OBSERVATION II
In thèse de Bories
Oreillons. — Congestion pulmonaire
M. L..., garçon de 8 ans, est atteint des oreillons du côté gauche, le 2 août ; peu ou pas de fièvre, céphalalgie, anorexie, état saburral de la langue, vomissements.
L'affection se montre bénigne : au bout de quelques jours le côté droit est pris, mais faiblement ; les symptômes du début n'ont pas persisté ; l'enfant ne garde'pas le lit, mais nous lui faisons rigoureusement garder sa chambre.
Le 6 août, la déglutition est un peu pémble ; l'examen de la gorge fait constater de la rougeur du pharynx et un peu d’angine catarrhale du côté droit ; les yeux sont larmoyants. L'enfant tousse, et à l’auscultation, nous notons des râles de congeslion aux deux bases, mais sans fièvre : température el pouls n'offrant rien de particulier, pas de frissons antérieurs, pas de douleurs ,pas de gêne respiratoire, toux insignifiante. Au bout de 3 à 4 jours, tous ces symptômes se sont amendés, la gorge va bien, la région parotidienne n’est plus engorgée, les conjonctives ne sont plus enflammées, la congestion des bases seule persiste mais n’augmente pas ; la toux est plus fréquente, mais elle est plus grasse, les crachats sont épais et l’expectoration se fait sans fatigue.
Nous revoyons l'enfant quelques. jours après, la guérison élait complète.
OBSERVATION III (Résumée)
In thèse de Bories
P.. A. âgée de six ans, est atteinte des oreillons le 20 juillet.
L'affection débute par de la courbature, des vomissements, de l’adynamie et la fluxion s'étend aux glandes parotidiennes, sous-maxillaires et sub-linguales. |
L'enfant était entrée en convalescence, lorsque le 29 la température atteint 39°2 et une légère dyspnée apparait.
A l'auscultation, on trouve un foyer de râles crépitants fins à la partie postérieure du poumon gauche, au niveau de l’aisselle ; l'oppression augmente et l’expectoration est légèrement sanguinolente.
Le 31, un souffle rude a remplacé les râle crépitants ; l'état général reste bon. Température, 39°2. Pouls, 110.
Le 1% août, congestion peu accusée aux bases, râles disséminés. Cet état reste stationnaire Jusqu'au 5 août, époque à laquelle l'enfant entre en convalescence. La guérison fut rapide.
OBSERVATION IV (Résumée)
In thèse Bories
Un petit garçon de 7 ans, le jeune J... A..…, contracte les oreillons du 22 au 24 juillet.
La maladie débute par des symptômes généraux graves, avec céphalalgie, vomissements. Température élevée ; les pa-
ETC A rotides sont cependant modérément gonflées, peu douloureuses et le malade se plaint surtout de douleurs localisées aux grandes articulations des membres inférieurs et aux testicules.
Le 26, une amélioration se produit et le malade semble entrer en convalescence, lorsque le 30 au matin, le malade se plaint tout à coup d’une douleur vive intercostale postérieure, mais sans frissons. L’auscultation donne les résultats suivanis :
Submatilé et râles crépitants fins à la partie postérieure du poumon droit ; l’état général ne s’est pas aggravé mais la température est remontée à 39°4 et le pouls à 110.
Le 3 août, la température redescend à 37°9 ; aux râles crépitants succèdent de gros ràles muqueux, la toux devient grasse, l'expectoration abondante, l'oppression insignifiante et en peu de jours l'enfant guérit très bien.
OBSERVATION V (Résumée)
M. Comby. — Soc. méd. des hôp. de Paris
D. Et..., 29 ans, entré le 11 avril 1893 à l'hôpital Tenon.
Le 8 avril, cet homme avait été pris de tremblement, frissons el il a remarqué que son testicule droit était enflé, rouge, douloureux :; le lendemain, les régions parotidiennes sont gonflées et douloureuses. Un médecin est appelé et conseille le transfert à l'hôpital. À ce moment, l’état semblait très grave, le malade avait une dyspnée très forte, il toussait et finalement il rendit, au milieu des efforts de toux, une grande quantité de sang, un verre environ. Cette hémoptysie ne se renouvela pas et l'oppression diminua. L'examen du poumon
ENT fait avec le plus grand soin à été absolument négatif ; les sommets sont indemnes et la poitrine ne présente aucun râle, aucun bruit anormal, aucune modification de la respiration. Il semble bien que cette hémoptysie a été l'effet d’une congesion pulmonaire soudaine et fugace ayant coïncidé avec le délire, l'hyperthermie et la localisation testiculaire.
L'auteur ajoute les réflexions suivantes qui viennent à l’appui de notre thèse : - ; |
Notre malade qui n’est pas tuberculeux, qui n'a jamais toussé, qui ne présente aucun signe de bacillose pulmonaire, a eu à la période d’acmé de sa maladie, au moment où il était en proie à de la fièvre, au délire, à l'oppression, une hémoptysie considérable. Je ne puis m'empêcher de voir dans cette complication très rare, qu'aucun auteur, à ma connaissance, n'a signalée, une manifestation ourlienne. Désormais la congestion pulmonaire, avec ou sans hémoptysie, doit figurer parmi les localisations, les complications déjà si nombreuses, de l'infection ourlienne.
OBsERvATION VI (Résumée)
Merklen. — Soc. méd. des hôp. de Paris, 1893
J.... P... agé de 35 ans, était pris d'oreillons graves avec orchite unilatérale. Alors que cette compliéation paraissait à son déclin, il se plaignit subitement d'une douleur atroce dans le côté gauche de la poitrine, douleur accompagnée de dyspnée, d’orthopnée et sueurs froides : la fièvre étaii insignifiante, l'expectoration de la poitrine ne révélait rien. On s’était arrêté au diagnostic de névralgie diaphragmatique, lorsque le lendemain il rendit des crachats noirs sanguinolents, absolument caractéristiques de l’apoplexie pulmonaire, et
“pie ds l'examen de la poitrine confirmait ce diagnostic. Il existait, en effet, à la base du poumon gauche, une petite zone de malié avec souffle tubaire. À partir de ce moment, le malade élait soulagé et cette complicalion pulmonaire exceptionnelle suivit son cours régulier pour se terminer favorablement en
une dizaine de jours.
RÉFLEXIONS
La congestion pulmonaire est une complication que nous n'avons observée qu'une seule fois dans son type clinique nettement caractérisé el dans une épidémie qui ne comptait pas moins de deux cents malades. Les formes plus légères et plus bénignes, à cause de leur symptomatologie fruste peuvent passer inapercues, el c'est peut-être ce qui explique cette rareté toute relative, croyons-nous, en ce sens qu'on ne la recherche pas assez. C'est une complication tardive, el, d'ailleurs, c’est là un caractère commun à presque toutes les complications respiratoires, qui est de survenir au mo-. ment de la résolution des ourles, c’est-à-dire du sixième au huitième jour de la maladie ou même en pleine convalescence. |
Les formes anatomique et clinique de ces congestions sont très variables. Tantôt c'est une complication rapide durant deux ou trois jours à peine et qu'il faut noter au passage (observation Il). Le malade n'a pas de température, n’accuse aucune douleur, c'est la congestion la plus simple qui, au point de vue anatomique, doit se caractériser par de la fluxion pulmonaire avec dilatation des vaisseaux.
Mais dans d’autres cas, Ia congestion est plus violente et la symptomaltologie fait pressentir. des altérations pulmeonaires plus profondes que dans le cas précédent. Le. point
PEL UE) de côté existe très nettement, des foyers de râles crépitants d'abord, remplacés ensuite par un souffle rude, font songer à des foyers de splénisation pulmonaire avec un léger œdème (observation 111). Cependant l’évolution est rapide et la guérison de règle.
Il est enfin une forme très intéressante de ces congestione, ce sont les congestions avec hémoptysie dont le type se trouve dans les observations de Comby et Merklen. Tantôt ce sont de simples stries de sang que l’on retrouve dans les crachats (obs. VI) : tantôt, au contraire, ce sont de véritables hémoptysies abondantes (obs. V) qui accompagnent l’expectoration. Devons-nous rattacher ces formes de congestions avec hémorragie pulmonaire à la maladie ourlienne ? Avonsnous affaire ici à des hémoptysies par altération sanguine, comme on les observe fréquemment au cours des maladies infectieuses telles que la dothiénentérie, la variole, la grippe, la rougeole... La nature infectieuse des oreillons étant reconnue, on pourrait, semble-t-il, admettre que la fièvre ourlienne puisse provoquer ces altérations. Il ne faut cependant pas se hâter de conclure et on peut se demander si ces hémoptysies ne doivent pas être rattachées à tout autre chose qu'à la congestion, si elles ne seraient pas d'origine bacillaire. Toutefois, dans les cas où cette hémoptysie est fugace, soudaine, survenant au cours d'une congestion rapide, sans coïncidence de lésions du sommet, on ne peut hésiter, 1l s’agit bien, dans ce cas, d'une congestion avec hémoptysie compliquant la fièvre ourlienne.
Le pronostic de toutes ces formes est en général bénin e! d'ordinaire ces congestions disparaissent sans laisser de tra-
ces.