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LES GANGAS OÙ ATTAGENS

Diffèrent complétement des tétras, avec lesquels on les a associés, par leur taille svelte, leur corps peu charnu, leurs ailes pointues, propres à un vol de longue haleine. Leurs pieds, à doigts larges et courts, dont le pouce très remonté est rudimentaire, sont organisés pour une marcherapide sur les sables mouvants. Leur organisation, ieurs mœurs, leurs habitudes, les éloignent des perdrix. Par leur ponte nombreuse, la négligence apportée dans la confection de leursnids, instinct qu'ont les petits de courir au sortir de l’œuf, leurs mœurs, leurs caractères, les gangas sont de véritables gallinacés. Quelques naturalistes les ont rapprochés des pigeons ; M. de Blainville, entre autres, a publié à ce sujet un mémoire détaillé, lu à lEnstitut en 1829 (2); mais les gangas diffèrent de ces derniers oiseaux par la forme du bec, des ailes et des tarses, et aussi par les doigts, les quatre des pieds des pigeons étant attachés sur un même plan, ce quin’a pas lieu chez les gangas. Ces derniers doivent faire une famille à part, tenant des oiseaux gallinacés par la ponte, le genre de vie, etc. ; des passereaux par la coupedes ailes, et des passerigalles par le sternum et quelques habitudes.

Les Grecs donnoient le nom d’attagen, à ee que lon suppose, à l'oiseau que les Européens appellent ganga ( pierocles setarius ).

Quoi qu’il en soit, les caractères zoologiques des gangas sont les suivants : le bec est médiocre, comprimé, grêle chez quelques espèces, à mandibule supérieure droile, courbée vers la pointe. Les narines sont basales, à moitié fermées par une membrane recouverte par les plumes du front, et percées en dessous. Les pieds ont les doigts courts, celui de derrière presque nul, s’articulant sur le tarse et assez haut. Les antérieurs sont rebordés. et le devant du tarse est garni de petites plumes, mais le reste est nu; les ongles en avant sont obtus, celui du pouce est acéré , tous sont très courts. La queue est conique; parfois les deux peunes moyennes s’allongent en filets. Les ailes sont longues, acuminées,

() Pterocles, Temm. ; œnas, Vieill. ; bonasa, Briss., Perdix, Lath.; tetrao, L.; pterocles, Wag., Syst. avium, pars prima, gen. 38.

(>) Bull., t, XXIE, p. 122.

à premières rémiges les plus longues de toutes.

Les gangas ne se présentent en Europe que passagérement, mais ils vivent en Afrique et en Asie, plus spécialement dans les steppes et les sables du désert. Leur présence annonce assez communément le voisinage des sources, par compagnies de centaines d'individus, qui ne se séparent qu’à l’époque où les mâles recherchent les femelles pour s’accoupler, du moins chez les espèces à queues pointues ou attagens , tandis que les gangas à queue conique vivent comme les perdrix par compagnies, formées seulement des père et mère et des jeunes. Tous lesoiseaux de ce genre ne se perchent jamais. Leur chair est très délicate, et en fait un gibier recherché,

Les gangas forment deux tribus : ceux de la première ont la queue conique, ce sont lesvrais gangas, ceux de la seconde ont les deux rectrices du milieu de la queue allongées en filets, ce sont les atiagens, Buffon n’a connu que deux espèces de la deuxième section. Aujourd’hui on en compte huit nouvelles, ce qui porte à dix le nombre total du genre,

41° Le GANGA UNIBANDE (1) a été indiqué par Hasselquist sous le nom de perdrix d'Orient 2?) : «Elle » est de la grosseur d’une perdrix ordinaire, et on la » trouve dans les bois de la Natolie. » On la prend en hiver, dit ce voyageur ; puis Pallas en donna une description satisfaisante dans les Mémoires de l’Académie de Pétersbourg. M. Desfontaines mentionna cel oiseau sous le nom de gélinotte de Barbarie(3), et l'Encyclopédie en donna une figure (pl.188, fig. 15), d’après un individu que ce savant botaniste avoit rapporté de Barbarie.

Ce ganga est surtout abondamment répandu dans les steppes du midi de la Rus.ie et dans les sables des déserts de l'Afrique septentrionale; Pallas, qui l'a rencontré dans les plaines stériles d’Astracan et sur les bords du Volga, dit que pendant le jour on le voit se diriger en couples sur les rives des fleuves, et ressembler aux pigeons par sa manière de voler. Assez commun en Barbarie, et aussi dans la Gambie et au Sénégal, il lui arrive de franchir la Méditerranée et de s’abattre dans le sud de l'Espagne, dans PAndulousie. Du midi de l’Asie, il s’égare parfois jusqu’au centre de l'Allemagne, puisque Naumann en tua un individu, en août 4804, dans le terriloire d'Anhalt, et que deux autres y ontété vus dans la même année,

(", Pterocles arenarius, Temm., Gall. t. III, p. 240 et712; Man. d'ornith.,t. IL, p. 478; pl. color. 52 (mâle; et 53 (fem.\; ænas arenarius, Vieill., Encycel. Wagler esp. 1 ; {etrao arenaria, Pallas, Comm. Petrop., t. XIX, p. #18, pl. 8; Naum., t. VI, pl. 15 ; perdix arayonica et {ctrao arenaria de Lalham : Pallas, Voy. V, 491.

(2) Tetrao orientalis, Hass., Voy. dans le Levant, £, IE, p.27, no 43, de la trad. franc.

(3) Mém. ac, des sc., 1787, p. 502.

Le ganga unibande a une taille qui varie entre douze et quatorze pouces. Les individus de Afrique sont toujours plus petis que ceux qui vivent dans la plantureuse Andalousie. Ce fait n’a rien qui puisse étonner, puisque lon sait, par une expérience répétée chez tous les oiseaux, que ceux des contrées stériles ont toujours des proportions plus grêles que ceux qui se propagent dans des provinces où les substances alimentaires sont abondantes et variées.

Le mâle a sur la gorge un triangle noir, bordé en dessus par une cravate marron, qui du menton s'étend en s’élargissant sur les côtés du cou, et va se nouer sous l’occiput. La tête, les joues, le bas du cou et la poitrine sont d’un gris glacé de rougeätre clair. Une écharpe noire, qui naît au niveau desépaules, ceint le bas du thorax : elle est située au-dessus d’une écharpe gris roux. Le reste du ventre et les flancs sont d’un noir profond. Les couvertures inférieures de la queue sont noires , mais largement frangées de blanc à leur extrémité, ce qui donne un aspect neigeux à cette partie. Le dos et les couvertures supérieures sont d’un roux jaunâtre, mais au centre de chaque plume est un espace gris cendré plus ou moins large , et leur terminaison, à toutes, est d’un jaune ocreux. Le bord supérieur de Paile est blanc terne. Les rémiges sont cendré noirûtre, et les pennes secondaires, cendrées, sont bordées de jaunâtre. La queue , assez abondamment étagée, est cendrée, rayée de noirâtre : chaque rectrice, les deux du milieu exceptées, est terminée de blanc; leur face inférieure est noire. Les poils plumeux des tarses sont blanc jaunâtre, le bec est bleuâtre, et les parties nues des jambes jaune foncé.

La femelle diffère beaucoup du mâle ; elle est d’un jaunâtre marqué d’une grande quantité de taches noires. En devant du cou est une bandelette transversale, linéolée de noir à son bord supérieur, et d’an gris tendre dans le reste de son étendue. Le sommet de Ja tête et toutes les parties supérieures du corps sont teintes de jaune ocreux clair, avec flammèches et zigzags noirs. Sur la poitrine, comme chez le mâle, existe un ceinturon noir, mais plus étroit. Le reste est comme chez le mâle.

Ce ganga , observé en Espagne, y niche à terre dans les broussailles, et la femelle pond de quatre à cinq œufs, tachetés de brun, tandis que Pallas les dit uniformément blanchâtres. Ce célèbre naturaliste le désigne par l’épithète de poule des steppes, et l’a rencontré dans les déserts du Volga, où les Tartares lui donnent le nom de desherdk, et où il se nourrit des pois d’astragales. En s’élevant ce ganga pousse un cri aigu, mais son vol est ensuite silenciceux.

Le ganga unibande se trouve encore en Turquie, dans la Natolie, dans l’ile de Chypre (1).

{") Laicht,, Catalog, 64,

HISTOIRE NATURELLE

90 (Le GANGA BIBANDE ({) vit par paires dans les lieux sablonneux couverts de buissons du pays des grands Namaquois, à l’extrémité australe de l’Afrique. On le rencoutre encore dans la Cafrerie et même en Nubie, au dire de M. Lichteinstein. Lorsque cet oiseau est inquiété, il se tient blotti , et ne prend son vol que lorsqu'il est vivement pressé. Levaillant, le premier, observa ce ganga, qu'il communiqua à M. Temminck, alors occupé de publier sa Monographie des gallinacés. Sa longueur totale est de neuf pouces et demi. Son bec est grêle, foiblement recourbé. Les ailes dépassent la queue, qui est fortement étagée. Le mâle est caractérisé par deux colliers demi circulaires, et par une bande frontale , que n’a point la femelle. Une petite tache blanche se dessine à la base du bec, et une bandelette noire assez large s'étend d’un œil à l’autre, bien qu’elle soit coupée au-dessus de chaque sourcil par deux plaques neigeuses. La tête est roux jaunâtre en dessus, avec une tache noire au milieu de chaque plume. Les joues, le cou, la poitrine et les petites couvertures des ailes sont cendré lavé de jaunâtre. Le dos, les couvertures des ailes, leurs pennes secondaires , sont cendré brun, rayés et tachés de roux à leur base, mais chaque plume est terminée par une grande tache blanche triangulaire. Le croupion, les couvertures inférieures de la queue, les rectrices, sont rayés en travers de brun et de roux jaunâtre, et ces dernières se terminent par une longue plaque de cette dernière couleur. Les rémiges sont noires, à baguettes brunes. Sur le haut du thorax se dessine un premier collier blane, suivi d’un second qui est noir. Le ventre, les flancs, les plumes tibiales, sont blanchâtres, finement rayés de brun. Les parties dénudées des tarses et le bec sont jaunes.

La femelle est sans colliers et sans bandeau sur le front. La tête est rousse jaunâtre, avec de grandes taches longitudinales noirâtres. Les joues et la gorge sont pointillées de brun. Le cou et la poitrine sont rayés en travers de bandes brunes et jaunâtres. Les grandes couvertüres , au lieu d’une tache triangulaire noire, ont une zone blanche au bout de chaque plume. Les rémiges brun noirâtre sont légèrement lisérées de blanc. Le bec et les ongles sont brunâtres. Les jeunes mâles, avant leur première mue, ressemblent aux femelles.

Ce ganga vit par compagnies formées des parents et des petits de la couvée, mais qui se séparent au temps des amours.

5° Le GANGA QUADRIBANDE (2?) habite la Sénégam-

(") Pteroctes bicinctus, Temm.,Gall., IN}, 247 et 713; œnas bicincta, Vieill., Dict. Déterv., XI, 421 ; Wagler, Syst., esp. 2; Lichst., 65.

(2) Pterocles quadricinetus, Temm., Gall., £. NI, p.252 et 7143. Ænas indicus, Vieill., Dict. Ænas bicincta, Vieill., Gal. pl. 220, et texte, t. If, p. 60 ; gélinotte des

DES OISEAUX

bie et aussi le Coromandel, si l’on rapporte à cette espèce l'oiseau figuré par Sonnerat sous le nom de gélinotte des Indes. Le lieutenant-colonel Sykes (1) le signale dans le pays des Mahrattes, où il porte le nom chez les Anglois de painted rock pigeon.

Ce ganga a neuf pouces et demi de longueur à douze pouces, et sa queue fortement étagée. Les deux sexes ont le fond de leur plumage gris terreux, mais le mâle se distingue de la femelle par des colliers et des bandeaux sur le front. De ces trois bandeaux deux sont blanes , et celui du milieu est noir. L’occiput est roussâtre, et chaque plume est rayée de noirâtre. Le cou et la poitrine sont d’un cendré roussâtre. Le haut du dos est rayé en travers de brun sombre, de jaune et de noir. Les petites et les grandes couvertures des ailes, d’un jaune clair, sont terminées par une large bande transversale noire, bordée de chaque côté d’une étroite raie blanche; les vieux mâles ont sur la poitrine quatre colliers : le supérieur est brun mordoté, le second blanc, le troisième noir, et le quatrieme blanc. Les rémigés sont brun noirâtre. Le ventre et les plumes tibiait sont finement rayées de noir et de blanchätre. Les rectrices ont leur fond jaunâtre, marqué de bandes brunes. L’œilest rouge.

La femelle n’a point de bandeau sur le front et point de collier sur la poitrine. Les couvertures des ailes n’ont point de bandes noires ondées de traits blancs. La tête est rousse jaunâtre; chaque plume à un trait longitudinal. La nuque, le dos et le croupion sont rayés de brun, de noir et de jaunâtre. Les couvertures des ailes sont jaunâtre clair, portant des bandelettes transversales noires. Les parties inférieures présentent les mêmes teintes que le mâle, mais plus claires.

Le mâle et la femelle vivent par paires dans les plaines situées au pied des montagnes dansle Dukhun.

4° Le GANGA COURONNE (3) est commun dans la Nubie , où l’a rencontré le voyageur allemand Ruppell, mais sans qu’on ait quelques détails sur ses mœurs ou sur ses habitudes. Son bec est grêle, comprimé, noir bleuâtre. Le mâle est long de dix pouces, et reconnoissable aux trois petites bandes noir profond qui naissent à la base du bec. L'une de ces bandes couvre une très petite partie de la gorge, et les deux autres remontent vers le front, en se prolongeant depuis les narines. Le milieu du front est occupé par une ligne blanche. Le sinciput est roux, lavé de teintes lie de vin, disposé en une plaque encadrée de traits cendré bleuâtre, s’avançant sur les

Indes, Sonn., It., 11, 464 ; pi. 419 (fem.); tetrao indicus, Gm., perdix indica, Lath.

() Proceed. IT, 155.

() Pterocles coronatus, Lichteinst., Cat., no 677, p.65; Temm., pl. color, no 339 {mäle) et 340 (femelle ).

Jr.

yeux, en forme de sourcils, et se réunissant à l’oc ciput. Du jaune d’ocre domine au devant du cou, sur les joues, en formant un collier au bas de la nuque. Le cou dans sa portion inférieure, la poitrine et le ventre, sont lie de vin, passant à la couleur isabelle sur le bas-ventre. Les couvertures des ailes et les scapulaires ont de grandes taches jaunûâtres. Les rémiges sont cendré noirâtre, et les pennes moyennes sont terminées par une tache isabelle. Les rectrices d’un isabelle rougeâtre ont à leur sommet une bandelette noire que relève une pointe d’un blanc neigeux.

La femelle wa point de noir au front et sur la gorge : celle-ci est jaune, et couverte de petits points noirs. L’occiput est strié de noir. Le dessus du corps est ferrugineux, passant à des teintes blanchâtres sur le ventre; mais toutes les plumes de ces parties sont comme écailleuses par les lignes noires et les triangles flexueux bruns qui les recouvrent.

5° Le GANGA LICHTEINSTEN (1), dont le nom rappelle celui du savant directeur du Musée de Berlin, habite, comme le précédent, la Nubie, d’où l’a envoyé le célèbre voyageur Ruppell. Le mâle, long de neuf à dix pouces, a sur le front un bandeau noir placé entre deux bandeaux blancs, et cette écharpe noire est curviligne. Le bec est allongé, comprimé, grêle et pâle. Une tache noire surmonte chaque œil. La gorge est de couleur nankin, et cette teinte domine sur la plus grande partie du plumage. La tête et les joues sont marquées de petits points noirs. Le cou et la nuque ont des lunules noires. Le manteau et les ailes ont de larges bandes noires accompagnées sur les grandes couvertures de lisérés blancs. Les pennes secondaires sont brunes à Ja base, blane pur sur leurs barbes externes, et d’un noir plein à leur pointe.

Les rémiges sont noirâtres, lisérées et terminées de blanc. Un large plastron couleur nankin couvre toute la poitrine, et présente à son milieu une écharpe chocolat peu large. Les parties inférieures du corps sont blanches, mais chaque plume porte à son sommet un croissant noir, ce qui fait paroître ces parties couvertes d’écailles. La queue est arrondie, un peu conique, marquée de bandes noires sur un fond jaune roussâtre.

La femelle manque de bandes frontales, de plastron et de collier. Le fond du plumage est blanc sale, légèrement jaunâtre en dessus, coupé de bandelettes en croissants et de petites taches noires très rapprochées. Le dessous du corps est écaillé de noir. La poitrine et le devant du cou sont finement rayés de lignes noires étroites ; le dos et les ailes ont des z1g-

(i) Pterocles Lichteinstenii, Temm., pl. col. 355 (mâle) et 361 (fem.); pterocles bicinctus, Licht., Cat no 678; Wagler,Syst., esp, à.

zags un peu plus larges. Le cou, la gorge et la tête sont marqués par de petites mèches et des points noirs. Le bec est brun, et les pieds sont rougeâtres.

La gélinotte à longue queue de la baie d'Hudson (pl. 447 d'Edwards), où trtrao phasianellus, n’appartient pas au genre ganga.

60 L’ATTAGEN CATA (!) a été décrit et figuré par Buffon, sous le nom de gélino te des Pyrénées (enlum. 405). On le rencontre dans lrs Pyrénées, les montagnes de la Sicile, les déserts de l’Asie, maïs il est plus commun en Perse.

70 L’ATTAGEN À GOUTTELETTES (?), OU KITTAVIAH, a été figuré par Buffon, pl. 150 des enluminures, sous le nom de yélinotte du Sénégal, et Shaw, dans son voyage en Barbarie, avoit le premier mentionné sous son nom arabe kittaviah. M Temminck a figuré la femelle pl. 545 de ses planches coloriées. Cet oiseau habite la Barbarie, le Sénégal et la plupart des provinces de l’Afrique occidentale.

8° L’ATTAGEN VÉLOCE (3) est commun dans l’intérieur du cap de Bonne-Espérance, dans le pays des Namaquois. On le retrouve au Sénégal et dans Ja Gambie.

Levaillant parle fréquemment de cette espèce, dont les troupes devinrent pour lui une seconde providence, en lui indiquant dans les solitudes de l'Afrique les sources cachées dans les creux dés rochers. C'est par milliers d'individus que l’attagen au vol rapide parcourt les solitudes de l'Afrique, en s’approchant du Cap au temps des pluies, eten s’éloi gnant vers d’autres contrées, et surtout gagnant les rives des grands fleuves lors de la saison sèche. La femelle pond sur les confins des déserts, dans les touffes d'herbes ou de bronssailles, et dépose quatre à cinq œufs vert olivâtre tachetés de noir, assez semblables à ceux du vanneau d'Europe. Cet attagen se nourrit de graines, d'herbes et autres graminées, ainsi que d'insectes. Son hec est grêle, comprimé, bleuâtre. Les parties dénudées des tarses sont noires. Sa taille varie de onze pouces à onze pouces et demi. La gorge est d’un jaune gai ; la tête et le cou sont cendrés sans t'ches ; la poitrine a une teinte rosée, puis elle est ceinte par deux bandes, dont l’une, l’antérieure, est blanche, et l’autre d’un roux marron vif. Les parties inférieures cendrées sont nuancées de rose, mais affectent la couleur rousse sur les plumes tibiales et sur le bas-ventre. Le dos, le croupion et les tectrices supérieures de la queue sont gris

() Pterocles setarius, Temm., Gall., t. HT, p 256, Pr. alchata, Licht. Cat, no 671, Ænas cata, Vieill.; bonasa Pyrenaica, Briss., pl. 19, fig. 1; Edw., pl. 249; tetrao alchata, Linn., Gm.

() Pterocles quttatus, Lichst., Cat, 673 : tetrao senegalus, Gm.; pterocles simplex, Less., Ornith., p.607.

(3) Plerocles tachypetes, Termm., Gall, t. HT ,p. 274, Tetrao namaqua, Lath, Ænas namaqua, Vieill,

HISTOIRE NATURELLE

fauve. Le milieu de la région dorsale, les scapulaires et les couvertures des ailes sont brunâtres à la naissance de chaque plume , mais certaines sont terminées par une grande tache ocreuse, d’autres par leur pointe cendrée et brillante. Les petites tectrices sont frangées autour de la tache blanche de roux marron luisant. Les premières rémiges sont cendrées à leur sommet, les secondes blanches. La queue est brune cendrée, terminée de jaune.

La femelle, plus petite que le mâle, a une livrée différente. La gorge est roussätre. Les plumes de la tête, du eou et de la poitrine sont teintées dé roux blanchâtre, avec des lignes noires en long et en travers, imitant parfois des croissants. Du brun noirâtre et du roux sont distribués sur le dos, sur les couvertures de la queue et des ailes en bandelettes transversales. Du blanc jaunâtre termine les couvertures moyennes, Le ventre est rayé en travers de blanchätre et de brun. Le bas-ventre est roux clair.

99 L'ATTACYN VENTRE BRULÉ(!) se trouve aussi bien en Egypte, en Nubie, dans la Sénégambie, que sur toutes les côtes de l'Afrique occidentale. Le lieu= tenant-colonel Sykes l’a rencontré en grande abondance dans le pays des Mahrattes, vivant en bandes nombreuses, et ne fréquentant que les grandes plaines stériles et pierreuses. Son vol est rapide, et il s'élève à une grande hauteur. Sa nourriture principale est une petite graine carrée du pays. Les yeux sont d'un rouge brun. La taille est la même chez les deux sexes. Denham rapporte que les environs de Bornou sont remplis de ces oiseaux, qui fréquentent les collines sablonneuses couvertes d’arbustes épais. Comme la plupart des espèces de cette famille, ajoute Denham, cet oiseau est très bon à manger.

L’attagen ventre brûlé, dont la queue est terminée par deux filets minces, est facile à reconnoître des espèces voisines par son bec grêle, bléu, par la teinte ecmme brûlée du ventre, par le blanc pur de l'extrémité des rémiges les plus courtes, et par le collier délié et noir mat qui entoure le bas du cou du mâle.

Le mâle a la gorge et les joues foiblement nuancées de jaunâtre. La tête, le devant du cou, la nuque et le manteau sont nuancés de cendré, lavé de rosâtre. Le collier noir est parfois accompagné d’un fin liséré neigeux. Le milieu du ventre est noir de suie, et les flancs sont marron; le bas-ventre est blanc. Les grandes couvertures des ailes sont j1unes, marquées à de grands intervalles de quatre à cinq fines bandes marron. La queue est cendrée, puis blanche à son extrémité, dépassée par deux filets noirs. Sa taille est de douze pouces environ.

() Pterocles exustus, Temm., pl. 354 (mäle) et 360 (fem); pterocles Seneyalensis, Licht,, Cat. no 675; Proceed., 11,254; Denham, Voy. en Af., 1, IH, p. 286, trad, franc,

DES OISEAUX

La femelle a le ventre noir brun, zoné de bandes rousses, avec des mèches hastées et noires sur la poitrine et sur les parties supérieures du cou. Des raies et des zigzags noirs ondent et bariolent les parties supérieures et la queue. La gorge et la région thoracique sont d’un jaune isabelle.

40° L’ATTAGEN DES BORDS DE LA MER CASPIENNE (!) a été découvert par M. Ménétrier dans les steppes, non loin de Bakou, dans le mois d'avril. L'espèce paroît être rare. Le bec est noir en dessus, cendré en dessous; l'iris brun clair, et les pieds sont noir cendré. Tout le dessus du corps est d’un beau fauve jaunâtre, ainsi que les côtés du cou; le dessus de la tête et du cou est couvert de bandes transversales moins étroites et serrées. Les bandes du dos et des pennes secondaires des ailes sont plus larges, et la derniere, près de l'extrémité de la plume, est plus grande encore et d’un cendré brillant, bordé de noir, formant un peu l’accolade. Enfin le bout de la plume est jaune, plus ou moins largement terminé de noir. Les grandes pennes des ailes scnt grises avec les bagueltes noires, les petites couvertures des ailes sont d’un blanc plus ou moins cendré ou teinté de jaunâtre. Plusieurs d’entre elles ont une bande transversale d’un fauve ardent, et sont bordées de noir. Un demi-collier de cette dernière couleur, et bordé inférieurement de jaune d’ocre, se fait remarquer sur le haut du cou. Au-dessous se dessine une bande plus large d’un jaune grisâtre, bordée inférieurement de noir, La poitrine est d’une fauve tendre très clair, ornée d’un demi-cerele noir. Le menton, le eou, le ventre, sont d’un blanc pur. La queue, jaune d’ocre, est transversalement rayée de noir. Deux plumes eflilées de noir dépassent les autres d’environ deux pouces huit lignes. Les couvertures inférieures de la queue sont blanches, rayées de noir à leur base,

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