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LES HIBOUS

Ont des conques auriculaires munies en avant d’un opercule membraneux, et étendues en demicercle depuis la naissance du bec jusqu’au sommet de la tête; deux aigrettes mobiles, susceptibles de se relever ou de s’abaisser ; le bec recourbé dès la base, et les tarses garnis de plumes jusqu’à la racine des ongles.

4° Le HIBOU commux (f), ou le moyen duc de Buf-

) Striz pulsatrix, Wied., Beit., II, 268. Syrnium, ibid., voy. t. 1H, p. 182 de la trad. franc.

e) Less., Coq. I, 239. Strix cunicularia, Ch. Bonap., Am ,t. VII, p. 2.

(3) Ofus, Cuv. Bubo, Savig.

() Strix otus, L. Naum., pl. 45 , fig. 1. Ch. Bonap., Genera,

DES OISEAUX

fon, est très répandu dans la plupart des contrées de l'Europe.

2 La CHOUETTE, ou le moyen duc à huppes courtes (1), représenté par Buffon, enlum. 458, est répandu sur presque toute la surface du globe, car on en possède au Musée de Paris des individus des iles Mariannes, de la Nubie, du Brésil, des iles Sandwich, qui ne diffèrent point de ceux de l’Inde, du Cap, de l’Europe et du nord de l’Amérique.

5° Le GRAND HIBOU A HUPPES COURTES (2), ou le bouh des Fgyptiens, a été découvert en Egypte par M. Bert, et fizuré dans le grand ouvrage de la Commission par Savigny. Ce savant lui donne pour synonymes le »vxre504È des hiéroglyphes, lasxaxhagos d’Aristote, wrw: d’Appollore, qu’Ovide mentionne sous le nom de bubo dans ses Métamorphoses.

Ce hibou habite l'Egypte, la Nubie, et se montre parfois dans le midi de l’Europe, en Sardaigne et en Sicile. I diffère du hibou d'Europe par ses aigrettes très courtes , placées à quelque distance en arrière des yeux, et par son bec assez petit, caché presque entièrement dans les poils très longs de la face. Les tarses et les doigts sont vêtus jusque près de l’origine des ongles, de manière cependant que les deux dernières écailles de chaque doigt ne sont point recouvertes de plumes duvetées. La queue est de moyenne longueur et arrondie ; le corps, les ailes et la queue sont d’un roux blanchâtre, diversement nuancé ; des taches et des raies brun noir couvrent tout le corps : elles sont de forme lancéolée sur la tête et sur la nuque, et réparties en grandes masses sur les ailes; des bandes larges et contournées en zigzags étroits traversent les rémiges et les rectrices ; des mèches allongées occupent le milieu des plumes de la poitrine, et dessinent des lignes brisées très fines sur le reste des parties inférieures. Le dessous de la queue est blanchâtre, et se trouve barré de cinq à six raies très étroites d’un brun noirâtre. La gorge et le milieu de la poitrine sont blancs, les tarses sont très longs, couverts d’un duvet blanchâtre; le bec est noir. Il a de longueur dix-sept pouces six lignes.

4° Le HiIBOU Du BEXGALE (3), ou le goubour des Mabrattes, se trouve aussi bien dans le Dukhun, où l’a rencontré le lieutenant-colonel Sykes , que sur les bords du Gange, entre Bénarès, Calcutta et la haute chaîne des monts Vindhyan, où l’a découvert

(:) Strixulula et'Strix brachyotos, Gm. Wils., Am., Ornith., t. IV, pl. 33, 3,Lichst., Cat. Strix brachyotos, Ch. Bonap., Genera.

(2) Bubo ascalaphus, Savig., Egypte, pl. 3, fig. 2. Temm., pl. 57 (adulte) British.,zool., pl. B, fig.3. Lichst., Cat Bubo auricularum pennis numerosis ; abdomine lineis transversis undulatis, Savig., Eg., p. 50.

6) Otus Bengalensis, Franklin, Proceed., 4, 115 et11, 80, Greateared Owl, Variety, Latham.

le capitaine Sabine. Cet oiseau a le corps d’un roux pâle, varié et ondé de brunâtre et de blanchâtre ; les plumes de la nuque et de la poitrine présentent à leur partie moyenne une large raie brune noirâtre. Le ventre est agréablement rayé de stries transversale: fines et brunes. Les rémiges et les rectrices sont traversées à leur bord externe vers leur pointe de stries brunâtres, et les pennes moyennes de là queue sont en entier couvertes de ces mêmes rayures. Ce hibou a vingt pouces anglois de longueur.

d° Le HIBOU À JOUES BLANCHES (1) vit au Sénégal. Sa taille et ses formes rappellent celles de l’Asio, qui vit dans l’A mérique septentrionale. Ses aigrettes sont longues et touffues, et naissent au-dessus des yeux. Son bec, de couleur cornée, est presque entièrement caché par les longs poils neigeux de la face ; les ailes couvrent à peu près la queue, qui est arrondie. Les tarses sont vêtus de plumes, et la face dorsale des doigts est garnie de poils assez courts, à claire-voie. Cet oiseau a de longueur totale dix pouces. Sa face est d’un blanc pur, marqué de roux audessous des yeux, et bordée de noir sur la ligne postérieure des joues. Les rebords des ailes, de même que les srandes couvertures, sont blancs. Tout le plumage est roux clair, très brièvement flammé de brun, et guilloché très finement de traits noirs, ét vermiculé de brun. Le dos est un peu plus foncé en brunâtre que le ventre, qui tire au roussâtre. Le basventre et les tarses sont blancs. Les rémiges et les rectrices sont barrées de noir. Le duvet des tarses est blanc, piqueté de fauve.

6° Le HIBOU TACHETÉ (?) a été rapporté vivant du cap de Bonne-Espérance par Péron, et a vécu à la ménagerie du Jardin du Roi. Sa taille est d’un tiers moindre que celle du grand duc. Sa queue est large et arrondie, et recouverte dans les trois quarts de son étendue par les ailes. Le duvet qui enveloppe les jambes est abondant et serré. Les aigrettes naïssent à quelque distance du bord externe des yeux. Le bec est presque entièrement caché par les soies grises du pourtour. Ce hibou a dix-sept pouces et demi de longueur.

Les plumes soyeuses de la face et de la gorge sont rayées en travers de zigzags bruns, cendrés et blanchâtres : elles sont encadrées par un cercle noir, que relève le blanc pur du menton et du bas du cou. Le dessus du corps est d’un noir fuligineux , couvert de taches blanches placéessur les bords des barbes. Ces taches sont grandes et d’un blanc pur sur les couvertures des ailes et aux scapulaires, plus petites sur la tête et sur le cou, zigzaguées de brun sur

(") Strix leucotis, Temm., pl. 16.

(2) Le duc africain, strix africana, Temm., pl. 50 (femelle). Strix maculosa, Vieill., Gal., pl. 24 bis; alba; capite, facie pectoreque transversim striatis ; corpore suprà fusco maculoso, Vieill., Nouv, Dict., t, VII, p.#4.

les autres parties. De larges bandes brunes et des bandelettes blanches étroites etzigzaguées traversent les pennes des ailes, dont la pointe est brune; les parties inférieures ont de grandes taches noires sur un fond blanchâtre, rayé en travers de lignes flexueuses noires. L’abdomen et les couvertures inférieures sont rayés de bandelettes déliées sur un fond blanchâtre. Les femelles ont des lignes fléchies brunes sur un fond blanc. Le bec est noir, le rebord desailes est blanc pur, et les couvertures intérieures ont des zigzags bruns sur un fond blanc.

Le mäle diffère de la femelle parce qu’il n’a pas de taches blanches sur les parties supérieures, à l’exception de la tête et des aigrettes, et en ce que ses couleurs sont plus foncées.

7° Le wiBou D'AMÉRIQUE (1) a été confondu par beaucoup d’auteursavec le hibou commun d'Europe. Il vit aux Etats-Unis et au Paraguay. Du moins on ne le distingue pas du nacurutu chorreado de d’Azara, et le prince de Wied l’a rencontré au Brésil, où il porte le nom de curuje chez les créoles, et de kelokann chez les Botucudos. Sa huppe est noire et blanche. Les plumes de la tête sont noires dans leur milieu , et blondes sur les bords. Le dessus du corps est noirâtre, avec des lignes et des points sur chaque plume, dont les côtés sont blancs. La face est entourée de noir, le menton blanc; la poitrine et les flancs blancs, tachetés longitudinalement de noir. Le bec est de cette couleur ; la queue est assez remarquablement étagée. Le duvet des tarses est blanc, lavé de roux. Les yeux sont jaune d’or.

8° Le NACURUTU (2), ou mieux NACOUROUTOU, est représentée planche 585 des enluminures de Buffon sous le nom de hibou des terres magellaniques. X vit donc sur la pointe australe de l'Amérique , au Paraguay, où le mentionne d’Azara, au Brésil, où le prince de Wied l’a rencontré, et où il porte les noms communs, à lui et à plusieurs autres strix, de curuje chez les créoles, et de kekokann chez les Botucudos. Enfin le nacouroutou, mot corrompu de jacou-routou des anciens Brésiliens, formés sans Goute par onomatopée avec son cri, se rencontre aussi aux Etats-Unis. Peut-être enfin ce hibou n'est-il qu’une variété du grand duc de Virginie? ou du great horned owl de Wilson ?

9° Le HIBOU À GROS BEC (3) est à peu près de la

© () Strit mexicana, Gm. Strix clamator, Vieill. Am , pl. 20. Strix longirostris, Spix, Bras., pl. 9. Strix maculata, Wied, t. IT, p. 281. Nacurutu tacheté, Azara, Pax., III, 118. Vieill., Encyc. III, 1281

(2) Striæ nacurutu, Vieill., Encycl. II, 4281. Wied, Beit.Il!, 270. Jacurutu, Marcg. Nacurutu, Azara, t.IIL, p. 113. Strix virginiana, L. Great horned owl, Wils., Am., Ornith.,t. VI, pl. 50, fig. 1.

(6) Striz macrorhynchos, Tem. pl. 62. Strix crassirostris, Vieill., Encycl. III, 4280. Nouv. Dict. d’hist, nat., t. VU, p. 44,

HISTOIRE NATURELLE

taille du grand duc de Virginie ou hibou des pins. Comme lui il habite le nord de l’Amérique , et, bien qu'il ait sa taille, il en diffère d’une manière très remarquable par son bec gros et fort, et par le manque de la plaque blanche à la gorge. Ses doigts sont vêtus comme les tarses, la dernière phalange, ou l’onguéale exceptée, qui est nue. Un cercle noir se dessine sur les côtés de la face, dont les plumes soyeuses sont longues et blanches. Les aigrettes, de médiocre longueur, prennent naissance derrière les yeux. Toutes les parties supérieures du plumage sont variées de brun, de roux et de blanchâtre, disposés par taches et par ondes. Des bandes plus régulières se font remarquer sur les pennesalaires, et les rectrices ont de larges bandes zigzaguées. La partie jaunâtre de ces bandes est striée et ponctuée de noir. De grandes flammèches brunes se dessinent sur la poitrine. Toutes les autres parties inférieures sont rayées en travers de fines bandes brunes, assez écartées les unes des autres et disposées sur un fond blanchâtre. Les tarses sont courts, emplumés. Le bec est noir ou noirâtre. Ce hibou a dix-neuf pouces de longueur, bien qu’il y ait des individus plus petits et d’autres plus grands.

On Jui donne pour patrie la Virginie.

10° Le HIBOU À JOUES FAUVES (?) habite principalement la Pensylvanie dans les Etats-Unis, et pendant l’automne il se présente communément aux alentours de New-York. Wilson ne l’a pas distingué du hibou commun ; cependant les deux aigretttes sont très allongées. Son plumage est beaucoup plus moucheté, et les rémiges sont rayées de ferrugineux : elles atteignent l’extrémité de la queue. Peutêtre ce hibou ne diffère-t-il pas du hibou d’Amérique, ou nacurutu tacheté (espèce sixième).

41° Le xiBou ASI0 (2?) habite les Etats-Unis, où les deux sexes présentent des différences assez grandes pour qu’on ait été indécis s’ils ne formoient pas deux espèces. Sa taille est un peu plus forte que celle du scops. La queue est un peu plus longue que lesailes, et les tarses sont emplumés ainsi que les doigts. Le mâle est cendré brun, la femelle est ou les jeunes sont roussâtres ou roux vif. Les plumes du corps en dessus sont chez le mâle striées de noir et zigzaguées de cendré plus ou moins foncé. Ces parties chez les femelles sont presque unicolores et sans zigzags. Le mâle à, en outre, sur le haut du dos et les scapulaires, quelques grandes taches blanc rous-

(1) Strix otus, Wils., Am, t. VI, pl, 91, f. 3. Ofus Wilsonianus,iLess., Ornith., p. 110. Bubo clamator, Vieill., pl. 20?

(6) Strix nœvia, L., Gm., Lath. Wilson, Am., II, pl.19, fig. 1, Ch. Bonap., gen., 37. Strix asio, Lath., Wils., pl.492, fig.1 (fem. ou jeune). Bubo albifrons et striatus, Vieill., Encycl., Vieill., Am., pl. 21. Strix asio et nævia, Temm., pl, 80 (mâle).

DES OISEAUX

sâtre. Les parties inférieures sont rayées en long et en travers de brun et de noirâtre. La queue et les ailes sont rayées dezigzags bruns et blanc roussâtre. Une rangée de taches blanches occupe les scapulaires, et une deuxième est répartie sur le bord de l'aile ; quelques bandes blanches raient les rémiges. Les poils laineux des tarses et des doigts sont blancs. Cet oiseau a de longueur totale neuf à dix pouces.

La femelle a les parties supérieures colorées par grandes masses, et des mèches noires unies et des taches rousses sur le fond blanc des parties inférieures.

L’asio est assez commun dans les vergers et dans les bois de l’Amérique septentrionale, surtout dans la Pensylvanie et le nouveau Jersey. On le rencontre dans l’automne, car pendant l’hiver il se retire au nord. M. Charles Bonaparte croit qu’il ne diffère pas du choliba du Paraguay, mais cette opinion nous paroit douteuse.

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