‹ Composition musicale et composition littéraire a propos du chant grégorienChapitre 61 sur 67 · Rythme métrique. ty % j» ' J J> i ^ ' J ^ / 7 I J · texte numérisé non relu

Rythme métrique. ty % j» ' J J> i ^ ' J ^ / 7 I J

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Et remarquons bien que le rythme de la ire strophe se répète dans les deux strophes suivantes, quelque variété qu'elles offrent dans l'accentuation des mots, dans le rythme prosaïque, par con séquent :

2. Procul recédant somnia et noctium phantasmata, hostemquè nos-

trum comprime, ne polluantur corpora.

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3. Prœsta, Pater piissime, Patrique Compar unice, cum Spiritu 1 1 1 1

Paraclito regnans per omne sœculum.

Le fait, d'ailleurs, n'est pas particulier à cette hymne des Compiles, il se reproduit dans toutes les hymnes de l'Office divin, quel qu'en soit le rythme métrique, de forme iambique ou de forme dactylique. 11 est facile de s'en convaincre, en remplaçant partout dans les hymnes du Manuel le rythme soi-disant oratoire qu'on leur a donné, par le rythme des formules métriques, iambiques, trochaïques, saphiques, asclépiades, qui sont celles des vers.

Une seule hymne a fait exception, et elle en est devenue fameuse : c'est le type par excellence du rythme à arsis forte, accentuée, et à thésis faible, atone. On devine que je veux parler de XAve, maris Stella. Elle est unique, en effet, dans son genre; c'est en vain qu'on essaie de lui trouver un rythme convenable, elle s'y refuse absolument.

Quoi d'étonnant ? Mélodie et rythme n'ont pas été faits pour cette hymne, qui se chantait primitivement d'une autre façon, comme on le voit par les manuscrits plus anciens. Mais à une époque, qui ne peut remonter plus haut que le XIIIe siècle, et dans un pays, — serait-ce la France? — où l'on avait perdu la vraie notion du rythme tonique, on s'avisa d'appliquer à X Ave, maris Stella une mélodie de rythme iambique, belle d'ailleurs, mais forcément tronquée par défaut de syllabes (i).

Il est assez facile cependant de lui restituer ce qu'elle a perdu et de la chanter sur une hymne de même rythme, ÏO gloriosa virginum, par exemple, de l'Office de la T. S. V. à Laudes :

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(i) L'hymne est un hexasyllabe trochaïque, de composition très régulière

Ave, maris Stella,

i i i Dei mater aima,

Atque semper virgo

i i > Félix cœli porta.

Les dimètres iambiques sont, eux, des octosyllabes.

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Donc, cette exception unique à part, il n'y a pas de rythme prosaïque dans les hymnes, et voilà toute une catégorie des chants liturgiques qui se soustrait au rythme soi-disant grégorien, pour se rapprocher du rythme métrique, sans oser néanmoins venir jusqu'à lui. A quel genre rythmique appartient donc cette façon de rythme hybride, ni tonique ni métrique, qui ne se règle ni sur l'accent ni sur la quantité, qui prend de l'un et de l'autre et en fait un composé sans nom ?

V. — Les hymnes ne sont pas les seuls chants qui échappent ainsi au rythme prosaïque, tous les autres sont dans le même cas, dès lors qu'on essaie de les rythmer, au moins à peu près, en les soumettant au procédé des rythmes-éléments binaires et ternaires. Un exemple suffira; prenons le premier que nous offre le Manuel, l'antienne Asperges me.

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