CHAPITRE V
Contre-indication. — La Thrombose cardiaque
La coagulation du sang intracardiaque, pendant la vie, se produit à la faveur de processus infectieux endocarditiques. Le ralentissement du cours du sang la favorise.
Ces processus endocarditiques sont à évolution lente, et dus à l’intervention des microbes tels que le streptocoque, le staphylocoque, le pneumocoque. Une certaine confusion règne encore dans les esprits à ce sujet.
M. Lutembacher, qui a consacré de nombreux travaux à l’étude de la thrombose cardiaque, remarque qu’il ne faut pas confondre dans son étiologie ce qui appartient d’une part au rhumatisme, d'autre part à l'infection secondaire.
«Il importe de distinguer, dit-il, les lésions de l’endocardite plastique due au virus rhumatismal (celle-ci n’est jamais ni thrombosante, ni embolisante), des complications dues à l'agression secondaire d’un germe septique banal tel que le streptocoque : dans ce dernier cas, le virus rhumatismal n’est intervenu que pour créer la lésion première favorable au développement de la seconde, il n’est pas directement responsable de la thrombose cardiaque et des embolies consécutives. »
L’infection secondaire « atteint la paroi même des cavités par la voie des vaisseaux artériels ou veineux du myocarde » (Lutembacher), elle est directement responsable du processus de thrombose intracardiaque.
Il en est de même au cours des endocardites malignes secondaires qui se développent sur des lésions syphilitiques du cœur ou des malformations congénitales.
Dans tous les cas le rôle des germes septiques banaux est prépondérant. Il semblerait donc légitime de soigner cette redoutable complication des cardiopathies à l’aide des méthodes antiinfectieuses habituelles. Les métaux colloïdaux par voie veineuse furent les premiers utilisés. Leur emploi devait conduire à un échec, aussi bien d’ail-