LES"EFFRAYES (PE
Se distinguent de tous les autres strix par leur bec sensiblement allongé, presque droit à la base, comprimé et très crochu. La cire est arrondie sur les côtés et très mince. Les narines sont grandes, souselliptiques, situées à leur bord supérieur, rapprochées et disposées en long ou à peu près. La mandibule inférieure a quatre échancrures marginales vers le bout. Leur langue est longue, peu épaisse, simplement arrondie par dessous, avec un léger sillon mince au sommet. Les tarses sont déliés, velus de toutes parts, et jusqu'aux dernières phalanges des doigts. L’ongle du doigt intermédiaire est crénelé sur la tranche saillante formée sur son bord interne. Les ailes sont acuminées, longues, et dépassent la queue. La première et la seconde rémige sont presque égales et les plus longues de toutes. La queue est légèrement fourchue. Les cercles de la face sont grands et réguliers. Les orcilles externes sont vastes et operculées. Enfin la tête est sans aigrettes.
Tels sont les caractères assignés à cette tribu par Savigny, et dont les types sont fournis par l’effraye commune.
40 L’'EFFRAYE COMMUNE (?) ou la fresaye décrite par Buffon , et représentée enluminure 440, est répandue sur tout le globe, s’il faut s’en rapporter au dire des voyageurs et de beaucoup de naturalistes. Une étude plus scrupuleuse a prouvé que les races d’effra; es étrangères différoient de l’espèce d'Europe par des caractères constants et précis. L’effraye communese rencontre cependant dans tout l’ancien continent. C’est la massaçah des Égyptiens et l’'hamah des auteurs arabes.
2° L'EFFRAYE Dk CAYENNE (3) est une espèce fort distincte , à corps rayé de roux, etondé transversalement de brun, que quelques naturalistes ont regardée à tort comme une variété de l’effraye. Buffon l’a figurée, enluminure 442, sous le nom de chathuant de Cayenne.
(r) Striæ, Savig., Egypte, p. 53.
(2) Strix flammea, L.
(3) Strix cayennensis, £,
5° L'EFFRAYE A QUEUE FOURCHUE (1) ne paroit être que la fresaye d'Europe défigurée par l’empaillage, dit M. Cuvier dans une note du règne animal. Mais l'examen qu’en a fait M. Temminck ne permet guère de s'arrêter à celte idée. C’est au Mexique et aux Antilles, plus particulièrement dans l’ile de Cuba, que vit celle espèce, que M. Temminck décrit en ces termes : « A en juger par le premier coup d’æil, » on seroit porté à regarder cet oiseau nocturne des » régions équatoriales du Nouveau Monde comme » une simple variété de notre fresaye d'Europe, mo- » delée sur des proportions plus robustes. Indépen- » damment des dimensions, nous trouvons encore » dans ce strix des différences assez marquées, el » par lesquelles il est facile de distinguer cette espèce » de l’effraye d'Europe, qui n’a subi aucune modi- » fication sous les climats septentrionaux du Nou- » veau Monde, où, selon Wilson , la race est abso- » lument semblable à celle des contrées diverses de » l'Europe, »
Ce représentant de l’effraye d'Europe a donc des formes beaucoup plus robustes que celle-ci. Ses serres sont plus puissantes ; ses tarses sont proportionnellement plus longs, couverts seulement à clairevoie à leur partie supérieure, et totalement à partir des deux tiers de leur longueur jusqu'aux doigts. La queue est fourchue, et la couleur du plumage offre des teintes blanchätres très marquées et constantes sur tous les individus que M. Temminck a comparés avec ceux d'Europe. El faut convenir, ajoute cet orpithologiste, qu'exception faite des teintes blanches, les couleurs du res'e du plumage, et la distribution de leurs nuances, sont à peu près les mêmes dans ces deux espèces. Un blanc pur couvre la face, la totalité des parties inférieures, la queue, et la plus grande portion des pennes primaires ct secondaires. Sur ce fond blanc du ventre et de la poitrine sont semées avec irrégularité et à de grands intervalles de très pelites taches brunes. La queue, totalement blanche en dessous, est coupée en dessus par trois bandes brun pâle. Les rémi:es ont deux ou trois bandes irrégulièrement dessinées sur les barbes intérieures. L’extrémité externe sur le devant seulement est marquée de nombreux zigzags. Tout le reste du plumage est coloré des mêmes teintes que l'effraye commune. La longueur est de quatorze pouces. On en doit la découverte à M. Pocping.
4e La ïuipara (?) habite le Brésil, et ressemble étonnamment à l’eff.aye commune par ses formes et Ja coloration de son plumage , mais elle s’en distingue neltement par les jambes, beaucoup plus lon-
(") Strix furcata, Temm., pl. 432.
() Strix perlata, Lichst., Cat., tuidara, Marcg., Effraye, Azara, t. III, 122,n0 46. Wied, Beitr., £. HI, p.263. White owl, Pennant, barn owl, Wils., Am., pl, 50, fig. 2 Strix flammea, 11,265. Ch, Bonap., gen,
HISTOIRE NATURELLE
gues , relativement aux autres proportions du corps. Elle se rencontre aussi au Paraguay.
5° L’EFFRAYE DE LA NOUVELLE-HOLLANDE (!) diffère principalement de l'espèce d'Europe par la teinte plus elaire de son plumage jaune, et par les taches du ventre, qui sont plus larges et plus nettement arrêtées que celles de l'espèce d'Europe. Elle vit dans la Nouvelle-Galle du Sud.
6° L’EFFRAYE MASQUÉE (?) rappelle l'espèce d'Europe par ses formes et sa coloration, bien qu’elle s’en distingue de premier abord par les taches des plumes périophthalmiques. Sa coloration est un jaune pâle assez clair. Le dessus de la tête, le dos, les ailes, sont variés de brunâtre et de noirâtre, et marqués de gouttelettes blanches éparses cà et là. Les teintes des parties inférieures du corps sont plus claires, et tachetécs de brunâtre. La queue est rayée de bandes ondulées, jaunâtres et brunâtres. Les disques de la face sont d’un jaune rougeâtre , encadrés à leur pourtour par un liséré d’un brun foncé. Les doigts, et surtout les ongles qui les terminent sont très robustes. Cet oiseau a de longueur treize pouces et demi.
Cette effraye habite la Nouvelle-Hollande.
T° L’EFFRAYE ROUSSATRE (3), ou le koklo-blo des habitants de Java, a huit pouces de longueur. Son plumage est roussâtre, tacheté en dessus de noir brunâtre et en dessous de noir foncé. Un trait noir en croissant se dessine sur la poitrine. Est-ce une effraye ? Ce n’est qu'avec les plus grands doutes que nous plaçons ici ce strix de Java, connu seulement par une très courte phrase latine de M. Horsfield.
8 L’EFFRAYE DE Java (1) bien qu’eniièérement semblable à la première vue à la fresaye d'Europe, doit en être distinguée , suivant M. Horsfield et le colonel Sykes ; mais sa queue est plus longue et plus étroite que dans l’espèce d'Europe, Les disques dela face sont entièrement blancs : la femelle a toutefois le plumage plus clair que le mâle. Les dimensions de cet oiseau sont de dix-sept pouces, la queue y entrant pour cinq. Les yeux sont d’un rouge brun foncé. Cette chouette est le deris des Javanais et le serràäk des Malais.
9° L’INDRANOE (5) habite les forêts des Gnauhs, dans le pays des Marhattes, où elle est rare. Elle a
() Striæ flammea, Vig. etHorsf., Trans., t. XV, p. 190. Barn on white ow!, Selby, pl. 24. Corpore luteo punctis albis, subtus albido punctis nigricantibus, L. (phrase appliquée à l'espéce d'Europe).
(2) Strix personnata, Vig., Proceed., I, 60.
() Strix rufescens, Horsf., Zool. Research., Trans. t. XIII, p. 140.
(4) Strix Javanica, Horsf., Zool. Research., Trans., pe p.140, Procecd., Il, 81. De Wurmb, Licht., Mag.
(5) Strix indrane, Sykes, Proceed., 11, 82.
DES ‘OISEAUX
de longueur, pour le corps , deux pouces’, et pour la queue neuf pouces ( mesure angloise). La tête esten dessus d’un brun pâle, mais chaque plume est bordée de blanc. Les dos et les épaules sont d’un roux brun, relevé de bandelettes blanches bordées de brunâtre. Le milieu de la région dorsale, les rémiges et les rectrices sont brunes , les premières rayées
de roux, ct la queue marquée de lignes blanches et terminée par un liséré neigeux. La gorge et larégion anale sont blane: âtres. Le ventre est à peu près roussâtre , finement rayé de brun. Les disques de la face sont roux, encadrés par un cercle brun, et le pourtour des yeux est noir. L'iris est d’un roux brunâtre.