nerf des limaçons , après s'être séparédes nerfs des canaux semi-circulaires, se porte dans une gouttière de la face concave du limaçon, jusqu’auprès de la fenêtre ronde, pénètre par là dans la chambre antérieure du Jimacçon, et se partage ensuite en deux rameaux, un plus grand et un plus petit. Le premier se subdivise en un réseau qui remplit l’intervalle des deux prolongementscartilagineux, et dont une quantité de petits filaments se rendent sur les lames membraneuses qui se trouvent dans la chambre postérieure , sur les deux faces desquelles ils se terminent. Le petit rameau ne se sépare du grand que dans le voisinage du réservoir, et pénètre dans la cavité de ce dernier.

La structure du limacçon dans le corvus glandarius, l’ardea stellaris, le fringilla canaria et le loxia curvirostra, est la même que dans le falco lagopus, à quelques légères différences près ; mais le limacon du coq et des canards s’en éloigne déjà sensiblement.

Le nombre des vertèbres cervicales varie singulièrement chez les oiseaux, mais il dépasse constamment celui affecté à l’homme, qui n’a que sept de

ces os. Le moineau en a neuf; la plupart des oiseaux de proie et des passereaux, de onze à douze; la corneille et lehibou en ont treize; lecoq, quatorze; le canard, seize ; l’autruche, dix-sept ; la grue, dix-huit; l’anhinga, vingt-un, et le cygne, vingt-trois.En géntral, la hauteur du cou coïncide assez singulièrement avec la hauteur proportionnelle des jambes. Par la nature des facettes articulaires de ces mêmes vertèbres, le cou ne peut se plier qu’en S, et en rapprochant plus ou moins les courbures, il s’allonge ou se raccourcit. L’atlas a la forme d’un anneau, et s’articule avec la tête par une seule facette, ileu résulte cette facilité de rotation si grande dans les mouvements horizontaux qu’exécutent les oiseaux, et que facilitent des muscles intertransversaires.

Les vertèbres du dos varient de sept à dix ; elles sont réunies entre elles par de forts ligaments, et le plus ordinairement leurs facettes articulaires sont même solidement soudées. La rectitude de cette portion de la colonne vertébrale, son impuissance absolue d’aider les mouvements, a pour but de résister à la violence de la force musculaire qui devient nécessaire pour le vol. Aussi, la seule exception que présentent les oiseaux à cette loi à peu près générale de leur organisation, s’offre-t-elle dans la famille des brévipennes, dont lesmembressupérieurs rudimentaires sont complétement impropres à la locomotion dans l’air, et chez lesquels, par suite de leur analogie générale avec les mammifères, les vertèbres dorsales sont mobiles sur elles-mêmes.

Enfin le nombre des vertèbres coccygiennes varie singulièrement suivant la nature du vol des oiseaux, et par conséquent suivant l’ampleur de la queue qu’elles doivent supporter. On en compte ordinairement de cinq à sept, sans y comprendre un petit os nommé caudal, dont la forme varie beaucoup. C’est ainsi que cet os est triangulaire chez les gallinacées ; allongé et comprimé latéralement chez les accipitres ; large, déprimé sur les côtés, et percé d’un trou rond vers le centre chez l’autruche. Les vertèbres qui terminent la colonne vertébrale supportent les plumes uropygiales ou les couvertures de la queue; l'os caudal au contraire supporte les pennes rectrices. Daudin cite un exemple fort remarquable des modifications que la domesticité a introduites dans la réduction des pièces osseuses de la queue d’une variété de coq qui vit en Virginie, et qui n’a que quatre très petites vertèbres, dégarnies de longues plumes, qu’à cause de celaona appelé cog sans croupion.

Les vraies côtes ou les sferno-vertébrales, ainsi que les nomme Vicq-d’Azyr, s’articulent d’une part aux vertèbres, et de l’autre au sternum. Recourbées en arc, et divisées vers le milieu par un cartilage, elles s’accroissent d'autant plus qu’elles sont placées plus inférieurement vers le basdu thorax ; aussi permettent-elles Ja dilatation de cette cavité d'avant en

arrière, et non de droite à gauche, ainsi que cela se fait chez les mammifères. Le coucou, le coq, le casoar, n’ont que quatre de ces côtes; la corneille, le perroquet, l’autruche, cinq ; le butor, six; l’aigle, la buse, la chouette, la grue et le canard, sept; le cygne, neuf; mais cinq deces dernières ont vers leur milieu une apophyse inclinée, qui est quadrangulaire chez le casoar. Les cinq vraies côtes de lautruche sont aplaties en palettes à leur extrémité sternale, et fourchues à leur insertion vertébrale, etil semble qu'elles puissent se rapprocher les unes des autres, suivantcertains mouvements inspirateurs de l'oiseau.

Par opposition on a donné le nom de verlébrales aux fausses côtes, parce qu’elles sont simplement articulées aux vertèbres, et leur nombre est très restreint. Leur position est ou plus antérieure ou plus reculée, suivant qu’on les examine chez les oiseaux rapaces, grimpeurs ou palmipèdes. Ces deux ordres de côtes sont mus par deux plans musculaires agissant en sens opposé. Dans le mouvement en haut, les côtes s'élèvent pour l'inspiration; dans le sens contraire, elles s’abaissent pour l'expiration.

La fourchette est un os particulier aux oiseaux ; il occupe la partie antérieure et supérieure du corps, et se compose de deux branches réunies en bas. Les deux branches de la fourchette n’ont pas constamment la même forme ; elles sont épaisses, élargies, et simplementunies en bas par une articulation flexible dans lesaccipities ; cylindriques, et réunies par une iame circulaire et aplatie dans les gallinacées ; fourchue chez les passereaux; en forme de V et pointue vers le sternum chez les perroquets et les toucans. Toutefois, le casoar et l’autruche, à demi mammifères par leur organisation, n’ont point d’os de la fourchette, Les clavicules du premier sont plates, élargies et munies de deux saillies latérales internes, dont l’une se prolonge sur le bord antérieur du sternum, tandis que l’autre se dirige au-dessus comme pour remplacer la fourchette manquante. Chez l’autruche, les deux saillies de chaque clavicule se soudent et se confondent à leur extrémité, en laissant entre elles une ouverture,

Le sternum recouvre toute la partie antérieure du thorax et le haut de l'abdomen. Sa forme générale est celle d’un quadrilatère allongé, convexe en dehors, concave en dedans. Sur la face antérieure s'élève une lame plus ou moins saillante nommée bréchet, lame qui manque complétement au sternum de l’autruche et du casoar. La hauteur du bréchet correspond avec assez de régularité à la puissance du vol des oiseaux. Dans ces dernières années, le sternum a servi à M. de Blainville(!), puis à

° () Journal de physique et de chimie, mars 1821.

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M. Lherminier (1), de moyen de classification, et cet os fournit en effet des caractères du premier ordre pour établir les analogies de famille. Voici le résumé du travail de ce dernier.

Dans toutes les pièces du squelette des oiseaux, le sternuin est la plus intéressante pour l’anatomiste et même le zoologiste. Placé à la partie antérieure et inférieure du tronc, il constitue constamment, chez l'adulte, unos distinct, impair, variable dans sa force et ses dimensions, et fournissant à la fois un appui aux os de l’épaule et aux côtes, des attaches aux principaux muscles de l’aile, et enfin un abri ou un support aux viscères contenus dans Ja poitrine, ainsi qu’à la plupart de ceux que renferme l’abdomen.

Pour la commodité de la description, on peut considérer le sternum comme formé de deux parties, l’une supérieure, horizontale ou le bouclier, le corps, et l’autre inférieure, verticale, qu’on appelle la quille ou la crête sternale , et qu’on connoît vulgairement sous le nom de bréchet.

Le corps du sternum est le plus souvent une plaque osseuse dont la forme, les dimensions, la solidité, varient beaucoup dans les différents groupes qui constituent la série des oiseaux. Sa face supérieure, concave dans les deux sens, mais surtout transversalement tapissée, dans l’état frais, par la séreuse commune aux cavités thoracique et abdominale qui communiquent librement entre elles, par l'absence ou plutôt par le peu de développement du diaphragme largement ouvert dans son centre chez l'oiseau, est tantôt lisse, tantôt inégale. Elle est percée d’un plus ou moins grand nombre de pertuis, qui abondent surtout sur la ligne médiane, au commencement de laquelle il en existe fréquemmentun beaucoup plus grand que les autres, et qui, parfois, est remplacé par une arête descendant du bord antérieur du sternum. Toutes ces petites ouvertures communiquent avec le tissu diploïtique de l’os, et y permettent l'introduction de l'air par les sacs pulmonaires, ou du sang par les vaisseaux nourriciers.

La face inférieure est convexe, le plus souvent d'avant en arrière, mais surtout transversalement ; elle présente à chaque côté de la ligne médiane un plan plus ou moins incliné, qui semble concourir avec son correspondant à la formation de la crête sternale , le plus souvent lisse et polie. La surface de ces deux plans peut être remplie d’un grand nombre de saillies et d’enfoncements qui la rendent très inégale. Disposition très propre à affermir les attaches que les muscles pectoraux prennent sur lesternum. Des deux côtés de la ligne médiane, cette face est coupée en deux par une ligne qui, partant du

() Recherches sur l'appareil sternal des oiseaux,

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