CHAPITRE PREMIER
Congestions passives et infections secondaires du poumon chez les cardiaques
Les accidents pulmonaires occupent souvent une place de premier plan chez les cardiaques; en particulier chez les sujets porteurs d’une lésion mitrale : ils confèrent un cachet clinique spécial au syndrome asystolique.
Au début, il ne s’agit souvent que de bronchites banales, tronculaires, avec expectoration muqueuse ou muco-purulente, peu abondante.
À l’auscultation on perçoit des sibilances et des râles ronflants. Puis, des signes de congestion des bases apparaissent, que caractérisent la diminution du murmure vésiculaire, une respiration soufflante, des râles sous-crépitants moyens ou fins. La percussion révèle de la submatité, les vibrations sont souvent diminuées du fait de réactions pleurales.
Les signes physiques s’accompagnent d’une expectoration séro-muqueuse et parfois, de petites hémoptysies, sous forme de crachats rouillés ou noirâtres.
Ces divers accidents pleuro-pulmonaires s’accompagent presque toujours d’une élévation thermique à 380, 3805, et lorsqu'ils prédominent, il n’est pas rare que «le médecin ne voie que le catarrhe et les bronchites à répétition et ne traite que ces symptômes, quelquefois intempestivement, jusqu’au jour où auscultant le cœur avec un peu plus d'attention, il découvre, à sa grande surprise, un souffle mitral de la pointe » (G. André). Ce dernier passe d'autant mieux inaperçu qu'une forte dilatation des cavités droites rejette la pointe du cœur très loin dans l’aisselle.
Au point de vue thérapeutique, les accidents pulmonaires infectieux des mitraux ont une importance considérable. Si on ne leur oppose pas immédiatement un traitement énergique, ils finissent par entraîner un processus de bronchite chronique et de sclérose pulmonaire, qui viennent accroître encore le travail du cœur. Ils diminuent plus ou moins le champ de l’hématose et augmentent la fatigue du muscle cardiaque.