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LE FLAMMANT A MANTEAU DE FEU

A été observé dans les provinces de Buénos-A res et de Corientes, au Paraguay, dans la Patagonie, à Cuba et au Chili. Il est commun dans tous les terrains saumâtres des bords du Rio-Negro en Patagonie, et dans les salines, où il se réunit par troupes de nombreux individus à l’époque de la ponte. Il porte divers noms, suivant les localités : c’est ainsi

(:) PR. ruber, Geoff. Ball., IF, 98 ,enl. 63.

() Ph. minor, ib. Temm., pl. 419. Vieill., Gal., pl. 273.

() Ph. chilensis, Molina, Chili, p. 222,

(4) Ph. minor, Geoff. Saint-Hil., loc. cit. Temm., 419. Vieill., 273. Ph. parvus, Vieill., An. d'ornith., lettre Q.

(5) Ph. ignipalliatus , Isid. Geoff. et d'Orb., Ann. sc.

nat., t. XVII. Mag. de zool., II, 14822. Bull., XIX , 1 41.

Études, premier fascicule, pl. 2.

que les Espagnols le nomment flamingo, de même que la spatule aïaïa, tandis que les Guaranis de Corientes l’appellent nahana, les Botucudos du Brésil ponchen, les Araucanos du Sud et des Pampas colesom, et les Patagons pana.

M. d’Orbigny a rapporté de curieuses observations sur les habitudes de cette espèce de flammant.

« Au milieu de la Salina de Andres Paz, j'aperçus, le 20 mars 1819, une éminence qui sembloit une petite île de vase, et qui paroissoit élevée d’un pied au-dessus du niveau du bassin de la saline. Je demandai ce que c’étoit au Péon qui m’accompagnoit; il me dit que c’étoit une réunion de nids de flammants. Je voulus voir ces nids, et je m’acheminai vers eux en marchant sur le sel. Plus j'avancois, plus j'admirois cette quantité immense de sel, qui couvroit plus de deux lieues carrées, cristallisée en croûte épaisse de six pouces sur toute la superficie de ce lac salé. Enfin j’orrivai au but de ma course : plus de trois mille nids étoient réunis de manière à former une petite ile au milieu du sel. Chaque nid est un cône élevé d’un pied et demi, et dont la partie supérieure est tronquée et concave comme le fond d’un nid ordinaire, mais sans être tapissé de plantes. Chaque nid est distant d’un pied de ceux qui l’entourent. Rien de plus étonnant que cette réunion de cônes, tous absolument semblables et d’égale hate teur. Plusieurs œufs restoient encore dans les nids. Le Péon qui me guidoit me dit que les flammants viennent tous les ans par grandes troupes nicher dans ces lieux ; que la femelle se met à cheval sur son nid pour couver, et que tous les ans les personnes qui travaillent à tirer le sel recueillent un grand nombre d'œufs pour les manger, et prennent aussi de jeunes individus. La chair de ces derniers a, diton, un goût exquis. Je restai long-temps à observer ces nids et à recueillir des œufs qui pourroient encore servir à l’ornement d’une collection. Ces œufs sont verdâtres, tachetés de brun ; leurs diamètres sont de onze et six centimètres. »

Ce flammant, long de quatre pieds un pouce, a son plumage généralement d’un rose pâle ; mais les ailes sont d’un rouge vermillon, et leurs rémiges sont noires ; les tarses, d’un rouge brun, sont d’un rouge vif aux articulations seulement. Le bec est coloré de noir et de rouge; mais le noir occupe plus de la moitié du bec, tandis que ce noir n’occupe que la pointe du flammant que l’on rencontre en Europe. Les jeunes ont le plumage gris blanchâtre, parsemé de mèches brunes, avec quelques plumes roses aux couvertures des ailes ; le bec, de nuance bleuâtre, est terminé de noir ; les pieds sont également brunâtres.

HISTOIRE NATURELLE

LE FLAMMANT ROUGE (1).

Répandu dans le nord de l’Amérique, et décrit comme espèce par Catesby, a été confondu par Buffon avec le flammant de l’ancien continent. Il en diffère par son plumage uniformément rouge, et par ses pennes alaires noires. Il se trouve dans toute l'Amérique intertropicale, émigrant dans le sud, mais rare dans les états du centre de l’Union.

LE FLAMMANT CHILIEU (2).

A été observé dans ces derniers temps par M. Pœping. Il a le corps rose, les tectrices des ailes écarlates, les rémiges noires et non blanches, comme le disoit Molina. Son bec est noir de la pointe aux narines , et des narines au front il est jaune. L’œil est d’un jaune pâle. Les pieds sont violâtres et gris pourpré, avec des anneaux rouges. Les doigts et la membrane qui les unit sont de couleur de sang. La femelle, un peu plus grande que le mäle, a le corps d’un blanchâtre sale, et les tectrices alaires d’un brun gris, légèrement bordées de rose. Ses pieds sont cendrés, mais annelés de noir. Le jeune mâle est tout gris, avec des taches roses sur les ailes. Cet oiseau timide vit par grandes troupes, qui émigrent suivant les saisons. Comme les précédents, les Chiliens le nomment flammenco, et se servent de ses plumes pour confectionner les fleurs artificielles.

LES GRÉBES (6).

Que Buffon a décrits pour la plupart, se sont enrichis de plusieurs espèces bien distinctes dans ces dernières années. Ce sont :

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