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LES ALBATROS

Nommés moutons du Cap ou vaisseaux de querre par les navigateurs, à cause de leur taille, sont les plus puissants des palmipèdes, et même des oiseaux terrestres, le condor excepté. Leur vol est prodigieusement étendu, aussi peuvent-ils s'éloigner à de grandes distances de toute terre. Ils n’habitent que les vastes mers du pôle austral, en dehors des tropiques, et l'océan Pacifique septentrional. Toujours volant dans des parages tempêtueux, leur allure annonce une vigueur peu commune; et c’est au sein des tourmentes qu'ils paroissent se complaire. Dans aucun autre temps les marins ne les rencontrent ni plus nombreux ni plus occupés à raser les vagues et à saisir les animaux qu’elles soulèvent. A l’époque des amours ils se rendent nicher sur les côtes les plusisolées et les plus abruptes du cap de Bonne- Espérance et des îles antarctiques.

L'albatros (?), représenté enl. 257, est le type de ce genre; mais on en distingue aujourd’hui quatre autres espèces. Le chétain (3) n’est, suivant M. Temminck, que l’albatros dans une de ses livrées variables, comme il en affecte tant; et, suivant cet auteur, on doit le réunir au mouton du Cap. Ce spadicé semble cependant ne pas quitter la mer des Indes, et il a la tête, le cou et tout le corps d’un brun chocolat; les joues, la gorge et le pourtour du bec blane pur. Ses ailes sont noires avec les épaules blanches ; le dos, le croupion et la queue sont d'un brun plus ou moins foncé.

M. Temminck a donné de bonnes figures de quatre espèces d'albatros évidemment distinctes, et qui sont : 4° l’albatros trapu ou à courle queuc (3), figuré enl. 965, mais non décrit par Buffon. Cet oiseau a le plumage blanc jaunâtre, tandis que plus jeune il est brun cendré. Son bec est couleur de chair, et ses pieds sont bleuâtres. Au Japon, cette espèce est nommée ga-ran-{sj00 ; elle se tient dans le nord de l'océan Pacifique, aux attérages du Japon et des îles Liou-Kiou. 2° L'albatros à sourcils noirs (5) se trouve principalement dans les mers qui baignent les trois grands promontoires, mais plus particulièrement aux environs du Cap. Confondu avec le mouton ou l’exulant, il s’en distingue par son bec bleuâtre, parfois jaunâtre ; la blancheur de la tête, du cou et des parties inférieures. Le dos, le manteau et les ailes sont noirs. Un sourcil de cette

() Diomædea, L. Mœurs des albatros, par Delano. Pull., XI, p. 296.

(2) D. exulans, L.

(3) D. spadicea, Lath.

té) D. brachyura, Temm,, pl 554.

() D, melanophys, Temm:, pl. 456.

dernière couleur traverse l’œil. L’albatros cllororhynque (1) vague sur les mers antarctiques. Son bec est noir, mais l’arête est jaune d'or, tirant à l’orangé à la pointe. Son plumage est blanc neigeux, le manteau excepté qui est bleuâtre; les joues qui sont lavées de gris clair, les ailes, le dos et la queue qui sont noirs ; les pattes sont. jaunes. 4° Le fuligineux (?) se trouye dans les mêmes mers que les deux précédents. Son bec, assez court, est brun bleuâtre ; et.son ,plumage est généralement d’un ferrugineux plus foncé sur la tête et sur les ailes.

La forme de sa queue est aiguë, et ses pieds sont jaunes.

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