‹ Complications Pulmonaires Septiques Des Cardiaques: Leur Traitement Par L’Argent Colloïdal ÉlectriqueChapitre 19 sur 23 · DS · texte numérisé non relu

DS

Il est très utile de joindre aux médications antiinfectieuses pulmonaires le traitement tonicardiaque. Dans bien des cas douteux, l’heureux effet du traitement tonicardiaque viendra apporter la signature de la fatigue du cœur droit.

Il est indispensable de dépister une insuffisance droite commençante : lorsque celle-ci est déclarée il est très difficile de vaindre cette asystolie. Cette insuffisance droite «à cœur régulier » a une évolution rapide et fatale. On la reconnaît à l'importance des phénomènes de stase, à l’intensité de la cyanose et de la dyspnée, et parfois à l’existence d’un bruit de galop droit ou d’un souffle d'insuffisance tricuspidienne.

Ainsi dans les nombreuses affections pulmonaires chroniques il est intéressant d’agir au stade purement pulmonaire de l'affection. Le traitement sera double.

On devra instituer un traitement tonicardiaque à la moindre suspicion d'insuffisance du cœur droit.

En second lieu, on luttera contre les poussées infectieuses (bronchites à répétitions, foyers pulmonaires, bronchopneumoniques) et mieux on préviendra leur retour. C’est dans ce sens que l’Electrargol (argent colloïdal) nous a rendu de précieux services. Nous l'avons pratiqué, après avoir redonné au cœur droit son énergie. Ce médicament stimule les réactions de l’organisme, produit une leucocytose, et dans de nombreux cas, nous a donné des améliorations pulmonaires et broncho-pulmonaires intéressantes.

OBSERVATION IX. — Le C..…. Yves, 33 ans.

Entre à l'hôpital pour des crises asthmatiformes, survenant principalement la nuit, pour un essoufflement apparaissant au moindre effort, ayant obligé le malade à interrompre tout travail.

Rien dans les antécédents familiaux. Par contre les accidents personnels sont assez chargés.

Grippe en 1918, avec manifestations pleuro-pulmonaires. Le malade ne s’en est jamais complètement remis. Au régiment, bronchite aiguë. Il est bientôt réformé pour bronchite et emphysème.

En 1926, glycosurie, qui a cédé rapidement au régime. (Il semble qu’il s'agisse là d’un épiphénomène, transitoire) sans rapport avec l’histoire pulmonaire.

On se trouve en présence d’un malade dyspnéique, atteint d’une cyanose légère de la face et des extrémités. Toux marquée, surtout la nuit. Le matin expectoration muco-purulente abondante, non bacillifère.

A l'examen des poumons : hypersonorité, vibrations normales. Véritable bruit de pigeonnier : ronflants et sibilants se mêlent à des sous-crépitants assez fins, dans l'étendue des deux champs pulmonaires.

RUE te

L'examen du cœur ne donne que peu d'indications : pas de souffle orificiel. Quelques rares arythmies extrasystoliques. La tension est 14/9.

L’Electrocardiogramme seul vient montrer la prédominance droite en D..

Les autres viscères paraissent normaux.

Pas de signes de syphilis. BW négatif.

La température est à 3802, 3806 (à deux ou trois reprises elle a dépassé 390).

Traitement. — Cure de Digilanide ( Digitalis lanata) faite par voie veineuse suivie de huit injections intraveineuses d’Électrargol à doses progressivement croissantes.

Dès la quatrième ou cinquième injection, la température est redevenue normale, l’expectoration notablement diminuée, la dyspnée est moindre, les signes pulmonaires ont disparu.

Deuxième cure tonicardiaque. Une amélioration sérieuse au point de vue de la cyanose et de la dyspnée.

Le malade quitte l’hôpital en bon état.

Le malade, dont nous rapportons l’observation ci-contre, particulièrement démonstrative, est asthmatique, emphysémateux, ce malade a présenté passagèrement un petit souffle d'insuffisance tricuspidienne fonctionnelle, qui, sous l'influence du traitement conjugué : tonicardiaque et antiinfectieux, a disparu et n’a point reparu depuis plusieurs mois, tandis que l’état pulmonaire s’est considérablement amélioré.

OBSERVATION X. — M. P... Charles, âgé de 74 ans.

Entre dans le service le 6 septembre 1932 avec un accident pulmonaire (toux, expectoration, réaction fébrile) s’accompagnant d’une dyspnée quasi permanente s’exagérant en crises, avec cyanose mais pas de gros foie, pas d’œdème des jambes.

Antécédents. — De parents sains, morts tous deux âgés (mère morte asthmatique), pas de collatéral.

Pour la première fois à 17 ou 18 ans aurait présenté deux hémoptysies qui n’eurent pas de suite et semblent rester là un accident isolé. Depuis cette date aucune affection grave. Seulement depuis une dizaine d’années, à la suite de bronchites répétées, le malade a commencé à présenter des crises d’asthmes plus ou moins typiques.

L'examen de ce malade montre :

Au niveau de l’appareil pulmonaire :

Nombreux râles sibilants dans l’étendue des deux champs pulmonaires, aux deux bases, d’ailleurs submates à la percussion, présence de râles humides.

Au point de vue fonctionnel : toux quinteuse, plus intense le matin, expectoration grisâtre, muco-purulente.

Au cœur :

L’auscultation permet d'entendre de nombreuses arythmies extrasystoliques, tantôt groupées en salves, tantôt sporadiques.

Le deuxième bruit pulmonaire est claqué. Il semble même qu'il y ait précession pulmonaire.

D ee

A ce moment pas de souffle orificiel.

La T. A. est assez élevée : 21, minima difficile à préciser au voisinage de 12 ou 13 (au Vaquez).

Appareil digestif : constipation opiniâtre.

Foie normal, indolore.

Appareil urinaire : ni sucre, ni albumine dans les urines.

Urée sanguine : 0,57.

Système nerveux paraît normal, les réflexes tendineux sont normaux, les pupilles régulières réagissent correctement au réflexe lumineux.

Aucun signe de spécificité, tant acquise qu’héréditaire.

Le BW pratiqué à deux reprises s’est montré négatif.

Devant ce tableau clinique : avant tout pulmonaire avec cependant une note cardiaque très nette, on pratique une saignée de 200 cc. suivie de trois cures tonicardiaques. Entre les cures on injecte au malade des doses croissantes d’Electrargol.

Après trois cures d’Ouabaïne et douze injections d’Electrargol les phénomènes pulmonaires ont considérablement diminué. Disparition des crises d’asthme, température normale. Persistance qe toux matinale avec une expectoration peu importante blanchâtre.

Le malade sort de l’hôpital.

Nous devions avoir l’occasion de le revoir le 25 mai 1933. Nouvel accident pulmonaire.

Mais au cœur, à côté des troubles du rythme nous percevons, au foyer xyphoïdien un petit souffle systolique, percu très en foyer, sans propagation. Œdèmes des membres inférieurs, gros foie.

Nous avons mis ce malade au Digilanide intraveineux et, entre les crises, nous avons recommencé l’Electrargol.

Le 31 mai, nous avions la satifsaction de voir disparaître le petit souffle systolique d’insuffisance tricuspidienne et quelques jours plus tard, sous l'influence de l’Electrargol les phénomènes pulmonaires d’origine infectieuse avaient disparu.

Page 1