‹ Complications Pulmonaires Septiques Des Cardiaques: Leur Traitement Par L’Argent Colloïdal ÉlectriqueChapitre 8 sur 23 · PRINT · texte numérisé non relu

PRINT

gauche s'établit plus insidieusement comme en témoigne une observation de M. Lutembacher que nous rapportons plus loin, l’æœdème pulmonaire se développe sans grande crise aiguë, l'infection secondaire avec la broncho-alvéolite qui en résulte, masque les accidents cardiaques au point que le malade est considéré comme atteint d’affection pulmonaire, il est même suspecté de tuberculose et cependant le jour où l'insuffisance cardiaque est mise en évidence et accusée de tous les accidents : les injections d'ouabaïne font aussitôt disparaître une dyspnée insolite; secondairement, l'argent colloïdal intraveineux modifie les réactions bronchiques, l’état pulmonaire redevient parfaitement normal.

Les mêmes faits s’observent dans les œdèmes subaigus des cardio-rénaux, au cours desquels le facteur rénal joue un rôle important dans la genèse de l’œdème pulmonaire.

Il est enfin une dernière catégorie d’insuffisants cardiaques, pour lesquels les lésions pulmonaires sont les premières en date, par suite de la sclérose pulmonaire et de l’emphysème qui portent obstacle à la petite circulation pulmonaire. Le cœur droit se dilate et cède plus ou moins tardivement. Très souvent il s’agit de tuberculose à forme scléreuse, plus rarement de spécificité bronchique; parfois aussi de bronchites banales à répétition. Dans ce dernier cas les injections intraveineuses d’argent colloïdal modifient heureusement l’état inflammatoire du poumon, et aident par le fait même au traitement de l'insuffisance du cœur droit.

Il en est de même pour certains asthmatiques à la période de bronchite; mais pour cette dernière catégorie de malades les résultats thérapeutiques sont des plus variables et les succès obtenus avec certains ne le sont pas avec d’autres.

En résumé : de nombreux états infectieux chez les cardiaques, localisés au niveau du poumon, favorisés par l'état de stase ou d’œdème pulmonaire sont justiciables d'un traitement intraveineux par l'argent colloïdal électrique. Celui-ci est sans danger à la condition d'utiliser de très faibles doses, de 1/4 à 1/2 centimètre cube d’Electrargol, doses qui sont progressivement augmentées à 1 centimètre cube, et parfois à 2 centimètres cube lorsque la tolérance le permet.

En effet de nombreux auteurs mettent en garde contre

DARTÉS

les dangers de la colloïdothérapie faite par voie veineuse. Chez les malades fatigués et plus particulièrement chez les cardiaques. Ces préventions sont légitimes lorsqu'il s’agit des fortes doses, habituellement utilisées dans les grandes infections.

La technique des faibles doses progressives est utilisée depuis de longues années dans le service de M. Lutembacher sans que l’on ait eu à déplorer pour cela de fâcheux incidents, à la condition toutefois que les injections soient faites à distance des repas et après un traitement tonicardiaque suffisant pour rétablir, au moins provisoirement, l'équilibre circulatoire.

Ces injections n’agissent pas sans doute comme agent antifectieux direct. Cependant certains auteurs, reconnaissent à tous les sels d'argent un pouvoir microbicide direct, que les composés argentiques tiendraient de leur pouvoir photochimique.

Il est plus probable qu’à l’état colloïdal électrique l’argent provoque de la leucolyse, libère des ferments leucocytiques et hâte ainsi la destruction microbienne. Ces injections semblent plus particulièrement efficaces dans les infections torpides.

Page 1