‹ Compléments de BuffonChapitre 7 sur 667 · TE · texte numérisé non relu

TE

crête est en effet généralement très développée ; mais cet avantage n'est-il pas acheté bien cher par le refoulement de cette lame en arrière, et par la foiblesse des points d'appui qu'offre aux muscles principaux de l’aile un sternum presque tout membraneux? L'absence du bréchet dans le nandou, lautruche, le casoar et l’émou, donne au sternum de ces oiseaux la forme d’un bouclier ou d’une plaque assez semblable au plastron des tortues. Cette disposition , d'accord avec le peu de développement des muscles pectoraux qui en est la suite, rend bien raison de l’inutilité de l’aile pour le vol et de son emploi, seulement comme moyen auxiliaire de la course que ces oiseaux exécutent en revanche avec un tel avantage, qu’ils en ont mérité le nom de coureurs. Ainsi done, tout oiseau qui vole est pourvu d’une crête sternale plus ou moins développée; cette pièce existe encore. même chez des oiseaux qui ne volent plus, mais qui nagent avec beaucoup de vélocité, en s’aidant de leurs ailes; elle manque complétement chez ceux où l'aile est un organe purement accessoire et passif de locomotion, analogue à la voile d’un navire. La présence d’une crête au sternum est une disposition qui ne s’observe pas seulement dans les oiseaux, mais qui existe aussi dans certains mammifères, comme les chauves-souris et les taupes. Dans ces deux cas on voit qu’elle coïncide avec le grand développement et le fréquent exercice du membre antérieur. Elle existe peut-être aussi chez quelques uns des premiers reptiles.

Dans tous les mammifères et dans la plupart des vertébrés, le sternum est composé de plusieurs pièces placées à la file les unes des autres, sur un ou plusieurs rangs. Elles peuvent bien avec les progrès de l’âge se souder entre elles et former un tout continu, mais il existe toujours des rainures ou des engrenures, des rétrécissements et des élargissements alternatifs qui indiquent leur séparation primitive. Il n’en est pas de même du sternum de l'oiseau : avec quelque soin qu’on l’examine chez l'adulte, 1] paroît toujours composé d’une seule pièce, et rien n’annonce la multiplicité de ses éléments primitifs. Cette disposition étoit nécessaire pour la solidité de cet os qui joue un rôle si important dans le mécanisme du vol. La différence n’existe plus quand on observe l’animal dans les premiers temps de la vie; il rentre alors dans la règle commune. En effet, l'étude du squelette dans de très jeunes oiseaux nous montre les os coracoïdes, la clavicule, les scapulums, les côtes déjà presque entièrement ossifiés, tandis que le sternum est encore mou et gélatineux. Bientôt cependant il s’y développe plusieurs centres d’ossification. Il en existe cinq par faitement distincts chez les gallinacées, qu’on à presque toujours choisis pour étudier la marche de

l’ostéogénie à l'égard du sternum, deux antérieurs placés sur le même plan, deux postérieurs et un intermédiaire ou central. Les premiers constituent les apophyses latérales antérieures, et viennent supporter les côtes ; les seconds, les deux apophyses latérales postérieures, qui dans ces oiseaux sont implantées sur un pédicule commun; le troisième enfin forme la crête et la partie centrale du corps du sternum. M. le professeur Geoffroy Saint-Hilaire désigne ces différentes pièces par les noms d’yosternal, hypo-sternal et d’anto-sternal. L’apophyse médiane du sternum lui paroît ensuite formée de deux pièces distinctes, qu’il appelle épi-sternal; enfin, selon ce savant observateur, il s’en développe deux autres au bord postérieur du sternum, auxquels il donne le nom de xiphyo-sternal, et qui le plus souvent manquent ou restent à l’état de cartilage, comme on peut le voir dans les chouettes, les pies, et généralement dans tous les oiseaux qui ont quatre échancrures au sternum. Il y auroit donc ainsi neuf pièces primitives au sternum des gallinacées.

Dans les oiseaux de proie, les pigeons et les passereaux, l’ossification semble commencer par la partie antérieure du sternum et se propager d’avant en arrière. Il ne paroït pas exister de noyau particulier pour l’apophyse médiane et pour la crête, qui croissent en faisant corps avec l'os.

Dans une jeune bécasse qui étoit âgée de quinze jours environ, observée avec soin, les trois os de l'épaule sont ossifiés, ainsi que les côtes : le sterxum est encore presque tout cartilagineux. Il présente néanmoins quatre points d’ossification : un à la partie antéricure du sternum, en rapport avec les os coracoides qu’il supporte; un à la partie antérieure et supérieure de la crête sternale; ces deux premiers sont assez gros, les deux autres sont très petits, et existent de chaque côté vers les apophyses Jatérales antérieures.

Plusieurs sternums de poules d’eau, d’œdienèmes, de grèbes, d'oiseaux tout jeunes, montrèrent la précocité de l’ossification dans Ja clavicule , les os coracoïdes , les scapulums et les côtes ; mais le sternum n’offroit pas le plus petit germe osseux.

Dans l’autruche et le nandou, le sternum ne présente que deux points primitifs d’ossification, un pour chaque côté de la ligne médiane. Hs se propagent ea rayonnant, du centre à la circonférence, comme dans les os du crâne , se touchent d’abord en dedans, en laissant en haut et en bas un inter valle rempli par un fibro-cartilage , et finissant par ne former qu’une seule pièce comme chez tous les oiseaux. On n’a pas été à même d'observer le sternum du casoar et de l’émou dans un âge peu avancé, mais ils ont tant d’analogie avec l’autruche et le nandou , qu'on ne doit pas douter que l’ostéogénie

HISTOIRE NATURELLE

ne s’accomplisse aussi chez eux d’après les mêmes lois.

L’os coracoïde existe dans tous les oiseaux et de chaque côté, entre le sternum en arrière, la clavicule véritable ou la fourchette et l’omoplate en avant , un os long, de forme et de dimensions variables, qu’on appelle ordinairement, mais à tort, la clavicule; M. Cuvier le considère comme l’apophyse coracoïde très développée ; M. de Blainville pense que c’est un nouvel os qui intervient dans la composition de l'épaule, et qui remplit à son égard des usages analogues à ceux de l’ischion relativement au bassin : aussi l’appelle-t-il ischion antérieur. Quelque divergentes que ces deux opinions paroissent au premier abord, il semble qu’on peut les concilier, en disant que cet os est véritablement une continuation ou une dépendance de l’omoplate, ainsi qu’on le voit si manifestement dans les derniers mammifères , tel que l’échidné, l’ornithorinque, et dans les reptiles ; que, placé au-dessous de la cavité glénoïde qu’il concourt à former , en donnant attache au coraco-brachial et au biceps, il ne peut représenter que l’apophyse coracoïde, dont on doit lui conserver le nom; ainsi que l’a fait M. Cuvier; mais que véritablement, comme le pense M. de Blainville, il est l’analogue de l’ischion, comme la clavicule l’est des pubis, et l’omoplate de l’ilion. On ne peut en dire davantage aujourd’hui à ce sujet, parce qu’il reste à étudier et à traiter d’une manière plas approfondie la question de la détermination de cet os. Tantôt aussi long que le sternum, tantôt plus long ou plus court que lui, l’os coracoïde, toujours moins gros à sa partie moyenne qu’à ses extrémités, peut être arrondi, prismatique ou aplati. Très fort dans la plupart des oiseaux grands voiliers, comme les aigles, les martinets, les oiseauxmouches, etc., il est très grêle chez les oiseaux qui volent mal, comme les pies, les passereaux, etc. L’extrémité antérieure ou la tête de los coracoïde se renfle toujours et se courbe en crochet, soit en bas soit en dedans; elle s'articule en haut avec le sc pulum qu’elle recoit dans une cavité articulaire, forme, de concert avec lui, la cavité glénoïde, dont la forme est généralement semi-lunaire, et qui offre plus ou moins de profondeur et d’étendue. En dedans et plus bas elle est en rapport avec la clavicule qui lui est unie, tantôt en dedans seulement par des ligaments plus ou moins forts, tantôt en dedans et en bas à la fois, par une articulation complète dans ce dernier sens. Fort élargie dans la majorité des cas, l'extrémité postérieure de l'os coracoïde est revêtue d’un cartilage et peut occuper toute l'étendue du bord antérieur du sternum, où elle est reçue dans les rainures qu'on y a signalées, et fixée plus ou moins solidement au sternum par des fibres ligamenteuses, et par les muscles qui

DES OISEAUX. 97

l'entourent de toutes parts, excepté en dedans. Elle offre constamment en haut une dépression remplie par le muscle sterno-coracoïdien. De chaque côté elle présente une apophyse; l’interne, plus aiguë que l’externe , tantôt est séparée de celle qui Jui correspond, tantôt la touche et s’entrecroise avec elle; l’externe, mince, tronquée le plus souvent carrément, est presque toujours surmontée d’une saillie osseuse plus ou moins développée, plus ou moins aiguë. La face supérieure de l’os, recouverte en avant par une portion du sous-scapulaire, et en arrière par le petit pectoral de Vicq-d’Azyr, est percée d’un trou d’outre en outre que traversent des vaisseaux qui se ramifient dans le premier muscle et dans les élévateurs de l’aile. Sa face inférieure est traversée dans presque toute sa longueur par une ligne qui fait suite à celle qui se dessine sur le corps du sternum , et qui sépare ici le petit et le moyen pectoral. Le premier est placé en dedans, te second en dehors de cette ligne; le bord externe de l’os coracoïde est le plus souvent peu distinct, surtout en avant, et se confond insensiblement avec ses deux faces. Le bord interne est toujours plus prononcé ; tantôt il forme un simple relief dans les passereaux, etc., tantôt un crochet recourbé en bas et en contact avec la clavicule (dans les chouettes et ies perroquets, les coucous, etc. ); tantôt enfin, une lame extrêmement développée (dans l’agami). Il donne attache dans une grande partie de son étendue à l’aponévrose sterno-coracoclaviculaire, et concourt en avant, avec la clavicule en dedans et l’omoplate en arrière, à la formation d’un canal que traversent les abaisseurs de l’aile.

Dans le plus grand nombre des oiseaux, l'os coracoïde, simplement contigu à la clavicule et à l’omoplate, constitue à toutes les époques de la vie un os distinct qui peut, tout au plus, se souder avec la clavicule, comme dans la frégate. La destination des trois os de l’épaule s'observe encore dans le jeune âge de l’autruche et du nandou, bien que la clavicule paroisse appartenir à los coracoïde ; mais, dans l’âge adulte, de ces oiseaux, les trois os de l'épaule n’en forment plus qu’un , comme dans les tortues. On observe la même disposition dans le casoar et l’émou. Dans l’autruche, l'extrémité inférieure de la clavicule, en se soudant avec l’os coracoïde , donne lieu à la formation d’une espèce de trou obturateur, en sorte que l’épaule de cet oiseau affecte véritablement la même disposition que le bassin des mammifères.

Chez les oiseaux qu'on a observés dans un âge peu avancé, il a toujours paru que l’ossification de los coracoïde se faisoit en avant et en arrière, et s’opéroit dans le même temps que celle des côtés du scapulum et de la clavicule,

M. Saint-Firmin assure qu’il avoit trouvé chezun petit duc (strix scops, L.), élevé en cage après avoir été pris au nid, l’os coracoïde existant seulement dans sa partie antérieure, et remplacé postérieurement par un cordon ligamenteux. Ce fait, le seul que l’on connoisse à l'égard de cet os, se rattache à un arrêt dans le développement qui s’est représenté dans la clavicule, et dont il sera question plus bas.

La clavicule est placée entre la tête des os coracoïdes en avant et le sternum en arrière. Elle constitue un os en forme de V, qu’on appelle à cause de sa figure l'os furculaire, et plus communément la fourchette ou l’éperon. Ce n’est point un os nouveau et particulier aux oiseaux, c’est simplement l’analogue des clavicules des mammifères qui, comme le dit M. de Blainville, se seroient soudées par leur extrémité sternale pour former un seul os, disposition que présentent même l’ornithorinque ct léchidué qui, se rapprochant ainsi des oiseaux, comme l’autruche , le nandou, etc., semblent, ainsi qu’on le verra plus bas, se rapprocher des mammifères par leur double clavicule. Généralement plus grosse à ses extrémités qu’à sa partie moyenne, la clavicule est le plus souvent dirigée en bas; elle est rarement droite ou recourbée en haut. L’étendue de la concavité qu’elle présente en avant esten rapport avec les dimensious du col, et varie avec elle. Largement ouverte chez les oiseaux bon voiliers, elle est très rétrécie chez ceux qui volent mal. Ses branches, dont la grosseur varie selon l'énergie du vol : sont tantôt trés fortes, tantôt très faibles. Elles peuvent être comprimées latéralement du devant en arrière ; dans le plus grand nombre des oiseauxelles sont arrondies. Leur extrémité est tantôt aiguë, tantôt arrondie , tantôt triangulaire. En dedans elle est suspendue aux os coracoïdes par des ligaments, et s'articule de plus quelquefois avec leur face inférieure ; en haut elle s’appuie sur les scapulums qu’elle peut aussi supporter. La clavicule ne présente quelquefois aucune saillie en arrière dans le point de réunion de ses deux branches ; souvent, au contraire, on y voit une saillie arrondie ou triangulaire plus ou moins développée. Dans un seul genre d’ciseaux, les hérons, ce n’est pas en arrière, mais en avant, dans la concavité même de la clavicule, que se trouve cette sailliequiexiste aussi rudimentairement dans les poules d’eau. La clavicule peut s’articuler avec l’angle de la crête sternale, s’appuyer sur lui ou s'éloigner, plusou moins, du bord antérieur du sternum ; elle peut correspondre aux différents points de sa hauteur. Par sa face externe cet os donne attache au grand pectoral, par l'extrémité de ses branches au deltoïde et à un petit muscle placé au-dessous de lui, par sa lèvre supérieure à l’aponévrose

sterno-coraco-claviculaire, qui remplit l'intervalle qui existe entre le bord antérieur du sternum , les os coracoïdes et la clavicule.

Examinée dans de très jeunes oiseaux , la clavicule a toujours paru formée d’une seule pièce ; il ne seroit pourtant pas étonnant qu’elle en présentit primitivement deux. Son ossification n’est pas moins précoce que celle des deux autres 0s de l’épaule et des côtes. On l’a vue manquer, presque dans toute son étendue, chez une perruche adulte, élevée en captivité, et n'exister, comme dans les coureurs, que par l'extrémité de ses branches ; dans le reste de son volume elle étoit représentée par un cordon fibreux. Ce fait, signalé une seule fois, est établi sur une pièce remise à M. de Blainville.

Dans l’autruche. le nandou, le casoar et l'émou, la clavicule, bien moins développée que dans les autres oiseaux, ne constitue pas un seul os, mais elle forme de chaque côté un moignon adhérent à l'os coracoïde par ses deux extrémités, comme dans l’autruche , ou par la supérieure seulement, comme dans les trois autres coureurs, où elle tend de plus en plus à disparoître. Dans une jeune autruche d'un an environ , la clavicule est encore presque entièrement cartilagineuse, tandis que les os coracoïdes, et une bonne partie du sternum et l’omoplate sont déjà ossiliés.

Cet os facilite les mouvements de l’aile, en s’opposant aurapprochement des os coracoïdes ; il ajoute à la solidité de l'épaule toutes les fois qu’il s’articule avec le stérnum. ,

L'omoplate chez les oiseaux est très étroite, quand on la compare à celle des mammifères, et surtout à celle des premiers animaux de cette classe ; aplatie inférieurement d'avant en arrière, etsupérieurement de dehors en dedans, elle se recourbe plus ou moins en arrière , et varie dans sa forme, ses dimensions et sa direction. D'une largeur égale presque partout dans beaucoup d'oiseaux, cet os chez quelques uns s’élargit successivement de bas en haut jusqu’à son extrémité, et dans d’autres jusqu’au milieu de la hauteur, et il décroit ensuite, et se termine tantôt par un angle plus ou moins aigu, tantôt en s’arrondissant. C’est dans les gallinacées , les oiseaux de proie, mais surtout dans les manchots, qu'il présente le plus de largeur ; ilest en même temps très mince dans ces derniers, très long dans les poules d’eau, les grues, les hérons; il est très court dans les plongeons, il existe de nombreux degrés entre ces deux extrêmes. Constamment il est plus ou moins incliné en arrière. L’omoplate s'articule inférieurement avec l'os coracoïde, au moyen d’une fossette convexe recue dans une cavité cartilagineuse, et de fibres ligamenteuses antérieures et postérieures ; en dehors elle concourt avec l'os précédent à former la

HISTOIRE NATURELLE

cavité glénoïde , que tapisse un cartilage épais qui sert constamment à consolider l’union de ces deux os ; en dedans et en avant, elle présente un tubercule, plus ou moins développé , en rapport plus ou moins immédiat avec l’extrémité des branches de la clavicule, et qui paroît représenter l’acromion. Les deux faces et les deux bords de cet os sont couverts de muscles que nous ferons connoître plus tard.

Dans tous les oiseaux, l’omoplate est un os distinet de la clavicule et de l'os coracoïde. L’autruche, le nandou, le casoar et l’émou présentent la même disposition dans le jeune âge; mais dans l’état adulte de ces quatre oiseaux, cet os se soudant avec les deux autres n’en forme plus qu’un, comme dans les chéloniens. L’ossification de l’omoplate a toujours paru se (aire par un seul point qui marche de bas en haut.

Après avoir examiné l’épaule chez les oiseaux, il semble convenable et avantageux , pour compléter l'idée qu’on doit s’en faire, de la comparer à celle des mammifères. Dans ces derniers animaux l’épaule n’est le plus souvent formée que de deux os, la clavicule et l’omoplate; dans le plus grand nombre des oiseaux elle en présente trois, la clavicule, l’os coracoïde et l’omoplate. La clavicule n’existe pas chez tous les mammifères, et on peut, à cet égard, les distinguer en ceux qui en sont pourvus, et en ceux qui en sont dépourvus , ou, pour parler autrement, en claviculés et non claviculés. La clavicule se trouve dans tous les oiseaux ; si dans quelques uns elle est à l’état rudimentaire, dans le plus grand nombre elle est très développée. Dans la plupart des mammifères elle est double et constitue deux os distincts; dans la plupart des oiseaux elle ne forme qu’un seul os; dans deux mammifères seulement elle est unique comme chez les oiseaux (ornithorynque et échidné). Dans quatre oiseaux seulement, l’autruche, le nandou, le casoar, l’émou, elle est double comme chez les mammifères. Dans ces derniers animaux, l’omoplate est large parce qu’elle donne attache à des muscles forts et nombreux ; dans les premiers, où les muscles principaux de l'aile prennent leur appui sur le sternum , l’omoplate est généralement très étroite. Elle présente deux apophyses dans les mammifères , l’épine ou la crête scapulaire que terminent l’acromion et l’apophyse coracoïde. Il n’y à point d’épine chez les oiseaux, l’acromion est très peu développé chez eux , et ne se reconnoit guère que par ses rapports avec la clavicule, tandis que chez les autres il peut être très prononcé, et laisse toujours des traces de son existence, soit sur la face externe, soit sur le bord cervical de l’omoplate. L’apophyse coracoïde fait constamment corps avec l’omoplate dans les mammifères; elle en est toutefois séparée dans les

DES OISEAUX. 39

gibbons, l’orang-outang et le chimpanzé, à un âge peu avancé. À peine visible chez les ruminants, elle est très développée dans les chauves-souris, les galéopithèques, mais n’atteint jamais le sternum dans les oiseaux; au contraire elle constitue un os distinct très développé, qui sert d'arc-boutant à l'épaule, en s’appuyantsur le sternum, et qui existe non seulement dans tous les individus de cetteclasse, mais encore dans tous ceux de la suivante (les reptiles). La cavité glénoïde est formée par le scapulum seul dans les mammifères; l’ornithorynque et l’échidné font seuls exception à celte règle, et se rapprochent des oiseaux chez qui cette cavité est toujours constituée par le scapulum et l’oscoracoïde. Quelle que soit l’analogie qui existe entre l’épaule et le bassin des mammifères, le peu de développement de l’apophyse coracoïde a toujours laissé quelque chose de défectueux dans toutes les comparaisons établies entre ces deux parties du squelette. Il n’en est pas de même à l’égard des oiseaux ; ici l’analogie est frappante : en effet, chez eux comme chez presque tous les animaux , le bassin est primitivement formé de trois pièces qui n’en forment qu’une chez l'adulte. L’épaule présente également trois pièces ; il est vrai que chez le plus grand nombre elles restent constamment distinctes ; mais chez tous les coureurs , au contraire, comme pour rendre la ressemblance plus complète, elles se soudent à leur point de contact pour former un seul os,

Page 1