OU LES BÉCASSINES CHEVALIERS
Ont les jambes nues et longues. La seule espèce est la bécassine ponctuée ou de paikull (?), qui a une demi-palmure très marquée entre les doigts externes. Son plumage est cendré en hiver, et roussâtre en élé; mais elle a constamment le croupion blanc, tacheté de noir. Cette bécassine, de passage dans le nord de l’Europe, est très rare aux Etats- Unis.
LES RHYNCHÉES 6).
Sont encore mal déterminées. Ce sont, de tous les oiseaux de la famille des scolopax, ceux qui ont le plumage nuancé de la manière la plus gracieuse. Buffon en a figuré plusieurs variétés, soit d’âge, soit de sexe, qui, mieux étudiées un jour, seront peutêtre des espèces. Mais une espèce évidemment nouvelle est la rhynchée de Saint-Hilaire (4).
M. Auguste de Saint-Hilaire est le premier voyageur qui ait envoyé au Musée de Paris la rhynchée, qui porte son nom dans les galeries. L’individu que nous avons fait figurer nous a été communiqué par M. Canivet, et se trouve dans la collection de M. Pesquet-Deschamps, à Caen.
Cet oiseau a sept pouces et demi de longueur totale, le bec compris pour dix-huit lignes ; ses ailes sont concaves, peu pointues, et dépassent la queue, qui est courte et conique.
Le bec est un peu recourbé à son extrémité, qui est dilatée, aplatie, légèrement spatulée ; les narines sont basales, petites, percées, à la naissance , d’un sillon latéral et moyen. Une légère arête s’élève sur le milieu de la mandibule supérieure, à son extrémité, et est bordée de pores. Les mandibules sont fauve brunâtre. Les tarses, nus au dessus du talon, sont allongés, assez robustes, scutellés sur l’acrotarse, terminés par trois doigts antérieurs longs, grêles, et par un pouce petit et surmonté. Le doigt médius est le plus long ; tous sont minces, bordés sur le côté : ils sont d’un noir profond.
Les ailes ont leurs rémiges étagées ; les première,
() Macroramphus , Leach. Ch. Bonap.
(2) Scolopax grisea, Gm.Temm., IL, 679. S. noveboracensis, Lath. Wils., pl. 58, fig. 2. S. Paikullii, Wils., Ornith. succ., t. II, pl. 2. S leucophæa, Vieill., Gal., pl. 2#1.
(3) Rhynchea, Cuv. Rostratula, Vieill. Scolopax , L.
( R. Hilairea, Less., Bull, des sc.,t, XXV, p. 191; | et Illust., pl. 16.
Ja
deuxième et troisième sont presque égales aux plus longues : toutes sont brunes, piquetées de blanc de neige. Une raie, d’un blanc fauve en dessus, naît sur le front et suit longitudinalement le sommet de la tête jusqu’en arrière de l’occiput, sur une plaque brun velouté en fauve. Le cou, les joues, la gorge, jusqu’en haut du thorax, sont d’un brun fuligineux. Deux croissants blanc de neige marquent les côtés au-dessus des épaules. Le manteau, le dos et le croupion sont brun glacé, vermiculé de traits noirs. Les couvertures alaires sont bordées de roux vif, et les rémiges secondaires sont émaillées de noir velours, de fauve marron, de franges blanches, avec un miroir blanc de lait sur le milieu de l'aile, sur un fond gris de perle. Le ventre est blanc, lavé de roux sur les flancs et sur les couvertures inférieures de la queue.
La nature des plumes est soyeuse , mollette et douce.
Cet oiseau habite le bord des ruisseaux et les lieux frais, au Brésil.
La rhynchée du Cap (1) paroît, à M. Gould, devoir former une espèce bien distincte, dont il sépare la rhynchée peinte (?), qui vit en Afrique, et que l’on retrouve dans l'Inde et en Chine.