LIVRE HV
LES GALLINACES (t).
* Les oiseaux qui composent cette grande famille se ressemblent par une réunion de caractères généraux dont le coq domestique présente le type. Leur bec, moins long que la tête, a sa mandibule supérieure voütée, c’est-à-dire convexe et recouvrant linférieure, et sa base est munie d’une peau nue ou cire. Les narines sont percées dans un large espace membraneux, et sont recouvertes par une écaille cartilagineuse. Leurs tarses, diversement emplumés, ne le sont le plus communément que jusqu’au talon. Ils sont médiocres, robustes, scutellés ou munis d’écailles en losanges, et terminés par trois doigts en avant, réunis à leur naissance ou comme rebordés par une membrane épaisse. Les ongles sont convexes, obtus, légèrement recourbés, mais nullement rétractiles ni acérés comme ceux des oiseaux rapaces. Le pouce est constamment élevé au dessus de l'articulation des doigts, et souvent n'existe qu’à l'état rudimentaire ou manque complétement. La queue varie beaucoup dans sa forme: ou elle est nulle, ou elle est médiocre, ouelle est longue, composée de douze à quatorze et même dix-huit rectrices disposées obliquement ou en toit.
Les oiseaux de cette famille ont en général des ailes courtes et concaves , ce qui leur donne un vol pesant, embarrassé, et de peu d’étendue. Les espèces à ailes aiguës sont les seules qui possèdent un vol rapide. Cela tient à une modification profonde de la portion osseuse de leur squelette : le sternum à sa surface diminuée par deux échancrures si longues, si amples, qu’elles occupent presque la totalité de ses côtés. De plus, sa crête est tronquée obliquement en avant, de sorte que la pointe aiguë de la fourchette ne s’y joint que par un ligament; circonstances qui ne sont pas favorables aux muscles pec-
() Gallinæ, L. Rasores, Illig,
toraux , ainsi affoiblis à leur attache, et qui rendent le vol diflicile. Leur larynx inférieur est très simple, ce qui ne donne aucune étendue à leur voix. Leur jahot est très large et leur gésier puissant et vigoureux. La plupart pondent et couvent leurs œufs à terre sur quelques brins de pailles ou d'herbes grossièrement étalés. Les mâles sont générale ment polygames, et ne s'occupent nullement des soins à donner aux petils. Ceux-ci peuvent courir dès leur sortie de l'œuf. L
Les gallinacés ont tous une chair délicate : ils ont fourni à nos basses-cours les oiseaux les plus précieux par leur facilité à se plier à la domestication, et c’est encore dans cette famille qu’on rencontre le gibier le plus varié et le plus recherché.
Quatre tribus semblent se partager cette famille + celle des gallinacés véritables, celle des passerigalles, celle des pontogalles, et celle enfin des himantogalles.