‹ Composition musicale et composition littéraire a propos du chant grégorienChapitre 26 sur 67 · N° ;7 I II III · texte numérisé non relu

N° ;7 I II III

+-nJ-T * i J +=t=tt~-*-TE^

Lequel des quatre cursus a donné sa forme rythmique au mélos du Te Deum ? — Les cadences crétiques, cela ne paraît pas douteux, prennent le rythme qui leur est propre — La mélodie secondaire semble appartenir au cursus spondaïque ; la cadence molosse tonique peut s'y adapter sans difficulté — - Quant aux deux mélodies principales, le plus rationnel n'est-il pas de les rythmer conformément à leurs cadences ? La cadence molosse et la cadence crétique ont beaucoup de ressemblance l'une

avec l'autre, et à elles deux elles comprennent la grande majorité des finales de versets. La cadence dichoraïque beaucoup moins fréquente sera un élément de variété dans les terminaisons mélodiques, sans discordance ni dériguration de la mélodie.

Voici donc, d'après cela, comment doivent être rythmées toutes les cadences terminales du Te Deurn :

N° 38 i° Cursus spondaïque

ito=£==i=£^

mm

3EEÏ

2° Cursus molo<se

- tutirv

i ; ti\-*^

yj ; 1 ;■ ; fMFf^y^i

nuvui /lin..iou Vc -wt, - ixt- tlou

'WvCU

tud

. 'fc^fco oj£on.U,œ^ -tû^.«-.

JR-J / J^M=£j^

at

. \/yuôce^ x3tf't^- . ^fcsu.tw

^rn-.-mA*i..*fle, yrujùe~ „»-yta^ttô

|frf-l*^ft=Ff J l j ; y |

-wtle*ôa„*i, . u, Vô.W-H'to-Claw.OAtt.

\u^ uW. alo. *ùu - eu , CAw^-*U,

iJj|i-j;;Jhh-^

J ;nij

vuÀamJUs xtu> lecma. CŒ- . /u> .

litvma

tU/WV-

rT^Jz^zp

^fe ^ - dU* out «Lwiù^tavnv ^cUfii^

-vice. c<v& vt*4 c^-ito Aû.-texO (

Mlïi\i r^=^=^

5° Cursus

dichoraïque

^E^-j^dj

va- tfïo.tm.. n*ww. c*w^c . /w..nwu

dtc - £4 <Jt.ne.-dL - C<. -t»u*-> fc'

^aj-H-^^5^r7^

iDL . 4*0. -$t« . v0.1u*w cta.-'uc*

(7)o - m«/KU^, 'V*w.$C.t£. .-"U^ ^to/»U<

lj. i;?;j ^te

fei? ' 0 7^^PI

VWfc.* M' - «U. - ta. - 'tu 'tu. . ce- i ru>*i ion. - {un.^M. «v et . te/c . WMn

4° Cursus crétique

r ; ; i -j-T-j^ujaHffi- J | j-r-*-| j f ; vu

yvuA G«..u.6 -jOL-ta. «&

aJC M. - 'VU'- U*WL ^t- - *-«. - -u.*vu I

EF^iTtT^Jlj J J ja

r=f-U-Jli-^^^

C«u. . (La. .iv.06 rujuvn^A^A

v)ûu . -ta. -dxi^Tcvm. y|iA..-\4,.'tA*»*i-

HrJj|j j^-Mj^

^^n,Hp=i^^

Ayx/u^Lo- . uo -Conduit' col . en. - u- tu* 4t*>Uvu . /té/u*vu* e* ""Si, --£< . IV»

Au sujet des cadences dichoraïques ci dessus, on aura remarqué sans doute, que les deux versets Sahum fac et in te, Domine, speravi, bien qu'ils aient la même mélodie, ont cependant deux cadences différentes, l'une dichoraïque et l'autre du cursus molosse. Un même rythme peut néanmoins leur convenir à toutes deux, les syllabes dans les mots toniques n'ayant par ellesmêmes aucune quantité déterminée et pouvant devenir longues ou brèves, selon les exigences du rythme.

Je ferai observer encore par rapport au rythme du Cursus spondaïque et du Cursus molosse, qu'il y a deux manières de l'interpréter, la manière ancienne et la moderne. Les anciens n'admettaient pas que, dans les pieds simples, la thésis ou Farsis du pied reçussent plus d'une syllable ; le tribraque faisait exception, mais on ne s'en servait que dans les pieds composés.

C'est pourquoi ni le molosse, ni le pied ionique n'étaient considérés comme pieds simples; ils étaient composés d'un spondée

th. a th. a.

et d'un pyrrique, qui avaient chacun leur frappé (y w | ou

th. a. th. a.

! v ^) et pour le molosse, d'un temps long, équivalent à

th a. th. a.

;un pyrrique plus un spondée (— | ). Entendus de cette manière, le pied ionique et le molcsse sont tous les deux de rythme égal et spondaïque, mais c'est un rythme composé et à double frappé, un pour le pyrrique ou son équivalent, l'autre pour le spondée.

Mais en vérité, ces deux pieds seraient mieux entendus à la manière moderne, comme pieds de trois temps longs, que nous indiquons par la fraction 3/4. On ne peut composer des vers uniquement de molosses, mais le pied ionique est employé au moins une fois par Horace (liv. III, Ode XII), de la manière suivante :

ww lu W W W I W W

Catus idem per apertum fugientes agitato C'est bien un rythme à 3 temps formé d'un pyrrique à l'arsis et d'un spondée à la thésis :

Ca-tus i-d'em per a-per-tum fu-gi-en • tes a-gi-ta-to Il s'ensuit que le cursus spondaïque et le cursus molosse peuvent être traduits des deux manières, à l'ancienne ou à la moderne. De foçon ou d'autre, le dernier pied molosse et pyrrichospondée garde la même forme; mais il en résulte que le pied précédent doit être traité différemment, suivant qu'on le bat à deux ou à trois temps.

III. — Deuxième moyen. — Cadences psalmodiques . — Un autre moyen d'adapter à un même cursus des cadences différentes est celui que prescrivent les Instituta Patrum pour le chant des terminaisons dans les psaumes et les cantiques: «Omriis tonorum depositio in finalibus, mediis vel ultimis, non est seenndum accentum

verbi, sed secundum musicakm melodiam Jacienda... Si vero convc nerint in unum accentus et melodia, communiter deponantur ; sh atttem, juxta melodiam toni cantus sive psalmi terminentur.» (Gerb 1.6.)

On compte les notes ou les syllabes musicales et on leur applique un même nombre de syllabes littéraires, sans égard ni i leur quantité ni à leur accentuation. Le moyen est radical, mai: on en comprend la nécessité, quand il s'agit de chants exécutés pa; des chœurs, comme est le chant des psaumes.

Longtemps nous avons fait de même dans le chant de no: cantiques religieux. Les couplets n'étaient pas tous composés sui une même formule métrique; on les chantait néanmoins tou; sur la mélodie du premier couplet et avec le même qihme, dus sent s'ensuivre, comme il arrivait souvent, des accouplements de syllabes bizarres, même ridicules^ Heureusement, de tels procé dés disparaissent : on demande aujomd'hui que, dans les cantiques destinés au peuple, tous les ccuplets soient composés sui une même formule rythmique, ccmme les strophes de no; hymnes liturgiques, comme les strophes et antistrophes des Ode; pindariques.

Mais les versets des psaumes ne peuvent être versifiés de h sorte, il les faut chanter tels qu'ils sont dans le texte de la Vul gâte. Pratiquement dore, le vrai moyen de faire l'unité dan; l'exécution chorale semble bien celui des Instituta Patrum. Or en usait, de fait, à St.-Gall, comme le prouvent plusieurs ma nuscrits du XIe siècle, le N° 381 entre autres, où tous les ver sets des psaumes à l'Introït, à l'Offertoire et à la Communion sont notés intégralement.

Or, quelques-unes au moins de ces mélodies psalmodiqi.es, médiantes et terminaisons, semblent avoir été calquées sur les cursus oratoires; ce sont les plus simples et les plus anciennes, à peu près syllabiques, mais non pas celles que dans la suite en s'est plu à orner en les chargeant de notes.

C'est ainsi, par exemple, que les finales du Ier, du 2me, du

me et du 6me tons, paraissent composées sur la formule du curus dichoraïque ; elles s'y adaptent, en tout cas, parfaitement, si ''on ne tient compte que du syllabisme, pas du tout de la quanité, et accidentellement seulement de l'accentuation des svllabes. .es terminaisons sont les mêmes à l'Introït et à la Communion lu manuscrit N° 121 de la bibliothèque du couvent à Einsieleln. La règle des. Instituta Patrum y est observée à la lettre, sauf :n trois cas, où sans doute l'application en a paru choquante.

N° 40 Ps. des Introïts. Ps. des Communions

?ps

Ù3U-VU, . v/c . iix/tc/m. Oa, . cou

C<3Uvfcû - \fc XoXvcn. Ox . Co-fc

$ ! j ;n / 0 ; 1 j j jijl dj iiïli ^jyf^g

«Le^luxo \itLuJC o . Ve*w Oo . -ie+vh-

iau^la.0ê.-vw»i-1xwi^u vn-ÎL.

Mf t r f If f

^t -Cù . te. . Ycc^tôv -wit .«^5

r I r f. f f Hf-r*

- -5uAtH«*t£ otive*. . ^^m wt

j j| j JTj J|J^5

ûvu- mxl.wÀxwX vu- C . cr

J 11 J «I JJfl J.^5

Wn.cu>L.£l . KsxàjLaXe.. \OL 4aJU . 4L*

A vrai dire, il me paraît peu probable que ces mélodies psalnoldiques aient réellement été composées sur aucun des cursus )ratoires, autrement toutes celles des huit tons eussent été composées de même. Or, cela n'est pas ; et parmi les précédentes, :el!e du 5m? ton semble composée sur deux accents plutôt que ;ur un cursus quelconque. Mais nous verrons tout à l'heure une mtre forme de la psalmodie, où l'influence du cursus spondaïque ît du cursus molosse est manifeste.

IV. Troisième moyen. — Chant des Préfaces — Une 3me maîière encore e^t possible dans les chants exécutés par un soliste. Dn l'a souvent pratiquée dans la musique moderne pour les airs

qui se répètent sur des couplets différents de texte et de rythme. Quelques légères modifications au rythme de la mélodie permettent alors de l'adapter au texte de façon plus convenable, tout en lui conservant sa forme substantielle.

Dans le cursus oratoire, en effet, le dernier pied est seul nécessaire, parce que, ai-je dit, il caractérise le rythme de la cadence; les pieds qui le précèdent, peuvent donc être modifiés de différentes manières, suivant que les paroles le demandent, sans détriment pour la cadence elle-même. C'est, me semble-t-il, le cas des Préfaces et du Pater, chant férial, le plus ancien et le plus authentique.

Prenons, comme exemple, la Préface de la T. S. Trinité et des dimanches de l'année. Un seul cursus, le molosse, forme le rythme de toutes les cadences, médianes et terminales, avec cette particularité que le 2me temps du molosse se résoud en deux brèves, lorsque la cadence a lieu sur un mot proparoxyton, ce qui est régulier, nous lavons vu.

Avec cela, il esta peine besoin ici ou là de modifier le rythme du cursus pour l'adapter aux paroles; seule l'accentuation de certains mots est quelque peu incorrecte, mais le rythme de la mélodie suffit à excuser ces incorrections.

Cadences médianes

Cadences terminales

** — |[-e^=nia

îgEK

ÎEJ3E

£;•' icowuw. ce^wuvn. ot -6a. . uc . Kk. . vu

■ umu v> ())%&> , -n.mi* tA QavnAAw*

es

Le texte du Pater n'était ni à composer ni à modifier; il ne pouvait donc y être question de cadtnces littéraires. La mélodie seule était susceptible de se modeler sur Tune ou l'autre formule des cursus, et il semble bien qu'on se soit servi pour cela du cursus spondaïque, le plus facile à adapter aux paroles, en traitant les finales proparoxitones comme ci-dessus.

in festis simpl.

N° 42 Chant du Pater noster (x)

tyu*. tinta* idAuXcA-Uj-u/» wvo/yvc-tc, dT eu, . ■v/V - tacu wih\i.tu..h. - O-.'M.e-—

iox. . ma. . fcL l OU*. . oIcavxax^ oL - C£ - -te. : ^dUiA- -vio . iu\ p ûu*. e* wv

Page 1