SYNDROME GASTRIQUE
Osservarion XX VIII (Inédite) (Professeur Gosset.)
Epiploïte sans adhérences. — Syndrome: gastrique
G... FL, 37 ans.
Entre le 8 juillet 1920 (service du Dr Enriquez), pour dou-
leurs de l’estomac.
Il y a quinze ans, douleurs très aiguës dans la fosse iliaque droite avec vomissements et fièvre.
Huit mois au lit.
Les six mois suivants reprend son travail : quelques douleurs lancinantes dans la fosse iliaque. Les douleurs réapparaissant plus aiguës, l'intervention est décidée.
Appendicectomie sans drainage.
Suites normales, satisfaisantes, sauf quelques douleurs au moment des règles.
- Trois ans après.— Douleurs gastriques, malaises, somnolence, bouffées de chaleur après les repas, surtout le repas de midi. Pesanteur douloureuse persistant une heure après le repas et disparaissant après des renvois fréquents. Régurgitations, rares vomissements alimentaires, jamais d'hématémèses. c
Selles parfois foncées, mais sans moœæléna, semble-t-il. On avait diagnostiqué hyperchlorhydrie, dyspepsie nerveuse : échec des traitements institués.
Il y a trois ans : brûlüres d’estomac périodiques tous les huit ou dix jours. Température 38 degrés La malade doit garder le lit. Nausées et quelques renvois acides, sensation de torsion plutôt que de points douloureux précis. , Constipation légère, Amaigrissement.
Examen. — Assez bon état général. Température normale. Ventre souple. Cicatrice un peu large, pigmentée,
La palpation n’est pas douloureuse, sauf en dedans de la cicatrice, à 5 centimètres environ de l’ombilic. Réflexes normaux.
Examen des autres appareils négatif.
Radioscopie. — Estomac abaissé, hyperkinésie.
Couché. — Points douloureux dans la région iléo-cæcale.
Debout. — Le cæcum remonte,
Points douloureux en dedans du côlon ascendant.
Accolement fixe des deux branches de l’angle sous-hépathique.
Intervention 16 juillet 1920, professeur Gosset. Laparotomie latérale. Résection de l’ancienne cicatrice.
Epiploon épais, malade, non udhérent, on le lie en 8 paquets. Résection. Angle sous-hépatique, pylore, duodénum ; terminaison de l’iléon normal. Vésicule normale, Sort le 31 juillet, ne présente plus de douleurs, Aucune nouvelle depuis.
Ogsenvarion XXIX (Inédite) (Service du professeur Gosset.)
Epiploïte adhérente
Mr. M.., 34 ans.
Appendicectomie antérieure, pour appendicite chronique
Syndrome pylorique.
Quelques mois après douleurs épigastriques tardives, renvois, pyrosis, survenant par crises. Etat nauséeux. Anorexie.
Digestions lentes et pénibles.
Aucune action sédative du traitement médical.
On pose le diagnostie d’éniploïte post-opératoire. Intervention du professeur Gosset.
Cicatrice douloureuse, non vicieuse, mais trop basse. Laparotomie médiane.
Rien à l'estomac, ni à la vésicule, ni au duodénum.
L'épiploon adhère à la face profonde de la cicatrice d’une
façon particulièrement intime.
On résèque cet épiploon épaissi silloné de gros vaisseaux.
On laisse la moitié gauche qui paraît normale. Sort guéri.
Guérison maintenue.
Onsevarion XXX (Inédite) (Professeur Gosset et Dr Lenoir.)
Epiploïte libre. — Adhérence du cæcum à la cicatrice
Mme S.,., 34 ans.
Appendicectomie pour appendicite chronique d'emblée.
Treize mois après douleurs épigastriques rétro-sternales, renvois, pyrosis deux heures après les repas et calmées par l’ingestion alimentaire,
Ces douleurs surviennent pendant six mois puis accalmie de trois semaines sans traitement. On porte le diagnostic de coliques hépatiques et la malade va faire une cure à Vichy. Les douleurs prennent alors un caractère continu, sans soulagement. Un examen radiologique fait poser le diagnostic d’ulcère de l'estomac, malgré l'absence de vomissements; pas d’héma- : témèses.
28 octobre 1921. — Cicatrice douloureuse, points douloureux péri-ombilicaux et épigastriques. ;
Chimisme : après repas d'épreuve, anachlorhydrie et hypopepsie.
Examen radioscopique. — Estomac hypotonique ; les points douloureux, fixes et très intenses sont extérieurs à la région pyloroduodénale, estomac très mobile,
Le diagnostic d'épiploïte et d’adhérences péricæcales est posé.
Intervention, décembre 1921, professeur Gosset.
Laparotomie sous-ombilicale.
Rien à l'estomac.
Rien au pylore, ni au duodénum, ni à la vésicule.
Mais le cæcum est intimement adhérent à la paroi au niveau de la cicatrice d’appendicectomie ; on le libère aux ciseaux et au bistouri, on le péritonise à nouveau.
Epiploon grenu, épaissi, granité ; on le résèque (5 ligatures au catgut).
Lee 139 —
Huit jours après l'intervention une crise douloureuse épigasgastrique très intense, puis amélioration lente, mais progressive avec de temps à autre quelques petits incidents passagers dans la fosse iliaque droite.
Les manifestations gastriques ont disparu,
OBsEervarTion XXXI (Personnelle)
Epiploite pérityphlite. — Syndrome gastrique
ER Francine, 22 ans.
Depuis 1913, appendicite chronique. Douleur dans la fosse iliaque droite survenant par crises, spontanée et provoquée par la palpation au point de Mac Burney. Constipation.
. En même temps, syndrome douloureux épigastrique. Brûlures, tiraillements, douleurs en ceinture sans horaire fixe. L’ingestion des aliments n’amène aucun soulagement ; n’a jamais eu d’hématémèses. Nausées persistantes. Constipation habituelle coupée de crises diarrhéiques. Les douleurs épigastriques surviennent par crises à de très courts intervalles ; de l’endolorissement de la fosse iliaque droite subsiste cependant et la pression au point de Mac Burney provoque une réaction douloureuse de la zone épigastrique. L'influence des règles sur ces crises douloureuses est notée.
% Appendicectomie le 1er juin 1920 :
Les douleurs de la fosse iliaque s’atténuent très sensiblement ;
Les fonctions intestinales se régularisent ;
Sédation des manifestations gastriques.
Quatre mois après, en octobre 1920 : :
Les douleurs de la fosse iliaque se manifestent à nouveau avec plus d'intensité qu'avant l'intervention ; il en est de même pour les troubles gastriques : les crises sont plus aiguës, il y a moins d'intervalle entre elles ; la marche, la station debout prolongées augmentent les douleurs du flanc droit, puis les dou-
leurs épigastriques. La malade se baisse difficilement et souffre
en se relevant.
72) 11 A0) | Ge:
Fra. T (La... Francine)
Le cæcum basculé fond en haut, est fixé par ses adhérences pariétales et épiploïques.
À.— Zone d’adhérences à la face profonde de la cicatrice. I. — Terminaison de l'iléon adhérent aux plans pariétaux. B. — Epiploon (épiploïte chronique).
CG. — Angle colique droit accolé en canon de fusil.
Les repas provoquent des manifestations gastriques douloureuses, puis des douleursirradiées dans la fosse iliaque droite,
Amaigrissement très marqué. Asthénie, perte des
forces.
#1G. 2 (La... Francine) Radiographie du gros iutestin avant l'intervention,
Céphalée violente résistant aux antinervins. Nausées presque continuelles ; langue saburrale. Constipation pendant sept à dix jours. Hyperexcitabilité nerveuse. Cauchemars. Insomnie.
Re
Chimisme gastrique après tubage et repas d'épreuve :
Hyperchlorhydrie H = 1,13, présence d'acide lactique.
Weber négatif dans les selles. -
Analyse du sang : Globules rouges 3.200.000, quelques globules déformés, |
Leucocytose légère 7.300, sans lymphocytose.
Mais éosinophiles : 7 0/o. ve
Examen physique. -- Très belle cicatrice, ferme, blanche, linéaire, de huit centimètres de longueur. Abdomen un peu ballonné. La cicatrice n’est ni douloureuse ni adhérente aux plans profonds. f
A la palpation, pas de points douloureux en dehors d'elle. Par contre, points douloureux très nets en dedans d'elle, entre la cicatrice et la ligne médiane, surtout au niveau de ses 2/3 inférieurs. La douleur provoquée diminue de bas en haut. Irradiations épigastriques, pas de points douloureux à l'angle côlique. |
Mais on note des points douloureux très intenses, épigastriques, avec contracture des droits ; la douleur provoquée s’irradie en arrière vers le rachis.
La fosse iliaque gauche ne présente aucun symptôme anormal.
Examen gynécologique. — Rien à signaler.
Pas de température habituelle,
Radioscopie, — Points douloureux en dedans du côlon ascendant, Cæcum fixé,ne remonte pas dans la position couchée
Epiploïte probable.
Vérifier la région pyloro-duodénale.
Estomac hyperkinésique, points douloureux pylorique.
Radiographie.— Côlon spasmé, il semble qu'il n’y ait plus ni cæcum, hi côlon ascendant.
Intervention.— Nous-même,avec l'autorisation du Prof. Gosset : Laparotomie médiane, sous-ombilicale..
Le cæcum est fixé à la cicatrice et basculé en haut. L’épi-
| Re ploon grenu, épaissi, se ramasse en une plaque épaisse passant entre la face antérieure du côlon ascendant et la face anté- . ,
rieure de l’ampoule cæcale basculée elle fait adhérer intimement
F1&. 3 (La... Francine) Radiographie du gros intestin après l'intervention.
deux organes et plus en dehors adhère lui-même à la paroi abdominale. La dernière anse iléale adhère à la paroi abdomi-
nale sur 12 centimètres environ.
Libération prudente du cæcum etde l’iléon qui ne présentent pas d’altérations pariétales
Libération de l’épiploon que l’on résèque en totalité au ras du côlon transverse en 8 paquets. |
L’angle droit présente des adhérences fixes en canon de fusil qu’on libère,
Le pylore etle duodénum sont normaux.
Fermeture de la paroi sans drainage.
Suites post-opératoires. — Lesfonctions intestinales se rétablissent, Les nausées et les vomissements, la céphalée mettent plus de temps à s'améliorer.
La malade quittela Salpétrière un mois après l'intervention, très améliorée.
La malade a été revue le 13 juin 1922. Très bon état général, a gagné quatre kilos. Les douleurs spontanées et provoquées ont disparu. Abdomen souple ; Les fonctions intestinales se rétablissent lentement, de temps à autre quelques périodes de constipation cédant facilement aux laxatifs. La céphalée, les
migraines sont très améliorées.
Osservarion XXXII (Inédite) (Professeur Gosset)
Epiploïte adhérente à paroi abdominale et au cCæcum. Syndrome gastrique
Kl..., 16 ans.
À 11 ans souffrait de brülure d’estomac, avec vomissements après les repas. Are
Puis manifestations gastriques plus franches bientôt suivies de douleurs vives, spontanées et provoquées dans la fosse iliaque droite.
Appendicectomie à froid le 20 juillet 1918 par incision sous-ombilicale médiane.
Suites.-— Les douleurs abdominales ont disparu ; les troubles dyspeptiques ont persisté; douleurs intermittentes deux ou trois heures après les repas. Rares vomissements aqueux.
Clapotage à jeun à plusieurs reprises le lendemain d’un repas de carottes et de pruneaux, Au tubage, pas de débris de ces aliments, mais 80 cmc. de liquide :
avec présence d'acides de fermentation.
Tubage après repas d’épreuve: volume 195 :
Acides de fermentation
Weber dans les selles. Négatif.
Cicatrice ombilicale douloureuse — points douloureux en dedans d'elle — points douloureux épigastriques.
Radioscopie : estomac normal, évacuant bien. Sept heures après le repas, le bismuth est dans le grêle.
26 mars r9t19.— Intervention du professeur Gosset: laparotomie. On résèque la cicatrice chéloïdienne, élargie et douloureuse. Tout l'épiploon adhère au péritoine pariétal, Le cæcum que l'on attire au dehors présente une adhérence filiforme qui le rattache à l’épiploon. On résèque cette adhérence et on constale un peu d'aflaissement du cæcum au niveau de son fond.
Esiomac normal.
Résection de l'épiploon, enflammé, augmenté de poids, doublé de volume, après ligature en 5 paquets.
Sortiele 12 avril. Guérison maintenue.
P. Flandrin 10
Onservarion XXXIII (Inédite) (Docteur Gosset.)
Epiploïte adhérente. Périviscérite iléale-
M.:K:.,25an8:
Appendicectomie pour appendicite chronique en 1920. Le début des accidents remontait à 1916 ; il s'agissait d'une forme dyspeptique d’appendicite chronique.
L'intervention amène une amélioration assez netle, mais trois mois après les troubles douloureux et fonctionnels se manifestent à nouveau. Il s’agit de douleurs spontanées épigastriques, de brûlures calmées par les prises alimentaires et l’ingestion d’alcalins, des vomissements irréguliers sans hématémèses ; on ne note pas dans l’histoire de ce malade la présence de moœælena. :
Ces douleurs qui se manifestaient par crises ont tendance à devenir continues. En janvier 1921, une crise plus violente que les autres, avec douleurs maxima dans la fosse iliaque droite fait transporter d'urgence le malade à l’Hôtel-Dieu ; on aurait pu croire à une crise d’appendicite aiguë si l’on n'avait pas constaté la présence d’une cicatrice iliaque d'appendicectomie.
Bon état général, pas d’amaigrissernent notable.
À l'examen, cicatrice normale mais douloureuse à la pression, points douloureux épigastriques très nets.
Examen radioscopique. — Evacuation gastrique rapide avec hyperpéristaltisme, douleurs à la pression au niveau de la petite courbure. Le duodénum est visible par intermittence. Le cæcum reste fixé, mais l'angle côlique se désunit complètement lorsque le malade passe de la position verticale au décubitus horizontal.
Examen hématologique. — Globules rouges 3.700.000 ; globules blancs 5.600 ; polynucléaires 40 0/0. Eosinophiles : 2 0/0.
Grands mononucléaires : 7 o/o; moyens et petits : 20 oo, formes de transition : 30 0/0.
Intervention en mars 1922 : professeur Gosset.
On incise au niveau de la cicatrice, on trouve l’épiploon adhérent à la partie supérieure de l’incision ; on le libère et on l’amène au dehors, on constate qu'avec lui sort une anse grêle au niveau de la terminaison de l’iléon; cette anse grêle adhère intimement à l’épiploon ; on en résèque toute la partie malade en le liant en trois paquets ; puis on va contrôler l’état de la terminaison de l’iléon et du cæcum ; la terminaison de l’iléon présente une coudure inflammatoire très nette, par mésentérite rétractile. Libération des adhérences et libération du cæcum qui est légèrement fixé au péritoine pariétal. Pylore, duodénum vésicule, sont normaux.
Deux mois après l'intervention la disparition des troubles
gastriques se maintenait.
Ogservarion XXXIV (Inédite)
(Professeur Gosset.)
Epiploite adhérente. Moignon non enfoncé. Syndrome gastrique
M... Marcelle, 26 ans.
Opérée d’appendicite en février 1918.
Souffrait depuis 1916 d’une douleur sourde de la fosse iliaque droite, avec exacerbations revenant par crises.
Nausées, vomissements au moment des crises alimentaires, puis bilieux, de saveur très acide, accompagnés de brûlures épigastriques.
En 1918, les signes douloureux de la fosse iliaque droite s’accentuent ; une crise plus nette pose le diagnostic d’appen-
dicite, et on intervient,
ire ss
Des accidents ont marqué la convalescence : un mois après
l'intervention, abcès à répétition au niveau de la cicatrice.
F1G. 4 (M... Marcelle)
Me. — Méso de’nouvelle formation. # Mo. — Moignon appendiculaire . | E. — Épiploon atteint d'épiploite chronique adhérente.