A) ŒDÈME AIGU DU POUMON
L'œdème aigu du poumon constitue l’une des principales et plus redoutables complications de l’insuffisance ventriculaire gauche. Cet accident, dû à la brusque défaillance du cœur gauche, réalise un cas typique d'urgence, où l'intervention rapide du médecin peut amener «la cessation immédiate des symptomes morbides et, dans certains cas, rendre la vie à un malade déjà moribond » (Louis Ramond). A ce point de vue, aucune affection n'offre à la thérapeutique, l’occasion d’un plus beau triomphe, suivant l’expression de Vaquez, que l’œdème aigu du poumon. En effet, cette affection brutale et grave peut être enrayée dans son évolution par une médication appropriée et rapidement instituée, dont la saignée abondante (400 ou 500 grs) et l’ouabaïne en injection veineuse forment la base.
Lorsque l’intervention médicale est faite avant la phase bronchoplégique, que le muscle cardiaque n’est pas trop gravement lésé, la guérison de l’œdème aigu survient rapidement. La dyspnée cesse, l’expectoration mousseuse tarit, le poumon se désencombre presque aussi vite qu'il s'était encombré.
Parfois cependant, et ce sont là les cas qui nous intéressent, dans les jours qui suivent l’accident, la température s'élève progressivement à 380, 3805. A l'examen physique on constate la disparition de l'hypersonorité pulmonaire souvent observée au moment de l’inondation alvéolaire par le sérum sanguin et, à l’auscultation on remarque la persistance de râles fins, auxquels viennent s'ajouter des ronchus et des sibilances. Le malade crache, l’expectoration muqueuse devient muco-purulente. L’infection secondaire du poumon est réalisée.
Ce n’est pas ici la place de discuter les causes déterminantes de l’œdème aigu. On sait le rôle pathogénique primordial attribué à la soudaine défaillance du cœur gauche.
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Il s’agit de phénomènes strictement mécaniques; sous l’action du traitement le flux œdémateux non infecté se résorbe. I n’en est plus de même lorsqu'il existe un état infectieux des grosses bronches, des réactions inflammatoires se développent dans les bronches et les alvéoles pulmonaires.