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LES MARTIN-CHASSEURS

Né sont pas encore nettement circonscrils, Car ils paroissent , lorsqu'ils auront été mieux étudiés , devoir comprendre quelques petites tribus distinctes. Dans l’état actuel de nos connoissances, les martinchasseurs sout des aleyons qui chassent aux insectes et se nourrissent aussi de larves et de vers. Ils se plaisent dans les bois et dans les forêts humides des zones équatoriales, qu’ils ne franchissent pas. Leur plumage est ordinairement brillant et de nature soyeuse. Ils nichent dans les trous d'arbres. Aucun d’eux ne vit en Amérique.

Buffon en a figuré plusieurs espèces; mais nous reproduirons la description de celle qui suit immédiatement , paree que la notice de Buflon est erronée en quelques points.

4° Le martin-chasseur à téle noire?) à onze pouces quatre lignes de longueur totale. Son bec, long de deux pouces et demi, est puissant, très épais, à mandibule inférieure renflée, et à carène saillante en dessous, et d’an rouge de corail ; s1 queue a trois pouces de longueur ; les rectrices qui Ta composent sont inégales, comme étagées par leur graduation, et lui donnent une forme arrondie. Les tarses sont proportionnés, d’un rouge vif, tandis que les ongles sont noirs.

Les couleurs da plumage de cette espèce sont des plus éelatantes et des plus heureusement alliées. Bien que la plupart des martin-pêcheurs aient leurs plumes soyeuses teintes des couleurs de l'outremer, du noir de velours et du roux buflle , toujours est-il que cette espèce est une des plus richement parées de ce genre nombreux.

Une calotte d'un noir intense recouvre toute la

(«) Choucalcyon Gaudichaudii; alcedo Gauldichaudii, Quoyet Gaim., Ur., pl. 15, p. 112.

(:) Dacelo , Leàach. Paralcyon, Gloger.

(5) Alcèdo atricapella, L., enl. 673 À. brama, Less., Cent. zool., pl. 8. Paï érreur, Soninérat. Voy.,

HISTOIRE NATURELLE

| tête, une partie du cou en arrière, et les joues en

enveloppant les yeux. La gorge et le devant du cou sont d'un blanc satiné, et ee blanc s'étend sur le haut du dos, en y formant un très large collier, qu’une légère teinte colore. Le dos, les grandes couvertures des ailes, les rémiges moyennes, les rectrices en dessus, sont d’un outremer suave et brillant : les tiges de ces dernières sont d'un noir lustré remarquable. Les ailes, c’est-à-dire leurs couvertures, sont d’un noir de velours profond, et les grandes rémiges bleues à leur naissance, traversées à leur milieu par une bande gris de lin pourprée, sont d’un noir vif à leur portion te:minale. Les ailes sont doublées de plumes couleur cannelle en dedans, et sont aussi en dessous blanches et brunes. Toutes les parties inférieures , depuis le thorax jusqu’aux couvertures inférieures et sur les flancs, sont d’un roux marron fort vif. La queue est brune en dessous.

Ce martia- pêcheur habite les îles indiennes de l'Est, et plus particulièrement Ceylan et la presqu’ile de Mälacca.

2 Le martin-chasseur à téte blanche (1) se trouve aux îles Mariannes. Îl a le bec noir et blanc, les ailes et le manteau de couleur d’aigue-marine, et le reste du corps blanc. Une variété d'âge avoit l’occiput vert et un collier blanc, et un troisième individu, aussi conservé dans les galeries du Muséum, a le front et de larges sourcils blancs sur le vert qui colore la tête. 53° Le martin-chasseur à léle rousse (?), aussi des îles Mariannes, a la tête et le cou roux, des traits derrière l’œil et un demi-collier noirs. Le dos et les ailes sont aigue-marine, et le dessous du corps est roux vif. 4° L'omnicolore (3) se trouve à Java. Il a la tête et les épaules noires; le manteau, le croupion et le dessous du corps azurés ; les ailes et la queue nuancées d'aigue-marine, avec les extrémités noires. Le devant du cou est marron vif, et le derrière de cette partie est ombré de violet. Le bec est rouge de corail, et les tarses sont carnés. Les Malais le nomment tengke-urang. 5° Le martin-chasseur oreillon bleu ({) se trouve à Sumatra, dans les bois, qu’il parcourt pour poursuivre les insectes. Son bec est rouge de corail, et toutes les plumes de la têle et du cou sont étroites et lancéolées. Le sommet de la tête est d’un roussâtre bordé de plus clair ; les côtés de la tête et l’occiput sont azur. Le gosier est blanchâtré, avec du rose et du jaunâtre sur les côtés du cou. Les parties infériéures sont blanches. Lé manteau est olivâtre. Les ailes sont azur, avec du blanc au bord et aux couvertures moyénnés. La

(1) Alcedo albicilla, Less., Ornith., p. 247. Dumont, Dict.sc. at ,t XXIX,, p. 273, ne

() À. ruficeps, Cüv. Dum., Dict., t. XXIX, p. 273.

(3) À. omnicolor, Réinw. Termm., pl. 135. A. melanoptera, Horsf., XIII, 174.

(4) Dacelo cyanotis, Temm., pl. 262.

DES OISEAUX

queue, fortement étagée, est roux cannelle. Les tarses sont jaunes. 6° Le buccuide (1) provient de Java et de Sumatra. Le corps est en entier rayé de roux vif et de noir sur les parties supérieures, blanc sur les inférieures , avec des écailles noires sur les flancs. 7° Le martin-chasseur trapu (?) habite les grandes forêts des iles de Bornéo et de Sumatra. Il a sept pouces sept lignes de longueur, du vert foncé sur la tête, encadré de vert brillant. Les yeux sont surmontés par des sourcils roux, et les joues sont traversées par des sortes de moustaches d’un bleu intense. Une écharpe blêu indigo entoure la tête jusqu’à la nuque, etun large collier d’un roux vif se dessine au cou, et cette nuance est celle du thorax et des flancs. Le ventre est blanc. Les plumes du manteau, des ailes et de la queue sont noir mat, bordé de bleu foncé très vif. Le croupion est d’un bleu azur céleste, Le demi-bec supérieur est noir, et l’inférieur est jaune, ainsi que les pieds. Le jeune âge a tout le sommet de la tête rayé de roux et de verdâtre. Les moustaches sont d’un vert terne. Toutes les parties inférieures sont d’un roussâtre maculé de brun. Le manteau, le dos, les ailes, ont des teintes verdâtres et bleuâtres , et chaque plume de ces parties est marquée vers le bout d’une tache roussâtre ; le bleu d’azur du eroupion est indiqué par des taches de cette dernière couleur. Le bec est entièrement noir. 8° Le lazuli (8), aussi de Sumatra, a près de huit pouces de longueur. Son plumage est lapis lazuli brillant, relevé par le blanc neigeux du devant du cou, et deux taches arrondies placées sur les côtés du front, 99 Le double œil (4) a les plus grands rapports avec le précédent. On le trouve à Amboine , à Timor. aux Célèbes. Bleu azuré sur le corps, il a une ceinture du même bleu qui coupe sur le cou le blanc pur de la gorge, du thorax et de l’abdomen. Deux grandes taches oblongues et blanches occupent les côtés du front. Le bec et les tarses sont noirs. 10° Le mignon (5) habite Java, où on le nomme tengke-watou, et se trouve dans les parties montueuses et boisées de la province de Sumarang. Il paroît exister également à Sumatra, dans le district de Palembang. Ce joli oiseau mesure sept pouces. Ses pieds sont bruns, mais son bec est rouge de corail. Il est remarquable par le marron vif qui colore le front, les joues, et un large collier qui embrasse les côtés du cou jusqu’à la nuque. Les plumes du sommet de la tête sont lâches et touffues, et forment une sorte de huppe : ces plumes, brunes à leur base, maculées de blanc au milieu, se terminent par une pointe

(1) Dacelo buccoïdes, Temm., pl. 586.

(2) D. concreta, Temm., pl. 346.

G) Alcedo lazuli, Temm , pl. 508.

(&, À. diops, Temm., pl. 272.

(5, Dacelo pulckhella, Horsf., Zool., Research in Java. Trans., XIII, 175, Temm., pl. 277.

azur. La gorge est blanche; le thorax et les flancs sont jaune ferrugineux. Le bas-ventre est blane. Le dos et les ailes sont azur, rayés de bandes noir velours. Les rémiges sont noires, ponctuées par rangées de blanc. La queue est arrondie, légèrement étagée, azur, rayée de noir,et relevée de points blancs. ie Le martin-chasseur à bec noir (1) a été découvert aux îles Célèhes, et paroît exister sur quelques autres terres des Moluques. El est remarquable per son bec puissant, surmonté d’une arête, et entièrement noir. Ses tarses sont jaunes. Une couleur d’un jaune isabelle est répandu sur tout son plumage, les ailes , le manteau et la queue exceptés, qui sont vert glauque. Les plumes des joues sont également noi. râtres. 12° Le pygmée (?) a été rencontré dans le Kordofan et dans l’Abyssinie par le voyageur Ruppell. Il mesure quatre pouces neuf lignes. Il porte sur la tête une sorte de huppe, de couleur brunâtre sale , de même que les tectrices ; mais chaque plume est terminée de plus clair. La gorge est blanche, mais les côtés du cou, la poitrine et le ventre sont d’un blanc sale, couverts de taches éparses oblongues et brunâtres. Le dos est bleu aigue-marine. Les rectrices et les rémiges sont en dessus bleu vert, brunes en dessous. Le bec est rouge de corail et les pieds sont carnés. 13° Le martin-cha:seur à tête brune (?) habite le cap de Bonne Espérance, dans les forêts, à quelques centaines de lieues dans Pintérieur des terres. Il a le de:sus de la tête, toutes les couvertures des ailes, les scapulaires, d’un brun enfumé, striés de mèches longitudinales plus foncées, mais peu sensibles sur la tête, et bordées d’une teinte roussâtre sur les couvertures des ailes. Les rémiges sont d’un bleu verdâtre pur brillant ; les premières, depuis leur base jusqu’à la moitié, les secondes jusqu'aux trois quarts à peu près de leur largeur ; elles sont d’un beau brun dans le reste. La queue est en dessus du même bleu vert pur brillant; tout le dessus du dos et du croupion est du même bleu, mais fort brillant. La nuque est entourée d’un demi-collier d’un gris roussâtre enfumé, finement striée de mèches noirätres. La gorge, le devant du cou et le haut du ventre sont blancs, et chaque plume a dans son milieu une très fine strie noirâtre le long de sa tige: sur sa poitrine , ces stries longitudinales deviennent plus prolongées et plus larges, formant alors une espèce de ceinture d’un pouce de largeur d’une aile à l’autre. En cette partie, le blanc du fond du plumage prend une teinte roussâtre, et forme même de chaque côté une tache brune près du pli de l’aile. Les flancs, le bas-ventre et les couvertures inférieures

(1) Alcedo melanorhyncha, Temm., pl. 391.

(2) Dacelo pygmeæ , Ruppella , Ois., pl. 28, fig. B.

(3) D. fuscicapilla, Lafresn., Mag. de z00l., t. HIT, pl. 148: martin-chasseur, Levaill. Vieill,, Dict., t, XIX,

de la queue sont également d’une teinte roux clair, avec des mèches brunes sur les flancs. Le bec est rouge depuis la base jusqu'aux deux tiers ; l’arête supérieure et le tiers restant sont d’un noir brun. Il a dix-huit lignes de long depuis les plumes du front. Le dessous des ailes, les couvertures inférieures et la moitié des rémiges sont de couleur nankin. Une bande étroite, d’un blanc roussâtre, part de chaque côté de la narine, et s'étend sur l'œil en forme de sourcil. Les pieds paroissent d’une teinte livide. Chez les jeunes de cette espèce, comme chez tous les martin-pêcheurs, le bec est beaucoup plus court; il n’a que treize à quartorze lignes de long, d’une couleur terne à la base, noirâtre dans le reste, avec la pointe obtuse et blanchâtre. Le demi-collier, par derrière, est plus tacheté de brun. Toutes les plumes du dessous du corps sont non seulement striées de noirâtre dans leur milieu, mais sont encore très finement frangées de cette manière sur leurs bords. Le bleu des ailes et du dessus de la queue est plus terne. 44° Le Lindsay (1) habite les iles Philippines, et notamment les alentours de Manille. Il a le corps brun en dessus, avec des reflets verts ou olivâtres brillants, et parsemé de gouttelettes roux blanchätre. Le thorax, le ventre et les plumes anales sont blanches, et celles-ci sont frangées de vert olivâtre. Le sinciput est recouvert de verdâtre; un sourcil bleu surmonte l'œil, et cotoie un trait noir, qui passe sur les yeux, et qu'un trait ferrugineux accompagne en dessous. La gorge et le thorax sont ferrugineux , et chaque angle du bec est garni d’un trait bleu. Les rectrices sont marquées de ferrugineux. Sa taille est de dix pouces et demi anglois. 45° Le Lesson (2) est aussi des environs de Manille. Il mesure onze pouces neuf lignes anglois. Le corps est brun en dessus, avec des reflets verts et olivâtres; la gorge est tachetée. Le sinciput est revêtu d’une calotte vert olivâtre , encadré par le vert bleuâtre qui surmonte les yeux et que reborde une bandelette noire. Le front et le dessous du corps sont blancs; les plumes qui revêtent le thorax et l’abdomen sont frangées de vert brun. A chaque angle du bec part un trait vert. Les rémiges sont brunes; les rectrices sont toutes terminées de roux, et les trois plus latérales sont marquées de ferrugineux à leur bord interne.

LES TODIRAMPHES.

Todiramphus. Less.

Etablissent un lien naturel entre les alcyons et les todiers. Nous avons proposé ce genre pour isoler

(© Dacelo Lindsayi, Vig., Proc., 1, 97.

(°) D, Lessonii, Vig., Proc ,1, 97,

dans la famille des alcyons un groupe très naturel qui, jusqu’à ce jour, a fort embarrassé les naturalistes. Les todiramphes comprendront les oiseaux de la mer du Sud décrits sous les noms d’alcedo sacra, Gm., sp. 50 (sacred king's Fisher, Latham, Syn., sp. 15); d’alcedo tuta, et venerata (sp. 16 et 47, Latham ; sp. 28 et 29, Gmelin).

Les caractères d'organisation qui les distinguent et leurs mœurs ne permettent pas de les ranger ni avec les vrais martin-pécheurs (alcedo) des auteurs, ni avec les martin-chasseurs (dacelo , Leach), ni avec les ceyx (alcyons tridactyles), ni avec notre nouveau genre syma ou martin-pécheurs à bec garni de dents fortes et aiguës. Ce groupe est remarquable aussi par la forme aplatie du bec, qui rappelle celle des todiers. M. Swainson a placé deux espèces dans son genre halcyon. Si ce genre repose sur les mêmes formes que le nôtre, ce que nous ignorons, nous pensons que son nom ne peut être conservé, ce mot halcyon (quoiqu'il soit écrit par un À) impliquant un embarras synonymique très désavantageux pour l'étude. MM. Horsfeld et Vigors (Trans. Soc. linn. de Lond, t. XV, pag. 206) ont décrit sous le nom d’halcyon sanctum un martin-pêcheur du port Jackson, différant peu de la même espèce de la Nouvelle-Zélande, et nullement de la même espèce de la Nouvelle-Guinée, dont nous avons rapporté des individus. Leur description est parfaitement bonne, et cette espèce est réelle. Ces naturalistes témoignent cependant leur embarras pour distinguer leur halcyon s'inctum de l’alcedo sacra de Gmelin et de Latham. Nous étant aussi procuré des individus de cette dernière espèce à O-Taïti et à Borabora, nous pourrons résoudre la question. Le plumage de ces oiseaux se ressemble en effet d’une manière frappante ; et si on observe des différences, elles sont légères, et d'ailleurs elles s’effacent d’individu à individu. Toutes ont cela de particulier que la moitié de la mandibule inférieure est blanche en dessous et à sa base. Mais un caractère plus spécial tranche la question. L’alcedo sacra, si mal défini par les auteurs, formera notre genre todiramphus, et l’halcyon sanctum de MM. Horsfield et Vigors demeurera dans le genre alcedo dont il a tous les caractères. Les todiramphes ont le bec droit, à mandibule inférieure très légèrement renflée, très déprimé, plus large que haut, sans arête, à mandibules égales, obtuses au bout et aplaties, à bords entièrement lisses ; narines basales en fissure oblique très peu apparente, bordées par les plumes du front ; ailes courtes, arrondies, première rémige plus courte, la quatrième la plus longue ; queue longue, à rectrices égales au nombre de douze; tarses allongés , médiocres, réticulés.

Les oiseaux de ce genre vivent sur les îles de la mer du Sud, et ne semblent être que des variétés

DES OISEAUX

les uns des autres. Îls habitent les bois, et se perchent presque constamment sur les cocotiers. Leur nourriture ne se compose que de moucherons qu’ils saisissent lorsqu'ils viennent se placer sur les spathes chargées de fleurs de ces palmiers. Les insulaires des îles de la Société les nomment o-tataré; c’étoient, avec le crabier blanc, des oiseaux vénérés dans l’ancienne religion de ces peuples. Il étoit défendu de les tuer sous des peines sévères, et leurs dépouilles étoient offertes au grand dieu Oro.

LE TODIRAMPHE SACRÉ.

Todiramphus sacer. Less. (1).

Cet oiseau a huit pouces six lignes de longueur totale; le bec a vingt-uné lignes de la commissure à sa pointe; la queue a trois pouces ; bec noir, blanc à la naissance de la mandibule inférieure ; le sommet de la tête est recouvert par des plumes d’un vert brunâtre qui forment une calotte séparée par une large raie blanche, qui naît au front, passe au-dessus des yeux et se rend derrière l’occiput; un large trait poir part de l'œil, et, prenant une teinte verte, puis brune, il forme une bordure à la ligne blanche et la circonscrit; la gorge, la poitrine et tout le dessous du corps sont d’un blanc pur; un demi-collier très large, blanchâtre, sinuolé de brun léger et de marron très foible, occupe le haut du manteau et est bordé de noir; le dos, les couvertures des ailes, le croupion et le dessus de la queue sont d’un vert bleuâtre uniforme ; les rémiges sont brunes, et bleues sur leur bord externe; les rémizes moyennes sont terminées de brun; la queue en dessous est de cette dernière couleur ; les tarses sont noirs; les ailes s’étendent au tiers de la queue.

Cet oiseau est très commun dans les iles d’O- Taïti et de Borabora. Il se tient sur les cocotiers. Les naturels le nomment, ainsi qu’une séttelle, o-tataré. Son vol est peu étendu, et ses habitudes ne sont point craintives. Il vit d'insectes que l’exsudation miellée des spathes des fleurs de cocos attire. On remarque que cette espèce et la perruche e-vini (pstaitensis) se tiennent constamment sur les cocotiers qui forment des ceintures au bord de la mer sur toutes ces îles.

Latham dit que son sacred king's Fisher a été trouvé à la baie Dusky de la Nouvelle-Zélande, et qu’on l’y nomme ghotaré.

(:) Alcedo tuta, Gmel., sp. 28. Lath., Syn., sp. 17 : Corpore et capite suprà viridibus, albis infrà, torquato albo, bruneo variegato : alcedo sacra, Gmel., sp. 30, var. A. Lath., sp. 15, var. A (mâle): sacred king's Fisher, pl. 27, Lath., Gen., Syn., var. C., p. 622, part. Ir,

LE TODIRAMPHE - DIEU.

Todiramphus divinus. Less.

Gette espèce à sept pouces huit lignes de longueur totale ; le bec a dix-huit lignes, et la queue trentequatre; le bec est beaucoup plus aplati que dans l'espèce précédente; il est légèrement convexe en dessus, et ressembleroit parfaitement à celui d’un todier, s’il avoit la moindre trace de carène et les barbes qu’on observe à la base du bec des oiseaux de ce genre; il est noir et blanc à la racine de la mandibule inférieure ; le sommet de la tête est d’un brun prenant sur les joues une légère teinte verdâtre peu sensible ; la gorge est blanche ; une bandelette noire, large, naît à la commissure du bee, et sépare le blanc de la gorge du brun verdâtre de la tête ; un large collier noir occupe le haut de la poitrine, et se perd sur le dos avec la teinte brune de tout le dessus du corps et même des ailes; le ventre est d’un blanc passant au blanchâtre roux et se continuant aux épaules en prenant un peu de brun ; les rectrices sont brunes, légèrement bordées de vert extérieurement ; la queue est brune en dessous et brun verdâtre en dessus ; les tarses sont noirs , et organisés comme dans les alcedo. Les ailes dans cette espèce ne s’étendent que jusqu’à la naissance de la queue.

Nous eussions été tenté de considérer cet oiseau comme la femelle de l'espèce précédente ; cependant la forme encore plus aplatie du bec ne permet pas de s'arrêter à cette opinion.

Le todiramphe-dieu jouoit un grand rôle dans l’ancienne théogonie des habitants des archipels de la Société. C’étoit un des oiseaux favoris du grand dieu Oro. Nous ne nous en procurâmes que deux individus, tués dans l’ile de Borabora.

LES TODIERS (').

Réunissent aux caractères communs aux oiseaux syndactyles, c’est-à-dire d’avoir le doigt du milieu presque aussi long que l’externe, auquel il est soudé dans les trois quarts de son étendue, tandis qu’il est uni à l’interne jusqu’au milieu, celui de présenter un bec allongé, déprimé, entier à son extrémité, et finement dentelé sur les bords. Des soies assez roides garnissent la base du bec. Les opinions les plus générales n’admettent qu’une seule espèce dans ce petit genre, le todier vert, figuré par Buffon enluminnre 585, fig. 4 et 2, et qui est commun dans toutes les Antilles.

MM. Quoy et Gaimard ont décrit sous le nom de todier à téte bleue (?) un oiseau de la Nouvelle-Gui-

() Todus, L.

(2) T. eyanocephalus, Astrol., pl. 5, fis, 4, p. 229,

cz lets]

née, qui doit sans contredit appartenir à un autre genre. Il a la tête et la gorge bleues, les joues noires, la poitrine et le sommet de la queue blancs, le dos et les ailes roux.

Les todiers ont été étudiés dans ces derniers temps par M. de La Fresnaie, qui n’en admet qu’une espèce, en lui donnant pour caractères un bec dentelé. Quant à Vieillot, ou plutôt à Bonnaterre, il a confondu avec les todiers de véritables moucherolles du genre platyrhynque. En examinant deux oiseaux que nous confondions avec le todier vert, et rapportés de Porto-Rico et de la Vera-Crux par M. Adolphe Lesson, médecin de la marine (!), nous nous sommes assuré que les espèces, bien que semblables par les proportions, varioient suivant qu’elles habitoient les îles ou la terre ferme, et de plus que la dentelure du bec n’étoit pas constante, car nos deux espèces examinées à la loupe ne nous ont pas présenté ce caractère. Or, la dentelure seroit donc propre au véritable todier vert de Saint-Domingue?

Les espèces confondues avec le todier vert, dont l'histoire est fort embrouillée, sont les suivantes :

4° Le todier vert , jaune et rose (?) à plumage d’un riche vert en dessus, La gorge rouge, mais Chaque plume frangée de blanc d’une manière peu apparente; la partie inférieure du cou, la poitrine, le ventre et les couvertures du dessous des ailes d’un blanc jaunâtre, mêlé d’une légère nuance de rose; les couvertures inférieures de la queue jaune soufre ; les côtés du cou nuancés d’un joli rose; plumes de la queue cendrées en dessous; bec supérieurement

() Mon frère, le compagnon de M. d’Urville, dans son voyage autour du monde, où il était chargé de la botanique. :

(2) À todus viridis, pectore rubro ; Browne, Jam., 416. Sloane, pl. 263, fig. 1. Moineau vert, Edwards, pl. 121. Brisson,t. IV, p. 528, pl. 41, fig. 2. Buffon, t. XIII, p. 331. Desm., todiers, pl. 4. Encycl.. t. I, p.269. Todusviridis, Vieill, Gal., p. 198, pl. 124. Viridis ; sudtus roseo flavescens ; qul&, collo rubris. Brisson: todus superné viridis, infernè albo-lutescens, roseo adumbratus ; gutture rubro; lateribus roseis ; tectricibus caudæ inferioribus sulphureis ; rectricibus subtus cinereis, superné decem intermediis viridibus, interius cinereo-marginatis; ulrinque extim& cinere.

HISTOIRE NATURELLE

brun rougeâtre, et rouge inférieurement; mandi bules dentelées ; tarses gris.

Habite la Martinique, la Jamaïque, Saint-Domingue.

2° Le todier vert et jaune () a été rapporté de la Vera-Crux par M. Adolphe Lesson. Son plumage est vert foncé brillant en dessus; la gorge est rouge cramoisi intense ; les plumes sont imperceptiblement frangées de gris à peine discernable; deux traits blane pur bordent cette plaque rouge de feu , frangée dans le bas d’une nuance orangée ; le thorax est gris; les flancs sont jaune safrané ; les couvertures inférieures sont jaune serin; les côtés du cou sont gris brun; les plumes de la queue sont brun foncé en dessous; le bec est brun en dessus , jaune en dessous , sans dentelures ; les tarses sont roses.

Il habite la côte ferme, au Mexique et à Tampico plus particulièrement.

5° Le todier vert, rose et bleu (?) a été tué à Porto- Rico par M. Adolphe Lesson. Son plumage est vert émeraude en dessus; le front est orangé vif; la gorge a une plaque étroite rouge carmin, chaque plume frangée de blanc satiné et luisant ; cette plaque est bordée d’un trait blanc, surmonté lui-même d’un trait plus large bleu céleste. Le thorax est gris nuancé de rose dans le haut; les côtés du thorax sont gris ardoisé ; les flancs sont d’un rose vif et'hur ; le milieu du ventre blanc soyeux ; les plumes anales sont jaune soufre clair; les ailes sont bordées de blanc ; les plumes de la queue sont gris clair en dessous, à peine lavées de vert au milieu en dessus ; le bec est jaune, lavé de brun en dessus, sans dentelures ; les tarses sont jaunes.

Habite l'ile de Porto-Rico.

Ces trois todiers ont donc les mêmes formes, la même taille, et, au premier examen, une coloration qu’on ne peut distinguer que par des nuances et par une comparaison minutieuse. Ces trois espèces aujourd’hui seront donc nettement distinguées, grâce à la description comparative que nous avons donnée de chacune d’elles.

() Todus viridis , Atlas du Diet. se. nat, pl. 32 , fig. 1 Todus mexicanus , Less.

, T. portoricensis, Adolphe Lesson, inédit.

DES OISEAUX

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