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LES OUTARDES

M. Cuvier (?) dit qu’ils ont, avec le port massif des gallinacés, un cou et des pieds assez longs, un bee médiocre, à mandibule supérieure légèrement arquée et voûtée, er qui, aussi bien que les trè, petites palmures entre les bases de leurs doigts, rappelle, encore les gallinacés. Mais la nudité du bas de leurs jambes, toute leur anatomie , et jusqu’au goût de leur chair, les placent parmi IE échassiers, et comme elles n’ont point de pouce, leurs plus petites espèces se rapprochent inliniment des pluviers. Leurs tarses sont réticulés; leurs ailes courtes et concaves. Elles volent peu, ne se servent le plus sou-

-vent de leurs ailes que pour accélérer leur course,

et vivent également de graius, d'herbes, de vers et d'insectes.

Les outardes ont donc leurs ailes concaves, à deuxième et troisième rémige les plus longues. Leur queue est brève, étagée ou arrondie, formée de dix-huit à vingt rectrices. Leurs tarses sont recouverts de petites écailles en mosaïque. Ce sont des oiseaux farouches, peu faits pour se plier à à la domesticité. On ne les trouve que dans l’ancien continent.

Buffon n’a connu que les espèces suivantes :

49 La CANE-PETIEÈRE (3) (enlumin. 40 et 25) commune en Barbarie, en Crimée , et qui n’est pas rare en France.

2° La GRANDE OUTARDE (#, fenl. 245), commune à l’Europe et à l'Asie, et dont le mâle porte une touffe de plumes poilues au bec.

(") Otis, L.

(2) Rég. anim. , t. I, p. 498.

(3) Otis tetrax, L.

&) Otis tarda, L., Less., Ornith., pl, 93, fig. 4

sus de l'articulation. Leurs habitudes et leurs mœurs | sont celles du genre de la famille précédente. |

5° Le HouBaRA (1), qui vit dans Îles lieux les plus arides de la Barbarie et de l'Arabie, et qui se montre assez souvent dans le midi de l'Espagne, et plus fréquemment dans la Turquie.

4° L'OUTARDE HUPPÉE (?) qui vit au Sénégal, au Ca en Arabie. \

52 L’OUTARDE D'AFRIQUE (5) ou knorhan, le knor-

co de Koble, qui est du cap de Dont

6° Le CAHURGE (t) qui vit dans le Bengale, et que M Gould à mb dans sa Centurie des oiseaux de l'H: malaya, pl. 55, 74 et 75. (Proceed. 1, 2:.)

Les espèces qui ont été découvertes depuis Buffon souL les suivantes :

7° L’OUTARDE SCOLOPACÉE () est un peu plus grande que les outardes plombée, torquéole et calfre, toutes les trois originaires du midi de l'Afrique. Le mäle porte sous le menton une ample bande longitudinale noire qui aboutit à un large collier noir, entourant tout le devait de la gorge ,.et formant une large écharpeau-dessous de l’occiput. Le reste du cou, la tête et la poitrine sont d’un gris isabelle, couvert de zigzags bruns très fins. Toutes les autres parties inférieures sont d’un isabelle brun rougeâtre, marqué sur les scapulaires de grandes taches transversales noires, et de taches plus petites sur les grandes couvertures. Tout le plumage est couvert de nombreux zigzags noirâtres La totalité du duvet sur tout le corps est rouge pourpré Les rémiges sont d’un isabelle rougeâtre, et leur pointe est noire. La lonsueur de cet oiseau est de vingt et un à vingt-deux pouces. La femelle manque de bande longitudinale au menton et de bande noire à l’occiput, seulement la gorge est noire comme chez le mâle.

(1) Otis houbara, L. Le houbara, Desf., Ac. des Se., 1787, pl. 10. Hubara, Shaw, Voy.fig. 1, p 252. Ménag. de Miger,in-folio et in-8o Vieil., Gal., pl. 227. Psophia undulata , Jacquin, Voy., pl. 9. Temm., Man,

Lpo11

@) Otis arabs,L. Edw., pl. 12. Rupp., p. 16.

13, Otis afra, L.

(4) Otis bengalensis, L., Edw. 250.0. himalayanus, Gould.

(5) Otis scolopacea, Temm., pl. 576 (1836). Ofis torquata, Cuv., Gal. de Paris; in Less., Ornith., p. 528 (1830.)

DES OISEAUX

Cette outarde provient de l'intérieur de l'Afrique, où M. Delalande l’a découverte.

8° L’ourarDE DE DENHAM (1) a été découverte dans l'intérieur du cap de Bonne-Espérance par Levaillant, et rapportée du royaume de Bournou par le capitaine Denham. Cette outarde y a été rencontrée dans la saison des pluies, près des grandes villes, mais non en grande quantité. Elle fréquente les lieux humides où il y a de l’herbe nouvelle. Les naturels la prennent dans des piéges et en mangent la chair. Ses mœurs sont solitaires, bien que Denham l’ait toujours rencontrée dans les lieux où se tiennent les gazelles. Elle porte le nom d’oubara chez les Arabes, nom qui paroit être générique pour désigner les outardes en Afrique, et, comme pour les gazelles , les poëtes comparer les yeux de leurs plus belles filles aux siens. Il est de fait que cette outarde a des yeux grands et brillants.

Cet oiseau est de la taille de la grande outarde d'Europe ; le mâle adulte, daus sa parure de noces, diffère de la femelle par une fraise composée de plumes assez longues et délices , qui s'étend de chaque côté de la partie inférieure du cou en forme de hausse-col. Le sommet de la tête est noir, avec une grande tache blanche sur l’occiput. Toutes les parties postérieures du cou sont d’un roux ardent. Le menton et le devant du cou sont d’un beau gris cendré. Le reste des parties inférieures est blanc. Les parures jugulaires sont grises blanchâtres. : e dos, les scapulaires et les couvertures su é:ieures de la queue sont brun clair, abondamment couverts de zigzags itès fins et serrés, d’un brun plus foncé. La majeure partie des couvertures des ailes est d’un noir parfait, marqué de grandes et de petites taches d’un blanc pur. Les rectrices sont rayées de blanc et de noir. Le bec est de cette dernière couleur Les tarses sont d’un jaune livide , à.face plantaire noire. La longueur de cette outarde est de trois pieds un pouce.

La femelle, plus petite que le mâle, n’a point les parures du cou, et les teintes du plumage sont moins vives et moins pures.

Le jeune âge, dans sa première année , a été décrit par M. Ecklon comme espèce distincte, sous le nom d’ofis collei. Il se l’étoit procuré dans le midi de l'Afrique Le sommet de la tête est d’un brun noirâtre , et l’espèce de calotte que forme cette couleur est bordée par une bande blanche marbrée de brun. La nuque est d’un roux clair; le devant du cou est brun noirâtre, tacheté de blanc, et fortement nuancé de cendré, teinte dominante du plumage de l’adulte. Les parties supérieures sont brunes, couvertes de nombreux zigzags très fins et rapprochés,

() Otis Denhami, Vig., Voy. de Denham,t.It, p. 238 Zool. Journ.,t. II, p. 458. Otis collei, Ecklon (jeune âge), Temm., pl. col., texte. Otis ruficollis, Gal, de Paris.

d’un brun plus foncé, et marquées de taches ovoïdes de couleur d’ocre clair. Ces taches œæillées existent chez les jeunes du plus grand nombre des espèces connues. La queue est rayée de bandes d’un brun noirâtre et de rubans jaune ferrugineux, avec des lignes flexueuses noires, Ses dimensions totales, à cette époque de la vie, sont de deux pieds trois pouces.

Les individus du Musée de Paris ont été rapportés du Cap par le voyageur Delalande.

9° L’OUTARDE A TÊTE NOIRE (!) a été décrite en ces termes par M Gould : « Ce magnifique oiseau est le plus grand et l’un des plus beaux du genre. Bien qu’il vive dans les chaînes élevées de l'Himalaya, l’espèce n’est nullement confinée dans ces régions, puisque le colonel Sykes. qui en a fait la découverte, assure qu’elle est très commune dans le pays des Mahrattes, où elle est très recherchée comme mets exquis et savoureux. L'espèce vit par troupes qui se réunissent dans les plaines désertes. Le mâle est pourvu d’une poche gutturale comme la grande outarde. Cet oiseau niche à terre et sans apprêts pour son nid. Ses œufs sont ovalaires, brun olive, tachetés de brun plus foncé. La femelle ne diffère pas du mâle, excepté par la taille, car elle est plus petite.

Le sommet de la tête et une large huppe occipitale sont d’un noir profond. Les joues, le cou et les parties inférieures sont d’un blanc neigeux. Sur la poitrine se dessine une large écharpe qui va d’une aile à l’autre. Le dessus du corps, les pennes secondaires des ailes et les rectrices sont d’un brun strié de noir. Les grandes couvertures du rebord des ailes sont noires, à extrémités blanches. Le bec et les pieds sont jaunes. Sa longueur totale est de quatre pieds six lignes.

10e L'OUTARDE A PALETTES (?), rapportée du Bengale par M Bélanger, nous a prouvé d’une manière positive que les otis gularis et bengalensis du Musée de Paris et de quelques auteurs modernes n’étoient que l’otis aurita de Latham, en plumage incomplet, et sans les parures qui sont implantées sur la région auriculaire.

Ainsi l’otis bengalensis n’est évidemment que l’'otis aurila sans ses palettes. Cette outarde est le black florican des Anglois établis aux Indes, et le like des Indous.

L’individu adulte a trois plumes roides à tiges simples, munies de barbules à leur sommet, disposées en palette cunéiforme, qui partent d'au milieu de quelques plumes allongées derrière l'ouverture du méal auditif. Sa tête et son cou sont noirs ; un collier,

(1) Otis nigriceps,Gould, Cent, of Birds, pl. 72. Bull., XXV,353.Proceed., I, 35,11,155.Temm.,texte des pl.col. (2) Otis aurita, Lath. Edw., pl. 250 ; outarde oreillard, Temm., pl. col. 533 (mâle); Lesson, Voy. de Bé-

langer, pl. X (mâle en mue ).

L49] JD

placé au bas du cou , est blanc, ainsi que les épaules. Le dos est finement roux vermiculé, avee flammèches brunes Tout le dessous du corps est noir ; le bec est corné, les tarses sont jaunes.

L’outarde à palettes sera toujours facile à reconnoître de toutes les autres espèces d’outardes, quelle que soit sa livrée, par la forme des dix rémiges primaires, dont les baärbes ütternes sont larges à leur base, et se rétrécissent {out-à-coup vers le milieu pour former avec les rachis une lame étroite, pointue, taillée en lame d’épée. Or, toutes les outardes ont bien leurs rémiges plus ou moins acérées et pointues, mais aucunes n’ont le caractère aussi fortement prononcé que l’outarde qui nous occupe. La première rémige est la plus longue, et toutes les autres diminuent successivement de grandeur; les rémiges secondaires sont plus longues que les primaires qu’elles recouvrent, et sont larges, amples, concaves, étagées. Le bec est allongé, presque droit, à narines transversales, larges, irrégulièrement ovalaires. Les Mords de la base de la mandibule supérieure sont légèrement renflés et dilatés. La jambe est à moitié nue. Les tarses sont longs, minces, et ont plus de trois pouces de Particulation tibio-tarsienne à celle des phalanges ; leur épiderme est revêtu de plaques petites, hexagonales. Les doigts sont recouverts d’écailles imbriquées. Les ailes sont courtes, concaves, et la queue est conique, arrondie, en partie cachée par les couvertures, composée de quatorze rectrices légèrement inégales.

L'individu que représente la pl. 10 du Voyage de Bélanger étoit en mue et sans parures. Le dessus de la tête, le cou et le dessous du corps sont noirs; la gorge est blanche, encadrée de noir, mais des plumes noires et blanches sont fréquemment mélangées.

Les joues et les côtés du cou sont garnis de plumes roux blond vif. Le manteau, le dos, les grandes couvertures des ailes, celles du dessus de la queue, sont brunes, mais finement et gracieusement vermiculées de roux blanc fort vif, qu’encadrent des traits d’un noir velouté, disposé en demi-cercle, en ovale irrégulier, ete. Les rectrices sont roux blanc, vermiculées et treillissées de brun, avec des barres distantes et régulières noires. Quelques plumes blanches apparoissent sur le bas du cou et sur les couvertures. Les ailes sont d’un blanc pur sur les épaules, d’un blanc doré taché de noir au milieu, puis d’un noir de velours sur le reste de leur partie externe : toutelois , les couvertures les plus inférieures sont roux blond, tachetées de noir, et les rectrices gladiées sont on brun roux nb ifÈpne. Quant aux rémiges secondaires, elles sont brunes, vermiculées de blond roux doré fort vif, par petites lignes flexueuses et

ra pprochées. Les couvertures inférieures de la queue sont brunes à leur naissance et rousses à leur sommet.

L'outarde à palettes est un des oiseaux les plus

gracieux de la côte de Coromandel, où il ne parait pas être très rare.

44e L'OUTARDE DE NüuBIE (1) a deux pieds dix POUces et quelques lignes de longeur. Le sommet de la tête est roux, encadré de noir profond ; la gorge est également noire. Les joues sont d’un gris blanc clair; tout le cou est gris bleuätre. Une ceinture orangée entoure le haut du thorax. Du grisâtre teint le milieu de la poitrine; les parties inférieures sont blanchätres : tout le dessus du corps est roux ferrugineux, vermiculé de noir.

42° L'OUTARDE CAFFRE (?), ou le corhkax, habite la Cafrerie, ainsi que l'indique son nom. Le mâle, d’un noir intense, à l'occiput rayé de fauve, les joues blanches, le manteau roux, vermiculé de noir, les épaules et les côtés de la poitrine blancs; le corps en dessus et les ailes sont vermiculés de noir, de roux et de blanc. La femelle a le bas-ventre noir, le corps vermiculé de roux, de blanc et de brun fauve. Sa taille est un peu plus petite ; sa gorge est noire, tandis qu’elle est ardoisée chez le mâle. Le corhan a trois pieds deux pouces de longueur.

15° L’ourARDE PLOMBÉE (3) est de lataille de l’houbara, Son bec est plus court que la tête, et ressemble assez à celui de la cane-petière. Son plumage est presque entièrement coloré de deux seules teintes, un bleu couleur de plomb et un roux ferrugineux. Sur la gorge et le cou existe une cravate blanche et noire, Le front est noirâtre. Le sommet de la tête est finement strié de noir et de roux, par traits étroits et très rapprochés. Au-dessus des yeux se dessine en arc un large palpébral blanc pointillé de brun. Les plumes du méat auditif sont roux clair. Sous la gorge est un croissant neigeux, au-dessous duquel en part un deux fois plus large, noir profond. Tout le corps en dessous, le cou compris, est bleu de plomb ; le dessus est fauve ferrugineux, vermiculé de noir. Les couvertures inférieures sont rousses, frangées de gris. Les plumes tibiales sont lisérées de blanc; les tarses sont jaunes, les ongles noirs.

Découverte par Levaillant dans l'intérieur de l’Afrique, elle vit dans le pays des Cafres.

44° L'OUTARDE DÉ Vicors ({) habite les lieux les plus déserts et les plus stériles du cap de Bonne- Espérance, où les colons l’appellent Æaror koran. Ses couleurs dominantes sont en dessus un jaune rougeitre ou une teinte tannée claire, et en dessous un

() Otis nuba, Ruppell, pl. 4. Zool. Journ., t. 1, p, 392. Fascia superciliari, gulaque nigris, collo einereo cœrulescenti, collari extante rufo, corpore supra badio, striis nigris irregularibus multangulis conspersa, infrà albo, pedibus flavis. Cretzm. in Ruppell. +

(2) Otis cafra, Licht. Bechst. in trad. all. de Lath., Synops. pl. 79. Licht., Cat., p. 69, no 711 et 712.

(5) Otis cœrulescens, Temm., pl. col. 532 (mâle adulte ). c

(:) Otis Vigorsii, Smith, Proceed., I, 11.

DES OISEAUX

ëtls foncé, passant graduellement au blañe pür qui colore le ventre. Le dos est tacheté d’une grande quantité de flammèches violettes et de Maculatures blanches, et le dessous est zigzagué de fines bandelettes transversales noires.

15° L'OUTARDE FÉROCE (!) est en dessus le plus généralement d’un jaune brun, et en dessous d’un gris bleuâtre plein. Elle vit dans la province de Latakou, au cap de Bonne-Espérance.

46° L’OUTARDE AFRAOÏDE (2), plutôt mentionnée que décrite par M. Smith, est, ainsi que les deux précédentes, très peu connue. Elle habite les rives de la rivière Orange, au cap de Bonne-Espérance , et porte le nom de bushman koran que lui donnent les colonistes. Elle a beaucoup d’analogie avec loutarte africaine aussi du Cap, à l’exception d’une grande partie des rectrices qui sont blanches.

47° L’OUTARDE BRUNE (3) semble avoir été établie sur des individus femelles de l’outarde à palettes ; mais à ce sujet M. Svkes s’est livré à de minutieuses comparaisons. Cet auteur signale toutefois que les rémiges sont fortement acuminées, et l’on sait que les plumes de l’ofis aurita présentent la même particularité. De plus, les deux espèces auroient un estomac simple et un tube intestinal très court, autre analogie fort remarquable, qui doit porter à attendre de nouveaux renseignements avant d'admettre définitivement l’outarde brune parmi les espèces réelles du genre.

Cette outarde est commune dans le pays des Mahrattes, et a les parties supérieures d’un brun chocolat éclatant. Les plumes du dos et les scapulaires portent à leur pointe un triangle brun, et ont à leur base une bande brune, piquetée de chocolat. La queue est rayée par quatre bandes distantes et brunes, dont les espaces sont linéolés de brun. Les pennes primaires sont acuminées, particulièrement chez le mâle, et se terminent en pointe aussi fine que celle d’une aiguille : elles le sont moins chez les femeiles, et les ailes de celles-ci ont deux pouces de plus en longueur que celles des mâles. M, Sykes dit que cetté particularité est constante.

18° L’OUTARDE pu SÉNÉGAL (4) est de la taille de la cane-petière, mais plus haute sur ses jambes ; ellé

(:) Otis ferox, Sm. Procéed., f, 14.

(:) Otis afraoïdes, Sm. Proceed., EL. 11.

(3) Otis fulva, Sykes, Proceed., IH, 155.0. suprà cacaotico brunnea, plambis fulvo marginatis variègatisque,tegminibusalarum, collo, pectoreque fulvis, punctis lineisve brunneis parcé notatis, ventre,uropygio,femoribus , tegminibusque caudæ inferioribus fulvo-albis, tegminibus alarum inferioribus lateribusque cacaotico nigris, caudà fulvà fasciis quatuor cacäotico-brunneis notatà, mento, gulâque albis, vertice brunneo, striga media longitudinati albà. Irides rufescenti- latéscentes, pedes flivescentes (Sykes).

(+) Otis senegalensis, Vieill., Encycel., 1, 333.

à lé Bec corné, les tarses jaunes. Le front et les plumes allongées de la tête sont d’un noir profond, tandis que le milieu de la tête est gris de perle. Les joues, les côtés de la tête, la gorge, les oreilles , sont d’un blanc légèrement roussâtre, arrêté dans le de vant du cou par une cravate noire. Le cou est d’un gris de perle descendant jusque sur le devant du thorax ; les côtés de celui-ci et ses flancs sont blond vif. Le dos, les couvertures des ailes, le croupion, les couvertures de la queue, sont roux vermiculés de traits noirs. Les pennes primaires sont noires ; les rectrices sont brunes, barrées de brun et vermiculées de noir; les parties inférieures sont d’un blanc pur.

La femelle a le dessus de la tête brunâtre; le plumage vermiculé de roux et de traits bruns ; la gorge blanche.

Cette outarde habite le Sénégal. Le Cabinet d’his toire naturelle de Rochefort en possède deux beaux individus.

EEE LES COUREURS().

Ont les mœurs et les habitudes des outardes ; comme elles, ils se tiennent dans les lieux SECS , 5ablonneux et ibn des eaux. Buffon en a figuré deux espèces :

4° Le coureur D'EUROPE (2) qui est commun au Sénégal , en Egypte et en Abyssinie, et qui se présente accidentellement en France: et 2 le coureur

D’ASIE (3), de l'en]. 892, qui fféqüétite le Sénéral, le Cap, aussi bien que la côte de Coromandel. € est le kajoudi-pérali des Hindous. .

- trois autres espèces de ce genre sont nouvelles. 5° Le COUREUR A DOUBLE COLLIER (4) a le sommet de a tête brun, varié de roussâtre ; les joues, le cou, la nuque de couleur isabelle » marquée de raies Le gitudinales brunes, Au bas " cou se dessine un colef ñoir étroit, et au-dessous un second de même couleur, mais du double plus large; tous les deux remontent sur le dos. £es parties inférieures sont de teinte isabelle. Le dos, les ailes, les rectrices, sont bruns : toutes les plumes sont entourées par un rebord assez large, roux clair. Les pennes secondaires des ailes sont d’un roux vif; les rémiges sont noirâtres; le bec est court, brun ; les pieds jaune orangé ont le doigt interne très court, et sont très longs, u

() Court-vile, cursorius, Lath., Lacép tac/ylromus tlig. Temm Man, H,p 510: pl. co! texte.

(2) Cursorius isabellinus, Meyer. Charadrius gallicus Gm. Enl 795.Temm., Man. If, 513.

() Cursorius asiaticus, Temm., M. t. I, p. 516. Vieill., pl. 232. Wils., pl 29.

(#1 Cursorius Dicinctus, Temm., Mañ.,lf, 515,

Cet oiseau a dix pouces dé longueur. Il a été tué par Levaillant dans l’intérieur du cap de Bonne-Espérance. Il se tenoit dans les lieux stériles, loin des eaux , et couroit avec une rare vitesse.

4 Le COUREUR AUX AILES VIOLETTES ({) habite le Sénégal. C’est une des belles espèces du genre, et dont le bec, assez semblable à celui des glaréoles, semble établir le passage d’un genre à l’autre. Ce coureur, à formes sveltes, est surtout remarquable par les plaques métallisées qui ornent son plumage, et dont les autres espèces sont privées. Long de dix pouces et demi, cet oiseau a le front blanc lavé de roux, le dessus de la tête brun roussâtre. Une bande marron clair passe sur le lorum pour couvrir le méat auditif ; une tache marron rougeûtre s'étend sur les côtés de l’occiput. Le menton est fauve, bordé de petites taches brunes. Le plumage du corps est généralement cendré couleur de terre d'ombre. Le bord interne des ailes et un demi-collier sont blancs ; une petite écharpe noire ceint la poitrine. Les rémiges sont noires, terminées de lames violettes, bordées d’un encadrement vert, et chatoyantes. La queue, d’abord blanche, puis brun noirâtre, est lisérée de blanc. Le bec est noir, et les pieds sont jauoûtres.

5° Le courREUR DE TEMMINCK (2?) provient de la côte occidentale d'Afrique, de Sierra-Leone. Il à neuf pouces anglois de longueur. Sa coloration est isabelle. Une calotte rouge recouvre l; tête ; une bandelette blanche, encadrée de deux noires, part de l'œil et va joindre celle du côté opposé sur l’occiput ; une ceinture rousse entoure le thorax. Le milieu du ventre est noir, les côtés sont blancs. Les rémiges sont noires , ainsi que le bec. Les tarses sont jaunes.

LES AGAMYS ().

© N’ont qu’une espèce, l’oiëseau-trompette, enluminure 169, à l’histoire de laquelle nous n'avons rien à ajouter.

LES KAMICHIS (,

Ne comprennent qu’une espèce décrite avec soin par Buffon, d’après divers mémoires, et ceux de

() Cursorius chalcopterus , Temm., pl. 298.

(2) Cursorius Temminchkii, Swains.,Zool.lIllust., pi. 106. Colore colombin, vertice pectoreque ferrugineis, torquibus nuchalibus duo, torque inferiore, remigibus, abdomineque medio nigris, torque superiore abdomianisque lateribus albis.

j (3) Psophia, L.

() Palamedea, L. Hlig. Prod., no 98, p.253.

HISTOIRE NATURELLE

Bajon en particulier, le kamichi (palamedea cor nuta, L.) représenté enl. 451, et qui vit dans les savanes de la Guyane et du Brésil.

LES CHAJAS OÙ CHAVARIAS().

Ne sont pas distingués des kamichis par la plupart des ornithologistes ; cependant ils ont la tête surmontée d’une huppé et complétement couverte de plumes, tandis que les kamichis ont cette partie surmontée d’un appendice vermiculaire , arrondi, mobile, corné, qui naît au devant du crâne. Chez les chajas, comme chez les kamichis, le pouce est inséré au niveau des autres doigts; ce qui établit des rapports avec les oiseaux passérigalles, mais ils ont le dessus de l'articulation nu comme les échassiers , et les épaules armées d’un ou deux ergots comme les vanneaux.

Illiger le premier sépara des kamichis, sous le nom de chauna, le chaja de d’Azara, type de ce groupe. M. Viei!lot admit cette séparation. mais en dénaturant les noms en celui de chavaria (opistholophus) (2). MM. Temminck et Cuvier ne firent de ces deux oiseaux qu’un même genre, celui des kamichis (palamedea), bien qu’on puisse les séparer par des caractères évidemment suffisants.

Les caractères zoologiques des chajas sont les suivants : le bec, moins long que la tête, est garni à sa base de plumes très courtes ; il est convexe, à mandibu.e supérieure voütée’et plus longue que l’inférieure. Les narines sont glabres et ouvertes. Le tour des yeux est nu. Les ailes sont longues, garnies de deux éperons robustes et un peu recourbés, à troisième, quatrième, cinquième rémige les plus longues. La queue se compose de quatorze rectrices. Les tarses sont épais, réticulés, terminés par quatre doigts allongés ; l’externe et celui du milieu sont réunis à la base par une membrane; l’interne est libre, et le pouce ne porte à terre que par le bout.

LE CHAJA (5).

Est décrit avec soin par d’Azara. « Cet oiseau jette assez souvent un cri très fort, aigu et clair, non seulement pendant le jour, mais encore daus la nuit, pour peu qu’il entende quelque bruit ; le cri du mâle est chaja,, celui de la femelle chajal ; ils

(1) Chauna, Wlig , Prod. g. 99, p.253. Opistholophus, Vieill. Palamedea, Temm., pl. col.

(2) Gal., texte, t. I, p.155

() Parra chavaria, L., Azara , Apunt,, t. III, 106, Opistholophus fidelis, Vieill., pl. 262. Palamedea chavaria, Temm., pl. 219

DES OISEAUX

se répondent alternativement. On les voit tantôt seuls, tantôt par paires, tantôt en troupes nombreuses. Il n’y a pas de différence entre l’un et l’autre ; ils ne fréquentent que les marécages ; et si quelquefois on les rencontre sur les bords des rivières , c’est dans les endroits où l’eau est basse et peu courante. Ils ne nagent point, mais entrent dans l’eau comme les hérons ; ce n’est pas pour manger les poissons, les grenouilles , etc., car ils ne se nourrissent que des feuilles des plantes aquatiques et de quelques herbes. D'Azara à vu des chajas élevés, dès leur premier âge, dans des habitations champêtres ; ils étoient aussi accoutumés à la domesticité que les poules. On assura au naturaliste espagnol qu’ils mangeoientde petits morceaux de viande crue ; mais il les vit becqueter de l'herbe. Ils se perchent à la cime des plus grands arbres; à terre leur démarche est grave; la ponte, qui a lieu au commencement d'août, produit deux petits, quoique revêtus d’un simple duvet, ils suivent leurs père et mère. Les uns disent que ces oiseaux font uu nid spacieux avec de petites branches, sur les buissons entourés d’eau, et d’autres qu’ils le placent dans les jones au milieu des eaux. Leur ensemble paroït gros et arrondi. Ils ont le cou long, la tête petite et semblable à celle du kamichi, dont ils diffèrent seulement, sous ce rapport, par un bec moins long et par le m.nque de corne au front. Ces deux espèces sont aussi pourvues d’un duvet cotoaneux qui garnit la base des plumes comme dans le cygne; tout le plumage du cou est un peu lâche et tenant de la nature du duvet. La peau du corps est séparée de la chair par un intervalle d’une ligne et demie , rempli par des téguments cellulaires où l’air s’introduit; on trouve cette même

disposition lâche de la peau dans quelques espèces de fous et de cormorans.

» Le chaja a l'aile armée de la même manière que

le kamichi; l'os du fouet se termine en alène, et sur

le bord de la partie extérieure sont deux éperons pointus, très forts, osseux, un peu recourbés en haut et trigones; une touffe de plumes longues et eflilées forme au-dessous de l’occiput une sorte de diadème immobile; la partie supérieure du cou, sur deux pouces de longueur, est revêtue de plumes duvetées ; au-dessous on voit un espace ou collier à peu près nu, d’un blanc rougeâtre , suivi d’un autre collier très pourvu de plumes d’un noir couleur d’ardoise ; le sommet de la tête est cendré de même que les plumes longues implantées à l’occiput; les parties inferieures du cou et toutes celles du dessous du Corps, ainsi que les cuisses, sont d’un cendré couleur de plomb marqué de longues mèches et de bordures plus claires ; le corps et les ailes sont colo rés d’une teinte plombée un peu plus foncée ; la base du tuyau des rémiges est blanche, le reste est noir, ainsi que toutes les pennes alaires et caudales ; la queue est légèrement arrondie, et on voit du blanc sur le poignet des ailes et sur les pennes secondaires ls plus rapprochées da corps; les tarses, les doigts et le haut de la jambe sont de couleur rose ou cendré rougeûtre ; le bec est noir; le tour de l'œil et la cire sont d’un rouge sanguin, et l'iris brun rous-âtre.

» La longueur totale de l'adulte est de trente à trente-deux pouces.

» Cet oiseau vit au Paraguay, sur les deux rives

de la Plata, et au Brésil, dans les quartiers les plus isolés. »

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