LES HÉTÉROCLITES
Ont, au premier aspect, les formes générales des gangas. On n’en connoit qu’une seule espèce, à la fois Lype de genre et type de famille; car les hétéroclytes ne sont ni de vrais gallinacés , ni des passérigables. On ne les place à côté des gangas que par
(‘) Pterocles Caspius, Ménétrier, Cat. no 144, p. 47 (Saint-Pétersbourg, 1832); Pt supra fulvus, vittis transversis nigris atque majoribusque cinereis, pennarum apice dispositis; supercilits, collique lateralibus fulvis, pectore atque juqgulo fasciis nigris ; quia abdomineque albis; remigibus cinereis, tectricibus duabus longissimis atris.
(2) Syrrhaptes, Ilig., Prod., Temm., Cuv.; tetrao, Pallas ; heteroclitus, Vieill.
l’ensemble de leurs formes, bien qu’on puisse les en distinguer par des tarses plus courts, privés de pouce, et réduiis à trois doigts courts, épais, emplumés jusqu'aux ongles, réticulés en dessous et soudés par un fort repli membraneux. Les ailes sont très longues, pointues, à première rémige beaucoup plus longue que les autres, et terminée par un brin filiforme ; la deuxième est également amineie à son extrémité. Le bec est court, mince, grêle, un pen ohtus, à arête côtoyée par un sillon ; il est fléchi à sa pointe et foiblement comprimé. Les narines sont recouvertes par les plumes du front. La queue est conique, formée de rectrices pointues, mais les deux moyennes terminées comme celles des attagens par deux brins minces et allongés.
L'HETÉROCLYTE DE PALLAS.
À le plumage d’un jaune pâle variant dans ses teintes ; le front, la poitrine et le bas-ventre d’un gris cendré ou teinté d’orangé ; les plumes du dos et de la ceinture de la poitrine cerelées de brun; une ligne en travers sur les moyennes couvertures ; le bas-ventre traversé par une écharpe noire. Sa lon gueur totale est d'environ dix-huit pouces; les doigts sont immobiles et calleux en dessous.
Pallas à le premier décrit cet oiseau sous le nom de perdrix p«radoxale, et on en trouve une figure pl. 4 de la traduction françoise de ses Voyages, que Bonnaterre a reproduite dans l'Encyclopédie (t. E, p. 205, pl. 95. fig. 1), et dont Latham a fait son heteroclitus grous (Synopsis, t. IL, part. 11, p. 755). Illiger créa, en 1541, le genre sirrhaptes, que plus tard M. Vieillot changea en heferoclitus. En 1815, M. Temminck (Gal., t. INT, p. 282) lui donna le nom de sirrhaptes Pallusii, qu’il a conservé dans ses planches coloriées, fig. 95. Cette planche, fiite d’après un dessin envoyé par M. Fisher, de Moscou, laisse beaucoup à désirér. Suivant Lichteinstein, qui a donné d'excellents documents sur cet oiseau dans le Voyage en Bucharie d'Eversman, c’est son «4rrhiptes paraloxus M. Vieillot décrivit le même oiseau (Dict. de Déterville) sous le nom d’heteroclitus tartaricus, mais qui est changé dans sa Galerie, pl. 222, où ilest nommé sirrhapte; heteroclita dans le texte, tandis que la planche est intitulée S. heteroclitus. Cette figure paroît évidemment copiée de celle de M. Temminck. Enfin M. Wagler, dans son Systema arium , a publié une description soignée de ce genre ei de l’espèce qui en est le type. En 1821,
(1) Syrrhaptes Pallasit, Temm., pl. 95; Vieill., Gal. pl. 112: syrrhaptes paradoæus, lliger; Licht Cat. n. 679, p. 66; Eversmann, reise nach Buchare, 134; tetrao paradoæxus, Pallas.
M. Dumont (Dict. se. nat., t. IT, p. 112) avoit parfaitement résumé ce qu’on savoit sur l’un et l’autre:
L'hétéroclyte de Pallas habite les steppes nus et stériles de la Bucharie et les déserts de la Tartarie- Les Kirguis lui donnent (Everm.) le nom de buldruch, qui veut dire jolie femme, et les Russes celui de sadscha. A1 vit de petites graines qu’il cherche “dans les sables, marche très mal, vole avec beaucoup de rapidité, a besoin de se reposer fréquemment. La femelle couve avec soin dans un nid composé de quelques brins d’herbe et entouré de sable, quatre œufs blanc roux tachés de brun. La femelle est privée des brins que le mâle possède aux rémiges externes et aux rectrices moyennes.