LES RÉSULTATS SUIVANT LA TOPOGRAPHIE DES LÉSIONS
Il n’est pas possible de tirer des chiffres de cette étude des conclusions trop péremptoires sur l'efficacité du pneumothorax extrapleural suivant la topographie lésionnelle. Il n'y a en effet que 16 cas de lésions du lobe inférieur vis-à-vis de 130 du lobe supérieur. D'autre part parmi les cavernes lobaires inférieures, il ne se rencontre pas de cavernes des segments basaux pour lesquelles l'indication de l’extrapleural est actuellement discutée. Ce que l’on peut dire c’est que vis-à-vis des lésions de Fowler les résultats ont été satisfaisants puisqu'il n’existe qu’un résultat incomplet pour 16 cas présentés et encore concernait-il une grande caverne de plus de 3 cm. de diamètre.
2°) LES RÉSULTATS SUIVANT LES LÉSIONS ANATOMIQUES EN CAUSE Nous pensons qu'il est possible de réduire au minimum les considérations concernant les indications comparées de l’extrapleural. Les trois chapitres principaux, infiltrats diffus, infiltrats excavés, cavités petites et moyennes, ont donné sensiblement, en effet, les mêmes résultats.
a) Les Infiltrats diffus. Nous avons compris dans ce chapitre les infiltrats nodulaires débordant la plupart du temps les limites du lobe supérieur et qui n’affectent pas de topographie précise. La tomographie, dans tous les cas montrait à côté des nodules une ou plusieurs petites excavations. Il est à remarquer que le pourcentage de ces formes nodulaires diffuses était infiniment plus important à cette époque qu’il ne l’est maintenant. Dans cette catégorie nous avons rangé également deux observations qui affectaient une allure pneumonique subaigüe et qui ont donné toutes deux d'excellents résultats.
b). — Les Infiltrats excavés. Ils répondent à la définition qu’en a donné M. Dufour. Ils représentent à eux seuls un tiers des cas de la série. Avant l’ère des antibiotiques surtout, il s’agissait là d’une indication typique de l’extrapleural. Ces infiltrats excavés comportent 3 résultats incomplets dont au moins 2 sont à mettre sur le compte de lésions bronchiques.
c). — Les Cavités petites et moyennes. Elles forment la rubrique où les résultats ont été les meilleurs puisqu'il n’y a eu que 2 résultats incomplets et qu’il n’y a pas eu de complications à l'entretien de l’extrapleural. I1 s’agit, là encore, d’une indication toujours valable de l’extrapleural et nous devons souligner très fermement l'excellence de ces résultats. J1 ne faut pas oublier que vis-à-vis de lésions du même type la thoracoplastie donnait 20 à 30% de cavités résiduelles
avec une mutilation fonctionnelle beaucoup plus importante. La caverne simple, de petite ou moyenne dimension, du lobe supérieur, lorsqu'il n'existe pas de participation bronchique reste, malgré tous les progrès de l'exérèse, une indication de l’extrapleural qui n'a trahi aucun des espoirs qu’on avait mis en lui. Elle justifie la préférence et le pas qu'on a donné dans ce cas à l’extrapleural sur les autres méthodes de collapsothérapie chirurgicale.
d). — Les Grandes Cavernes. — Pour 21 grandes cavernes il y a eu 3 résultats collapsothérapiques incomplets, 1 perforation et 3 pleurésies purulentes graves. Encore faut-il souligner que ces cas de grosses cavités auxquelles on a appliqué l'extrapleural ont été prudemment classés. A côté de succès spectaculaires il existe donc des risques graves qui méritent d’être pesés lorsqu'on met en balance les méthodes radicales et la collapsothérapie dans le traitement de telles lésions.
e). — Il resterait enfin un chapitre extrêmement intéressant à composer sur le comportement des lésions bronchiques associées aux lésions parenchymateuses collabées par l’extrapleural. Malheureusement, les dossiers initiaux ne sont pas toujours assez précis pour nous permettre des conclusions basées sur des chiffres. Nous pouvons cependant affirmer deux choses :
a. — Comme les autres formes de collapsus, le pneumothorax extrapleural expose une bronche dont la paroi cartilagineuse est affaiblie ou détruite par la tuberculose, à la sténose. Il y a dans cette série au moins deux sténoses cicatricielles de la bronche souche qui, bien qu'incomplètes, laissent peser une menace sur l’avenir des lobes insuffisamment ventilés qui en dépendent. Quant aux sténoses lobaires supérieures il en existe certainement aussi. Plus difficiles à expertiser, moins riches de symptômes, elles provoquent néanmoins une certaine inquiétude sur l'avenir de ces lôbes carnifiés, pourvus de dilatations bronchiques aux exutoires rétrécis.
b. — Il existe indiscutablement des résultats incomplets provoqués par ce complexe bronchopulmonaire. Il est difficile de définir ce qui revient soit au parenchyme soit aux dilatations bronchiques. Ces moignons exigus où la tomographie dessine des nids d’abeilles existent sous le collapsus de l’extrapleural comme ils existent sous le collapsus de la thoracoplastie. Inextensibles, irrécupérables, ils ont surtout le tort d’être souvent la cause d’expectorations bacillifères prolongées et de réinfections endogènes qui mettent en danger l’autre côté.