A POITRINE ROUSSE
Type de ce nouveau genre, a les plus grands rapports avec les avocettes, dont il a la plupart des caractères. Comme elles il a le bec aminci, déprimé et lisse ; les tarses longs, les doigts palmés, les mêmes ailes, la même forme de queue, et probablement les mêmes habitudes ; mais il en diffère essentiellement, parce que son bec est droit et non terminé en pointe aiguë , et parce qu’il est complétement privé de pouce, bien que ce doigt soit rudimentaire chez les avocettes.
Ce leptorhynque, qui vit sur les côtes de la Nouvelle-Hollande, ou plutôt sur celles de la Nouvelle- Zélande , a la tête, le cou, la partie supérieure de la poitrine, le dos, les flancs et l'abdomen blancs. Une large bande transversale rousse, bordée antérieurement de noir, occupe le centre de la poitrine, et se termine en avant du pli de l’aile. Le milieu du ventre est marqué longitudinalement d’un noir fuligineux qui descend jusqu’à la région anale. Les grands scapulaires, les couvertures des ailes et les rémiges sont d’un brun noirâtre foncé ; les dernières pennes pri maires sont terminées de blanc, et les secondaires sont presque entièrement de cette couleur, La queue est blanche, à l’exception des quatre rectrices du milieu, qui sont simplement blanchâtres. Le bec est noir et les pieds sont livides. La longueur totale de cet oiseau est de trente-neuf centimètres. Le jeune âge se distingue de l'adulte par le ventre, qui est tout blanc, et par la bande thoracique, qui est gris ardoisé. Les ailes sont d’un brun plus pâle. Les plumes des scapulaires et des couvertures sont bordées de blanchâtre, et les rémiges sont terminées de cette même couleur. On iguore les mœurs de cette curieuse espèce d’échassier.
LES AVOCETTES ().
Se ressemblent toutes par la plus grande analogie de formes et de couleurs. Buffon n’a bien connu que l’avocette figurée enl. 555, et qui est répandue sur presque tous les rivages de l’Europe. Mais on en
(1) Leptorhynchus pectoralis, Dubus, loc. cit.: corpore albo pectore transverse rufo fasciato , fasciaque pectorali antrorsüm nigro marginata ; abdomine nigro-fuliginoso; alis fusco nigricantibus; rostro nigro; pedibus luteis.
(?) Avocetta, Briss. Recurvirostra, L.
DES OISEAUX
distingue aujourd’hui plusieurs espèces, qui sont : 4° L’avocette blanche (:) à ailes noires et à pieds rouges, qui vit sur les rivages de l’Inde. 2° L’avocette à tète rousse (?) a le sommet de la tête d’un beau roux , le haut du corps roussâtre clair, le manteau noir. On la trouve dans le nord de l'Amérique, et principalement aux Etats-Unis. 5° L’avocelte à cou marron (3) à la tête et le cou d’un roux marron, le corps blanc de neige, les scapulaires noirs. Elle vit à la Nouvelle- Hollande. 4° L’avocette de la Californie (*) a été observée sur le rivage de l'Amérique occidentale du Nord. Elle a le dos, le dessous du corps, le sommet des pennes secondaires des ailes d’un blanc pur; la tête, le dessous du cou et la queue sont d’un gris clair ; les rémiges sont noires. Sa longueur totale est de dix-huit pouces anglois. Cette espèce est très commune à San-Francisco.
LES FLAMMANTS ().
Ces oiseaux, remarquables par le rouge plus ou moins vif qui nuance en teinte de feu le fond blanc de leur plumage, ont été l’objet d’un article qui résume les croyances des anciens sur l’espèce d’Europe. Buflon, dans son Histoire du flammant ou phænicoptère, n’a négligé aucuns détails historiques, et sa description ne lais-e rien à désirer sous ce rapport. Mais Buffon n’a admis qu’une espèce de flammant, en lui rapportant tous les détails fournis par tous les voyageurs, et en la regardant comme universellement répandue sur la terre. Les naturalistes ne peuventse dispenser de reconnoitre aujourd’hui plusieurs espèces de flammants évidemment distinctes, quoiqu’elles ne diffèrent les unes des autres que par des nuances fugitives pour des yeux étrangers aux comparaisons habituelles des méthodes d’histoire naturelle, mais espèces bien distinctes par la patrie, et les modifications fondamentales de certaines parties de leur organisme.
M. Geoffroy Saint-Hilaire, dans un mémoire inséré au n° 45 du Bulletin des sciences, du mois de mars de 1798, s’exprimoit ainsi: « Le phœnicoptère » a été long-temps au nombre de ces espèces isolées, » regardées par quelques naturalistes comme des » productions négligées et bizarres, échappées pres- » que informes au crayon de la nature. Déjà des ob-
() Recurvirostra alba, Lath., 3. R. crientadis, Cuv. R. leucocephala, Vieill., Gal, pl. 272.
() R. americana , Lath., 2. Wils., VII, pl. 63, fig. 2. Leach., Mise., pl. 101.
(3) R. rubricollis, Temm., Man., t. I, p. 592. R. Novæ-Holiandiæ , Vieill.
(4) R. occidentalis, Vig., Zool. journ. Bull., XXI, 318.
(5) Phænicopterus, L.
» servations plus exactes ont établi que la plupart » de ces prétendues espèces isolées avoient de pro- » ches parents comme presque tous les autres ani- » MaAUX. »
M. Geoffroy Saint-Hilaire, dans ce mémoire, admet trois espèces, qui sont : le phænicoptère des anciens (1), l'espèce décrite par Buffon, qui a les rémiges noires, et le bec en partie jaune; le petit phænicoptere (?), qui a les pennes des ailes et le bec noirs; et le phœnicoptère du Chili (3), qui a ces mêmes pennes alaires blanches. Les flammants comprennent les espèces suivantes :
LE FLAMMANT PYGMÉE (1.
Est répandu sur les lacs d'Afrique, depuis le Sénégal jusqu’au cap de Bonne-Espérance.
Ce pygmée a, à peu près, trois pieds de longueur. Les principales différences qu’il présente d’avec l’espèce d'Europe ou même d'Amérique, se font remarquer dans le bec. La mandibule inférieure de celui-ci est très haute, fortement arquée, et recoit, dans l’espace qui sépare ses parois , toute la mandibule supérieure qu’elle cache totalement, de manière que les bords supérieurs de l’inférieure s’élèvent à la hauteur de la surface plane de la supérieure.
Le plumage de l'adulte est d’un rose pur, sans aucune tache ni raie ; la tête, le cou, le dos, et toutes les parties inférieures, sont de cette belle teinte rose ; les grandes couvertures des ailes et de la queue ont des teintes beaucoup plus vives ; l'aile est d’un pourpre brillant, encadré par un rebord d’un rose vif; le milieu de la mandibule inférieure est rouge orange; la pointe est noire; les doigts, les tarses et la membrane interdigitale sont d’un beau rouge.
Les jeunes de l’année sont blanchâtres, marqués de petites mèches brunes répandues sur la tête, le cou, la poitrine et les couvertures des ailes ; le bec est noir.